Pourquoi lire les philosophes arabes, l’héritage oublié – Ali Benmakhlouf

Lire les philosophes arabes médiévaux avec l’oeil de la philosophie contemporaine pour y trouver des affinités de méthode et de doctrine : tel est le parti pris de ce livre. Lire ces philosophes arabes, c’est aussi les réinscrire dans la tradition et le patrimoine de l’humanité, car ils ont su ménager des accès multiples à la vérité, en un temps où religion et philosophie étaient pensées de manière conjointe. Leurs travaux dans de nombreux domaines, comme la médecine, la logique ou l’histoire continuent de nous interpeller comme ils ont contribué à la formation de la culture européenne. Le médiéval rejoint ici le contemporain dans cette riche histoire qui est celle de l’humain et de sa raison émancipatrice.

 

Prix : 15chf

La discrétion – Faïza Guène

Yamina est née dans un cri. A Msirda, en Algérie colonisée. A peine adolescente, elle a brandi le drapeau de la liberté. Quarante ans plus tard, à Aubervilliers, elle vit dans la discrétion. Pour cette mère, n’est-ce pas une autre façon de résister ? Mais la colère, même réprimée, se transmet l’air de rien.

 

Prix : 31chf

Mauvaises herbes – Dima Abdallah

Dehors, le bruit des tirs s’intensifie. Rassemblés dans la cour de l’école, les élèves attendent en larmes l’arrivée de leurs parents. La jeune narratrice de ce saisissant premier chapitre ne pleure pas, elle se réjouit de retrouver avant l’heure “son géant”. La main accrochée à l’un de ses grands doigts, elle est certaine de traverser sans crainte le chaos. Ne pas se plaindre, cacher sa peur, se taire, quitter à la hâte un appartement pour un autre tout aussi provisoire, l’enfant née à Beyrouth pendant la guerre civile s’y est tôt habituée. Son père, dont la voix alterne avec la sienne, sait combien, dans cette ville détruite, son pouvoir n’a rien de démesuré. Même s’il essaie de donner le change avec ses blagues et des paradis de verdure tant bien que mal réinventés à chaque déménagement, cet intellectuel — qui a le tort de n’être d’aucune faction ni d’aucun parti — n’a à offrir que son angoisse, sa lucidité et son silence. L’année des douze ans de sa fille, la famille s’exile sans lui à Paris. Collégienne brillante, jeune femme en rupture de ban, mère à son tour, elle non plus ne se sentira jamais d’aucun groupe, et continuera de se réfugier auprès des arbres, des fleurs et de ses chères adventices, ces mauvaises herbes qu’elle se garde bien d’arracher. De sa bataille permanente avec la mémoire d’une enfance en ruine, l’auteure de ce beau premier roman rend un compte précis et bouleversant. Ici, la tendresse dit son nom dans une main que l’on serre ou dans un effluve de jasmin, comme autant de petites victoires quotidiennes sur un corps colonisé par le passé.

 

Prix : 32chf

La science en pays d’Islam – Faouzia Farida Charfi

La science arabe, entre le IXe siècle et le XIVe siècle, a eu un développement exceptionnel et s’est déployée de l’Andalousie jusqu’à l’Inde du Nord. De grands savants se sont distingués dans les domaines des mathématiques, de l’astronomie, de l’optique, de l’alchimie, des sciences de la vie, et ont contribué au patrimoine culturel de l’humanité. Mais peu à peu, les sciences ont disparu en terres d’islam. La prise de conscience du retard scientifique eut lieu au XIXe siècle, le siècle de la renaissance musulmane. Après ce véritable âge d’or des sciences arabes et la période réformiste du XIXe siècle, les relations entre les sciences et l’islam sont désormais frappées d’ambiguïté : oscillant entre le rejet et la fascination, les islamistes se livrent aujourd’hui à des tentatives pour concilier les théories scientifiques et le Coran, dénaturant ainsi et la science et l’islam sous prétexte de modernité. Pour elle, la solution passe par l’éducation. Il faut investir tous les lieux de culture, revaloriser l’enseignement et montrer aux élèves comment la science s’est construite.

 

Prix : 20chf

L’arabie saoudite en 100 questions – Fatiha Dazi-Héni

Qu’est-ce que le wahhabisme ? Pourquoi un affrontement direct entre Riyad et Téhéran est-il improbable ? Qui est le prince Mohammed Bin Salman ? Pourquoi la relation stratégique entre Etats-Unis et Arabie Saoudite a-t-elle changé? L’Arabie Saoudite suscite fantasmes et inquiétudes : nature absolue de la monarchie, absence de liberté d’expression, ségrégation entre hommes et femmes. Aujourd’hui, les défis sont nombreux pour Mohammed Bin Salman, le nouveau dauphin du Royaume : réinventer l’économie politique avec son projet “Vision 2030”, sortir de la dépendance pétrolière ou encore répondre aux attentes qu’il a suscitées auprès de la jeunesse. 100 questions sont plus que jamais nécessaires pour comprendre la complexité historique, culturelle, religieuse, sociale et politique de l’Arabie Saoudite.

 

Prix : 18chf

La petite dernière – Fatima Daas

Je m’appelle Fatima Daas. Je suis la mazoziya, la petite dernière. Celle à laquelle on ne s’est pas préparé. Française d’origine algérienne. Musulmane pratiquante. Clichoise qui passe plus de trois heures par jour dans les transports. Une touriste. Une banlieusarde qui observe les comportements parisiens. Je suis une menteuse, une pécheresse. Adolescente, je suis une élève instable. Adulte, je suis hyper-inadaptée. J’écris des histoires pour éviter de vivre la mienne. J’ai fait quatre ans de thérapie. C’est ma plus longue relation. L’amour, c’était tabou à la maison, les marques de tendresse, la sexualité aussi. Je me croyais polyamoureuse. Lorsque Nina a débarqué dans ma vie, je ne savais plus du tout ce dont j’avais besoin et ce qu’il me manquait. Je m’appelle Fatima Daas. Je ne sais pas si je porte bien mon prénom.

 

Prix : 20chf

Dans les yeux du ciel – Rachid Benzine

C’est le temps des révolutions. Une femme interpelle le monde. Elle incarne le corps du monde arabe. En elle sont inscrits tous les combats, toutes les mémoires douloureuses, toutes les espérances, toutes les avancées et tous les reculs des sociétés. Plongée lumineuse dans l’univers d’une prostituée qui se raconte, récit d’une femme emportée par les tourments de la grande Histoire, Dans les yeux du ciel pose une question fondamentale : toute révolution mène-t-elle à la liberté ? Et qu’est-ce finalement qu’une révolution réussie ? Un roman puissant, politique, nécessaire.

 

Prix : 29chf

Le sel de tous les oublis – Yasmina Khadra

Lorsqu’une femme claque la porte et s’en va, elle emporte le monde avec elle. Adem Naït-Gacem l’apprend à ses dépens. Ne supportant pas le vide laissé par le départ de son épouse, l’instituteur abandonne ses élèves et, tel un don Quichotte des temps modernes, livré aux vents contraires de l’errance, quitte tout pour partir sur les chemins. Des rencontres providentielles jalonnent sa route : nain en quête d’affection, musicien aveugle au chant prophétique, vieux briscards, galériens convalescents et simples d’esprit le renvoient constamment aux rédemptions en lesquelles il refuse de croire. Jusqu’au jour où il est rattrapé par ses vieux démons. A travers les pérégrinations d’un antihéros mélancolique, flanqué d’une galerie de personnages hors du commun, Yasmina Khadra nous offre une méditation sur la possession et la rupture, le déni et la méprise, et sur la place qu’occupent les femmes dans les mentalités obtuses.

 

Prix : 31chf

Evadées du harem Didier – Quella-Guyot & Alain Quella-Villéger

Constantinople. 1906. Zennour et Nouryé sont les filles d’un ministre du sultan de l’Empire ottoman. Fines lettrées. elles ne supportent plus la vie Feutrée et cloîtrée du harem. Un soir de janvier, elles fuient secrètement à bord de l’Orient-Express pour gagner la France. Leur histoire fait la une de la presse internationale et l’Europe se passionne pour elles au moment où paraît le best-seller de Pierre Loti Les Désenchantées, dont il s’avère très vite qu’il n’est pas sans liens avec ce fait divers devenu scandale… Un récit rigoureusement historique qui apporte un éclairage passionnant sur la question féminine et la fascination réciproque unissant Orient et Occident !

 

Prix : 29chf

La Part du Sarrazin – Magyd Cherfi

Après avoir conquis sa “part de Gaulois” en devenant le premier bachelier de sa cité, Magyd Cherfi, alias “le Madge”, file s’établir en centre-ville avec un colocataire, débute pour de bon dans la musique et commence à écumer avec son groupe les scènes campagnardes ou périphériques, mêlant textes engagés, poésie du quotidien et rock dévastateur. Dans cette France des années 1980 où le Front national bombe le torse, ses anciens potes du quartier se mobilisent pour rejoindre la grande Marche des beurs. Pour peu de temps encore, sur Mitterrand se porte l’attente d’un pays moins raciste. Mais le délit de faciès a de l’avenir, les coups pleuvent et le métissage est la pire des qualités. Chanter pour ceux de la cité — les Sarrasins — est aussi illusoire que demeurer soi-même dans l’inatteignable identité du made in France. Entre autodérision, gouaille et violence, un esprit libre cherche sa place et zigzague son chemin familier. A défaut d’une histoire nationale qui lui ressemble et le rassemble, le Madge fait chanter les mots, revit et restitue les années pré-Zebda, évoque tous les désirs et tous les malentendus, rencontre l’amour de sa vie et projette sur notre temps les images d’une jeunesse prise entre la peur, la colère et l’espérance.

 

Prix : 33chf