Institut des cultures arabes et méditerranéennes  (ICAM)
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Femme de tête comme de coeur, Leïla Shahid, à l’image de la Palestine

dans ACTUALITÉS, Non classé, Palestine/par ICAM
  • samedi 11 juillet 2015 15:37  Écrit par Eric Anglade
  • Retrouvez l’article sur Al Maouja

Leïla Shahid vient de quitter ses fonctions d’ambassadrice de la Palestine auprès de l’Union européenne. Après ces nombreuses années passées à plaider et défendre la cause de son peuple, elle entame un nouveau cycle dans sa vie et consacre son premier voyage au Maroc, pays avec lequel elle a des liens profonds. De passage sur Ouarzazate en partance pour les trésors culturels de la région Sud Est du Maroc, elle a accepté de prendre le temps du dialogue avec l’équipe d’almaouja.com pour nous dessiner son parcours de vie et nous faire partager ses vues sur les bouleversements actuels qui traversent notre monde. Fidèle à elle-même, Leïla Shahid nous délivre un message de responsabilité où la reconnaissance de la gravité de l’état du monde n’empêche pas d’assumer l’espoir du mieux, et d’encore travailler à son avènement.

Almaouja.com – Pourriez-vous nous décrire les grandes étapes de votre vie ?

Leïla Shahid – La vie est faite comme les saisons de la nature, par des cycles. Je suis née un année après la Nakba, en 1949 donc, au Liban et en exil, de parents originaires de la Palestine mais partis tous deux assez tôt ; mon père pour faire ses études, notamment de médecine, et ma mère, née à Jérusalem, venant d’une famille militante qui s’est confrontée dès 1936 aux britanniques alors en charge de la Palestine, et qui s’est trouvée déplacée à Beyrouth.

Le premier cycle de ma vie aura été la découverte que j’appartenais à un peuple qui existait sans patrie. Ce fut pour moi la découverte de l’injustice envers la Palestine accompagnée des sanglots de ma mère, femme très positive et à qui je ressemble mais qui a vécu douloureusement ce sentiment d’arrachement.

Cette première partie va jusqu’en 1967, année où je devais passer mon baccalauréat mais où les épreuves ont été annulées alors que le 5 juin la guerre commençait. Je me souviens encore faire la fête avec mes amis avec ce sentiment de liberté retrouvée qui nous traversait. Et quand nous voyons en six jours quatre armées arabes se faire battre par l’armée israélienne, nous nous sommes sentis vraiment humiliés et honteux.

Cet échec n’était pas seulement celui des armées mais aussi celui des élites arabes et des partis politiques arabes. Alors à partir de cette période, je décide qu’il faut que je m’engage politiquement, et je le fais dans ce qui était à l’époque le mouvement anticolonialiste et laïque qui me correspondait le plus, sans dogmatisme et avec un vrai esprit d’ouverture, le Fatah.

Là commence le second cycle de ma vie et la première chose que je fais est d’aller travailler auprès des palestiniens dans les camps de réfugiés, camps qui étaient à cette époque interdits aux non résidents. C’est d’ailleurs là que commença la première Intifada puisqu’en 1969, dans les 15 camps de réfugiés palestiniens qui entouraient alors Beyrouth, un soulèvement organisé par l’OLP permet de mettre dehors les personnels de l’ONU et de la sécurité libanaise, et de transférer la gestion de la vie des palestiniens réfugiés à des comités populaires. Il faut se rappeler qu’à cette époque, ces camps réunissaient près de 400.000 personnes dans un pays qui comptait une population de 3 millions d’habitants.

Dans le même temps, je suis des cours de sociologie à l’université américaine de Beyrouth et j’entame une thèse de doctorat en 1972 sur le thème justement de la structure sociale des camps de réfugiés palestiniens. Mon intention était de comprendre comment une population, réfugiée depuis des dizaines d’années, puisqu’elle est partie en 1948, reste aussi unie dans son aspiration à une identité nationale et capable de faire une intifada, c’est à dire un soulèvement, comme celui auquel je venais d’assister en 1969.

Bien sur je ne pouvais pas imaginer que vingt ans après, les palestiniens se soulèveront encore mais à ce moment je voulais comprendre comment une société civile prend son sort en main. Et c’est pour cela que j’ai depuis un attachement particulier avec les sociétés civiles et leur actions au sein de milieux défavorisés. Un camp de réfugié, c’est comme un bidonville, c’est comme un quartier pauvre au Brésil, comme une favela au Chili. Ce sont des milieux sociaux marginalisés, défavorisés et humiliés, dépossédés de leur dignité. En Palestine s’ajoute certes le côté politique avec l’occupation militaire et la diaspora, mais du point de vue humain, le défi est la même.

Le Maroc, un pays où les marocains se sentent bien dans leur identité

En 1974, quand je finis ma maitrise, je décide de m’inscrire à l’Ecole Pratiques des Hautes Etudes de Paris afin de poursuivre un doctorat sur le même sujet. Et en 1977, je rencontre mon mari, le romancier marocain Mohammed Berrada. Je m’installe alors au Maroc où j’ai un véritable coup de foudre pour ce pays car je venais d’un endroit où tout le monde se faisait la guerre, palestiniens et libanais, chrétiens et musulmans, étrangers et nationaux. Là, j’arrivais dans un pays où les marocains se sentent tellement bien dans leur identité, dans cette longueur de leur histoire, dans cette mémoire qu’ils ont depuis la manière de préparer le thé jusqu’à la manière de vivre entre amazigh et arabe.

Je suis restée au Maroc jusqu’en 1989, période où le Président Arafat décide alors de nommer des femmes ambassadrices car il était émerveillé par le rôle joué par les femmes dans la lutte palestinienne, et notamment lors de la première Intifada qui commence en 1987. J’ai ainsi été nommée ambassadrice de la Palestine en Irlande, et puis en Hollande, au Danemark, à l’Unesco et enfin en France, pays que j’ai beaucoup aimé car la société civile française est celle qui comprend le mieux le monde arabe.

Fin 2005, je quitte Paris pour rejoindre Bruxelles pour représenter la Palestine auprès de l’Union européenne car je considère que la relation entre l’Europe et le monde arabe est stratégique et civilisationelle. La géographie nous montre en effet que les pays du Sud de la Méditerranée et ceux du Sud de l’Europe ont une histoire et une culture communes.

Le Maroc est comme l’alter égo de l’Europe, le frère jumeau séparé par l’eau

Almaouja.com – Justement si l’on se réfère aux années 1990 période où les responsables européens, avec Jacques Delors en tête, ont pu faire émerger au niveau politique cette réalité euro-méditerranéenne, et que l’on compare ces grands idéaux d’alors avec la situation actuelle, comment comprendre ce qui s’est passé ? Où a été selon vous le point d’achoppement qui fait qu’aujourd’hui l’on ne parle plus de cette ambition euro-méditerranéenne ?

LS – C’est à cause de la bureaucratisation du projet européen et de sa dépolitisation. Puisqu’un grand nombre de pays n’ont pas voulu d’union politique, le projet des fondateurs de l’Europe est devenu un projet technique au service du seul business. Ils ont créé l’union financière, aboli les frontières pour avoir des conditions de travail plus faciles. Et vis à vis du monde, les européens se sont montrés avant tout intéressés par l’accession aux grands marchés commerciaux, comme celui de l’Afrique ou du monde arabe, mais ils ne voulaient surtout pas avoir une position commune sur les questions politiques, pas seulement la Palestine mais aussi comme on le voit aujourd’hui sur l’Ukraine.

Le projet fondateur de l’Europe visait à construire une puissance régionale qui devait trouver sa place aux côtés de la puissance américaine et soviétique. Mais très vite les élites européennes ont contré cette orientation.

Almaouja.com – Lors d’une interview données récemment au journal Médiapart, vous avez eu des mots très forts vis à vis de l’Europe en usant du terme de lâcheté.

LS – Oui sur le Palestine, il y a eu lâcheté de la part de l’Europe. Ce n’est pas le cas sur d’autres sujets comme au Maroc où là l’Union européenne a fait le plus d’effort mais c’est parce que le Maroc est comme l’alter égo de l’Europe, le frère jumeau séparé par l’eau. Tandis que la Palestine exige que l’on soit sévère à l’égard d’Israël or les européens sont devant Israël d’une telle lâcheté ce qui fait qu’Israël détruit régulièrement tout ce que les européens investissent en Palestine. Depuis 2008, les européens investissent 1 milliard et demi d’euros chaque année. Ils ont construit un aéroport et Israël l’a bombardé, ils ont commencé à construire un port et Israël l’a bombardé. Ils ont soutenu les accords d’Oslo et Israël les ont vidés de leur contenu. Et les européens n’osent pas prendre une seule sanction contre Israël.

Almaouja.com – Comment expliquez-vous cette lâcheté ?

LS – Il y a deux raisons principales. C’est avant tout l’intervention de la question juive et donc la mémoire de la Shoah dans les processus électoraux des pays européens. Les lobbies israéliens pèsent très lourds dans toutes les élections, bien plus que le lobby non existant des populations maghrébines en Europe, comme en France ou en Belgique où leur communauté, en tant que non autochtone, est pourtant la plus importante. C’est donc l’instrumentalisation de la culpabilité vis à vis de la Shoah qui donne autant de force à Israël.

La seconde raison est la vision dépolitisée des relations avec les pays du Sud. Il faut se souvenir que le projet euro-méditerranéen initié à Barcelone en 1993 avait une vision non seulement étatique de la coopération entre tous les pays riverains du pourtour méditerranéen mais aussi qu’il impliquait les sociétés civiles. Et chaque sommet entre les gouvernements de ces pays s’accompagnait alors de rencontres entre les sociétés civiles. Des forums sociaux se tenaient en parallèle et j’ai pu moi-même y rencontrer tous les militants et acteurs citoyens de la Mauritanie jusqu’à la Turquie, dont ceux d’Israël. Ces rendez vous citoyens ont été annulés au profit de rendez vous techniques qui assurent l’établissement d’accords commerciaux et sur ce plan, les européens sont plus intéressés par Israël que par les arabes qui ne produisent pas grand chose.

Israël les intéresse beaucoup notamment dans le domaine de la pharmacologie ou des armes. C’est en effet un des leaders dans la fabrication des drones militaires et des médicaments génériques et un récent accord lui permet de vendre ses médicaments en Europe sans payer de taxes. Israël est un meilleur client, le portefeuille de ses échanges avec l’Europe étant de 30 milliards d’euros.

Le cycle du printemps arabe se poursuivra en temps voulu

Almaouja.com – Quel regard portez vous sur les « printemps arabes » qui ont traversé les sociétés de nombreux pays du Sud méditerranéen ?

LS – Ce que l’on a appelé le « printemps arabe » est pour moi une Intifada arabe. Il a perdu sa première bataille mais il faut comprendre qu’en réalité ces soulèvements relèvent d’une véritable tectonique des sociétés arabes qui ont vu là leur premiers mouvements depuis les indépendances de tous ces pays. C’est le premier vrai soulèvement où les citoyens, et les jeunes comme les femmes en premier lieu, expriment, en dehors des partis politiques ou des syndicats, leur souhait de participer à la définition de leur société. Ils disent : nous voulons être les artisans de notre avenir.

Ce mouvement n’a pas abouti du premier coup, et c’est normal. Ses acteurs n’étaient pas encore organisés ni assez expérimentés pour participer à des élections démocratiques. Il faut du temps pour organiser des élites nouvelles, pour faire émerger des partis politiques avec des programmes sérieux. Les seuls qui étaient organisés étaient alors les organisations islamistes et ils ont pris le devant de la scène mais ce n’est que temporaire.

Certes, ce premier cycle du printemps arabe a favorisé l’émergence d’un djihadisme barbare qui, s’il relève d’une pathologie, demeure directement lié à l’essor du salafisme dans le monde depuis l’émergence du wahhabisme parti d’Arabie saoudite. Cette lecture rétrograde de l’Islam s’est développée de partout, comme en France et en Europe, sans que personne n’intervienne.

Mais je reste confiante car je sais que le cycle du printemps arabe se poursuivra, en temps voulu.

Les enjeux sont humains et pas simplement commerciaux

Almaouja.com – Que faire face à cette situation ?

LS – Il faut une autocritique profonde des arabes et des musulmans. Il faut que les musulmans disent haut et fort que la version de l’Islam diffusée par les djihadistes n’est pas l’Islam. Les Etats, les élites et les citoyens doivent le dire tous les jours. Pour ma part, je le dis tout le temps car je suis de culture musulmane.

Deuxièmement, il faut que les européens fassent eux aussi leur autocritique car ils ont jadis soutenu des anciens dirigeants comme en Tunisie et en Egypte alors que maintenant ils applaudissent les révoltes arabes et appellent à la démocratisation de ces pays. Il faut qu’ils reconnaissent qu’ils n’ont rien compris à ce qui s’est passé, au même titre qu’ils ont accepté le développement du salafisme dans leurs sociétés alors que ce dernier n’est pas tombé du ciel par hasard mais qu’il a été soutenu par des pays comme l’Arabie saoudite et le Qatar, pays avec lesquels les européens font des affaires.

Les européens doivent reconnaitre que c’est avec les sociétés civiles qu’il faut travailler et qu’ils convient donc d’être à l’écoute de ces sociétés civiles des pays du Sud. La propriété du projet euro-méditerranéen doit désormais appartenir à tous, être partagée entre tous. Les enjeux sont humains et pas simplement commerciaux car ce qui nous réunit tous est avant tout d’ordre culturel.

Tout le monde est impliqué dans cette grande crise et tout le monde doit s’efforcer de trouver des solutions. Pour cela, il nous faut analyser d’où vient la violence et cette violence ayant aujourd’hui pleinement traversée les frontières, cela peut sans aucun doute aider à réveiller les esprits des européens.

Il y a au Maroc une dimension naturelle de la diversité

Almaouja.com – Le Maroc semble garder une stabilité dans ce chaos et il a peut être un rôle à jouer dans cet ensemble. Qu’en pensez vous ?

LS – Il n’y pas de garantie de stabilité mais le Maroc a certainement un rôle à jouer car ce pays a un rapport à lui-même singulier. La monarchie en place est le seul pouvoir qui a une légitimité historique de mille ans d’âge et le pays a une culture arabe qui depuis longtemps se mêle à la culture amazigh. Le Maroc a aussi une présence française qui, au delà de la dimension coloniale, a laissé une langue et une culture. Lyautey est certes un général colonisateur mais il a sauvé les vieilles villes du Maroc en interdisant qu’on y construise quoique ce soit, comme à Fès, Meknes, Rabat et Marrakech. La France a ainsi apporté un peu de la philosophie des lumières ce qui a confronté le Maroc très tôt à une modernité européenne. Il y a une amazighité, plus ancienne que l’arabité, et qui aujourd’hui, grâce au Roi Mohammed VI, a toute sa place dans le pays.

Je reviens aujourd’hui au Maroc et je vais dans le Rif, je vais à Essaouira chez les Gnaouas, je vais dans le haut Atlas chez les berbères, je vais à Tamgroute dans la bibliothèque ancienne des Naciri, et je finis à Fès, la ville des Andalous. Tout cela c’est l’identité du Maroc. Il y au Maroc une dimension naturelle de diversité et les marocains savent pourquoi ils sont marocains. Tout cela peut aider les autres pays dans la crise actuelle mais il faut aujourd’hui qu’émergent plus d’instruments de construction de la démocratie afin que les jeunes puissent être convaincus que leur avenir est au Maroc et qu’ils cessent de chercher à partir ailleurs.

Israël cherche à atomiser la société palestinienne

Almaouja.com – Je ne peux terminer cet entretien sans vous demander comment vont les palestiniens ?

LS – Mal, ils vont très mal. Les palestiniens ont vraiment cru qu’avec Oslo, ils avaient arraché la reconnaissance mutuelle et la solution des deux Etats. Le plus important est certes que ces accords d’Oslo ont ramené les palestiniens en Palestine mais nous avons vraiment cru que nous irions plus loin.

Yasser Arafat avait réussi à convaincre son peuple de ne revendiquer que 22 % de la Palestine historique pour ainsi avoir un Etat dans la Cisjordanie, la Bande de Gaza avec Jérusalem Est comme capitale pour faire une paix définitive avec Israël. Yasser Arafat avait surtout réussi à demander à tous les pays arabes de reconnaitre Israël car la clé de la légitimité d’Israël est dans les mains de ses victimes palestiniennes.

Après 25 ans, nous devons admettre que le monde n’a pas saisi la chance d’avoir un dirigeant comme Yasser Arafat. Aujourd’hui, les accords d’Oslo ne sont toujours pas mis en œuvre. En 1999, l’Etat palestinien devait être assuré, or en 2015, nous sommes encore sous occupation militaire. Il y a un mur qui n’existait pas, il y a trois fois plus de colonies qu’en 1993, et Israël a le pire gouvernement de son histoire. Et que font les américains et les européens, rien. Que font les pays arabes ? Rien. Ils font la guerre au Yémen. Les palestiniens sont donc profondément choqués et très déçus justement par leurs amis arabes et européens.

Ils sont démoralisés en plus par la scission interne au sein de leur société entre le Hamas et le Fatah, entre la Bande de Gaza et la Cisjordanie. Cette scission est profonde car elle s’éternise or elle vient contredire l’esprit même de la Palestine et de l’OLP en particulier qui lui était la représentation de toutes les idéologies, de toutes les singularités palestiniennes éparpillées dans différents endroits.

Israël a réussi à atomiser la société palestinienne sous prétexte de sa sécurité, et cette fragmentation de la société palestinienne vise, comme cela s’est produit en Irak ou en Syrie, à une tribalisation de la société. Il y a là le risque de guerre civile, et c’est manifestement le but stratégique de certains.

La société civile palestinienne est forte parce qu’elle est chez elle

Almaouja.com – Ils semblent donc avoir gagné pour l’instant ?

LS – Non. Lorsque vous êtes occupés, il en faut beaucoup pour remplacer le sentiment légitime d’une lutte nationale par une lutte tribale ou confessionnelle car ces luttes viendraient nier l’identité nationale. Il y a certes une scission entre nous mais il y a surtout une fuite des forces vives de la Palestine pour le reste du monde. La population est exténuée. Elle ne peut pas sortir, pas circuler, pas travailler. Les vieux restent, et les jeunes partent. Il faut mettre fin à l’occupation, là est l’urgence immédiate.

J’ai une confiance aveugle dans la vitalité de la société civile palestinienne qui est plus forte que tout le monde. Plus forte que ses responsables politiques, plus fortes que les pays arabes et qu’Israël. Soyons certains que la guerre civile ne pourra pas prendre pied en Palestine. La société civile palestinienne est forte parce qu’elle est chez elle, parce qu’elle a fait son Intifada et qu’ainsi elle a retrouvé confiance en elle même.

Elle a une résilience de Job et elle ne lâchera pas prise facilement et c’est avec elle qu’il faut travailler pour construire l’avenir.

https://www.icamge.ch/wp-content/uploads/2015/07/leila-shahid-01.jpg 380 680 ICAM https://www.icamge.ch/wp-content/uploads/2014/07/olivier-icam-short-300x145.png ICAM2015-07-13 17:43:562021-05-29 12:35:33Femme de tête comme de coeur, Leïla Shahid, à l’image de la Palestine

« Explicite » par Charles Enderlin

dans ACTUALITÉS, Israel, Non classé, Palestine/par ICAM

Publié le 18 mai 2015 sur le Blog de Charles Enderlin correspondant de France2 à Jérusalem.

Un peu partout en Europe des hommes politiques et des éditorialistes accueillent le nouveau gouvernement israélien en se lamentant ou en le critiquant. Des réactions pour le moins surprenantes. De fait, la communauté internationale fait preuve, d’une belle hypocrisie ou d’un refus psychanalytique de la réalité.

Pour l’expliquer, il faut reprendre les principes développés dans un éditorial du New York Times par Anat Biletzki, professeur de philosophie dans une université américaine et à Tel Aviv. Elle a présidé l’ONG israélienne de défense des droits de l’homme, B’Tselem entre 2001 et 2006.
Implicitement
Par exemple, lorsque Benjamin Netanyahu a prononcé, pour la première fois les mots « état palestinien », le 14 juin 2009 dans son fameux discours à l’Université Bar Ilan, près de Tel Aviv, cela sous entendait, pour les responsables américains, et surtout le Président Obama, qu’il acceptait implicitement, le principe d’un accord avec l’OLP. C’était ce qu’ils voulaient entendre. Mais, pour les Palestiniens, et surtout leurs négociateurs à Ramallah, c’était tout le contraire. Netanyahu venait de rendre la paix impossible en y mettant des conditions. Il exigeait d’eux qu’ils reconnaissent « publiquement et catégoriquement Israël en tant que patrie du peuple juif ». Jamais cela n’avait été exigé de l’Égypte ou de la Jordanie lors de la signature des traités de paix avec ces pays. Ce n’est pas tout : « L’Autorité palestinienne devra faire régner la loi à Gaza et triompher du Hamas, Israël ne prendra pas place autour de la table de négociation avec des terroristes résolus à détruire notre pays. » Et Netanyahu d’annoncer que « Jérusalem doit rester la capitale unifiée de l’État d’Israël où la liberté de culte de toutes les religions sera scrupuleusement respectée. » Une notion rendue encore plus explicite, ce dimanche 17 mai lorsqu’il a déclaré lors d’une cérémonie marquant « La journée de Jérusalem » : « C’est depuis toujours la capitale du peuple juif et d’aucun autre peuple et le restera… L’avenir appartient à Jérusalem unifiée qui ne sera plus divisée »
Dream team de la droite israélienne
Pour son quatrième mandat à la tête du gouvernement israélien, il a donc réuni une coalition dans la droite ligne de sa promesse électorale : « Si je suis réélu il n’y aura pas d’état palestinien » Un exemple : la nomination du rabbin Elie Ben-Dahan (député du parti « foyer juif ») au poste de vice-ministre de la Défense, en charge de l’administration civile (qui est en fait militaire). A ce titre, il est responsable de la colonisation et … des palestiniens. A ce propos voici ce qu’il en pense explicitement : « Nous devons prendre le contrôle total de la zone C (NDLR : 60% de la Cisjordanie) et y imposer la loi israélienne. Je ne pense pas que la communauté internationale aura une forme quelconque d’emprise sur Israël si nous le faisons. Lorsque nous avons annexé Jérusalem-Est et le Golan, les États unis ont protesté et suspendu leur soutien (à Israël) pendant quelque temps, mais, finalement ils ont compris que nous étions un état souverain et qu’en fin de compte qu’il n’y avait pas d’alternative à notre contrôle du Golan. Le reste de la Judée Samarie restera sous contrôle civile et sécuritaire palestinien, mais il n’y aura pas de solution permanente ou d’état souverain (palestinien) »
Le premier aout 2013, le rabbin Ben-Dahan, qui était alors vice ministre des affaires religieuses, a explicité sa vision des palestiniens : « Ce sont des bêtes, pas des êtres humains » a-t’il dit dans une interview à la station de radio « Radious ». Et d’ajouter: «Le peuple palestinien n’est pas éduqué pour la paix. Il ne veut pas la paix »
Explicitement
Benjamin Netanyahu savait parfaitement ce qu’il faisait en accordant le portefeuille de la justice à Ayelet Shaked, laïque, annexionniste, membre, elle aussi, du « Foyer juif ».
Passons sur l’affaire de son post sur Facebook où elle avait repris un texte d’Ouri Elitzour justifiant le bombardement de civils palestiniens. Cela avait fait scandale. Ce n’est pas cela qui l’a poussé a devenir garde des sceaux.. En 2014, députée, elle a été à la pointe du combat contre la cour suprême avec une proposition de loi devant permettre au Parlement d’annuler une loi rejetée par la Haute cour. Selon les juristes, cela devait permettre à une majorité parlementaire de droite d’amender les textes de défense des droits de l’homme et des minorités. Elle va donc pouvoir la remettre sur la table en tant que projet de loi gouvernemental. Madame Shaked est aussi présidente de la commission ministérielle des lois et pourra ainsi décider quel texte sera soumis au vote de la Knesset. Ce n’est pas tout, elle a aussi la présidence de la commission de nomination des juges… Sans oublier qu’elle est entend faire adopter le projet de loi constitutionnel redéfinissant Israël comme l’état nation du peuple juif…
Curieusement, à Washington, à Paris et à Bruxelles on continue à parler de la solution à deux états comme la seule possible… Les diplomates ont visiblement du mal à comprendre l’explicite..

https://www.icamge.ch/wp-content/uploads/2015/05/blog_enderlin.jpg 163 960 ICAM https://www.icamge.ch/wp-content/uploads/2014/07/olivier-icam-short-300x145.png ICAM2015-05-19 10:43:222018-07-20 22:46:54« Explicite » par Charles Enderlin

Gaza sous les bombes de Banksy

dans ACTUALITÉS, Cartoon, Palestine/par ICAM

Gaza sous les bombes de Banksy

Alexandre HERVAUD Libération 26 février 2015 à 11:57

VIDÉO

Le mystérieux graffeur s’est rendu dans la ville palestinienne en ruines pour y produire des œuvres et sensibiliser l’opinion sur les conditions de vie des habitants.

Alors que le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, s’apprête à effectuer une visite polémique aux Etats-Unis, le street artist Banksy a publié en ligne différents contenus (vidéo, photo Instagram) attestant d’une visite récente à Gaza, comme le montre ce minidocumentaire décalé façon spot touristique pour une ville en ruines à la suite du conflit de l’été 2014 :

En anglais, la vidéo ironise en inscrivant des arguments du type «les habitants aiment tellement cet endroit qu’ils ne le quittent jamais», avant d’ajouter «car ils n’en ont pas l’autorisation», enchaînant avec des plans montrant des soldats israéliens.

Comme l’a relevé le site Buzzfeed, la vidéo – dont l’authenticité a été confirmée par l’attaché de presse de l’artiste – montre également les pérégrinations de Banksy (jamais montré clairement à l’image) à travers les tunnels connectant Gaza à l’Egypte. Sur son site, l’artiste a notamment publié la photo d’un chat peint sur les restes d’un mur (cf photo d’illustration principale de cet article), avec pour légende : «Un habitant est venu me voir et m’a dit « s’il vous plaît, qu’est-ce que ça veut dire ? » Je lui ai expliqué que je voulais souligner la destruction de Gaza en publiant des photos sur mon site, mais que les gens sur Internet ne regardent que des photos de chatons.»

Jamais à court d’humour noir, Banksy a également publié la photo ci-dessous, accompagnée de ce texte : «Gaza est souvent décrit comme « la plus grande prison à ciel ouvert du monde » car personne n’a le droit d’y entrer ou d’en sortir. C’est toutefois assez injuste pour les prisons : elles, au moins, n’ont pas l’électricité ou l’eau potable coupées sans raison pratiquement tous les jours.»

La conclusion de sa vidéo et du diaporama présent sur son site vise clairement à mobiliser l’opinion internationale : «Si on se lave les mains d’un conflit entre puissants et faibles, on se rallie aux puissants. On ne reste pas neutre.»

Alexandre HERVAUD

 

[l’article sur le site de Libération….]

https://www.icamge.ch/wp-content/uploads/2015/03/banksy-gaza.jpg 527 750 ICAM https://www.icamge.ch/wp-content/uploads/2014/07/olivier-icam-short-300x145.png ICAM2015-03-01 05:26:472021-04-12 10:28:13Gaza sous les bombes de Banksy

Un joueur de foot palestinien suspendu un siècle en Israël

dans ACTUALITÉS, Palestine/par ICAM

Coupable de jouer à la fois dans le championnat palestinien et pour une équipe israélienne, Atef Abu Bilal a été condamné à 99 ans de suspension par la fédération israélienne.

Entre le championnats israélien et palestinien, il faut choisir. Atef Abu Bilal, joueur du club de Segev Shalom, en cinquième division israélienne, l’a appris à ses dépens. La Fédération de football d’Israël (IFA) a infligé une suspension de 99 ans à l’ailier palestinien, coupable d’évoluer également dans une équipe qui participe au championnat de Palestine.

99 ans de suspension et 200 € d’amende

A défaut de pouvoir bannir le joueur à vie, l’IFA a appliqué la sanction la plus lourde prévue par son règlement. Une amende de 200 € accompagne la suspension du joueur. Atef Abu Bilal a disputé 11 matches avec la sélection palestinienne depuis 2010, année où il participait au Championnat de football d’Asie de l’Ouest. Désormais, le joueur de Shabab Al-Khaleel devra attendre l’année 2113 pour fouler de nouveau les pelouses israéliennes

https://www.icamge.ch/wp-content/uploads/2014/12/atef_abu_bilal.jpg 288 628 ICAM https://www.icamge.ch/wp-content/uploads/2014/07/olivier-icam-short-300x145.png ICAM2014-12-29 04:34:252014-12-29 04:36:53Un joueur de foot palestinien suspendu un siècle en Israël

Palestinian Shakespeare now available to view online

dans ACTUALITÉS, Palestine/par ICAM

Submitted by Sarah Irving on Fri, 12/26/2014 – 16:39

Al-Arabiya TV’s coverage of Ashtar Theatre’s 2012 performances of Richard II in both London and Jericho

In 2012, Palestine’s Ashtar Theatre company performed an Arabic translation of Shakespeare’s Richard II to considerable acclaim, as part of the Globe to Globe festival at London’s reconstructed Elizabethan theater.

Now the performance is available to stream or download via the Globe’s on-demand viewer, which offers access to a wide range of its productions, filmed and – when not performed in English – subtitled.

Ashtar’s adaption of Richard II, translated by Iman Aoun and Bayan Shbib – both of whom also appear in the play – stars the outstanding Sami Metwasi as a taut, vainglorious king who seems intent on denying his own unpopularity.

The Globe’s own website describes the Ashtar company as:

Ashtar is a dynamic Palestinian theatre company with a global perspective, founded in Jerusalem in 1991. In 2010 the group performed The Gaza Monologues, a series of stories told by the young people of Gaza — an unprecedented theatrical project involving thousands of people and 44 theatre groups from around the world. This vital theatre brings their direct storytelling style to Shakespeare’s great masterpiece of dislocation.

The website’s summary of Richard II’s plot, meanwhile, hints at the many parallels that might be drawn between the plot and historical or contemporary events in Palestine and the wider Middle East:

As Bolingbroke accuses Mowbray of treason and murder, and the two men prepare to fight a duel, King Richard intervenes and banishes them both from England. Already unpopular with his lords, he angers his supporters further by selling land to fund the disastrous war in Ireland. With the help of those alienated from Richard’s support, Bolingbroke returns to England with an army to seize the throne from the unpopular King.

With sparse staging, this version of the play is physical, sometimes brutal, occasionally hilarious; when I saw it during the 2012 festival, the protracted applause confirmed the audience’s appreciation of the production’s quality, despite the reliance of many viewers on the overhead synopsis.

It’s a credit to the Globe that this, and other productions in languages from around the world, are now accessible to global audiences.

 

Sarah Irving is a freelance writer and editor, author of a biography of Leila Khaled and of the Bradt Guide to Palestine, co-editor of A Bird is Not a Stone (a volume of Palestinian poetry translated into the languages of Scotland), and a PhD candidate at the University of Edinburgh. She has worked and traveled in Palestine since 2001.  Sarah Irving blog…

https://www.icamge.ch/wp-content/uploads/2014/12/sarahirving.jpg 100 85 ICAM https://www.icamge.ch/wp-content/uploads/2014/07/olivier-icam-short-300x145.png ICAM2014-12-27 15:43:182022-07-29 16:15:22Palestinian Shakespeare now available to view online
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