L’homme tempéré / Elie Guillou

En 2012, Elie Guillou se rend dans le sud-est de la Turquie afin d’y rencontrer les dengbejs, des chanteurs traditionnels. Il y découvre la condition des Kurdes, un peuple apatride dont la lutte est réprimée dans le sang. Saisi, il cherche sa place au milieu de cette histoire brusque : dans les manifestations massives, les camps de réfugiés, un studio de doublage de dessins animés, sur la ligne de front syrienne… Touriste, témoin, et puis après ? A son retour en France, il peine à rendre compte de cette urgence lointaine. Comment témoigner ? Et comment vivre sa paix quand la guerre existe ? Dans ce récit d’apprentissage, un jeune homme issu d’un milieu tempéré s’éveille à la part tragique du monde. Il y raconte la colère face à l’indifférence, la honte face à l’impuissance. Mais aussi la douleur à l’épreuve de la douceur.

 

Prix : 35chf

L’alphabet du silence / Delphine Minoui

Par l’autrice de Les passeurs de livres de Daraya Grand Prix des lectrices Elle Göktay est professeur à l’université du Bosphore à Istanbul. Idéaliste, adoré de ses étudiants, il a séduit Ayla, professeure de français, avec un poème. La vie est douce quand on est jeunes, amoureux et parents comblés d’une petite fille. Mais Göktay refuse de vivre dans une bulle. Pour avoir signé une pétition de plus, une pétition de trop, il est arrêté et jeté en prison. La répression menée par le président Erdogan s’abat, féroce et violente. Des milliers d’activistes, de journalistes, de fonctionnaires et d’universitaires sont réduits au silence par un pouvoir cynique, habile à manipuler l’opinion. Ayla s’était toujours retenue de s’engager : le confort du quotidien et sa famille comptaient par-dessus tout. Bouleversée de voir Göktay sombrer dans le désespoir et révoltée par l’injustice, elle décide de reprendre le flambeau. Un roman de colère et d’amour, traversé par l’Histoire.

 

Prix : 31chf

Requiem pour une ville perdue – Asli Erdogan

Ce texte est un requiem à la mémoire d’une solitude, celle de l’auteure au coeur de son pays perdu. De l’enfance à la maturité tourmentée par l’engagement politique, esthétique et féministe, Asli Erdogan dévoile ici une existence tendue depuis toujours vers la nécessité d’écrire. Au centre de cet art poétique se dresse, sublime, la ville d’Istanbul, telle une matrice vertigineuse. Et les ruelles de Galata, quartier tant aimé, arpenté, labyrinthe grand ouvert sur le Bosphore.

 

Prix : 13CHF

Labyrinthe – Burhan Sönmez

Un jour, Boratine, un jeune chanteur de blues vivant à Istanbul, se réveille à l’hôpital partiellement amnésique : il ne sait plus qui il est ni d’où il vient. On lui dit qu’il a miraculeusement survécu à sa tentative de suicide. Mais pourquoi aurait-il tenté d’en finir en sautant d’un pont sur le Bosphore ? Boratine est beau, talentueux, populaire. Ses amis l’aiment, les femmes aussi. Revenu dans son appartement, il tente de reprendre le cours de sa vie, de raviver sa mémoire au contact d’objets du quotidien, de visages connus, de miroirs. S’il a oublié tout ce qui concerne son identité, il n’a pas perdu l’usage des mots, la maîtrise de plusieurs langues. Il reconnaît même en cette figurine, dans son salon, la vierge Marie et son enfant Jésus. Incapable toutefois de les replacer dans le temps, il ne saurait dire s’ils ont vécu il y a quelques années ou bien des millénaires. Flâneur des labyrinthes de la mémoire, il erre aussi au hasard des chemins de la ville, cette Istanbul qu’il redécouvre sous un jour nouveau. Dans une prose fluide et poétique, Burhan Sönmez raconte les pérégrinations de son héros, sa quête identitaire, et leur confère une profondeur existentielle. Qu’est-ce qui nous détermine ? Perdre la mémoire, est-ce perdre son identité ? Est-ce plus libérateur pour l’homme – et pour une société – de connaître son passé ou bien de s’en défaire ?

 

Prix : 32chf