Le 13e Prix international de la fiction arabe a été décerné, ce 14 avril, à l’écrivain algérien Abdelouahab Aissaoui pour son livre The Spartan Court (La Cour de SparteEddiwan El Isbarti en version originale), publié par les éditions Dar Mim. La cérémonie de remise du prix, qui devait se dérouler dans le cadre de la Foire du livre d’Abou Dabi, a bien entendu été annulée.

Avec sa fresque historique sur la colonisation de l’Algérie en 1930, Abdelouahab Aissaoui est le premier romancier algérien à recevoir le prestigieux prix, doté de 50 000 dollars.

L’écrivain algérien Abdelouahab Aissaoui a reçu mardi 14 avril le 13e prix international du Roman arabe 2020 pour son livre The Spartan Court (éditions Dar Mim, 2018), qui relate la campagne de colonisation française en Algérie, en 1830, à travers cinq personnages des deux camps. C’est la première fois qu’un romancier algérien remporte ce prix.

Grâce au soutien de la Fondation britannique Booker Prize et du ministère de la Culture et du Tourisme d’Abu Dhabi, l’auteur reçoit 50000 dollars en plus d’une enveloppe pour pouvoir assurer une traduction en anglais de son roman. Le livre n’a pas été traduit en français.

Ce roman polyphonique permet d’avoir “une vision à plusieurs niveaux de l’occupation historique de l’Algérie et, de là, des conflits de toute la région méditerranéenne, avec des personnages incarnant des intérêts différents et des visions croisées. Le roman invite le lecteur à mieux comprendre […] les différentes formes de résistance qui s’opposent. Avec sa structure narrative profonde et historique, le récit ne vit pas dans le passé, mais il invite plutôt le lecteur à remettre en question la réalité présente

« La Cour de Sparte se distingue par sa force stylistique. Le roman est polyphonique — avec plusieurs voix racontant l’histoire. Les lecteurs profitent d’un regard à plusieurs niveaux de l’occupation historique de l’Algérie et, de là, des conflits de toute la région méditerranéenne, avec des personnages incarnant des intérêts différents et des visions croisées » , a expliqué l’un des jurés, Muhsin al-Musawi, qui présidait le jury de cette édition 2020.

Le roman d’Aissaoui propose en effet de suivre cinq personnages, tous confrontés à la vie dans une Algérie livrée aux forces coloniales, qu’elles soient françaises ou ottomanes.

Abdelouahab Aissaoui, 35 ans, ingénieur en électromécanique, a publié son premier roman, Jacob’s Cinema, en 2012. Il a reçu le prix Assia Djebar pour son deuxième livre, Mountain of Death, en 2015. Il a aussi écrit Circles and Doors, en 2017.