Histoire de l’Iran contemporain

Etrange pays que ce grand Etat chiite, qui n’a jamais rompu avec son passé préislamique et qui, malgré son particularisme – son insularité, disent certains –, a toujours exercé un rayonnement culturel bien au-delà de ses frontières. Curieux destin que celui de ce vieil empire aujourd’hui entouré de jeunes Etats, objet pendant tout le XIXe et le début du XXe siècle de rivalités entre puissances russe et britannique, et qui est aussi la première nation du Moyen-Orient à s’être dotée d’une Constitution moderne obtenue à la suite d’une révolution dès 1906. Précurseur dans la nationalisation de ses ressources pétrolières, l’Iran est également le premier pays à connaître une révolution islamique qui provoque un séisme politique sans précédent à travers le monde musulman et au-delà. Aujourd’hui, alors que ses voisins tentent d’endiguer la montée de l’islamisme radical, il cherche la voie pour sortir d’une révolution religieuse. L’histoire contemporaine de l’Iran, à la fois laboratoire politique pour le monde et nation à part, du point de vue identitaire et historique, vaut d’être connue. Le présent ouvrage a pour ambition d’initier le lecteur à cette histoire foisonnante et méconnue de l’Iran des deux derniers siècles (1796-2017).

Les Alawites, histoire mouvementée d’une communauté mystérieuse

Depuis quelques décennies, les Alawites retiennent l’attention des observateurs, en raison du rôle important que leur communauté hétérodoxe, longtemps haïe et méprisée par l’islam sunnite, joue dans la vie politique du Levant. La guerre civile vient remettre cette communauté au devant de la scène avec une plus grande acuité, et les chancelleries se penchent activement sur son sort et sur celui du Proche-Orient tout entier. Un siècle après la conclusion de l’arrangement que les perfides grandes puissances d’alors ont concocté en catimini, suite au dépeçage de l’Empire ottoman, les peuples du Levant devront-ils subir, à leurs dépens, un nouvel accord porté sur les fonts baptismaux par d’autres larrons ? Qui sont ces Alawites ? Où vivent-ils ? Quelles sont leurs origines doctrinales, leurs croyances ancestrales et leur histoire ? Quel rôle jouent les puissances internationales et régionales dans le conflit présent qui les opposent à leurs détracteurs et que se dessine pour eux dans la Syrie de demain ? Cet essai retrace, à grands traits, leur cheminement à travers onze siècles d’une existence mouvementée, jusqu’aux derniers soubresauts du drame tragique et meurtrier qui se déroule sous nos yeux. Qu’adviendra-t-il de cette petite peuplade le jour où la Syrie sera un Etat pacifié, ouvert à tous les vents ? Nous ne le savons pas encore. Si les Alawites sont acculés à céder le pouvoir, cela risque de se faire au profit d’un islam radical et obscurantiste qui les réduirait à un statut bien pire que celui qui leur a été réservé jusqu’à leur prise du pouvoir. Si, au contraire, ils parviennent à partager la gouvernance avec les autres composantes fondatrices de ce vieux pays – à l’histoire flamboyante et à la civilisation prestigieuse -, ils oeuvreront à construire le premier Etat démocratique et laïque de l’aire arabe. Gageons qu’ils feront le choix de la raison, de la modernité et du progrès.

Les seuils du Moyen-Orient , histoire des frontières et des territoires de l’Antiquité à nos jours

Au Moyen-Orient, les frontières héritées du XXe siècle sont fragiles. En témoignent les drames vécus par les populations locales et l’avènement de Daech. Le problème est ancien, tant la mosaïque ethnique et religieuse est complexe. La région a une histoire plurimillénaire : les premiers Etats sumériens, la conquête d’Alexandre le Grand, les Empires perse, arabe et ottoman y ont laissé des traces. Lieu de fractionnements permanents, de frontières mouvantes, de conflits incessants, le Moyen-Orient est cependant un espace de construction d’Etats et de systèmes politiques puissants. Ici, les frontières ne sont pas de simples traits sur une carte, mais définissent des territoires, des communautés et des identités changeantes. L’étude de cette histoire millénaire permet une meilleure compréhension des fractures culturelles et géopolitiques contemporaines. L’auteur invite à un voyage à travers l’histoire et la géographie du Moyen-Orient pour en dévoiler les « seuils », c’est-à-dire les barrières mentales et géographiques. Riche de 140 cartes et schémas, ce livre est la référence pour aborder les enjeux du Moyen-Orient.

Mourir pour Kobané – Patrice Franceschi

Cité emblématique d’une guerre méconnue, Kobané a été le théâtre de la principale bataille ayant opposé les Kurdes aux djihadistes de Daech. Pendant deux ans, Patrice Franceschi a été à leurs côtés, usant de sa plume comme d’une arme contre l’ignorance des commentateurs et la lâcheté de l’occident. Un récit poignant dans la lignée du Malraux de  » l’espoir  » et du Bernanos des  » grands cimetières sous la lune « . Un témoignage indispensable pour connaître et comprendre le principal conflit actuel et le malheur des Kurdes, coincés entre la Turquie, l’Irak, la Syrie et Daech ; combattants intrépides et éternels sacrifiés. Edition revue et augmentée d’une préface inédite de l’auteur.

Le conflit israélo-palestinien – 20 questions pour vous faire votre opinion

Juin 1967, une victoire empoisonnée pour Israël ? Que faire avec le Hamas ? Les Etats-Unis, un acteur partial ? La solution des deux Etats est-elle encore possible ? Le conflit israélo-palestinien soulève beaucoup de débats, de passions et de fantasmes. Il doit cette place singulière à son exceptionnelle durée, à la terre chargée de symboles religieux où il se déroule et aux protagonistes qui s’affrontent. Chacun peut avoir une opinion sur ce conflit, encore faut-il qu’elle repose sur une approche raisonnée de ses origines, de ses logiques et de ses dynamiques. Pour ne plus se contenter des idées reçues, l’auteur répond ici à vingt questions essentielles.

Atlas des Palestiniens , un peuple en quête d’un Etat

120 cartes et infographies mises à jour pour comprendre l’histoire d’un peuple et les ressorts d’un conflit complexe, qui semble sans fin : l’histoire des Palestiniens depuis le XIXe siècle ; représentation politique, démographie : une société majoritairement condamnée à la précarité ; un territoire déstructuré, fragmenté par le mur, morcelé par les colonies ; une situation diplomatique bloquée : la paix dans l’impasse. Les cartes font apparaître la stratégie israélienne de fragmentation de l’espace, sur lequel il semble de plus en plus difficile d’établir un Etat palestinien viable. La résolution 2334 de l’ONU de décembre 2016, demandant l’arrêt de la colonisation en Cisjordanie, constitue-t-elle l’amorce d’une solution ?

Histoire du Liban, des origines à nos jours – Xavier Baron

Seul pays au Moyen-Orient à montrer un gout marqué pour la culture, à rejeter le radicalisme religieux, à n’avoir jamais connu de régime autoritaire, le Liban fait figure d’exception. Toutefois, cet équilibre fragile a été mis en péril par plusieurs guerres civiles, les occupations israéliennes et syriennes, la présence de réfugiés palestiniens, le fondamentalisme exacerbé de certains de ses voisins et les inégalités socio-économiques. Depuis trente siècles, le Liban a été traversé par de nombreuses civilisations – Phéniciens, Mésopotamiens, Romains. A partir du VIIe siècle, des populations chrétiennes et musulmanes trouvent refuge au Mont-Liban, coeur historique, où elles coexistent et s’affrontent épisodiquement. En 1920, après l’effondrement de l’Empire ottoman, la France crée un Etat-nation réunissant la Montagne, le littoral et la vallée orientale de la Békaa dans un seul nouveau territoire, le Grand-Liban. Dix-huit communautés cohabitent ainsi dans le seul pays arabe où l’exercice du pouvoir est réellement multiconfessionnel. Depuis les années 1970, le Liban est secoué par une guerre civile qui a été exacerbée par plusieurs interventions militaires de nations voisines – notamment la Syrie et Israël – et les ingérences de grandes puissances régionales comme l’Iran. De l’Antiquité à nos jours, Xavier Baron retrace la riche histoire du pays des cèdres. Petite nation au rayonnement indéniable, sans cesse menacée de l’intérieur ou de l’extérieur, le Liban reste un exemple de stabilité dans une région en plein chaos.

Les portes du néant – Samar Yazbek

Figure de l’opposition au régime de Bachar al-Assad, Samar Yazbek a dû quitter son pays tant aimé en juin 2011. Depuis son exil, elle ressent l’urgence de témoigner. Au mépris du danger, elle est retournée trois fois dans son pays, clandestinement, où elle a connu de l’intérieur l’horreur de la guerre civile, aux côtés des activistes. Des premières manifestations pacifiques pour la démocratie jusqu’à l’émergence de l’Etat islamique, elle décrit le quotidien des combattants, des enfants, des hommes et des femmes ordinaire qui luttent pour survivre à l’une des plus grandes tragédies du XXIe siècle.

Un oiseau bleu et rare vole avec moi – Youssef Fadel

Youssef Fadel poursuit ici son exploration du pouvoir marocain, à travers cette fois les terribles épreuves des prisonniers politiques durant les « années de plomb ». Six narrateurs, dont les deux principaux personnages, Aziz et Zina, se relaient pour raconter l’histoire de cet aviateur arrêté le lendemain de son mariage et incarcéré depuis lors à Tazmamart, parce qu’il s’était trouvé impliqué en 1972, à son corps défendant, dans la tentative de coup d’Etat militaire contre le roi Hassan II. Aziz avait connu Zina quelques mois auparavant, alors qu’elle travaillait avec sa soeur comme serveuse dans un bar mal famé. Et c’est dans le même bar, dix-huit ans plus tard, qu’elle apprend par un mystérieux messager qu’Aziz a été libéré et qu’il cherche à la revoir. Elle part à sa rencontre. Youssef Fadel s’inspire secrètement dans son écriture du langage cinématographique. En l’espace d’une journée (le voyage de Zina jusqu’aux retrouvailles avec Aziz), ce sont deux décennies tragiques qui nous sont contées dans une langue enluminée d’échappées fantastiques, ainsi que l’évoque d’emblée le titre même du roman. Un oiseau bleu et rare vole avec moi a obtenu le plus prestigieux prix littéraire marocain, le prix du Maroc du livre.

La fille de Souslov – Habib Abdulrab Sarori

Amran a quitté Aden pour la France au milieu des années 1970 en tant que boursier. A l’époque, son pays s’appelait la République démocratique populaire du Yémen et se présentait comme le phare du « socialisme scientifique » dans la péninsule Arabique. Après plusieurs années passées en France, affecté par la perte de sa femme française qu’il aimait passionnément, ayant perdu ses illusions de jeunesse, il rentre dans son pays, désormais uni au Yémen du Nord, et s’y sent totalement étranger. Il rencontre par hasard à Sanaa une prédicatrice salafiste en niqab, et il est abasourdi de reconnaître en elle son amour d’adolescence, Hâwiya, la fille d’un grand dirigeant du parti socialiste, surnommé Souslov, du nom de l’idéologue du parti communiste soviétique. En renouant avec elle, il parvient à comprendre les méthodes de recrutement du mouvement salafiste, son mode de fonctionnement et ses relations équivoques avec la dictature militaire. Quand éclate en février 2011 le « printemps » yéménite, il est dans la rue avec ses rêves de changement démocratique, mais les salafistes sont là aussi, et ils attendent leur heure de gloire…