Un émirat où le livre sera roi ! – (Sharjah International Book Fair)

Salon du livreUn caddy de supermarché tiré par un(e) citoyen(ne) lambda. Jusque-là, l’image semble banale. Mais la scène se déroule dans les allées spacieuses du géant Expo Sharjah où se tient la 33e édition du Salon international du livre. Et ces caddies, que l’on voit partout, sont remplis d’ouvrages. Preuve d’une soif de lecture de la part d’un peuple ou d’habitants d’un émirat qui cherche à devenir une oasis de paix et de culture. « Pour l’amour de la parole écrite », comme l’indique la devise du SIBF, Salon classé quatrième mondial de par sa taille. Et dire qu’à sa première édition, en 1982, il ne comprenait qu’une poignée de maisons d’édition. Toutes libanaises.

14/11/2014

Le SIBF (Sharjah International Book Fair) coïncide cette année avec la célébration de Sharjah capitale culturelle du monde islamique pour 2014. C’est pour cette raison que l’Organisation islamique pour l’éducation, la science et la culture est l’invitée d’honneur de la 33e édition. Une édition numéro 33 qui clôture ses activités demain, samedi 15 novembre. Une édition marquée par des chiffres éloquents: 1,4 million de titres exposés, 1 256 maisons d’édition participantes. Les trois premiers jours, le nombre de visiteurs a atteint le demi-million. Des ventes qui s’élèvent à 40 millions de dirhams en 2013. Cinquante-neuf pays participants dont 12 nouveaux venus : l’Islande, la Finlande, le Mexique, la Croatie, Latvia, la Slovénie, la Hongrie, la Nouvelle-Zélande, la Malaisie, Malte, la Lituanie et le Nigeria.
Il est évident que ce Salon fournit une plate-forme pour les éditeurs arabes et internationaux ainsi que pour les autres opérateurs du monde de l’édition, intégrant des séminaires sur les nouvelles tendances de l’industrie, de l’édition numérique, de la littérature pour enfants et des traductions dans le cadre d’un programme unique visant à encourager l’amour de la lecture et la littérature.

«La vérité et la vertu sont deux magnifiques ouvrages. Ils sont malheureusement entourés de destruction», a déclaré le cheikh Sultan bin Mohammad al-Qassimi, membre du Conseil suprême et gouverneur de Sharjah, lors de la cérémonie inaugurale du Salon du livre. «Il faut travailler
pour dissiper ces nuages sombres pour que les lumières de la vérité et de la vertu puissent nous éclairer, à travers les livres», a jouté le gouverneur, connu pour sa grande culture et sa plume aiguisée et poétique, avec laquelle il signe cette année un ouvrage intitulé Tahta rayat al-Ihtilal (Sous le drapeau de l’occupation) racontant le combat de la résistance de la famille Qassimi contre les Anglais.
Côté maisons d’édition, les Émirats arabes unis sont représentées par 140 éditeurs, l’Égypte par 140, le Liban par 105, la Russie par 75, la Syrie par 68 et l’Inde par 56. Un cortège d’activités parallèles qui comprend 780 manifestations comprenant signatures, conférences, tables rondes, animations dédiées à la jeunesse, d’autres à l’art culinaire, et d’autres encore à la promotion des médias sociaux.
Stars incontestées du Salon, l’auteur américain Dan Brown et l’acteur égyptien Adel Imam. Parmi les invités de cette 33 édition: l’écrivaine Ahlam Moustaghanmi, l’auteur et dramaturge algérien Yasmina Khadra, les journalistes télé Hamdi Kandil et Ricardo Karam (en guest d’honneur) l’écrivain pakistanais Kamila Shamsie et l’Arabo-Australienne Randa Abdel Fattah. Côté libanais, on notait également la présence du philosophe Ali Harb, de l’illustratrice Michèle Standjofski, du poète et journaliste Abdo Wazen. Et aussi la journaliste et poète libanaise Nadine el-Assaad qui a lancé une plaquette de 44 poèmes sous le signe de l’amour. Sans oublier une longue liste d’auteurs arabes, mais aussi un bon catalogue d’écrivains indiens aux ventes stratosphériques.
Last but not least, signalons que le Liban s’est taillé la part du lion côté prix littéraires notamment avec Dar el-Farabi, représenté par son directeur Joseph Mansour, qui a reçu le prix de la meilleure maison d’édition arabe.
Le sixième prix Etisalat pour l’édition de jeunesse a par ailleurs plébiscité la créativité made in Lebanon. Le palmarès s’est présenté comme suit :
– Le livre de jeunesse de l’année (0-12 ans): A Very Naughty Cat (éditions al-Yasameen) de Abeer Ebrahim el-Tahir, illustrations de Maya Faddawi.
– Le livre d’adolescents de l’année (13-18 ans): Rahalat 3ajiba fi biladin ghariba de Sonia Nimr, illustrations de Loubna Taha, aux éditions Tamir Foundation for Social Learning.
– Meilleur script: Oummi touhibb al-Fattouche d’Eva Kozma, illustré par Azza Hussein, publié par Academia
International.
– Meilleure illustration: Fayrouz fatatou el-remmane de Rania Zabib Dhaher, illustrations de Joëlle Achkar, publié par Academia International.
– Meilleure mise en page: Skillful Walkers de Nabeeha Muhaidili, illustrations de Hassan Zahr al-Deen, publié par al-Hadaik.
Dans les allées du Salon: des éditeurs occidentaux avec des portefeuilles «relativement garnis», à la recherche de contrats avec leurs collègues arabes. Des chaises roulantes à la disposition des personnes handicapées. Une vingtaine de journalistes du Liban, mais aussi des centaines de correspondants étrangers. Une couverture médiatique par la chaîne al-Arabiyya. Et ces fameux caddies qui circulent, recueillant des ouvrages tous azimuts. Parmi ces tas amoncelés, des livres de religion et de cuisine (comme chez nous), mais aussi des titres encyclopédiques, beaucoup de self-help books, des romans, des traductions de best-sellers, des albums illustrés et bon nombre d’œuvres de culture générale.
À quoi s’intéresse le lecteur aux Émirats? «À tout ce qui lui permet d’ouvrir une fenêtre vers l’autre», remarque une exposante. À juste(s) titre(s).Retrouver l’article sur “L’Orient le jour”

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