Atlas des Palestiniens , un peuple en quête d’un Etat

120 cartes et infographies mises à jour pour comprendre l’histoire d’un peuple et les ressorts d’un conflit complexe, qui semble sans fin : l’histoire des Palestiniens depuis le XIXe siècle ; représentation politique, démographie : une société majoritairement condamnée à la précarité ; un territoire déstructuré, fragmenté par le mur, morcelé par les colonies ; une situation diplomatique bloquée : la paix dans l’impasse. Les cartes font apparaître la stratégie israélienne de fragmentation de l’espace, sur lequel il semble de plus en plus difficile d’établir un Etat palestinien viable. La résolution 2334 de l’ONU de décembre 2016, demandant l’arrêt de la colonisation en Cisjordanie, constitue-t-elle l’amorce d’une solution ?

Histoire du Liban, des origines à nos jours – Xavier Baron

Seul pays au Moyen-Orient à montrer un gout marqué pour la culture, à rejeter le radicalisme religieux, à n’avoir jamais connu de régime autoritaire, le Liban fait figure d’exception. Toutefois, cet équilibre fragile a été mis en péril par plusieurs guerres civiles, les occupations israéliennes et syriennes, la présence de réfugiés palestiniens, le fondamentalisme exacerbé de certains de ses voisins et les inégalités socio-économiques. Depuis trente siècles, le Liban a été traversé par de nombreuses civilisations – Phéniciens, Mésopotamiens, Romains. A partir du VIIe siècle, des populations chrétiennes et musulmanes trouvent refuge au Mont-Liban, coeur historique, où elles coexistent et s’affrontent épisodiquement. En 1920, après l’effondrement de l’Empire ottoman, la France crée un Etat-nation réunissant la Montagne, le littoral et la vallée orientale de la Békaa dans un seul nouveau territoire, le Grand-Liban. Dix-huit communautés cohabitent ainsi dans le seul pays arabe où l’exercice du pouvoir est réellement multiconfessionnel. Depuis les années 1970, le Liban est secoué par une guerre civile qui a été exacerbée par plusieurs interventions militaires de nations voisines – notamment la Syrie et Israël – et les ingérences de grandes puissances régionales comme l’Iran. De l’Antiquité à nos jours, Xavier Baron retrace la riche histoire du pays des cèdres. Petite nation au rayonnement indéniable, sans cesse menacée de l’intérieur ou de l’extérieur, le Liban reste un exemple de stabilité dans une région en plein chaos.

Les portes du néant – Samar Yazbek

Figure de l’opposition au régime de Bachar al-Assad, Samar Yazbek a dû quitter son pays tant aimé en juin 2011. Depuis son exil, elle ressent l’urgence de témoigner. Au mépris du danger, elle est retournée trois fois dans son pays, clandestinement, où elle a connu de l’intérieur l’horreur de la guerre civile, aux côtés des activistes. Des premières manifestations pacifiques pour la démocratie jusqu’à l’émergence de l’Etat islamique, elle décrit le quotidien des combattants, des enfants, des hommes et des femmes ordinaire qui luttent pour survivre à l’une des plus grandes tragédies du XXIe siècle.

Un oiseau bleu et rare vole avec moi – Youssef Fadel

Youssef Fadel poursuit ici son exploration du pouvoir marocain, à travers cette fois les terribles épreuves des prisonniers politiques durant les “années de plomb”. Six narrateurs, dont les deux principaux personnages, Aziz et Zina, se relaient pour raconter l’histoire de cet aviateur arrêté le lendemain de son mariage et incarcéré depuis lors à Tazmamart, parce qu’il s’était trouvé impliqué en 1972, à son corps défendant, dans la tentative de coup d’Etat militaire contre le roi Hassan II. Aziz avait connu Zina quelques mois auparavant, alors qu’elle travaillait avec sa soeur comme serveuse dans un bar mal famé. Et c’est dans le même bar, dix-huit ans plus tard, qu’elle apprend par un mystérieux messager qu’Aziz a été libéré et qu’il cherche à la revoir. Elle part à sa rencontre. Youssef Fadel s’inspire secrètement dans son écriture du langage cinématographique. En l’espace d’une journée (le voyage de Zina jusqu’aux retrouvailles avec Aziz), ce sont deux décennies tragiques qui nous sont contées dans une langue enluminée d’échappées fantastiques, ainsi que l’évoque d’emblée le titre même du roman. Un oiseau bleu et rare vole avec moi a obtenu le plus prestigieux prix littéraire marocain, le prix du Maroc du livre.

La fille de Souslov – Habib Abdulrab Sarori

Amran a quitté Aden pour la France au milieu des années 1970 en tant que boursier. A l’époque, son pays s’appelait la République démocratique populaire du Yémen et se présentait comme le phare du “socialisme scientifique” dans la péninsule Arabique. Après plusieurs années passées en France, affecté par la perte de sa femme française qu’il aimait passionnément, ayant perdu ses illusions de jeunesse, il rentre dans son pays, désormais uni au Yémen du Nord, et s’y sent totalement étranger. Il rencontre par hasard à Sanaa une prédicatrice salafiste en niqab, et il est abasourdi de reconnaître en elle son amour d’adolescence, Hâwiya, la fille d’un grand dirigeant du parti socialiste, surnommé Souslov, du nom de l’idéologue du parti communiste soviétique. En renouant avec elle, il parvient à comprendre les méthodes de recrutement du mouvement salafiste, son mode de fonctionnement et ses relations équivoques avec la dictature militaire. Quand éclate en février 2011 le “printemps” yéménite, il est dans la rue avec ses rêves de changement démocratique, mais les salafistes sont là aussi, et ils attendent leur heure de gloire…

L’amour au tournant – Samir Kacimi

Pour ses quatre-vingt-cinq ans, Nordine Boukhalfa, ancien chirurgien-dentiste veuf et solitaire persuadé que chaque jour nouveau est superflu, reçoit un cadeau assez inattendu de la vie… Il est dans un square d’Alger, en train de ruminer ses idées noires sur un banc, lorsqu’un inconnu vient s’asseoir à côté de lui et, sans lui laisser vraiment le choix, engage la conversation. La liberté de ton et l’optimisme étonnant de ce vieux sage excentrique ne tardent pas à piquer sa curiosité et c’est ainsi que les deux vénérables compères, tels deux philosophes péripatéticiens, décident de poursuivre leur discussion en marchant dans la ville. Ils feront la tournée des bars et des restaurants, et aussi le tour d’une grande question : un homme peut-il se passer de l’amour, fût-il plus près de l’hiver de sa vie que de son automne ? Avec ce banquet platonicien à la mode algéroise, Samir Kacimi nous convie à un véritable festin littéraire, parvenant à tenir ses lecteurs en haleine par des moyens assez peu conventionnels et à pointer en filigrane, loin du folklore et des idéologies officielles, ce que peut être l’Algérie d’aujourd’hui.