Rencontre avec Mohamed-Cherif Ferjani autour de son livre Néolibéralisme & révolution conservatrice

LA VIDEO LIVE SERA VISIBLE DES LE 10/02/2020 A 18h45

Littérature et cultures berbère

Solitude ma mère

Taos Amrouche

 Avec Solitude ma mère, les Editions Joëlle Losfeld commencent la réédition des œuvres de Taos Amrouche dans la collection Arcanes. « Taos Amrouche avait une présence rayonnante, excessive comme une tragédienne antique, rires et larmes mêlés : seule sur scène, chantant a capella, elle soumettait en un instant son public à la présence charnelle de sa voix qui remplissait tout l’espace – elle a elle-même, en toute clarté, comparé l’acte de chanter à l’acte sexuel. Elle y joignait une exigence spirituelle toujours insatisfaite. Un goût pour les choses lumineuses, fleurs, fruits, une aspiration à une plénitude qui serait fusion de la chair et de l’âme. […] Mais, plus que tout, lui importaient ses romans pour elle, seuls ceux-ci livraient, mis en mots, tout ce qu’elle sentait vivre en elle de lumineux et de tragique.  » François Maspero

PRIX : 9chf

Mémoires berbères – Des bijoux et des femmes au Maroc

Michel Draguet

Considérés comme les premiers occupants des territoires qui se déploient au nord du Sahara, les Berbères témoignent d’une tradition millénaire d’autant plus riche qu’elle a été perméable aux influences culturelles. Celles-ci ont été le fait d’invasions successives qui ont scandé l’histoire de la Méditerranée méridionale depuis les Phéniciens jusqu’aux Arabes en passant par les Grecs, les Romains, les Vandales ou encore les Byzantins. D’appropriation en assimilation, les Berbères ont donné naissance à une culture riche sans perdre les fondements mêmes d’une civilisation née quand le Sahara était encore verdoyant. A travers l’exceptionnelle collection de parures réunie par Anne-Marie Gillion Crowet, cette histoire se recompose avec faste et éclat. Au-delà de la virtuosité des artisans musulmans et juifs, la parure témoigne aussi de la situation complexe de la femme dans le monde berbère. Fruit d’un partenariat avec l’Institut du monde arabe à Paris, le présent ouvrage rend hommage à la femme berbère, passeuse de civilisation au Maroc.

PRIX : 123chf

Le Fils du pauvre

Mouloud Feraoun

Un village de montagne, Kabylie, début du siècle. C’est là que vivent les Menrad. Ils ne se rendent pas compte qu’ils sont pauvres. Ils sont comme les autres ; voilà tout. Mouloud Feraoun raconte, à peine transposée, sa propre histoire. Il était voué à devenir berger, le destin en décidera autrement. Ce témoignage d’un admirable conteur, souvent comparé à Jack London et Maxime Gorki, est désormais un classique.

PRIX : 10chf

L’anniversaire

Mouloud Feraoun

Ce volume réunit des études, des souvenirs, des récits dispersés dans des publications algériennes et françaises, ainsi que trois textes qui devaient figurer dans la suite au roman autobiographique Le fils du pauvre, que Mouloud Feraoun projetait d’écrire. On a joint à ce recueil les quatre premiers chapitres de son roman L’anniversaire auquel il travaillait encore à la veille même de son assassinat. Les qualités de conteur et d’analyste éclatent dans toutes ces pages, qu’il s’agisse de celles consacrées à Albert Camus, aux coutumes de sa Kabylie natale, à un voyage en Grèce, à la littérature algérienne ou à ses souvenirs d’adolescence. À retrouver ainsi tant d’intelligence, de sensibilité, de pouvoir créateur s’avive le regret d’une mort injuste qui, le 15 mars 1962, faisait disparaître l’un des plus grands écrivains d’Algérie.

PRIX : 10chf

Chants berbères de Kabylie

Jean Amrouche

Craignant que la beauté des chants berbères ne disparaisse avec la voix de sa mère, Jean Amrouche a entrepris de consigner tous les chants qui ont bercé son enfance. En les exprimant en français, il en a fait un trésor de la poésie universelle.

PRIX : 14chf

Les chercheurs d’os

Tahar Djaout

Accompagné d’un de ses parents, un adolescent part à la recherche des restes de son frère aîné, mort au combat pendant la guerre de Libération en Algérie. C’est la première fois qu’il sort de sa montagne kabyle. Sous ses yeux, s’ouvre le monde parfois violent des adultes, dans une société en mutation qui passe de la domination coloniale à la souveraineté nationale. Mais lorsque enfin il retrouve les os de son frère, il n’éprouve aucun apaisement. Pourquoi donc enterrer au village un frère qui ne supportait pas d’y vivre ? Les membres de sa communauté, repliés sur des coutumes archaïques, ne chercheraient-ils pas à se rassurer, à en finir avec leurs propres fantômes ?

PRIX : 10chf

La vie et ses mystères dévoilés par les contes de tradition berbère

Annick Zennaki 

« Au temps où tous les êtres parlaient », l’homme devisait librement avec le hérisson ou le serpent. Sous l’ombre hospitalière du jujubier, l’alouette chantait, avec le printemps, l’ouverture des travaux des champs. Eléments, animaux, plantes et gens, chacun à sa place, unissaient leurs énergies dans un destin commun : protéger la vie en ménageant l’avenir. Attentive aux paroles secrètes du monde environnant, à l’écoute des chants mystérieux de la nature, la puissante civilisation des Imazighen (les Berbères) a su, pendant près de dix mille ans, préserver les piliers de sa culture originale : sa langue et sa littérature orale. Usons et abusons, sans plus attendre, de la célèbre hospitalité méditerranéenne dont les conteurs nous feront découvrir le sens caché et la raison d’être. A conte ouvert, laissons-nous accueillir dans ce monde imaginaire peuplé de traits de génie où nous découvrirons pourquoi les cigognes livrent les nouveau-nés. Laissons-nous guider par la voix humaine au fil de ces histoires, d’une étonnante modernité, qui procurent aux lecteurs du IIIème millénaire, un sentiment de bien-être et de sécurité.

PRIX : 41chf

Grammaire du berbère

Fatima Sadiqi

En se proposant de présenter les différentes structures linguistiques qui constituent la grammaire berbère, ce livre s’inscrit dans la lignée des études dialectologiques sur cette langue. Le présent ouvrage a trois buts essentiels : initier aux composantes grammaticales du berbère, contribuer aux travaux qui visent à adapter le berbère aux analyses informatiques modernes, et présenter les principaux critères à prendre en considération dans l›enseignement éventuel de cette langue. Grammaire du berbère s’adresse donc à un large public qui couvre les étudiants et les chercheurs désireux de connaître ou d›approfondir leur connaissance sur le berbère, les linguistes nationaux et étrangers qui s’adressent aux langues chamitosémitiques, les pédagogues qui pensent enseigner ou comparer les structures de base du berbère et les personnes qui s’intéressent au patrimoine linguistique du Maroc ou qui voudraient connaître le berbère par simple curiosité.

PRIX : 16chf

Jean Giono : entretiens avec Taos Amrouche (cd)

Dès les premiers mots, Jean Giono nous transporte à Manosque, sa ville natale, pour vivre les aventures de son enfance provençale. Il nous raconte le fier Carmin, la jeune Adèle, la belle dame à l’auto… pépites improvisées d’un conteur hors pair. Causeries où il ne manque que le coin du feu, ces entretiens sont une invitation à plonger dans l’imaginaire chatoyant de l’auteur alors en train de rédiger la suite au Hussard sur le toit. Et Jean Giono, en hôte généreux et attentionné, veille à rendre ces moments inoubliables.

« Je crois que Gutenberg nous a rendu un très mauvais service, parce que dès que l’on a vu sa pensée imprimée, on lui a donné beaucoup plus de valeur qu’elle n’en avait. On s’est dit : ‘Mon Dieu, c’est moi qui suis capable d’écrire cela ? C’est prodigieux !’ (…) Si au lieu de l’écriture, nous ne disposions que de la voix, il y aurait peut-être un très grand déchet dans le contingent des écrivains… » (Jean Giono)

Prix : 43chf

La guerre de Jugurtha

Salluste

Héritier par adoption de la couronne du royaume de Numide, le jeune Jugurtha n’hésite pas à corrompre les dirigeants romains pour éliminer tout rival et s’emparer seul du trône. Mais bientôt la grogne se lève au sein du peuple de Rome, indignation de la plèbe qui se révolte contre les massacres en chaîne et les manoeuvres de la noblesse. Obligée, par crainte d’une guerre civile, de combattre le roi barbare, celle-ci l’emporte grâce à Marius, général aux origines modestes. Cette victoire marqua l’entrée dans les hautes sphères politiques de personnalités issues des classes populaires. Par une attaque sévère contre l’aristocratie romaine, vénale et corrompue et le récit de la première victoire du « parti populaire », Salluste écrit l’une des toutes premières luttes des classes de l’Histoire.

Prix : 17chf

La Terre et le Sang

Mouloud Feraoun

L’histoire se situe dans un petit village de Kabylie en Algérie au tout début du XXème siècle. Amer, enfant du village, s’exile en France pendant quinze ans. Loin de son pays natal, accueilli par une petite communauté d’hommes originaires du même village que lui, il découvre le monde des mines de charbon. C’est là qu’a lieu un premier drame : son cousin meurt dans un accident au fond de la mine. Amer est accusé du meurtre. Même s’il parvient à se dédouaner auprès de ses compagnons en France, il n’en est pas de même au village. Après l’accident, Amer est fait prisonnier lors de la première guerre mondiale puis revient à Paris où il retrouve la fille cachée de son cousin décédé, fille issue d’une union illégitime entre le dit cousin et une française, Marie. Amer épouse Marie et tous deux décident de retourner s’installer au pays.

Prix : 12chf

 

Les Berbères

Jean Servier 

 » Le terme de Berbère, écrivait Jean Servier, par lequel nous avons l’habitude de désigner les plus anciens habitants de l’Afrique du Nord est, en fait, un terme inadéquat puisque dérivé du grec barbaroi et, par-delà, du sémitique, puis de l’arabe brabra. Il désigne en premier des gens dont on ne comprend pas la langue. C’est une appellation méprisante donnée par un vainqueur à un vaincu ou par un voyageur sûr d’appartenir à une civilisation supérieure. Ce n’est pas le nom qu’un peuple se donne à lui-même « . Embrassant l’art, la civilisation, la population, la langue et l’histoire, cet ouvrage propose, pour reprendre les mots d’Ibn Khaldoun,  » une série de faits qui prouvent que les Berbères ont toujours été un peuple puissant, redoutable, brave et nombreux « .

Prix : 15chf

 

Méchamment Berbère

Minna Sif

Dans le vieux Marseille des années 1970, la chronique d’une famille d’immigrés marocains. La mère qui assume le quotidien, le père qui abandonne le domicile conjugal, le frère qui devient fou, une culture où se mêlent pauvreté, tendresse, violence et sorcellerie… Un destin familial qui devient, sous le regard lucide et plein d’humour de la narratrice, une truculente leçon d’humanité.

Prix : 13chf

 


Berbères juifs – L’émergence du monothéisme en Afrique du Nord

Julien Cohen-Lacassagne

 Voici un livre qui bouleverse complètement les idées reçues sur l’origine des juifs d’Afrique du Nord. Le récit classique est simple : après la destruction du deuxième temple de Jérusalem par les troupes de Titus en l’an 70 de notre ère, les juifs de Judée furent contraints à l’exil et se dispersèrent dans le monde entier, où ils fondèrent des communautés européennes, orientales, africaines, asiatiques et maghrébines. Dans cette conception, les juifs d’Afrique du Nord descendent, comme tous les autres, de la population initiale de Judée. Il apparaît aujourd’hui que si le temple a bien été détruit, l’exil consécutif n’a jamais eu lieu. Comment un exode aussi massif aurait-il pu matériellement se produire ? « Dans quels camions ?  » demande Shlomo Sand dans son grand livre, « Comment le peuple juif fut inventé » (Fayard, 2008). Les communautés juives étaient nombreuses dans tout l’Orient bien avant la destruction du temple : d’après Philon d’Alexandrie, les juifs étaient plus nombreux en Egypte, en Libye, en Asie mineure et surtout à Babylone qu’autour de Jérusalem. Ils ne parlaient hébreu que pour la liturgie et le reste du temps, ils utilisaient la langue du pays où ils vivaient (souvent le grec). D’où proviennent donc les juifs d’Afrique du Nord ? la réponse est simple : ce sont des Berbères judaïsés. Le judaïsme antique était fortement prosélyte (à la différence du judaïsme actuel) Le monothéisme juif, né à Babylone, s’est propagé dans le bassin méditerranéen, sous l’oeil bienveillant (au moins au début) de l’empire romain, Les Phéniciens, grands navigateurs – ce que les juifs n’étaient pas – a beaucoup contribué à l’extension du monothéisme juif, dont ils étaient proches par la langue et les idées. On appelle souvent « Sépharades » les juifs d’Afrique du Nord. Cohen-Lacassagne montre que c’est une erreur : sépharade signifie espagnol (ou plus largement ibère). Or s’il est vrai qu’une partie des juifs d’Espagne ont franchi le détroit lors de la reconquista par les Rois très catholiques, ils ne représentent qu’une très faible partie de la population juive maghrébine de l’époque – constituée, répétons-le, de Berbères judaïsés. « Au Maghreb comme ailleurs, être juif ne coïncide ni avec une réalité ethnique, ni avec une réalité linguistique, ni avec une réalité nationale – pas plus qu’être musulman. » En Méditerranée et au Moyen-Orient s’est constituée avec l’arrivée de l’islam une authentique civilisation judéo-musulmane, bien plus réelle que l’hypothétique civilisation judéo-chrétienne. Après le triomphe du christianisme, devenu religion officielle, le judaïsme se trouva confiné dans l’arrière-pays rural, au coeur d’un réseau de solidarité arabo-judéo-berbère, ce qui lui a sans doute permis de survivre jusqu’à l’époque actuelle.

Prix : 24chf

Contes berbères. La tourterelle de Youssef Yousfine

Collectif

Enfourchez le cheval rouge d’Amor Chek’Ka, il parle la langue des hommes et vous comprend comme le meilleur des amis. Puis partez à la découverte des contes berbères. Vous vous arrêterez souvent pour faire boire votre monture et à chaque halte on vous racontera une histoire. Celle de la tourterelle de Youssef Yousfine dont le rire se transformait en perles fines. Ou celle de la chouette qui sauva les plumes de tous les oiseaux de la création. Plus loin vous apprendrez comment l’on peut être, selon les jours, parfaitement insouciante ou très sage à condition de savoir tisser de merveilleux tapis. Vous découvrirez encore comment dominer un cruel génie ou un juge corrompu avec humour et insolence. Et si vous ne vous laissez pas envoûter par la flûte du fils d’Haroun Er Rachid, vous parviendrez enfin chez les Touaregs. L’eau y est si précieuse que c’est autour d’un puits que se déroulent les plus grands sortilèges.

Prix : 12chf

L’opium et la bâton

Mouloud Mammeri

Quand éclate la guerre d’Algérie, Bachir, un jeune médecin, rejoint la résistance aux côtés de son frère Ali. Acculés dans leurs derniers retranchements, hommes et femmes perdent tous les masques dont la vie sociale nous affuble, et dévoilent la lâcheté et l’héroïsme, les vices et les vertus, le jeu et l’amour, le rêve et la cupidité, la ruse et la sincérité.

Prix : 15chf

Les Berbères : Mémoire et identité

Gabriel Camps

 Connus dès le temps des pharaons égyptiens, les Berbères ont occupé un immense territoire, de la Méditerranée au sud du Niger, de l’Atlantique au voisinage du Nil. Les millénaires ont passé et, malgré les vicissitudes d’une histoire particulièrement mouvementée, des groupes de populations berbères subsistent de nos jours dans une douzaine de pays africains, coupés les uns des autres mais fidèles pour la plupart à leur culture, à leur langue et à leurs traditions. Paru en 1980, cet ouvrage de Gabriel Camps proposait pour la première fois une étude complète de l’histoire et de l’identité berbères, prenant en compte toutes les disciplines – archéologie, géographie, ethnologie, linguistique, arts… – avec une exigence scientifique et une qualité de synthèse qui en font aujourd’hui encore une référence aussi incontestée qu’inégalée. Cette édition est présentée par Salem Chaker, professeur à l’INALCO, spécialiste de linguistique berbère.

Prix : 15chf

L’allumeur de rêves berbères

Fellag

Alger, début des années 90. La ville est en proie à la terreur. L’eau est rationnée et distribuée drastiquement de trois à six heures du matin. Zakaria, un écrivain menacé de mort et rejeté par le régime qu’il a servi, se terre chez lui d’où il observe ses voisins, dont il nous conte les histoires dramatiques ou rocambolesques, extraordinairement drôles et inattendues. Durant ces quelques heures où l’eau coule à nouveau, la ville et la vie s’animent clandestinement, et c’est l’imaginaire et les rêves de tout un peuple qui se libèrent.

Prix : 10chf


Histoire de ma vie

Fadhma-Aïth-Mansour Amrouche

 Ce livre est le récit d’une vie,  » une simple vie, écrite avec limpidité par une grande dame kabyle, […] où l’on retrouve les travaux et les jours, les naissances, les morts, le froid cruel, la faim, la misère, l’exil, la dureté de cœur, les mœurs brutales d’un pays rude où les malédictions, les meurtres, les vendettas étaient monnaie courante… « . Kabyle, chrétienne, femme, et surtout poète, Fadhma Amrouche a vécu l’exil toute sa vie : dès sa naissance en 1883, dans son propre pays, l’Algérie, puis pendant quarante années en Tunisie, enfin en Bretagne jusqu’à sa mort en 1967. Dans ce livre magnifique, elle raconte sa vie de femme et le destin des Kabyles,  » tribu plurielle et pourtant singulière, exposée à tous les courants et pourtant irréductible, où s’affrontent sans cesse l’Orient et l’Occident, l’Algérie et la France, la Croix et le Croissant, l’Arabe et le Berbère, la montagne et le Sahara. le Maghreb et l’Afrique… « .

Prix : 18chf

Contes berbères de Kabylie

Mouloud Mammeri

Des contes de fées venus d’ailleurs, un voyage en Kabylie par un auteur renommé.

Une petite fille et son frère au milieu des fauves ; une belle aux cheveux d’or aimée d’un prince ; un fils de roi à la poursuite de la fiancée du soleil. Ces contes berbères qui s’ouvrent par l’antique et mystérieuse formule « Machaho ! Tellem chaho ! » ont traversé, oralement, bien des générations pour arriver jusqu’au lecteur d’aujourd’hui.

Prix : 11chf

Des coffres puniques aux coffres kabyles

Yvette Assié & Marceau Gast

 

Dans l’histoire du mobilier, le coffre a certainement été le premier meuble, et longtemps « le meuble » par excellence. Sa fonction n’est pas seulement de protéger les possessions privées mais aussi d’être berceau pour le nouveau-né et cercueil pour le mort. La richesse et la diversité de ses décorations géométriques sont un mode d’expression fondamental de la culture Berbère. .

Rare (épuisé), bon état  : 160.-

Malgré les obstacles, les réalisatrices arabes à l’assaut des sujets qui fâchent – (L’Orient le Jour)

Malgré les obstacles, les réalisatrices arabes à l’assaut des sujets qui fâchent
Si à Hollywood, sur les 250 plus grosses productions de 2020, seules 18 % avaient été réalisées par des femmes, le cinéma arabe fait bien mieux.

OLJ/Farid FARID/AFP / le 11 décembre 2021 à 00h00

Malgré les obstacles, les réalisatrices arabes à l’assaut des sujets qui fâchent
Fatma Riahi, scénariste et cinéaste tunisienne, se félicite de pouvoir bénéficier encore de son « entière liberté d’expression ». Khaled Desouki/AFP

Sur les tapis rouges des festivals d’Égypte, temple historique du cinéma arabe, des femmes se distinguent avec des documentaires qui exposent tabous et non-dits dans une région où salles et fonds pour le grand écran se font rares. Si à Hollywood, sur les 250 plus grosses productions de 2020, seules 18 % avaient été réalisées par des femmes, le cinéma arabe fait bien mieux. En 2019, avant la pandémie de Covid-19, la parité était quasiment atteinte, selon l’Université de Northwestern au Qatar.

Parmi les nouvelles cinéastes de la région, Zahraa Ghandour (30 ans), qui raconte dans Femmes de ma vie un féminicide dans un Irak conservateur où la coutume tribale fait loi. L’actrice et réalisatrice, qui a participé à Bagdad à la révolte antipouvoir fin 2019, dénonce avec son documentaire une société « qui traite les féminicides comme s’il était normal que (les femmes) soient tuées par leur famille ou dans la rue ». « En tant qu’Irakiens, nos vies sont instables, mais le meurtre ciblé des femmes en particulier ne doit pas être banalisé », affirme-t-elle depuis le très mondain Festival du film d’el-Gouna.

L’un des rôles principaux dans son film, Zahraa Ghandour se revendique d’une « nouvelle génération née dans les années 1990 et 2000 qui a émergé et tracé un nouveau cap », dans le 7e art comme en politique. En prenant elle-même la caméra, la jeune femme, qui a joué dans des productions occidentales, explique qu’elle veut avec d’autres « s’affranchir des clichés dans lesquels nous enferme le cinéma international ». Une liberté de ton qui a un prix, convient la cinéaste, cheveux bouclés et fossettes creusées par son sourire.

Dans son pays où quasiment aucun cinéma ne subsiste, « il n’y a pas de soutien, donc il faut chercher ailleurs », mais au-delà des frontières, « il y a des tendances et il faut y correspondre pour obtenir des financements », déplore-t-elle. « Mais si j’ai envie de faire un film d’horreur par exemple ? Je veux pouvoir faire ce que je veux tant que c’est un film de qualité », plaide-t-elle.

La réalisatrice palestinienne Rafia Oraidi navigue dans le cinéma indépendant depuis une quinzaine d’années. Khaled Desouki/AFP

D’autres histoires
« Le plus grand défi pour nous, dans le monde arabe, c’est qu’il n’y a pas d’infrastructures. Par exemple, la postproduction doit se faire à l’étranger », renchérit la productrice palestinienne Rafia Oraidi. « Nous n’avons pas de studios sur mesure, donc nos budgets sont énormes et nous sommes forcés de nous associer avec des coproducteurs », poursuit celle qui navigue dans le cinéma indépendant depuis une quinzaine d’années.

Pour son dernier opus, elle s’est alliée à la réalisatrice palestino-américaine Hind Choufani pour raconter une poignante quête transgénérationnelle dans Ils ont planté des arbres étranges. Encore en postproduction, le film « suit le quotidien des habitants du village d’origine de la réalisatrice en Galilée », territoire appartenant aujourd’hui à Israël, où cette dernière « rencontre pour la première fois sa famille élargie 20 ans après la mort de ses parents », raconte la productrice.

Pour elle, il est primordial de « montrer qu’il y a beaucoup d’autres histoires en Palestine au-delà de la guerre, la destruction et l’occupation ». « Il y a une vie dont le rythme particulier est imperceptible dans les médias », insiste-t-elle, mais qu’ont déjà réussi à dépeindre les figures de proue du cinéma palestinien indépendant, comme les réalisateurs Elia Suleiman ou Hani Abou Assad, tous deux primés à l’international. « Sans leur attention, leur patience et leur persévérance face aux conditions dans lesquelles on vit, nous n’aurions pas même un film sur les écrans », assure Rafia Oraidi.

L’actrice et cinéaste irakienne Zahraa Ghandour est une nouvelle venue sur la scène de la réalisation. Khaled Desouki/AFP

Liberté d’expression
À l’autre bout de la Méditerranée, la réalisatrice tunisienne Fatma Riahi souhaite faire de son prochain documentaire, encore en cours de réalisation, un « récit biographique et personnel ». Elle y explore les résonances entre l’histoire de son père, son rôle dans le coup d’État qui a renversé l’ex-président tunisien Habib Bourguiba en 1987 et la Tunisie postrévolution de 2011 qui a chassé son successeur, Zine el-Abidine Ben Ali. « En tant que réalisatrice tunisienne, j’ai encore mon entière liberté d’expression », se félicite Fatma Riahi. Et elle entend bien utiliser cette liberté, rare au Moyen-Orient, pour « offrir une lecture alternative des 30 dernières années de l’histoire tunisienne, depuis les coups d’État aux révolutions et à ce que l’on vit actuellement avec Kaïs Saïed », l’actuel président qui s’est arrogé fin juillet les pleins pouvoirs, explique-t-elle.

Si, depuis 2011, le cinéma tunisien a bourgeonné, il reste trop masculin, estime cette trentenaire. « Il y a encore du chemin à faire », assure-t-elle.

Retrouver l’article original sur

Nawel Ben Kraiem : «La poésie est un endroit où on a le droit d’être complexe»

07 JUIN 2021 | PAR DONIA ISMAIL

À l’affiche de la nouvelle édition des Arabofolies de l’Institut du monde arabe, la chanteuse tunisienne revient avec un recueil intime et politique, «J’abrite un secret» (ed. Bruno Doucey).

Donia ISMAIL : Vous clôturez cette nouvelle édition d’Arabofolies à l’Institut du Monde Arabe, placé sous le signe de l’empouvoirement («empowerment»), qui s’appelle «Obstin.é.e.s. Et vous, êtes-vous obstinée?

Nawel Ben Kraiem : Oui. Je crois qu’il faut une bonne dose d’obstination pour prendre la parole et faire bouger les lignes d’un système dont on sait qu’il est profondément injuste. Je l’ai cette dose d’obstinée.

DI : Ces injustices dont vous parlez, c’est ce besoin de les combattre qui vous a poussé sur la scène?

NBK : La scène est un endroit de combat. Si on y vient, c’est parce que l’on a un besoin de prendre la parole. Cependant, la scène et ce recueil sont un prisme artistique sublimé. Ce n’est pas exactement les mêmes armes.

DI : Vous publiez, «J’abrite un secret» (ed. Bruno Doucey), votre premier recueil de poésie. Qu’est-ce qui a déclenché cette envie de faire de la poésie?

NBK : J’en fais depuis longtemps, sans le nommer ainsi. Depuis que je suis en âge d’écrire, j’écris dans des petits carnets. J’y dépose mon regard sur le monde, des pensées, des réflexions, des émotions… Quelque chose entre le sensible et l’intellectuel. Pour moi la poésie, c’est vraiment cet endroit entre la pensée et l’émotion.

C’est l’art cousin de la chanson car elle commence par des mots déposés entre la pensée et l’émotion. Puis, on les retravaille, on les confronte à une mélodie. La poésie est, à mon sens, une forme plus libre. Je laisse les mots trouver leur espace. J’avais besoin, à un moment, de cette liberté-là, de ce silence.

DI : Qu’est-ce que la poésie apporte de plus que la chanson?

NBK : Une assise en moi-même, quelque chose de très singulier. Chacun a sa spécificité, sa nuance dans sa façon de s’exprimer. «J’abrite un secret» correspond à ma pudeur. Autant je me retrouve dans une forme de radicalité, d’absolu dans ce que je recherche dans un monde plus féministe, plus antiraciste. Autant je ne me retrouve pas du tout dans l’ère du témoignage. Pour moi, la poésie est l’inverse des raccourcis. C’est un endroit où on a le droit d’être complexe, profond, d’être à la fois léger et grave, révolté puis très prévenant par rapport à ses proches et à ses blessures. La poésie m’a permis tout ça. C’est l’art de la nuance, de dire les choses précisément et en secret.

DI: À la lecture de vos poèmes, on ressent une forte influence rap. Quelles ont été vos inspirations?

NBK : Une des premières cassettes que j’ai beaucoup écoutées, c’était «L’École du micro d’argent», de IAM. Je pense que je pourrais encore sortir plusieurs de leurs lignes. Ce qui m’intéressait était la beauté de certaines métaphores, la force des images qui raconte une réalité sociale. En grandissant, j’ai découvert l’art de la punchline chez des artistes comme Youssoupha ou Booba. J’aime quand Youssoupha dit : «J’suis noir deux fois, Je suis renoir». Ce n’est pas tant trouver la bonne image, mais plutôt trouver le mot percutant.

DI : Pourquoi ce titre, «J’abrite un secret»? Finalement, dans ce recueil, vous donnez à voir ce qui se passe dans votre vie, dans votre intime…

NBK : C’est une façon de dire que l’on peut dire les choses avec pudeur. Ce n’est vraiment pas une poésie pour dire de se taire. Au contraire. Il est important de nommer les choses. C’est peut-être la première étape avant d’arriver à un monde plus juste. Je m’inscris dans cette continuité-là. C’est une parole qui libère certaines émotions. Ça m’a fait du bien de les déposer, de parler de mon vécu.

Cependant, le thème du secret permet de laisser au lecteur projeter ses propres fractures. J’ai été élevé culturellement dans cette atmosphère, où le linge sale se lave en privé. Si on le prend par l’endroit du tabou et de la censure, cela peut être une arme également. Il faut trouver les espaces pour les dire, les déposer. Le thème du secret concilie ces deux choses-là.

DI : Finalement, vous racontez la contradiction de se mettre à nu…

NBK : Je pense profondément que c’est important de le faire parce que c’est là que l’on va rencontrer les autres. Cependant, faisons-le en respectant nos secrets, car ce sont nos spécificités.

DI : Dans «Labyrinthe», vous écrivez : «Il paraît que tu nies / La ville où tu es née / Tu as sali ton nid». Est-ce que l’exil est une trahison?

NBK : Ça peut être vécu ainsi. Il n’y a pas une seule manière de vivre l’exil. Ça m’arrive d’être très apaisée voire même fière, puis de ressentir une forme de culpabilité. Cette phrase-là raconte une révolte. On va avec tellement de fantasmes vers l’ailleurs. Quand il nous déçoit, il a y cette impression de s’être fait piéger, et cette culpabilité d’avoir quitté sa patrie. C’est une double peine.

DI : Dans ce recueil, vous rendez hommage à une grand artiste algérien, décédé lors du premier confinement : Idir. Vous dites : «Passeur de rêves / Passeur de rives». Quel a été sa place dans votre vie?

NBK : C’était une figure vraiment apaisante. C’était important après une partie assez dure sur les souvenirs d’enfance, de mettre en avant cette figure familiale. Ce n’était ni un père ni un oncle, mais une voix que l’on écoutait beaucoup.Je ne comprenais pas tout car nous ne sommes pas berbérophones dans la famille. Je sentais déjà que c’était une fierté pour mes parents. Il y a cette magie dans ses chansons, qui nous enveloppe, qui concilie les deux cultures. Il fait vraiment partie de ses figures de fierté, de résilience.

Nawel Ben Kraiem clôtura cette nouvelle édition d’Arabofolies, le 26 juin 2021. Les billets de ce concert ainsi que la totalité du programme sont à retrouver sur le site internet de l’Institut du Monde Arabe.

visuel : ©Victor Delfim

 

Retrouver l’article original dans TOUTE LA CULTURE.

test-contact

    Votre Nom

    Votre Prénom

    Votre email

    Votre téléphone

    Nombre de personnes

    HOMMAGE Salah Stétié : ami, témoin et symbole par ADONIS

    Salah Stétié nous a fait ses adieux, quittant ainsi ce monde, privant les cultures française et arabo-musulmane d’un symbole et d’un modèle. Pendant qu’il pensait, écrivait et explorait en français, il rêvait, voyait et soupirait en arabe.

    En ce qui concerne le symbole, sa vie était, en théorie et en pratique, le lieu d’une interaction créatrice entre deux cultures ouvertes sur les cultures du monde. Quant au modèle, c’est que sa vie était cet espace créatif d’une union novatrice entre soi-même et l’autre.

    Ce qui unit le symbole et le modèle, c’est l’horizon de création commun qui s’est libéré de la théologie des origines, pour s’inscrire dans la laïcité du devenir.

    Dans tout cela, il semble donner à la civilisation aryano-sémitique un autre nom que celui que lui a donné Ernest Renan, « une civilisation unique à deux têtes », pour dire à la place que c’est « une civilisation unique avec la double langue de la culture ».

    Ces propos révèlent un horizon qui fait de la culture arabo-musulmane un partenaire fondamental dans « la langue des origines humaines », selon l’expression de saint Augustin, considérant la langue arabe comme le réservoir de l’islam civilisationnel, son édifice culturel et son miroir de pensée sur la carte du monde.

    C’est la voie permettant de faire entrer l’identité arabo-musulmane dans la dynamique d’appartenance au futur et à l’horizon du monde, comme c’est le cas pour le christianisme.

    En vérité, nous voyons dans les écrits, en prose ou en poésie, de Salah Stétié un monde qui se développe dans une mémoire collective islamique et chrétienne, unissant la nature et ce qu’il y a derrière, entre l’Orient et l’Occident, entre l’esprit et les sens, entre l’abstrait et le sensible.

    Dans ce monde, l’identité ne semble plus venir du passé en tant qu’héritage, mais elle paraît ouverture sur l’avenir, je veux dire qu’elle devient recherche, questionnement et inventivité. C’est que l’homme en ce monde crée son identité pendant qu’il crée sa pensée et son travail. La finitude qui loge dans le corps de l’homme est habitée par l’infini qui loge dans son imaginaire. Soi-même n’est que l’autre qui est toi-même, selon l’expression d’Abû Hayyân al-Tawhîdî : « L’ami est un autre toi-même. »

    C’est ainsi que s’inscrit la culture arabo-musulmane, contrairement à ses interprétations théologiques ambiantes, dans l’espace de l’avenir, dans la dynamique du progrès et ses découvertes cognitives. Et c’est ainsi qu’elle tire profit de sa dualité, dans sa causalité, objectivement et subjectivement, avec la culture de l’autre. La singularité créatrice est l’autre visage de la dualité créatrice. L’un ne peut être vraiment un que s’il n’est autre.

    Dans la création de pensée philosophique, il y a ce qui pose les fondements de cette dualité. La philosophie arabe a assuré, par la bouche d’Averroès, que l’homme ne peut interpréter le monde par la religion seule, et qu’il est nécessaire de faire appel à l’esprit. Et dans cet espace humain créatif, la philosophie arabe a, par Averroès, donné à Aristote le nom de « premier maître ». C’est le premier hommage dans l’histoire de la relation humaine et culturelle entre soi-même et l’autre.

    Hommage à Salah Stétié, ami, témoin et symbole.

    Adonis, Paris, mai 2020.

    (Traduit de l’arabe par Aymen Hacen)

    Retrouverl’articlesur le site de l’Orient le jour

    Qui sont les “Bad girls des musiques arabes”, héroïnes d’un beau documentaire ?

    Qui sont les “Bad girls des musiques arabes”, héroïnes d’un beau documentaire ?

    Publié le 25/01/2020 par  Anne Berthod

    De Djamila, esclave émancipée du VIIIe siècle, à Soska, rappeuse vedette sur Internet, un superbe documentaire de Jacqueline Caux dresse le portrait de femmes arabes qui ont su, à travers les âges, défier le patriarcat et faire entendre leur musique avec fougue et audace. À découvrir le 26 janvier à l’Auditorium du Louvre !

    ebelles et scandaleuses, elles se sont fait un prénom en se mêlant aux hommes, en chantant l’amour et le désir : Djamila, Wahlada, Oum, Asmahan, Warda et Soskia sont Les Bad Girls des musiques arabes, nom d’un documentaire édifiant de Jacqueline Caux qu’elle présentera dimanche soir à l’Auditorium du Louvre, en clôture du festival JIFA (Journées internationales du film sur l’art). « Les attentats ont nourri les amalgames sur l’Islam et la culture arabe, de plus en plus associés à la violence et au conservatisme, dit-t-elle. J’ai voulu montrer que ces cultures pouvaient être au contraire inspiratrices de beauté, de ténacité et de poésie. »

    Auteure engagée d’une quinzaine de films principalement musicaux (de la techno de Detroit aux cheikhates de l’Atlas Marocain), cette cinéaste indépendante a donc remonté le fil de l’histoire pour sélectionner des artistes telles Oum Khalsoum, Warda Al Jazaïra ou la reine du raï Cheikha Remitti. « Je m’incline devant ces artistes qui ont osé transgresser tous les tabous. J’ai ainsi découvert que des esclaves pouvaient chanter des choses que des femmes libres ne pouvaient pas. Dans des pays où les femmes sont traditionnellement soumises, elles se sont affranchies par le verbe et le talent, en mettant leur vie en adéquation avec leurs propos, parfois au prix de grands sacrifices. »

    Djamila, l’esclave

    C’est au VIIIe siècle, dans le désert d’Arabie, qu’a résonné la première grande voix rebelle du monde arabe identifiée par Jacqueline Caux. Djamila, comme seules pouvaient le faire quelques esclaves à Médine, put s’élever socialement par sa beauté et son talent de oudiste. Assez pour imposer le silence aux hommes qui venaient l’écouter, comme le poète Omar Ibn Abi Rabi’a qui, un soir de taarab (l’extase dans la musique arabe) particulièrement intense, en déchira ses vêtements.

    Assez, aussi, pour éduquer ses élèves à la baguette – sur la tête. Car Djamila fut la première femme à fonder un conservatoire de musique, mixte qui plus est. La première, également, à diriger un grand orchestre arabe (150 musiciens). En 752, elle partit même sur les routes avec une troupe de cinquante musiciennes : direction La Mecque, où elle les fit jouer jouer dans les palais de la ville pendant trois jours et trois nuits, organisant ni plus ni moins que le premier festival de musique du monde arabe.

    Wallada, l’Andalouse

    Née en 994, Wallada est la fille du dernier calife omeyyade de Cordoue : une héritière fortunée, qui fonda à 24 ans un salon littéraire, où l’audace était de mise pour le plaisir de tous les lettrés d’Andalousie. C’est ainsi que cette rousse flamboyante, qui revêtait au quotidien l’une de ces tenues transparentes portées traditionnellement dans les thermes de Bagdad, est devenue l’amante du grand Ibn Zeidoun. Elle lui inspira des vers caliente (« l’endroit vers lequel tout homme soupire, on le devinait comme le museau d’un lapin doux ») et se consuma d’amour en retour, mais avait toujours brodé au bas de sa manche « J’offre mon baiser à qui le désire ».

    Ibn Zeidoun eut la mauvaise idée de la tromper avec sa servante et fut envoyé en prison au Maroc pour trahison. Elle se consola plus tard dans les bras d’une sublime poétesse. Et finit sa vie ruinée, hébergée par un autre de ses anciens amants.

    Asmahan, la Mata Hari

    Yeux verts et voix renversante, la sublime Asmahan fut la rivale d’Oum Khalsoum dans les années 1930-1940, et l’aurait peut-être même détrônée si sa voiture n’avait pas versé dans un canal, l’année de ses 27 ans… Née princesse druze dans les montagnes syriennes, elle a grandi au Caire, où sa mère, tabassée par son mari pour avoir chanté dans le jardin, s’était exilée avec ses trois enfants, dont Fouad et Farid El Atrache. Cette dernière, chanteuse de cabaret, veilla à leur éducation et transforma leur maison en école de musique.

    Le succès d’Asmahan fut immédiat. Star glamour de comédies musicales aux décors somptueux, séductrice et fêtarde invétérée, elle menait pour beaucoup une vie de débauche — de femme libre dirait-on aujourd’hui. De son premier mari syrien, imposé par un frère aîné qui voulait la « ranger », elle divorça au bout de sept ans. Elle en eut quatre autres. Et flirta avec le grand chambellan égyptien, amant de la reine Nasli (mère de Faroukh 1er, qui chassa Asmahan d’Egypte !). Pendant la guerre, elle entretint également des liaisons dangereuses avec les services secrets français et anglais.

    Warda, la Piaf maghrébine

    Ni esclave, ni princesse, Warda est née fille d’immigrés prolétaires, à Paris, en 1939. Ses premiers pas de chanteuse, elle les a faits sur la scène du fameux cabaret Tam Tam (Tam pour « Tunisie, Algérie, Maroc »), ouvert par son père dans le Quartier latin. Elle en devint la diva en titre, adulée dans la diaspora maghrébine, pour ses hymnes d’amour comme ses chansons patriotiques. Quand la police ferma le Tam Tam, soupçonné d’être une planque du FLN, sa famille s’expatria au Liban, le pays maternel, puis en Algérie, le pays paternel.

    Warda « Al Jazaïra » était alors « la rose algérienne », reine des cabarets à Beyrouth et icône de l’Algérie indépendante. Interdite de chanter en public par son mari, haut-gradé de l’Etat, elle se retira de la scène pendant dix ans. Elle y revint à la demande du président Boumedienne, malgré les menaces de son époux : « Si tu chantes, tu renonces à tes enfants ». Warda a chanté… Au grand dam de ses enfants, qui lui en ont longtemps voulu de les avoir abandonnés.

    Soska, la rappeuse 2.0

    Pas étonnant que Jacqueline Caux ait trouvé Soska en surfant sur Internet : c’est là que cette rappeuse égyptienne a émergé, à l’âge de 17 ans. Et là qu’elle continue de sévir dix ans plus tard, en rappant sur sa chaîne Youtube (The SoskaGirl, 190 000 followers), devant des milliers de fans, des États-Unis à la Corée.

    Ses textes, militants, dénoncent l’oppression des femmes et le patriarcat des sociétés orientales. Ses propres parents, très religieux, estimaient que seuls les hommes pouvaient rapper. Pour les convaincre, Soska a fait une grève de la faim, à 15 ans. À 19, elle vivait déjà de sa musique, assez pour aider sa famille et déménager à Alexandrie.

    Depuis, elle a tombé le voile qu’elle portait à ses débuts, mais ne donne que peu de concerts en Égypte, où ses propos virulants l’exposent trop. Les réseaux sociaux, où ses fans payent pour qu’elle chante le morceau de leur choix, lui suffisent amplement : elle a même un directeur artistique, qui lui conseille depuis la Chine comment décorer sa chambre les jours de live !

    58 MIN

    L’âge d’or de la médecine arabe

    Beyrouth ne pardonne pas – Carol Ziadé Ajami

    Fabienne, libanaise chrétienne éduquée dans une famille francophile, termine ses études à Paris. Marquée par la guerre civile qui a divisé son pays, elle désire dépasser ce traumatisme au sein du couple qu’elle forme avec un Libanais musulman chiite rencontré en France. Cependant, les résolutions des amants se heurtent aux conservatismes familiaux et ravivent d’anciennes douleurs.

     

    Prix : 25chf