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La mélancolie du Maknine – Seham Boutata

dans Algérie, L'Olivier, LIBRAIRIE, Librairie arabe L'Olivier, Littérature, LIVRES, roman/par ICAM

L’Algérien est un éleveur d’oiseaux par tradition, et celui qui a sa préférence est sans aucun doute le chardonneret. Présent dans toutes les maisons, le maknine – de son petit nom algérien – est convoité depuis des générations pour son chant exceptionnel et sa beauté. Malheureusement, aujourd’hui, il ne vit presque plus à l’état sauvage : urbanisation, pesticides, chasse sans répit sont autant de causes de sa disparition. Seham Boutata est allée des deux côtés de la Méditerranée à la rencontre des membres de la  » confrérie du chardonneret « . Alors que l’animal se fait plus rare, la prégnance de la passion qu’il suscite dessine en miroir une société complexe. Ecoutons l’oiseau : aucun autre chant ne nous raconte mieux l’histoire de l’Algérie, de la colonisation aux mouvements de libération. Française d’origine algérienne, Seham Boutata a d’abord produit deux documentaires radiophoniques diffusés sur France Culture : Le Chant du chardonneret, dans l’émission  » Une histoire particulière « , et L’Elégance du chardonneret, dans la case  » Création on air « . Son récit littéraire prend appui sur ce travail d’enquête en le prolongeant jusqu’au mouvement Hirak de février 2019 et à l’incroyable élan démocratique qui souffle sur l’Algérie.

 

Prix : 30chf

https://www.icamge.ch/wp-content/uploads/2020/05/mel.gif 475 324 ICAM https://www.icamge.ch/wp-content/uploads/2014/07/olivier-icam-short-300x145.png ICAM2020-05-14 20:33:042020-05-14 20:33:04La mélancolie du Maknine – Seham Boutata

L’auteur algérien, Abdelouahab Aissaoui reçoit le Prix international de la fiction arabe

dans ACTUALITÉS, Algérie, Littérature, LIVRES, Monde arabe, prix littéraire/par ICAM
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https://www.icamge.ch/wp-content/uploads/2020/05/arabic-fiction-news_3.jpg 164 319 ICAM https://www.icamge.ch/wp-content/uploads/2014/07/olivier-icam-short-300x145.png ICAM2020-05-09 17:42:232020-05-09 18:05:14L’auteur algérien, Abdelouahab Aissaoui reçoit le Prix international de la fiction arabe

La mélancolie du Maknine – Seham Boutata

dans Algérie, LIBRAIRIE, Librairie arabe L'Olivier, Littérature, LIVRES/par ICAM

L’Algérien est un éleveur d’oiseaux par tradition, et celui qui a sa préférence est sans aucun doute le chardonneret. Présent dans toutes les maisons, le maknine – de son petit nom algérien – est convoité depuis des générations pour son chant exceptionnel et sa beauté. Malheureusement, aujourd’hui, il ne vit presque plus à l’état sauvage : urbanisation, pesticides, chasse sans répit sont autant de causes de sa disparition. Seham Boutata est allée des deux côtés de la Méditerranée à la rencontre des membres de la  » confrérie du chardonneret « . Alors que l’animal se fait plus rare, la prégnance de la passion qu’il suscite dessine en miroir une société complexe. Ecoutons l’oiseau : aucun autre chant ne nous raconte mieux l’histoire de l’Algérie, de la colonisation aux mouvements de libération. Française d’origine algérienne, Seham Boutata a d’abord produit deux documentaires radiophoniques diffusés sur France Culture : Le Chant du chardonneret, dans l’émission  » Une histoire particulière « , et L’Elégance du chardonneret, dans la case  » Création on air « . Son récit littéraire prend appui sur ce travail d’enquête en le prolongeant jusqu’au mouvement Hirak de février 2019 et à l’incroyable élan démocratique qui souffle sur l’Algérie.

 

Prix : 30chf

https://www.icamge.ch/wp-content/uploads/2020/03/melancolie.jpeg 400 220 ICAM https://www.icamge.ch/wp-content/uploads/2014/07/olivier-icam-short-300x145.png ICAM2020-03-26 02:36:222020-03-26 02:36:22La mélancolie du Maknine – Seham Boutata

Ecorces – Hajar Bali

dans Algérie, L'Olivier, LIBRAIRIE, Librairie arabe L'Olivier, LIVRES, roman/par ICAM

A Alger, Nour, 23 ans, vit dans un petit appartement avec son arrière-grand-mère Baya, sa grand-mère Fatima et sa mère Meriem. Le jeune homme tente d’échapper à l’ambiance familiale étouffante. Il rencontre Mouna, une femme mystérieuse qui pourrait ne pas être celle qu’elle prétend. A son insu, Nour est pris au piège des secrets bien gardés de Baya. Premier roman.

 

Prix : 30chf

https://www.icamge.ch/wp-content/uploads/2020/01/ecorces.jpeg 400 220 ICAM https://www.icamge.ch/wp-content/uploads/2014/07/olivier-icam-short-300x145.png ICAM2020-01-23 12:18:162020-01-23 12:18:16Ecorces – Hajar Bali

Algérie, la nouvelle indépendance – Jean-Pierre Filiu

dans Algérie, Histoire, L'Olivier, LIBRAIRIE, Librairie arabe L'Olivier, LIVRES/par ICAM

L’historien décrit les actions du hirak, mouvement révolutionnaire et pacifique érigé contre la réélection du président algérien Bouteflika, et la manière dont cette insurrection s’inscrit dans la lutte historique du peuple algérien pour la démocratie.

 

Prix : 24chf

https://www.icamge.ch/wp-content/uploads/2019/12/alg.jpeg 400 220 ICAM https://www.icamge.ch/wp-content/uploads/2014/07/olivier-icam-short-300x145.png ICAM2019-12-24 10:19:352019-12-24 10:19:35Algérie, la nouvelle indépendance – Jean-Pierre Filiu

Les petits de Décembre – Kaouther Adimi

dans Algérie, LIBRAIRIE, Librairie arabe L'Olivier, Littérature, LIVRES, roman/par ICAM

C’est un terrain vague, au milieu d’un lotissement de maisons pour l’essentiel réservées à des militaires. Au fil des ans, les enfants du quartier en ont fait leur fief. Ils y jouent au football, la tête pleine de leurs rêves de gloire. Nous sommes en 2016, à Dely Brahim, une petite commune de l’ouest d’Alger, dans la cité dite du 11-Décembre. La vie est harmonieuse, malgré les jours de pluie qui transforment le terrain en surface boueuse, à peine praticable. Mais tout se dérègle quand deux généraux débarquent un matin, plans de construction à la main. Ils veulent venir s’installer là, dans de belles villas déjà dessinées. La parcelle leur appartient. C’est du moins ce que disent des papiers « officiels ». Avec l’innocence de leurs convictions et la certitude de leurs droits, les enfants s’en prennent directement aux deux généraux, qu’ils molestent. Bientôt, une résistance s’organise, menée par Inès, Jamyl et Mahdi. Au contraire des parents, craintifs et résignés, cette jeunesse s’insurge et refuse de plier. La tension monte, et la machine du régime se grippe. A travers l’histoire d’un terrain vague, Kaouther Adimi explore la société algérienne d’aujourd’hui, avec ses duperies, sa corruption, ses abus de pouvoir, mais aussi ses espérances. Née en 1986 à Alger, Kaouther Adimi vit désormais à Paris. Après deux premiers livres, L’Envers des autres (prix de la Vocation 2011) et Des pierres dans ma poche, elle connaît un important succès avec Nos richesses (Prix Renaudot des lycéens), paru au Seuil en 2017, évocation du légendaire libraire et éditeur Edmond Charlot

 

Prix : 31chf

https://www.icamge.ch/wp-content/uploads/2019/10/decembre.gif 475 324 ICAM https://www.icamge.ch/wp-content/uploads/2014/07/olivier-icam-short-300x145.png ICAM2019-10-08 11:47:182019-10-08 11:47:18Les petits de Décembre – Kaouther Adimi

Festival de Cannes : le Maghreb en force

dans ACTUALITÉS, Algérie, Bande dessinée arabe, Cinéma, Maroc, Tunisie/par ICAM

Festival de Cannes : le Maghreb en force

Pas moins de cinq films de cinéastes maghrébins sont présents dans les quatre sélections cannoises. La confirmation d’un renouveau certain du 7e art dans la région.

Par notre correspondant à Tunis, Benoît DelmasPublié le 12/05/2019 à 14:21 | Le Point.fr

Avec Venise et Berlin, Cannes est un baromètre de la création cinématographique mondiale. Chaque année, les films choisis composent une photographie des lignes de forces du cinéma des cinq continents. Les quatre sélections dévoilées à la mi-avril (Compétition pour la palme d’or, Un Certain regard, la Semaine de la critique, la Quinzaine des réalisateurs) proposeront deux films marocains, deux films algériens et une œuvre tunisienne. Plus au sud, le Sénégal sera en lice pour la palme d’or avec la réalisatrice Mati Diop pour son premier film Atlantique. La dernière présence d’un film sénégalais à Cannes, pour la palme d’or, date de 1992 : Djibril Diop Mambéty y avait concouru avec Hyènes, considéré par Martin Scorsese comme une œuvre phare de l’histoire du cinéma. Le jury pour la palme d’or sera cette année présidé par le Mexicain Alejandro González Iñárritu, auteur de Babel, oscarisé pour Birdman et Le Revenant avec Leonardo DiCaprio.

Le renouveau algérien

Mounia Meddour présentera son second long-métrage, Papicha, dans la salle Debussy du Palais des Festivals. Elle intègre la sélection officielle à travers Un Certain regard. Une catégorie souvent considérée comme l’antichambre de la course à la palme d’or. Cette coproduction franco-algéro-belge sera distribuée en France par Jour2fête qui vient de sortir avec succès le J’veux du soleil du député France insoumise François Ruffin. Un peu plus loin du Palais, à un jet de cocktail du Carlton, La Semaine de la critique, dont Charles Tesson est le sélectionneur, présente des premiers et des seconds films. Amin Sidi-Boumédiène y signera Abou Leila. Tourné pour bonne part dans le Grand Sud, c’est le récit d’une chasse à l’homme terroriste par deux amis d’enfance. L’an dernier, deux films présentés dans cette sélection ont fait une très belle carrière, obtenant moult césar : le Guy d’Alex Lutz et Schéhérazade de Jean-Bernard Merlin. Aller à la Critique est l’assurance d’une forte curiosité critique et médiatique.


Le Maroc consolide

L’actrice et scénariste Maryam Touzani passe le cap de la réalisation avec succès. Le délégué-général du Festival de Cannes, Thierry Frémaux, a retenu Adam en sélection officielle, catégorie Un Certain regard. Elle est l’auteur de deux courts-métrages et la coscénariste et interprète de Razzia, film choral de Nabil Ayouch qui a connu un grand succès au Maroc. L’auteur de Much Loved – interdit dans son pays – est le producteur d’Adam. Le premier long-métrage d’Alaa Eddine Aljem, Le Miracle du Saint Inconnu, aura quant à lui les honneurs de la Semaine de la critique avec un synopsis prometteur. Un voleur cache son important butin sur une colline désertique. À sa sortie de prison, des années plus tard, il découvre qu’un mausolée a été construit au même endroit. Il va lui être difficile de récupérer son magot. Les deux films marocains concourent pour la Caméra d’Or qui récompense un premier film présenté dans les quatre sélections. Jim Jarmusch, Jafar Panahi ou Naomi Kawase ont obtenu ce prix prestigieux.

La Tunisie, une habituée de Cannes

Depuis plusieurs années, Cannes déroule son tapis rouge à une jeune génération de cinéastes tunisiens. La Belle et la meute de Kaouther Ben Hania en 2017, Weldi de Mohamed Ben Attia en 2018 et désormais Ala Eddine Slim en 2019 avec Tlamess. Son premier film, The Last of Us, avait frappé les esprits au Festival de Venise 2016. Il y avait obtenu le Lion du futur. Une récompense que confirme cette sélection à la Quinzaine des réalisateurs.

Yasmina Khadra en film d’animation

Pour sa part, le romancier algérien Yasmina Khadra verra l’adaptation des Hirondelles de Kaboul projeté en sélection officielle. Ce film d’animation, cosigné par Zabou Breitman et Éléa Gobbé-Mévellec, suscite une forte curiosité dans le métier. Le film sortira le 4 septembre en France.

https://www.icamge.ch/wp-content/uploads/2019/05/touzani.jpg 561 1000 ICAM https://www.icamge.ch/wp-content/uploads/2014/07/olivier-icam-short-300x145.png ICAM2019-05-13 13:56:152021-07-09 11:19:05Festival de Cannes : le Maghreb en force

Les Terrasses – un film de Merzak Allouache

dans Algérie, DVD, L'Olivier, LIBRAIRIE, Librairie arabe L'Olivier, LIVRES/par ICAM

Merzak Allouache porte un regard audacieux et sans concession sur l’Algérie d’aujourd’hui, sans jamais se perdre dans les méandres obscurs de son sujet.

De l’aube à la nuit au rythme des appels à la prière. Une foule étonnante grouille et s’agite sur les terrasses d’Alger. Des espaces clos, devenus miroirs à ciel ouvert des contradictions, de la violence, de l’intolérance, des conflits sans fin qui minent la société algérienne.

 

Réalisateur : Merzak Allouache

Acteurs : Adila Bendimerad

Algérie – version arabe sous titrée français – 1h31

 

https://www.icamge.ch/wp-content/uploads/2017/12/ter.jpg 896 672 ICAM https://www.icamge.ch/wp-content/uploads/2014/07/olivier-icam-short-300x145.png ICAM2017-12-18 17:07:562017-12-18 17:07:56Les Terrasses – un film de Merzak Allouache

L’Enfant de l’oeuf – Amin Zaoui

dans Algérie, L'Olivier, LIBRAIRIE, Librairie arabe L'Olivier, Littérature, LIVRES/par ICAM

Je voyage en France sans visa, juste un petit dossier médical. Ils savent, les Français, que je ne suis pas un terroriste, ni un islamiste de Daech ! Je suis Harys descendant du chien guide des sept dormants ! Je respecte la laïcité, les valeurs républicaines et je consomme de la bière Heineken.
Harys, le narrateur, est un bon chien, un caniche qui aime son maître, qui aime ses chaussettes puantes, son haleine parfumée au vin rouge, sa voix quand il chante Bécaud. Ils habitent tous deux à Alger et son maître a pour maîtresse une chrétienne réfugiée de Damas, au corps vibrant de désir et à l’âme bouleversée par la guerre. Ce trio bancal, cacophonique, passionné, tient le journal de sa lente destruction dans une Algérie rongée par l’islamisme des Tartuffes.
Magnifique, douloureux et fantasque, tel est L’Enfant de l’œuf, neuvième roman d’Amin Zaoui où l’auteur, avec un plaisir et une méthode qui rappelle le Sade de La Philosophie dans le boudoir, s’en prend systématiquement à toutes les formes d’autorité, au nom de la liberté.

 

Prix : 30.-

https://www.icamge.ch/wp-content/uploads/2017/12/amin.jpg 293 201 ICAM https://www.icamge.ch/wp-content/uploads/2014/07/olivier-icam-short-300x145.png ICAM2017-12-18 14:47:432017-12-18 14:47:43L’Enfant de l’oeuf – Amin Zaoui

Malca, homme en mission pour créer une « culture pop arabe alternative »

dans ACTUALITÉS, Algérie, Maroc, Musiques du monde arabe/par Alain
Passionné par Frank Ocean et Cheb Hasni, Malca propose un subtil croisement entre une pop électro inspirée des années 80 et la musique populaire marocaine. À 29 ans, le chanteur défend depuis Paris la nouvelle scène underground de Casablanca, poussée entre les « villas californiennes » et les bidonvilles. Rencontre.

Des toits couverts de paraboles, un quad cabrant au coucher du soleil, quelques jeunes en TN Requin dansant dans un salon traditionnel marocain. Puis, au milieu de tous ces plans, montés sur une musique entre chaâbi et pop électro, un chanteur aux cheveux mi-longs, assis dans une décapotable noire, un survet’ de la Fédération Marocaine de Football sur le dos. Nom : Malca. Age : 29 ans. En cinq minutes, sa vidéo « Casablanca Jungle », parue à la fin du mois d’octobre, offre à voir une métropole qui semble ne jamais dormir : Casablanca, plus de quatre millions d’habitants, capitale économique du pays et cinquième ville la plus densément peuplée du monde. « Ce clip a été une aventure humaine, rien ne s’est passé comme on voulait, rejoue-t-il aujourd’hui. On a eu des annulations de partout, des problèmes d’autorisation de tournage, on s’est même fait arrêter par des flics sur la Corniche, un boulevard emblématique de la ville. Les policiers nous ont forcé à supprimer une image où un pilote de moto leur fait des fuck avec ses doigts. » Malca sourit : « On a essayé de montrer l’image la plus authentique de la jeunesse de Casablanca. Pas la jeunesse dorée, comme on le voit parfois à l’écran, pas non plus une vision misérabiliste du Maroc. C’est pour cela que le clip a été bien perçu par les habitants de Casablanca comme par ceux qui ne viennent pas de la ville. » 120 000 vues plus tard, Malca incarne la jeunesse locale sur la scène du Pitchfork Festival ou sur les ondes de France Inter. Paru le 17 novembre dernier, son deuxième EP, baptisé Casablanca Jungle, a reçu les louanges d’un pan de la presse musicale française. Depuis la Brasserie Barbès, bistro gentrifié planté dans les quartiers populaires du nord parisiens, le jeune homme savoure : « Cela me plaît d’être une sorte de porte-étendard de la sous-culture en train de se développer à Casablanca. » Devant un Perrier citron, une paire de lunettes à reflets colorés posée sur le nez, il raconte : « Quand j’ai quitté Casablanca, j’avais 18 ans. Je n’ai pas eu le temps de découvrir la night life casablancaise. Je rattrape ça un peu maintenant, cela me permet de comprendre les nouvelles générations. » Depuis une petite dizaine d’années, Malca vit à Paris, où il enregistre sa musique, nourrie de pop des années 80 et de musiques traditionnelles arabes, dans un studio de la rive droite. A 2000 kilomètres de là où tout a commencé.

Lycée Lyautey, centre-ville de Casablanca. Dans cet établissement français, Malca croise au milieu des années 2000 les enfants des grandes familles locales. « Je connais bien cette jeunesse dorée. Je sais ce que c’est et je sais à quel point je n’y appartiens pas », résume-t-il, sans amertume. Avec sa bande, il écoute alors le rock à guitare des Strokes, des Smiths ou d’Arcade Fire et organise des concerts dans l’enceinte du lycée. « C’était Woodstock pour nous. Un moyen de s’exprimer, de jouer de la musique devant des gens qui ne voyaient que peu de concerts. Car toute cette culture rock anglo saxonne est venue à nous à travers Internet. » L’année du bac, un concert dérape. « On a mal géré la sécurité : deux personnes ont cassé des vitres et ont volé des ordinateurs. J’ai été tenu responsable et je me suis fait virer », se marre-t-il. Le jeune homme s’installe alors à Paris. Passage éclair de quelques mois dans « une école de journalisme pas terrible », avant son inscription dans une école de jazz. Surtout, c’est à Paris que le Casablancais redécouvre la musique traditionnelle arabe qu’il écoutait enfant. « Adolescent, j’ai rejeté ma culture musicale maghrébine… J’avais tellement envie de partir découvrir le monde. Une fois arrivé en France, j’ai réalisé que j’étais étranger, même si je suis aussi Français. Cela m’a un peu rapproché de mes racines, de ma culture familiale. » Une culture construite autour de la musique populaire chaâbi marocaine et du raï algérien. Dans le panthéon du musicien figure ainsi Cheb Hasni, dit « le rossignol ». Un chanteur sentimental oranais, mort assassiné en 1994, à l’âge de 26 ans. Malca, tout en révérence : « Jamais un artiste n’a réussi à toucher à ce point les gens par les mots. » Au cœur de Barbès, où les cassettes de musique orientale se vendaient autrefois à 20 francs l’unité, le Franco-Marocain détaille son projet d’une « culture pop arabe alternative », puisant ses origines dans la modernité des anciens. « Entre 1985 et 1995, durant l’âge d’or du raï, il y avait quelque chose de totalement nouveau, qui n’existait pas encore dans les pays occidentaux : l’idée du home studio. Avec quelques machines, ces musiciens produisaient trois chansons par jour. Ils fabriquaient leur musique comme aujourd’hui un producteur travaille la musique électronique dans sa chambre. C’était une musique d’instant, une musique pop. Comme l’est le rap dans les années 2010. D’ailleurs, le raï a aussi été précurseur sur l’autotune. Ces chanteurs ne réalisent pas à quel point ils étaient en avance dans leur façon de travailler la musique. »

Depuis deux ans, Malca multiplie les allers-retours entre Casa et Paris. Avec une idée en tête : comprendre la musique arabe, « déchiffrer ce qui se passe derrière une chanson », pour réussir sa fusion avec l’électro, la pop et le R&B de Frank Ocean, qu’il écoute en boucle. En 2015, c’est aux clips de chaâbi que le musicien rendait hommage avec la vidéo de « She Gets Too High », compilant des extraits de ces productions au charme cheap. « A l’époque, on faisait des clips avec trois francs six sous. On voulait faire un clip drôle, second degré, avec un côté mème. Mais dans la vidéo, il y a aussi beaucoup de femmes qui dansent. Elles sont belles, jamais vulgaires, alors qu’elles sont très dévalorisées dans les clips de chaâbi. En commentaires, c’est hard, elles s’en prennent plein la gueule parce qu’elles ont osé danser comme ça, avec sensualité… » Pour trouver l’inspiration, le chanteur dispose d’un « labo », non loin de l’hippodrome. « C’est un ancien restaurant d’un copain de mon père. Un ancien diner américain, complètement abandonné. J’y ai posé mes machines, les boîtes à rythmes et les synthés que je répare. » Le lieu est à l’image de ses productions, élégant mais un peu foutraque, comme un pont entre plusieurs époques et plusieurs cultures. Un « grand n’importe quoi », à l’image de Casablanca. « Tout est blanc, mais il y a des immeubles haussmanniens à côté de villas californiennes, des bâtiments aux influences espagnoles, puis un quartier où l’on se croirait à Bagdad. Socialement, c’est aussi une ville absurde. Pour comprendre l’urbain marocain, il faut comprendre Casablanca : il y a des gens dans une immense misère qui habitent juste à côté d’autres qui conduisent des BM et vivent dans des villas. » Un décor dans lequel Malca se plaît à « vivre des expériences ». La dernière en date : une résidence d’une semaine avec la scène trap marocaine, aux côtés de son ami et manager Mohamed Sqalli – les deux hommes se connaissent depuis le CE1. « On a invité plein de beatmakers et de rappeurs marocains : Shayfeen, Issam Harris ou 7Liwa. Il y avait une paire d’enceintes, un ordinateur, de l’autotune à balle, des gars qui écrivaient sur leur téléphone et enchaînaient au micro. » Le tout organisé dans une villa « un peu californienne » avec une belle piscine, à quelques encablures des bidonvilles qui émaillent la métropole. Car ainsi va la vie dans la jungle de Casablanca.

Par Grégoire Belhoste
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