Le théâtre arabe fait le procès des tueurs

Le théâtre arabe fait le procès des tueurs le 20.01.17
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Pièce irakienne «Kharif» (Automne) de Samim Hasballah
«Désolé si nous sommes durs avec vous. La réalité est plus dure encore», écrit le metteur en scène irakien Samim Hasballah dans le dépliant du spectacle Kharif (Automne), présenté, mardi soir, dans un espace non conventionnel, la médiathèque Bekhti Benaouda d’Oran, dans la section off du 9e Festival du théâtre arabe clôturé hier.

La pièce a été construite à partir des textes du dramaturge français Jean Genet, Haute surveillance, et de l’Irakien Haidar Jomaa Sirdab (La Crypte). La densification des deux textes a donné un spectacle intense en cruauté et en scènes choc. Samim Hasballah s’est visiblement appuyé sur le théâtre d’Artaud, mais en s’éloignant quelque peu de la philosophie défendue par le théoricien français.

La scénographie développée par Ali Mahmoud Soudani ne pouvait pas se faire sur scène puisque l’espace est un personnage à part entière. D’où le choix de la crypte de la cathédrale du Sacré Cœur d’Oran (siège de la médiathèque) pour interpréter une pièce qui met «en souffrance» le spectateur dès le début avec des cris forts. Les cris de deux hommes aux yeux bandés qui sont bousculés par deux autres hommes violents et silencieux.

Ils sont poussés vers le mur, vers les poutres, vers le sol. Des coups de pieds au ventre, des gifles, des coups de poing… Les tortionnaires semblent prendre plaisir à martyriser leurs victimes, ne s’arrêtant qu’à l’appel du muezzin. L’un d’eux prend une douche avec un bidon de sang en y trouvant de la jouissance. Les tortionnaires, qui allaient achever les deux captifs, disparaissent en s’engouffrant dans une porte rouge sombre.

Les deux prisonniers, l’un sur l’autre, commencent peu à peu à se découvrir, à constater qu’ils sont dans un endroit d’où ils ne peuvent pas s’échapper et à sentir qu’ils sont encore envie. Ils ne se parlent pas, ils communiquent par le langage du corps. Ils exécutent alors une danse macabre avant d’entamer un dialogue haché. Ils semblent éprouver de la haine l’un envers l’autre sans que l’on comprenne la raison. Le spectacle évolue autrement lorsqu’une une fontaine de sang explose au milieu de la cour de ce qui paraît être un asile psychiatrique ou une ancienne maison.

Un lieu qui regroupe d’anciens tueurs habillés en blanc, qui portent les germes de la destruction et de la mort en eux. Ils se battent, s’insultent, racontent leur passé, parlent de leurs assassinats… Ils n’ont presque pas de regrets. «Cinquante ans et il ne s’est jamais intéressé à nous», lance le premier. «Cinquante ans à semer la discorde», réplique le deuxième. Les accusations ne s’arrêtent pas. Les petites vérités éclatent comme des balles traçantes.

L’un des hommes s’adresse au public : «Vous avez ouvert vos fenêtres et vos yeux pour voir ce que nous faisions. Vous n›avez rien dit, rien fait. Savez-vous quel est votre plus grand pêché ? Votre silence ! Nous nous cachions parmi vous mais vous avez évité de nous regarder. Vous aviez peur et peut-être que vous preniez plaisir à nous voir faire. Ou peut-être que vous vouliez qu›on tue ceux qui ne sont pas d’accord avec vous.»

Actualité macabre

L’interpellation de la société est manifeste. Les tueries en Irak, en Syrie ou en Libye se nourrissent du silence. La peur ne peut pas tout expliquer. Kharif fait le procès des tueurs et ceux qui se taisent. Le discours est parfois direct, vif, acide. Il y a une rage de dénonciation. Cela a une explication psychologique : Samim Hasballah a perdu un frère, assassiné en Irak après avoir été kidnappé. Les comédiens Yahia Ibrahim, Haidar Jomaa, Baha’a Khayoun et Hisham Jawad ont déployé de grands efforts physiques durant le spectacle avec un corps à corps répétitif et violent. La force du corps est érigée en arme.

L’un des tortionnaires porte une arme en forme de faucille, sans doute pour symboliser la mort. «Nous avions voulu répondre à la question : comment réfléchit un tueur communautaire lorsqu’il assassine ? Et comment réfléchit-il des années après ses meurtres ? Les regrette-t-il ? A-t-il peur ? Pense-t-il que ce qu’il a fait était une erreur de sa par», s’interroge Samim Hasballah. La réponse donnée dans le spectacle est tranchante, mais suscite d’autres interrogations. «Demain, lorsque ma fille deviendra adulte et rencontrera le fils d’un tueur communautaire, que se passera-t-il ?

J’en sais rien», a relevé Haidar Jomaa, qui est également directeur de Mountada Al Mashrah à Baghdad. «Kharif est une pièce qui ressemble à des scènes quotidiennes en Irak», a souligné, pour sa part, Abdallah Jarir, assistant du metteur en scène. «Nous sommes durs avec les spectateurs parce que notre vécu est encore plus cruel que ce que vous avez vu, surtout ces dernières années. Nous avons voulu juger le tueur communautaire. Il doit rendre des comptes aujourd’hui ou demain. Il le doit», a insisté Samim Hasballah.

Les assassins de la citadelle

Dans une architecture visuelle différente, la pièce Al Qala’â (La Citadelle) du Koweitien Ali Al Husseini, présentée mercredi soir au théâtre régional Abdelkader Alloula d’Oran, repose presque les même questions sur les tueurs, leur passé et leur présent. Un homme (Fayçal Al Oumeiri) s’arrête au milieu de la chaussée pour obliger un conducteur (Ahmed Selman) à le mener vers une petite ville.

«Le chemin est trop long», répond le conducteur. «Je suis tenté par l›aventure», réplique l›autre. La voiture s›engage sur une route plongée dans l’obscurité. Le premier presse l’autre de faire vite avant l’arrivée de la tempête et de marquer un arrêt dans un cimetière. «Je ne m’arrête pas», tranche le chauffeur. «Tu ne sais pas que la ville est devenue un cimetière.

Tous les chemins mènent au cimentière, pas à Rome», réplique le passager, qui propose de changer «cimetière» par «jardins suspendus» (comme ceux de Babylone ?). La tempête arrive. «La tempête n’arrête pas les loups dans leurs parcours», lâche le passager. «Je ne vois rien, je ne vois rien», crie le conducteur. Le véhicule tombe dans un ravin, se disloque. Les deux hommes se retrouvent étalés sur le sol, dans… un cimetière.

Souvenirs

Là, commence le conflit. Le passager raconte comment il a été détenu les yeux bandés et comment son épouse a été tuée sous ses yeux. Il raconte les carnages. Le conducteur est en fait l’un des assassins. «La tombe que tu vois là est celle de ta mère !», lance le passager à son adresse. L’autre s’effondre et commence à se remémorer les crimes qu’il a commis. «Je n’obéissais qu’aux ordres», tente-t-il de se défendre. A-t-il des regrets ? Le passager fait le procès du tueur impitoyable, dévoile ses faiblesses, dénonce sa violence et menace de le liquider. Le cimetière collectif, qui prend parfois des nuances grises comme celles des cendres, est le territoire de cette histoire amère, écrite par l’Irakien Abdelamir Chamkhi avec des larmes.

Les tombes se métamorphosent en vieux lits alors que l’épouse suppliciée du passager revient comme un fantôme pour chanter et pour hanter l’esprit de l’assassin… Sur tous les plans, la pièce El Qala’â, qui peut relever du théâtre de l’absurde, est une réussite tant dans la traduction scénique du texte, particulièrement sombre, que dans l’interprétation des deux comédiens (Fayçal Al Oumeiri est metteur en scène).

Ali Al Husseini, soucieux de proposer un travail esthétique soigné, a su mettre de la musique dans les moments dramatiques les plus expressifs, comme il a réussi à «faire parler» la lumière. Il a bien utilisé les accessoires dans un spectacle qui aurait pu se dérouler dans la noirceur totale, comme celle d’une nuit d’hiver. «Nous portons des préoccupations humaines. Nous dénonçons les failles voulues dans le rythme de la vie et nous refusons que l’homme perde son humanité.

L’inhumanité mène à la perte. La citadelle, lieu où se détruisent les êtres, où l’un veut supprimer l’autre, est comme beaucoup endroits de ce monde. C’est un spectacle sur les expériences répressives de l’homme», a souligné Ali Al Husseini. La dualité mort-vie dans les deux sens est fort présente dans cette pièce qui ressemble, dans sa dureté, aux autres spectacles présentés au 9e Festival du théâtre arabe. Le théâtre, art vivant, exprime le mieux les douleurs, les blessures, les tourments, les déchirements, les violences, les cassures et les peurs qui traversent la région arabe depuis au moins dix ans.

Fayçal Métaoui

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Le 9e Festival du théâtre arabe aura lieu du 10 au 19 janvier 2017 à Oran et Mostaganem

Le 9e Festival du théâtre arabe aura lieu du 10 au 19 janvier 2017 à Oran et Mostaganem. Organisé par l’Arab Theatre Institute, le festival est dédié au comédien algérien, Azzedine Medjoubi, assassiné à Alger en février 1995.

Seize pièces sont programmées au 9e Festival du théâtre arabe qui aura lieu du 10 au 19 janvier 2017 à Oran et Mostaganem. Le 10 janvier est consacré, par l’Arab Theatre Institute qui organise le festival, à la Journée du théâtre arabe. L’Office national de la culture et de l’information (ONCI) s’occupe de l’organisation en Algérie. Au 8e Festival qui s’est déroulé au Koweït en 2015, l’ONCI a décroché l’accord de préparer la manifestation en Algérie.

Huit pièces sont prévues dans la compétition pour le prix Soltane Ben Mohammed Al Kacimi : Tholth al khali (No man’ land) de Tounes Aït Ali (Algérie), Al Qala’a (La citadelle) de Ali Al Husseini (Koweït), Kharif (Automne) de Asma’a Houari et Koul chaiy an abi (Tout sur mon père) de Al dhaif Bouselham (Maroc), Thawrat Don Quichott (La révolte de Don Quichott) de Walid Daghsani (Tunisie), Al ors al wahchi (Les noces sauvages) de Abdelkrim Al Jarrah (Jordanie), Ya rab (Ô, mon Dieu) de Mustafa Setar Al Rikabi (Irak), Al khalta al sihria li saada (La potion magique du bonheur) de Chadi Dali (Egypte).

L’Algérie sera présente avec deux pièces dans la section Off du festival. Il s’agit de Foudouk al alamayn (Hôtel des deux mondes) de Ahmed Laggoun et El Guerrab oua salhine de Nabil Ben Sekka (d’après le texte de Ould Abderrahmane Kaki). Dans la même section, l’Egypte sera représentée par Zay ennas (Comme tout le monde) de Hany Afifi, la Tunisie par Doukha (Etourdissement) de Zahra Zemmouri, la Syrie par Al nafidha (La fenêtre) de Majd Fodha et l’Irak par Kharif de Samim Hassballah…

En tout, seize pièces seront présentées au public, auxquelles s’ajoutent neuf spectacles du théâtre universitaire. Le comité de sélection de l’Arab Theatre Institute, qui est basé à Shardjah, aux Emirats arabes unis, a retenu quatre autres spectacles dans la section «Troisième parcours» représentant l’Algérie, Oman et l’Arabie Saoudite et qui ont pour thématique la femme, les personnes handicapées et le patrimoine.

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«Bataille culturelle»

Le spectacle d’ouverture, Hizia, de Fouzi Benbrahim, aura lieu le 10 janvier, au soir, au Théâtre régional Abdelkader Alloula d’Oran. Ecrit par Azzeddine Mihoubi, le spectacle, qui s’appuie sur une composition de Mohamed Boulifa et un arrangement de Hassan Lamamra, implique 75 artistes, entre danseurs, chanteurs et comédiens. Le spectacle de clôture, Rihlet hob (Voyage d’amour) de Fouzia Aït El Hadj, d’après un texte de Omar Barnaoui, aura lieu le 19 janvier 2017 à Mostagnem. «C’est une bataille culturelle que nous menons pour réussir l’organisation du festival. Cela fait partie de nos activités.

Au début, le festival devait se tenir à Constantine, puis Alger. Et après sept mois de tournée, décision a été prise de l’organiser à Oran et à Mostaganem. Mostaganem sera la capitale nationale du théâtre en 2017 et Oran est la ville de Alloula. Nous souhaitons que les médias algériens participent activement pour assurer cette réussite. Nous allons rendre hommage aux comédiens de la troupe du FLN d’avant l’indépendance du pays.

Un livre restituant l’histoire de cette troupe sera publié. Nous dédions le festival à Azzedine Medjoubi parce qu’il est le fils du théâtre algérien, un symbole représentatif de tous. Toutes les institutions de l’Etat, dont le ministère de la Culture, nous soutiennent dans l’organisation de ce festival. Le but est de promouvoir le théâtre algérien», a déclaré Lakhdar Bentorki, directeur général de l’ONCI, lors d’une conférence de presse à la salle Atlas à Alger, dimanche 25 décembre. L’ONCI a, selon lui, sollicité une quarantaine d’hommes et de femmes de théâtre pour préparer l’événement.

«Nous n’avons pas marginalisé le Théâtre national algérien (TNA). Nous avons sollicité l’université. La préparation du festival est collective. Nous devons être à la hauteur, car l’Arab Theatre Institute évalue le degré de réussite de chaque pays dans l’organisation du festival», a-t-il appuyé. Le Festival du théâtre arabe est itinérant. Lakhdar Bentorki était entouré de certains membres du comité d’organisation, à savoir Omar Fetmouche, Hamida Aït El Hadj, Fouzia Akkak, Smaïl Inezarene et Ahmed Madi.

Nouvelle donne

«L’Algérie est le seul pays à avoir eu une troupe de théâtre qui a participé à la lutte pour l’indépendance», a souligné Hamida Aït El Hadj qui a fait partie du comité algérien de sélection des spectacles. «Nous avons proposé une quinzaine de pièces. Mais finalement, le comité de Shardjah en a retenu trois, dont une pour la compétition. Parmi les paramètres, la pièce ne doit avoir plus d’une année et doit être basée sur un texte algérien ou arabe. Les pièces qui n’ont pas été sélectionnées seront présentées durant le festival dans les wilayas de l’ouest du pays», a indiqué Hamida Aït El Hadj, soulignant l’importance d’organiser en même temps une compétition pour le théâtre universitaire.

Lakhdar Bentorki a précisé, pour sa part, que la liste finale des spectacles en compétition et en Off a été dressée par un comité de l’Arab Theatre Institute, pas par l’ONCI. Ce comité est composé de Lina Abiadh (Liban), Aziz Khioun (Irak), Khaled Al Tarifi (Jordanie), Noureddine Zioual (Maroc), Khaled Jallal (Egypte). «Il y a beaucoup de sérieux dans le travail de l’Arab Theatre Institute dans le choix des spectacles en compétition et dans l’organisation des rencontres, des ateliers et concours.

Aussi, l’Algérie, qui a une longue expérience dans le domaine du théâtre, doit-elle apporter sa touche à travers le 9e festival», a souligné, de son côté, Omar Fetmouche, metteur en scène. Les théâtres universitaire et scolaire permettent, selon lui, d’introduire une nouvelle donne. Il a annoncé l’organisation d’une rencontre-débat sur l’action du théâtre public en Algérie. «Nous voulons étudier les nouveaux mécanismes de fonctionnement des théâtres régionaux, surtout avec l’idée qui s’impose de plus en plus relative à l’économie culturelle.

Nous allons également analyser certaines expériences arabes», a précisé Omar Fetmouche. D’autres débats sont prévus sur les parcours artistiques de Azzeddine Medjoubi et de Abdelkader Alloula. Les étudiants de la faculté des lettres et des arts de Mostaganem vont assister à deux rencontres sur la critique théâtrale et sur l’esthétique visuelle.

Les universitaires Maklouf Boukrouh (Algérie) et Saïd Ali Ismaïl (Egypte) analyseront l’évolution du texte théâtral arabe en croisant les expériences de Maroun Al Nakkache et de Brahim Daninos. Les résultats de trois concours seront annoncés lors du festival : texte de théâtre pour adultes, texte de théâtre pour enfants et recherche scientifique en arts dramatiques. Une exposition photos sur le théâtre algérien, Abdelkader Alloula, Azzedine Medjoubi et la troupe du FLN est prévue à la salle de l’APC d’Oran (en face de l’hôtel Royal) et à la salle de la maison de la culture de Mostaganem.

Ahmed Madi, président du Syndicat national des éditeurs de livres, a annoncé, pour sa part, l’organisation d’une exposition-vente des ouvrages consacrés au théâtre et aux arts de scène à Oran et à Mostaganem. L’Arab Theatre Institute organise également une exposition des livres et revues sur les arts dramatiques parus récemment dans les pays arabes. Une conférence de presse sera animée le mercredi 4 janvier 2017 en Algérie avec la présence des responsables de l’Arab Theatre Institute et de l’ONCI pour annoncer tous les détails du festival.

Fayçal Métaoui

VIDÉO. Yasmina Khadra : les frères Kouachi « sont les enfants de la France et non ceux de l’Islam »

Actualité – le 18 janvier 2015 à 20 h 32 min – Yacine Babouche @YacineBabouche.

Dans une interview accordée à Al Jazeera English, Yasmina Khadra est revenu sur les derniers évènements ayant touché la France. Questionné sur l’origine algérienne des frères Kouachi, Yasmina Khadra a expliqué que « le meurtrier n’a pas d’identité ou de nationalité. Il est caractérisé par son méfait. Ce n’est pas parce que [les frères Kouachi sont] algériens que je dois me sentir coupable. Il faut arrêter de faire le lien entre l’origine d’un meurtrier et son acte. Il faut se focaliser sur l’acte et rien de plus. »

Yasmina Khadra a par ailleurs jugé que les musulmans n’avaient pas à s’excuser des actes des frères Kouachi car « les musulmans sont les premières victimes de ce phénomène. Je désapprouve les musulmans qui se justifient et qui disent qu’ils n’ont rien à faire avec ça. Les meurtriers sont nés en France et ont grandi en France. Ils sont quelque part les enfants de la France et non les enfants de l’Islam. »

L’écrivain a estimé qu’il n’avait « pas le droit d’être Charlie. Je suis l’Hebdo Libéré, je suis Tahar Djaout, je suis Youcef Sebti, je suis Abderrahmane Mahmoudi, je suis Smaïl Yefsah. Nous avons été les premiers à être touchés », a-t-il déclaré avant d’ajouter que « l’Algérie a perdu plus de journalistes que l’ensemble du monde. Nous avons été les premières victimes, et quand l’Algérie vivait cette tragédie elle était complètement isolée du monde. »

Concernant sa candidature aux dernières présidentielles en Algérie, Yasmina Khadra a confié que « cet engagement était un devoir citoyen. Je savais que je n’allais pas réussir, mais je me devais de dire sur le terrain même de la contestation non à un régime qui n’a pas compris qu’il était temps pour lui de s’effacer, et de laisser les jeunes générations prendre en charge leur propre devenir. »

Avant de conclure l’interview, l’écrivain algérien a déclaré : « Ce n’est pas le terrorisme qui me fait peur, mais le renoncement. Si les citoyens venaient à sombrer dans le renoncement, dans le désistement, dans l’abandon, dans la reddition… Aucun peuple ne peut survivre ça. »