Baya ou le grand vernissage / Alice Kaplan

Jeune orpheline, Baya aime dessiner des robes inspirées des magazines de mode qu’elle trouve dans la ferme algérienne où elle travaille avec sa grand-mère. Trois ans plus tard, en novembre 1947 – à la veille de ses seize ans -, elle assiste au vernissage de sa première exposition à la galerie Maeght, à Paris, entourée des plus grands intellectuels et artistes de l’époque. Dans une France qui se remet à peine de l’occupation nazie, le statut de l’Algérie divise violemment l’Assemblée nationale depuis un massacre dans l’Est algérien qui fait honte à la France. Baya, qui incarne dans ce tumulte une figure de l’espoir, se voit confier une délicate mission diplomatique. Présent au vernissage, Camus verra en elle  » une princesse parmi les barbares « . Dans ce récit, Alice Kaplan dévoile les rouages du destin extraordinaire de Baya : vouée au statut de bonne à tout faire dans l’Algérie coloniale, l’adolescente sera propulsée au rang de célébrité ; toujours inattendue, éblouissante, elle inspire aujourd’hui encore de nombreux artistes.

 

Prix : 36chf

Si le soleil s’en souvient / Jean-Paul Enthoven

Le livre s’ouvre en 1960, à Mascara, petite ville des hauts-plateaux de l’Algérie française, avec l’inauguration d’un cinéma trop luxueux pour ce monde en sursis. Ce cinéma, le Vox, c’est le père du narrateur, Edmond, qui l’a bâti à grands renforts d’enthousiasme, de naïveté et d’illusion. On doit y projeter « Moby Dick », le film de John Huston – mais comment montrer la beauté sous un ciel voluptueux, quand la violence, la haine et la folie des hommes se déchaînent ? Ce soir de juin, qui devait être joyeux, a lieu un affreux massacre… À partir de cette scène primitive, tout se tisse dans ces pages d’allers-retours entre hier et aujourd’hui. Le narrateur nous guide dans son adolescence éperdue, dans un enfer ensoleillé, concentré d’aveuglements, d’injustice, de fausses allégresses et d’exil. Le père, magnifique et désespéré. La mère, silencieuse et protectrice. Le grand-père, légendaire légionnaire d’origine hollandaise. Tous prêts au départ vers la métropole. On croise aussi Camus, un certain Omar-Le-Fou, un pêcheur anti-franquiste. Sans oublier les photos du studio Harcourt, le bordel caché, et la guerre, toujours, partout….Si le soleil s’en souvient n’est pas l’évocation du « paradis perdu », mais le roman de la jeunesse et de la nostalgie, entre bonheurs défunts, jouissances sensuelles, et découverte de la vie tragique. Jean-Paul Enthoven nous offre l’éducation sentimentale, érotique, littéraire, politique, d’un adolescent qui s’égare et se retrouve en parcourant le chemin qui le sépare de l’âge adulte…

 

Prix : 34chf

Gaza dans la peau / Selma Dabbagh

Gaza est bombardée. Rashid est en train de regarder les obus tomber en fumant un joint quand il reçoit l’e-mail lui annonçant qu’il peut partir à Londres. Iman, sa soeur jumelle, ne supporte plus les atrocités et l’inaction qui les entourent, elle envisage de rejoindre un groupe de résistance islamique. Sabri, leur frère aîné, a perdu sa famille et ses deux jambes dans un attentat à la voiture piégée. Leur mère semble avoir un passé trouble. Leur père a fui pour s’établir dans un pays du Golfe. Le récit suit la vie de cette famille, la façon dont chacun essaie de se trouver une place au monde, le fossé croissant entre les factions palestiniennes, la montée du fondamentalisme… Roman noir car la pression est constante, la réalité dépeinte tragique, mais écrit avec une humanité et un humour extraordinaires, il donne à voir une autre Palestine.

 

Prix : 41chf

Dans les rues de Téhéran / Nila

FEMME, VIE, LIBERTE ! La nouvelle révolution iranienne vue de l’intérieur Après la mort de la jeune Kurde Mahsa Jina Amini le 16 septembre 2022, les cris de colère des Iraniens réclamant l’égalité et la justice se font entendre dans toutes les grandes villes du pays. Dans ce témoignage exceptionnel, une Iranienne nous entraîne au coeur du soulèvement où, lors de ses sorties quotidiennes dans les rues de la capitale, elle est à la fois témoin et actrice de la révolte de son peuple. Replaçant les évènements récents dans une longue histoire de lutte à travers la figure de Tâhereh, première martyre pour la cause des femmes, elle nous livre une puissante réflexion sur cette révolution.

 

Prix : 20chf

L’étoile de la mer / Elias Khoury

En 1963, à l’âge de quinze ans, Adam quitte seul la ville palestinienne de Lydda dans l’espoir d’échapper aux traumatismes qu’il a connus enfant. A travers les vies successives de ce personnage fantasque, hanté par la perte et le déracinement, Elias Khoury poursuit l’exploration de ses thèmes favoris : l’identité, la mémoire, l’amnésie volontaire, la trahison, le rapport entre la Shoah et la Nakba, et celui de la fiction à l’histoire. Un roman épopée qui ravira les lecteurs de « La Porte du soleil ».

 

Prix : 37chf

Les conditions idéales / Mokhtar Amoudi

« En quelques trimestres j’avais tourné casaque. Les Français m’évitaient, avertis par leurs parents des risques de mauvaise influence qu’ils couraient à me fréquenter. Pire, mes bulletins scolaires, ombre bien obscure, me qualifiaient de décadent et d’insolent. Devenu inapte à représenter ma classe, je laissai les professeurs m’achever lors du dernier conseil de l’année. On comparait mon apogée scolaire à la Renaissance ; un bon souvenir qui ne reviendrait jamais ». Placé à l’Aide sociale à l’enfance dès son plus jeune âge, Skander est un garçon curieux de tout, passionné par la lecture. Mais son destin bascule lorsqu’il atterrit à Courseine, en banlieue parisienne, chez la redoutable Madame Khadija. Au collège, il est entraîné malgré lui par les jeunes du Grand Quartier, qui abolissent sa boussole morale. La rue devient son royaume, et l’éloigne chaque jour davantage de ses rêves d’enfant… Avec Les conditions idéales, Mokhtar Amoudi signe un roman d’apprentissage au charme irrésistible.

 

Prix : 33chf

La dernière place / Négar Djavadi

Le 8 janvier 2020, le vol 752 d’Ukraine International Airlines reliant Téhéran à Kiev s’écrase six minutes après le décollage entraînant la mort des 176 passagers et membres d’équipage. Ce crash survient dans un contexte de tensions extrêmes entre l’Iran et les Etats-Unis. A travers l’histoire de sa cousine Niloufar Sadr, présente sur ce vol, Négar Djavadi relate cette tragédie. Traumatisme national, la chute du PS752 est l’un des événements qui annoncent le mouvement révolutionnaire qui s’est emparé de l’Iran à l’automne 2023.

 

Prix :34chf

Un cri que le soleil dévore / Jean Sénac

« Et je suis ici, immobile, complice et lâche. J’ai honte, honte… Partir pour l’Aurès ! Ecrire ? Mourir ? Tuer ? Aller au Caire ? Témoigner à Alger ? Agir à Paris ? Que l’Homme en moi se fasse pour ma Patrie algérienne ! [… ] Que faire ? Et comment donner aux Algériens arabes qui nous rejettent en bloc (dans 99 % des cas) la preuve que nous nous sentons Algériens, leurs égaux ? Seule la mort… – des sacrifices vrais peut-être… Ecrire, mais quoi ? Je suis entre deux feux, deux vérités, l’une à dire, l’autre à taire. Et c’est bien la seule vérité qu’il faut ». Depuis son assassinat le 30 août 1973, Jean Sénac n’a cessé d’imposer sa voix de poète visionnaire, qui a payé de sa vie le courage de ses positions et sa volonté de vérité. Il avait choisi le parti des indépendantistes, dans une Algérie où, tel Camus qui était son ami, il était né. Après la publication de ses oeuvres poétiques complètes et de sa biographie par Bernard Mazo, la découverte de ses carnets secrets, qui fourmillent de notations intimes et d’interrogations politiques, de poèmes et de réflexions sur la création artistique et sur la société, sur l’amour, l’homosexualité et l’amitié, donne de cette personnalité hors du commun une image bouleversante qui le rapproche de ses frères en poésie Constantin Cavafis, Pier Paolo Pasolini, Federico García Lorca, René Char. De Jean Sénac (1926-1973) le Seuil a publié la biographie par Bernard Mazo et des poèmes, Pour une terre possible, dans la collection « Points Poésie » . Guy Dugas, responsable des Archives Sénac, assure l’édition de ces carnets retrouvés.

 

Prix : 46chf

Nos destins sont liés / Walid Hajar Rachedi

Avoir vingt ans. Rêver sa vie ou vivre ses rêves ? D’un côté ou de l’autre du périphérique parisien, d’origines et de milieux différents, tous sont traversés par les mêmes questions existentielles. Lisa commence à peine sa carrière. Salem, brillant financier, remet en cause sa fulgurante ascension. Matthieu, écrivain du dimanche, se complaît dans son personnage de dilettante. Ronnie se rêve rappeur. Céline, en rébellion contre son milieu, vit une liaison passionnelle. Leurs destins sont liés. Walid Hajar Rachedi dresse avec humour et brio le tableau d’une génération perdue, née dans les années 1980 et ballottée dans un monde où toute recherche de sens semble aboutir au non-sens.

 

Prix : 37chf

Le caprice de vivre / Jadd Hilal

Dans un appartement parisien, Humam vit en colocation avec deux amis trentenaires depuis ses études. Il y a la flamboyante Warda, devenue journaliste pour crier la vérité au monde ; Souleymane, ostéopathe plus préoccupé par la cause animale que par l’Homme ; et Humam, écrivain raté qui cherche sa place entre parisianisme et identité arabe, transi d’amour pour Warda, totalement paralysé lors des avances très sexy de celle-ci. L’équilibre du trio se délite lorsque Warda décide de mener une enquête sur le massacre de Juifs en Irak au début des années 40, les deux garçons ne la soutenant pas. Peu à peu, alors que Souleymane s’éloigne de l’appartement, la relation entre la jeune femme éruptive et l’auteur tourne à la confrontation. Un duel mené tambour battant avec une grande dose d’humour.

 

Prix : 36chf