L’enfant multiple – Andrée Chedid

Tout courait vers le froid, vers la violence, vers la mort. Tout filait vers l’été, vers la paix, vers la vie. Tournant, tournoyant sans fin, le Manège poursuivait sa ronde. Fils d’un musulman d’Egypte et d’une chrétienne libanaise, petit-fils d’un troubadour, Omar-Jo est un enfant heureux. Mais il habite Beyrouth où, en 1987, les hommes se font la guerre. Un beau dimanche ensoleillé, devant la porte de sa maison… l’explosion. Assourdissante, meurtrière, elle lui arrache plus que la vie. Ses parents. Son bras. Pourtant, l’enfant qui quitte le Liban revendique l’espoir et l’imaginaire. A Paris, il rencontre Maxime, le forain au manège usé par le temps et la mélancolie de son propriétaire. Omar-Jo rendra alors toute leur magie aux chevaux de bois, comme il insufflera à Maxime la force nécessaire au rêve et au bonheur, à la jeunesse et à l’amour.

Prix : 5chf

Les racines du chaos : cinq états arabes en faillite – Irak, Syrie, Liban, Yémen, Libye – Pierre-Jean Luizard

Pourquoi tant d’Etats arabes sont-ils à l’agonie, empêchant leurs populations de vivre décemment et détruisant les équilibres régionaux ? Pour en comprendre les origines, Pierre-Jean Luizard remonte le cours de l’Histoire et nous éclaire sur les enjeux à venir. Le modèle de  » l’Etat-nation  » et ses frontières arbitraires, imposés par les puissances coloniales au siècle dernier, sombre au Moyen-Orient : échec du confessionnalisme politique au Levant et en Irak, guerre confessionnelle entre sunnites et chiites au Yémen, absence d’identité commune en Libye… Ces Etats ont longtemps manifesté de nombreux points communs : répression par des régimes autoritaires, confessionnalisme, guerres civiles sans fin, corruption massive, services publics aux abonnés absents, chômage… Aujourd’hui, ils sont traversés par le chaos permanent. L’échec des Printemps arabes de 2011 illustre l’incapacité des systèmes politiques actuels à répondre aux demandes des populations et à donner des perspectives à la jeunesse. Pierre-Jean Luizard décrypte ces phénomènes et s’interroge : faut-il, pour tenter de résoudre les graves crises, encore miser sur le renforcement des Etats en place ? Un changement profond est indispensable si l’on veut espérer une stabilisation future au moment où le droit d’ingérence que s’est octroyé l’Occident est désormais révolu. Pierre-Jean Luizard, historien, est directeur de recherche émérite au CNRS, spécialiste des islams au Moyen-Orient et membre du Groupe Sociétés, Religions, Laïcités (GSRL, CNRS/EPHE/PSL). Il est notamment l’auteur de Chiites et sunnites la grande discorde en 100 questions (2017).

 

Prix : 32chf

Implosions / Hyam Yared

Le 4 août 2020 à 18 heures et 7 minutes, la narratrice se voit propulsée sous le bureau de sa thérapeute. Elle est à quatre pattes, entre son mari et leur psy. Une bombe vient de ravager Beyrouth. Une apocalypse. Et le scénario en train de se produire dans ce cabinet : celui d’un couple en déliquescence. La narratrice est une affranchie. Elle veut vivre tout de suite et tout à la fois. Etre mère, épouse et écrivaine,  » beauvoirienne  » et pondeuse multi—récidiviste. Plutôt que de choisir, elle a embrassé la multitude : femme remariée, mère de cinq filles, auteure de nombreux livres, écartelée entre Beyrouth et Paris, entre sa soif d’écriture et ses maternités, entre la joie de l’enfantement et l’instinct de fuite. Son énergie vitale est ce prix, c’est une bombe à retardement. Comme son couple, tiraillé entre un homme analyste et une femme guidée par les méandres de l’écriture. En bref,  » la rencontre d’une centrale nucléaire avec une éolienne « . Comme cette ville qu’est Beyrouth, fendue, divisée, sectionnée de toutes parts, par les guerres, les rancoeurs entretenues, jusqu’à cette ultime désintégration. La narratrice n’a plus que l’écriture pour consolation. Elle prend la plume à bras le corps et nous offre un récit d’une puissance inouïe où se reflètent jusqu’au vertige l’explosion de la ville et la déflagration intime, la dérive orwellienne de notre planète et l’hyper-connexion des êtres humains qui évoluent désormais  » en distanciation sociale « . On retrouve le style plein d’humour et de rage de vivre de Hyam Yared, ses réflexions sur le sens de nos vies, la sexualité, le couple, la maternité, l’inadaptation au monde délirant dans lequel nous vivons… et l’amour qui triomphera toujours de la fin du monde.

 

Prix : 31chf

Le syndrome de Beyrouth / Alexandre Najjar

Confinée dans un hôtel à Saint-Malo, Amira Mitri, ancienne combattante devenue reporter au quotidien libanais An-Nahar, rescapée de l’explosion du port de Beyrouth, rassemble ses souvenirs, depuis son retour au Liban en l’an 2000, à l’orée d’un nouveau siècle, jusqu’à la tragédie du 4 août 2020. Durant cet intervalle de vingt ans, les péripéties se sont succédé : bien des événements ont secoué le pays du cèdre, et sa vie amoureuse a connu de multiples rebondissements. Avec lucidité et franchise, elle vide son sac.

 

Prix : 29chf

Goûts du Liban : Recettes & rencontres / Noha Baz & Joe Barza

Un livre haut en couleur et en saveur ! Un beau livre magnifique, graphique, contemporain et savoureux sur la cuisine libanaise. Le chef Joe Barza et Noha Baz partagent avec nous 60 recettes parmi les meilleures et les plus authentiques du Liban et nous emmènent dans un voyage gourmand unique. Et en plus des recettes, des textes, des ambiances et des portraits de personnalités d’origine libanaises (Nadine Labaki, Ibrahim Malouf…) qui évoquent leurs souvenirs de cuisine, leurs plats favoris et les images sensorielles auxquelles ils sont rattachés.Un livre unique, gourmand et riches en rencontres !

 

Prix : 48chf

Le Liban d’hier à demain – Nawaf Salam

Ce livre rassemble différents articles de Nawaf Salam sur le système politique libanais, réécrits et augmentés de nouvelles réflexions à la lumière, notamment, de la crise des deux dernières années – crise qui menace l’existence même du pays.

 

Prix : 26CHF

961 heures à Beyrouth (et 321 plats qui les accompagnent) / Sekiguchi Ryoko

Je suis restée à Beyrouth presque un mois et demi, du 7 avril au 15 mai 2018, 961 heures au total. Je voulais réaliser le portrait de la ville à travers la cuisine : les gestes de ceux qui la font, les histoires racontées par les Beyrouthins… La cuisine est le seul outil que je possède pour me rapprocher d’une ville. Tant qu’il y aura des gens pour la préparer, dans leur pays ou en terre d’exil, pour prendre des forces. Pour une table idéale.

 

Prix : 30CHF

Mon Port de Beyrouth : C’est une malédiction, ton pauvre pays ! / Lamia Ziadé

L’auteure raconte comment elle a vécu l’explosion du 4 août 2020 qui a ravagé le port de Beyrouth et ses alentours. En contact avec sa famille et ses amis vivant sur place, elle note dans un carnet intime leur témoignage et leur colère qu’elle associe à des illustrations.

 

Prix : 38CHF

Confessions / Rabee Jaber

Quinze années de guerre civile, c’est ce qu’a connu le Liban de 1975 à 1990. C’est aussi le contexte dans lequel Maroun a grandi. Devenu jeune adulte, il raconte les années passées à Achrafi eh, le quartier chrétien de l’est de Beyrouth, entouré de sa mère, de son père, engagé dans les milices phalangistes, de son grand frère Iliya, et de ses trois soeurs. Il décrit le quotidien de ceux qui ont appris à vivre sous les bombes et les tirs de snipers, les plaisirs simples dans les moments de trêve, la douceur de l’enfance malgré la violence sourde et incompréhensible avec laquelle il faut cohabiter. A la maison, accrochée au mur du salon, il y a aussi la photo d’un jeune frère, kidnappé et assassiné au début du conflit. Dans la famille règne une mystérieuse atmosphère et, d’aussi loin qu’il s’en souvienne, Maroun a toujours senti peser sur lui un étrange regard. Et pour cause : plus tard, après la guerre, Iliya lui apprend qu’il n’est pas celui qu’il croit être. Seul survivant parmi les occupants d’une voiture que l’unité de « son père » a arrêtés à un barrage pour les abattre ensuite, il a été recueilli, soigné et adopté par la famille qui lui a donné le prénom du fils défunt. Bouleversé par cette révélation, Maroun convoque ses souvenirs, tente de les remettre en ordre, dans une impossible quête de son identité.

 

Prix : 26CHF

La cause palestinienne à l’affiche d’Aflamuna

La plate-forme (Nos films) est de retour depuis le 1er mars dans une nouvelle version.

OLJ / Par C. K., le 05 mars 2021 à 00h00

Aflamuna (« nos films » en arabe) est une plate-forme de streaming à but non lucratif, fondée par Beirut DC et soutenue par le Sundance Institute, le Eye Filmmuseum et la Ford Fondation. Elle a pour but de diffuser les meilleures œuvres du cinéma arabe indépendant auprès d’un large public diversifié du monde entier. Elle propose depuis le début du mois de mars un nouveau programme mensuel, des films gratuits chaque semaine, des voix arabes en première ligne et des essais originaux qui suscitent la réflexion.

Chaque mois, un nouveau programmateur explore un thème social, politique ou culturel à travers une sélection triée sur le volet de films arabes cultes, contemporains, classiques et indépendants. Chaque semaine, les abonnés peuvent visionner un nouveau film gratuitement.

Aflamuna est aussi un espace de réflexion sociopolitique et critique autour du cinéma arabe indépendant. Des essais originaux dévoilent le contexte, la puissance et l’impact de chaque programme et explorent leur résonance dans le monde actuel.

Le premier programme mensuel, présenté par le cinéaste et historien du cinéma libanais Hady Zaccak, aborde la question de la cause palestinienne. Zaccak note que « le cinéma peut sembler une opération de fedayin à l’ombre de tous les défis auxquels nous faisons face, mais il demeure nécessaire en tant qu’acte de résistance ».

« Frame Aka Revolution Until Victory » de Muhanad Yaqubi. Photo DR

L’autodétermination et la dignité

Sous-titrés en anglais, les films diffusés au cours de ce premier mois peuvent être visionnés dans le monde entier. Le programme comprend des longs-métrages, dont le film documentaire Off Frame Aka Revolution Until Victory du réalisateur Muhanad Yaqubi (Palestine, France, Qatar, Liban 2016) qui dévoile dans son film l’histoire turbulente de son pays, en utilisant des images d’archives dont une grande partie est tombée dans l’oubli, et qui retracent la lutte des Palestiniens pour l’autodétermination et la dignité.

Christian Ghazi, lui, mêle narration dramatique et images documentaires dans son film pionnier Cent visages pour un seul jour (Liban 1969) pour donner une perspective analytique de la société libanaise au début des années soixante-dix.

Le film de fiction Kafr Kassem de Borhane Alaouié (Liban, Syrie 1974) aborde la cause palestinienne à travers un massacre. Quant au long-métrage Les dupes de Tawfiq Saleh (Syrie 1972), il est considéré comme un film incontournable dans l’histoire du cinéma arabe. Adapté à partir d’une nouvelle de Ghassan Kanafani et réalisé par Mohammad Chahine, el-Maleh et Marwan Monazen, Des hommes dans le soleil (1963), narre le destin tragique de trois Palestiniens pris au piège de leurs aspirations.Parmi les courts-métrages présentés dans ce programme, le film de Mustafa Abu Ali Ils n’existent pas (Palestine 1974) aborde la vie quotidienne des réfugiés palestiniens à l’intérieur du camp de Nabatiyé au sud du Liban. Quant à Children Nevertheless de Khadija Habashneh Abu Ali (Palestine 1979-1980), il passe en revue la situation des enfants orphelins vivant dans la « Maison des enfants de la résilience » en donnant un aperçu de leur quotidien. Qaïs al-Zubaidi présente enfin un poème cinématographique sur la Palestine par le biais de son court-métrage La visite (Syrie 1972).

Les cinéphiles du monde entier peuvent s’inscrire gratuitement sur www.aflamuna.online pour commencer à visionner le premier film de la semaine, déjà disponible, et prendre part à ce voyage cinématographique unique.

Retrouver l’article original dans L’Orient le jour