Debout dans tes rêves / Taïa Abdellah

Après le succès du Bastion des Larmes (prix Décembre 2024), le nouveau roman d’Abdellah Taïa. Un texte superbe et d’une grande force politique, l’accomplissement d’une œuvre.Années 2000. Majid, un jeune Marocain homosexuel, débarque à Paris pour étudier la littérature française à la Sorbonne. Il mène une vie très précaire, dans un studio minuscule, rue de Belleville, au rythme des convocations à la préfecture de police, où le renouvellement de son titre de séjour n’est jamais assuré. Il finit par accepter un job de baby-sitter pour subvenir à ses besoins. L’agence qui l’a recruté lui confie la garde de Gabriel, un petit garçon de trois ans.Entre l’enfant de bonne famille et l’immigré marocain, un lien fort va se nouer, des années durant, avec la bienveillance d’Isabelle, la mère de Gabriel. Mais comment rester debout dans ses rêves, quand on est né pauvre, arabe et gay, si étranger dans le regard des autres qu’on est en permanence menacé de le devenir à soi-même ?

Prix : 33chf

Une maison au Levant / Dagher Carole

Été 2020. Alors que le Liban vacille, Léna revient dans le pays qu’elle croyait avoir quitté pour toujours. Journaliste franco-libanaise installée en France, elle répond à l’appel de Bob, l’ami d’enfance qui lui a jadis sauvé la vie et aujourd’hui menacé en raison de son engagement politique.Mais ce retour ravive les blessures qu’elle avait tenté d’enfouir. Dans un Beyrouth traversé par la peur, la colère et les ruines, ressurgit Fadi, figure trouble de son passé, prêt à lui arracher ce qui lui reste encore du Liban : la maison familiale, point d’ancrage où elle puise sa force, son dernier lien au pays, gardienne de la mémoire.Pour sauver ce lieu, Léna devra affronter les fantômes de la guerre, les loyautés impossibles et cette double appartenance qui la déchire depuis toujours.Porté par l’écriture ample et incarnée de Carole Dagher, ce roman mêle avec une rare intensité l’intime et le politique. À travers les destins croisés de trois générations, il raconte un Liban blessé, incandescent, inoubliable.Une fresque bouleversante sur la guerre, l’exil, la mémoire et la fidélité aux terres que l’on porte en soi.Née à Beyrouth, journaliste et ancienne attachée culturelle de l’ambassade du Liban en France, Carole Dagher est l’autrice d’essais politiques sur le Liban et le Proche-Orient, et de romans couronnés par différents prix, dont le prix Michel Tournier 2021 du roman historique pour L’invité des Médicis.

Prix : 35chf

Mon imam / Ghoussoub Sabyl

« J’aurais beaucoup aimé rencontrer aujourd’hui chacun des témoins qui savaient « de source sûre » où était l’imam. Dans le monde des adultes, c’est cela avoir du pouvoir : savoir avant les autres. Mais à quoi jouent ces femmes et ces hommes ? Au Cluedo ?  » Le 31 août 1978, l’imam que certains surnomment le Che Guevara libanais ou le Martin Luther King chiite disparaît après avoir rencontré le colonel Mouammar Kadhafi en Libye. On aurait retrouvé son passeport, sa valise et ses vêtements dans une chambre d’hôtel à Rome. Pour l’auteur, il a succombé aux charmes d’une Italienne et décidé de ne plus être l’imam. Mais rien ne se passe jamais comme prévu en littérature. Quatre ans après Beyrouth-sur-Seine, Sabyl Ghoussoub revient avec un roman qui transcende les genres, une déambulation au fil de laquelle il transforme la douleur en beauté.

Prix : 35chf

Championne / Bouraoui Nina

Une jeune fille, au pied de son immeuble, s’entraîne contre un mur. Elle frappe la balle avec sa raquette, inlassablement, pour fuir la folie de son pays et de sa famille, pour échapper à la colère de son père, à l’amour en désordre de sa mère, à la pâleur de sa soeur. Elle frappe et en elle les mots se bousculent : elle butte contre une faute qu’il lui faut avouer pour grandir et rêver à la femme qu’elle deviendra, qui s’aimera et aimera, qui se sera gagnée, elle.Nina Bouraoui signe un roman ensorcelant, hypnotique, la confession d’une jeune fille en feu, qui a le don des mots et un regard qui saisit chaque sentiment pour l’explorer, chaque geste pour dire le désir et la beauté. « Avec ce Championne, tendu, sombre, bordé de colère, Nina Bouraoui, loin cette fois-ci de toute tentation auto fictionnelle, revient d’une certaine manière vers la force mystérieuse de ses premiers livres, comme La voyeuse interdite ou L’âge blessé. Ce livre-là, pas plus que son héroïne, n’est aimable. II est bien plus que cela, chant de colère, mémoire perdue, violemment politique, évidemment poétique. » Livres Hebdo

Prix : 35chf

La part absente / Brakni Rachida

« Voilà près de vingt-cinq ans que j’ai troqué la lettre M pour la transformer en N. KARIMA/KARINA. Six lettres parmi lesquelles une seule joue les trouble-fêtes, ne convoquant ni le même imaginaire ni les mêmes fantasmes ». Quelle femme se cache sous l’allure parfaite de Karina Leroy, mariée à Vincent, mère d’une adolescente, et à la tête de sa propre galerie d’art ? Et si Karina s’appelait Karima ? En tronquant la lettre M, elle a dynamité le seul pont en mesure de la relier à l’autre rive de la Méditerranée. Ainsi affranchie de la charge sociale et raciale, elle a acquis une forme de liberté. Même si la honte d’avoir usé d’un tel stratagème ne l’a jamais quittée. Le jour où ce qu’elle a construit dans le mensonge se fissure, elle est rattrapée par les blessures de l’enfance et celles de la guerre d’Algérie. Face aux soubresauts de l’Histoire, chacun devra explorer sa part absente.

Prix : 33chf

Bosphore-Tango / Arditi Metin

Istanbul, septembre 1955. Un pogrome d’une violence inouïe, visant les communautés grecque, arménienne et juive, saccage le centre-ville. Renée, jeune Arménienne, emprunte la grande avenue de la Libération à travers les gravats et les éclats de verre, à la recherche de Jako, son ancien amant. Dans ses bureaux dévastés, elle le retrouve. Leur idylle reprend.Au même moment à Lausanne, plusieurs familles stambouliotes se trouvent dans l’impossibilité de retourner en Turquie, où les frontières ont été fermées. Entre Sélim, le fils de Jako, âgé de quinze ans, et Deniz, sa cousine de cinq ans son aînée, un amour s’esquisse. Ils se retrouveront au cours de l’été suivant dans une île paradisiaque au large d’Istanbul, où leur amour éclatera, avant de subir bien des cahots, de rupture en retrouvailles. Bien des années plus tard, en 2002, dans cette Istanbul qui conserve le souvenir enfoui d’un cosmopolitisme écrasé par des décennies de rigorisme et de violences, Jalila, écrivaine à succès, apprend qu’elle est une enfant adoptée. Elle n’a de cesse de partir à la recherche ses parents biologiques et de découvrir le secret de sa vie. Après Le Danseur oriental, puis L’Espion d’Atatatürk, Metin Arditi achève sa Trilogie de Constantinople avec ce Bosphore-Tango qui se clôt à l’ère Erdogan. Il y raconte, avec émotion et mélancolie, des destins malmenés par une Histoire qui n’a que faire des nuances des vies.

 

Prix : 33chf

J’emporterai le feu / Slimani Leïla

« Mia, va-t’en et ne rentre pas. Ces histoires de racines, ce n’est rien d’autre qu’une manière de te clouer au sol, alors peu importent le passé, la maison, les objets, les souvenirs. Allume un grand incendie et emporte le feu. » Mia et Inès, enfants de la troisième génération de la famille Belhaj, grandissent dans le Maroc des années 1980 et 1990. Éprises d’indépendance comme leur grand-mère Mathilde, leur mère Aïcha ou leur tante Selma, elles font face à un dilemme : pour être libres, faut-il partir ou rester ? Dans l’exil ou dans la solitude, elles devront se faire une place, apprendre de nouveaux codes, affronter les préjugés, le racisme parfois. Troisième et dernier volet du Pays des autres, J’emporterai le feu offre un dénouement splendide à une saga familiale puissamment poétique et romanesque.

 

Prix : 17chf

Vivre Le compte à rebours / Boualem Sansal

« La guerre est une immense alchimie, elle modifie dans les profondeurs les structures mentales des peuples en réorganisant les relations cosmiques entre le Bien et le Mal qui parfois, dans les temps troubles, se prêtent la main et finissent par se confondre ». Paolo fait partie des rares « Appelés ». Il a été choisi par une puissance mystérieuse pour diffuser un message terrible : dans 780 jours, la Terre disparaîtra. Seule une minorité d’habitants sera sauvée et conduite en lieu sûr, sur une autre planète. Les Appelés ont peu de temps pour recruter ces êtres dignes de confiance, qui participeront à la fondation d’une humanité nouvelle. Mais comment faire pour écarter de la sélection ceux qui ont manifesté leur nocivité : les puissants, les politiciens, les mafieux, les religieux de toutes obédiences ? Paolo et les Appelés parviendront-ils, le jour venu, à les empêcher d’embarquer à bord de l’immense vaisseau spatial venu sauver les Elus ?

 

Prix : 15chf

Vers l’orient – Carnets de voyage de Tanger à Kyoto / Abdelwahab Meddeb

 » A la mort d’Abdelwahab Meddeb, nous avons retrouvé soixante-dix-neuf carnets de notes et de voyages. Nous avons pris le parti de redessiner sa traversée en partant de Tanger jusqu’à Kyoto, de l’Occident musulman jusqu’à l’Extrême-Orient, en passant par l’Espagne, l’Italie, la Tunisie, Sarajevo, Alexandrie, Jérusalem sans oublier Le Caire, l’une de ses villes préférées. Abdelwahab écrivait partout et ne partait jamais sans un cahier, confondant volontiers balade et écriture. Les manuscrits, d’une graphie minutieuse et appliquée, allant de l’arabe au français, parsemés de croquis architecturaux, de dessins de paysage et de fleurs séchées dénotent son émerveillement face aux lieux visités. Avec lui, l’histoire et l’érudition sont vivantes. Le mouvement du corps accompagne celui de l’esprit, dans une marche contemplative qui emporte le lecteur.  » Amina et Hind Meddeb

 

Prix : 40chf

Les racistes n’ont jamais vu la mer / SAINT-ELOI Rodney & EL-GHADBAN Yara

Parlons de racisme puisque le racisme concerne tout le monde. Ni manifeste, ni manuel, ni acte d’accusation, Les racistes n’ont jamais vu la mer engage le dialogue.

Prix : 22chf