Les Prépondérants – Hédi Kaddour

Au printemps 1922, des Américains d’Hollywood viennent tourner un film à Nahbès, une petite ville du Maghreb. Ce choc de modernité avive les conflits entre notables traditionnels, colons français et jeunes nationalistes épris d’indépendance.
Raouf, Rania, Kathryn, Neil, Gabrielle, David, Ganthier et d’autres se trouvent alors pris dans les tourbillons d’un univers à plusieurs langues, plusieurs cultures, plusieurs pouvoirs. Certains d’entre eux font aussi le voyage vers Paris et Berlin, vers de vieux pays qui recommencent à se déchirer sous leurs yeux. Ils tentent tous d’inventer leur vie, s’adaptent ou se révoltent. Il leur arrive de s’aimer.
De la Californie à l’Europe en passant par l’Afrique du Nord, Les Prépondérants nous entraînent dans la grande agitation des années 1920. Les mondes entrent en collision, les êtres s’affrontent, se désirent, se pourchassent, changent. L’écriture alerte et précise d’Hédi Kaddour serre au plus près ces vies et ces destins.

 

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Les aventures d’un musulman d’ici – Ismaël Saidi

Ismaël Saïdi est un musulman de la seconde génération. Aujourd’hui auteur et metteur en scène, il a décidé de raconter, sans tabou, et avec énormément d’humour, sa vie de petit garçon marocain. Dans cette véritable ouverture vers la communauté musulmane, ode à la joie et à l’humour, Ismaël raconte avec une verve incroyable ce qu’a été sa vie, les découvertes de sa différence et les découvertes de tout ce qu’il partage avec les autres. Ce livre est un mode d’emploi qui, au-delà de l’humour, lutte contre l’islamophobie, le rejet et met les points sur les i au nom d’une communauté qui a tendance à ne pas communiquer et à considérer qu’en dehors du cercle familial, on ne parle pas !

 

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Ce pays qui te ressemble – Tobie Nathan

C’est dans le ghetto juif du Caire que naît, contre toute attente, d’une jeune mère flamboyante et d’un père aveugle, Zohar l’insoumis. Et voici que sa soeur de lait, Masreya, issue de la fange du Delta, danseuse aux ruses d’enchanteresse, le conduit aux portes du pouvoir. Voici aussi les mendiants et les orgueilleux, les filous et les commères de la ruelle, les pauvres et les nantis, petit peuple qui va roulant, criant, se révoltant, espérant et souffrant.

Cette saga aux couleurs du soleil millénaire dit tout de l’Égypte : grandeur et décadence du roi Farouk, dernier pharaon, despote à l’apparence de prince charmant, adoré de son peuple et paralysé de névroses. Arrivée au pouvoir de Gamal Abdel Nasser en 1952 et expulsion des Juifs. Islamisation de l’Égypte sous la poussée des Frères musulmans, première éruption d’un volcan qui n’en finit pas de rugir… C’est la chute du monde ancien, qui enveloppait magies et sortilèges sous les habits d’Hollywood. La naissance d’un monde moderne, pris entre dieux et diables.

 

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Saveurs libanaises – Andrée Maalouf & Karim Haïdar

Le Liban, dans sa grande diversité, offre une variété unique de mets parfumés, de goûts délicats et de plats raffinés, qui se sont enrichis au fil du temps de saveurs nouvelles venues d’ailleurs.

Appréciée dans le monde entier, la cuisine libanaise est réputée pour ses spécialités : hommos, falafels, tabboulé, caviar d’aubergine, grillades épicées, ragoûts mijotés, pâtisseries à la pistache et à la rose… Mais on connaît moins certaines recettes authentiques dont chaque famille garde le secret.
C’est ce patrimoine culinaire, parfois revisité et toujours allégé, qu’Andrée Maalouf et Karim Haïdar, auteurs du best-seller Cuisine libanaise d’hier et d’aujourd’hui, nous transmettent ici autour d’une centaine de recettes : Falafels aux crevettes, Salade de zaatar, Kebbés de potiron, Riz au safran, à la cardamome et à la rose, Rascasse au fenouil et à l’arak, Osmallié à la crème de lait et à la rose, Sahlab, Carrés de baklawa…

Quand l’expérience d’une passionnée rencontre l’art d’un chef, c’est pour nous faire découvrir le meilleur de la cuisine libanaise, délicieuse et facile à réaliser, véritable voyage au « pays des cèdres et du miel ».

 

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La Dernière Nuit du Raïs – Yasmina KHADRA

« Longtemps j’ai cru incarner une nation et mettre les puissants de ce monde à genoux. J’étais la légende faite homme. Les idoles et les poètes me mangeaient dans la main. Aujourd’hui, je n’ai à léguer à mes héritiers que ce livre qui relate les dernières heures de ma fabuleuse existence. Lequel, du visionnaire tyrannique ou du Bédouin indomptable, l’Histoire retiendra-t-elle ? Pour moi, la question ne se pose même pas puisque l’on n’est que ce que les autres voudraient que l’on soit.  » Avec cette plongée vertigineuse dans la tête d’un tyran sanguinaire et mégalomane, Yasmina Khadra dresse le portrait universel de tous les dictateurs déchus et dévoile les ressorts les plus secrets de la barbarie humaine.

 

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L’architecte du sultan – Elif Shafak

Présentation de l’éditeur

Istanbul, XVIe siècle. Le jeune Jahan débarque dans cette ville inconnue avec pour seul compagnon un magnifique éléphant blanc qu’il est chargé d’offrir au sultan Soliman le Magnifique. En chemin, il rencontrera des courtisans trompeurs et des faux amis, des gitans, des dompteurs d’animaux ainsi que la belle et espiègle Mihrimah. Il attirera bientôt l’attention de l’architecte royal, Sinan : une rencontre fortuite qui va changer le cours de son existence. Au coeur de l’Empire ottoman, quand Istanbul était le centre grouillant de la civilisation, L’architecte du sultan est un conte magique où l’on découvre le destin extraordinaire d’un garçon aux origines modestes qui se verra élevé au plus haut rang de la cour. «C’est le roman le plus ambitieux qu’ait écrit Elif Shafak jusqu’à présent, et le meilleur.» The Independent «Elif Shafak peint le merveilleux tableau d’une ville grouillant de secrets, d’intrigues politiques et de liaisons amoureuses.» The Daily Times

Biographie de l’auteur

Fille de diplomate, Elif Shafakest née à Strasbourg en 1971. Internationalement reconnue, son oeuvre traduite dans plus de quarante langues fait partie des plus lues en Turquie. On compte parmi ses romans les plus connus La Bâtarde d’Istanbul, Bonbon Palace et Soufï, mon amour (Phébus, 2007, 2008 et 2010). Elle écrit régulièrement pour le Financial Times, le Guardian, le New York Times, Newsweek et Time magazine. Ses livres ont été sélectionnés pour le Orange Prize, l’Independent Prize et le Impact Dublin Award. L’architecte du sultan est son premier roman publié chez Flammarion
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L’envoyé de Dieu – Gilbert Sinoué

Tout commence à Médine, en l’an 672 de l’ère commune. Voici quarante ans que le Prophète a rendu son âme au Tout-Puissant. Ceux qui l’ont connu ont disparu. Certains sont morts, d’autres se sont dispersés entre aube et crépuscule, dans l’immensité de l’Orient. Tous, sauf un homme. Un vieillard. Il est le dernier témoin. L’ultime mémoire. Un jeune scribe, Hussein Abdel Jawad, fervent adorateur de l’Envoyé de Dieu, fonce à travers le désert. Le temps presse. Jawad est convaincu que c’est le Très-Haut lui-même qui lui a attribué cette mission sacrée : recueillir les souvenirs, afin de les transmettre au monde. Arrivera-t-il à temps ? Ce vieillard aura-t-il conservé intacts tous les détails de l’incroyable destinée qui fut celle de Muhammad, béni soit son saint nom ?  Seul le temps connaît la réponse.

 

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Le quartier américain – Jabbour Douaihy

À Tripoli, les destins entrecroisés d’Abdel-Karim, enfant d’une grande famille de notables, et d’Ismaïl, né dans le quartier le plus pauvre de la ville, surnommé « le quartier américain ». À travers ces deux personnages, c’est l’histoire récente de toute une ville qui nous est admirablement contée, en même temps que sont restitués les antagonismes de classe, de génération et de culture, la décomposition de l’élite traditionnelle, les élans brisés de la jeunesse et l’irrésistible ascension de l’islamisme radical.

 

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Hôtel Mahrajane – Robert Solé

Robert Solé qui est né en Egypte dans la communauté chrétienne poursuit dans la veine qui lui a valu de grands succès romanesques. L’hôtel Mahrajane est un palace construit au début du XXe siècle par un Juif, dans une ville qui ressemble à Alexandrie. La jetset internationale s’y presse ainsi que les Egyptiens de la bonne société, qu’ils soient Juifs, Chrétiens ou Musulmans. Puis les Juifs sont expulsés et l’hôtel passe de main en main au fur et à mesure que les non-Musulmans quittent l’Egypte. Le bâtiment se détériore. Le service, impeccable au début, se dégrade. Le dernier directeur est l’oncle, du genre play-boy, du jeune narrateur de l’histoire, jusqu’à ce que leur famille – des Chrétiens – parte à son tour. Le roman grouille de personnages hauts en couleur et de combines qui se trament autour de l’hôtel, en contrecoups de l’histoire de l’Egypte. Un monde disparaît. Mais le ton n’est jamais tragique. L’oncle Louca, héros charmant et futile, prend de l’épaisseur au fur et à mesure que le livre avance, jusqu’à ce qu’on apprenne le secret de sa vie.

 

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Je vous écris de Téhéran – Delphine Minoui

A mon cher Babaï

 La journaliste franco-iranienne, Delphine Minoui, part à la recherche de ses origines persanes et livre un témoignage où l’histoire personnelle se confond à celle du pays. Son dernier ouvrage, Je vous écris de Téhéran, est un récit aussi passionnel que profond.
  Dalia Chams   10-06-2015  AL-AHRAM HEBDO
« l’avion décolle. Enfin ! Vu du ciel, le mausolée de l’imam Khomeyni ne forme plus qu’un point dans la nuit avant d’être englouti par les nuages (…). J’ai quitté ton pays sans me retourner. Comment dire adieu à une moitié retrouvée de soi-même ? ». Quelques années se sont écoulées depuis cette scène de départ, datant de juin 2009, après la réé­lection du président ultranationaliste Ahmadinejad.
La journaliste Delphine Minoui, prix Albert-Londres il y a bientôt dix ans pour ses reportages en Iraq et en Iran, était redevenue citoyenne de la Perse millénaire. De retour à Paris, elle n’arrivait plus à écrire ; ayant perdu la distance nécessaire pour raconter, et a dû mettre cinq ans avant de parachever son troisième ouvrage sur l’Iran, le plus personnel d’ailleurs. Car la grande reporter au Moyen-Orient du Figaro a décidé de centrer son récit sur son histoire et celle de son grand-père paternel, iranien. Elle adresse une lettre posthume à ce dernier qui, sans être le personnage principal du livre, en est incontestablement à l’origine.
La mort subite du grand-père en 1997, dans un hôpital parisien, a incité la journaliste, alors fraî­chement diplômée, à partir sur les traces de sa famille, à sonder le passé pour mieux comprendre le présent. Et c’est justement en fouillant l’histoire de son pays qu’elle effectue une quête de soi et développe une forte sensibilité vis-à-vis de la région.
Pourtant, avant la disparition de son aïeul, elle entretenait avec lui un lien essentiellement épistolaire, parce qu’il n’avait jamais voulu quitter Téhéran, après de longues années passées à Paris en tant que représentant de l’Iran à l’Unesco. Et elle, de mère française, a grandi et avait vécu en France. Un jour, il lui a offert en cadeau ces vers de Hafez : « Celui qui s’attache à l’obscurité a peur de la vague. Le tourbillon de l’eau l’effraie. Et s’il veut partager notre voyage, il doit s’aven­turer bien au-delà du sable rassurant du rivage ».
Comme la plupart des Iraniens, il trouvait en cet illustre poète du XIVe siècle quelque chose de magique ; ses écrits valaient mieux que toutes les boules de cristal : il suffisait de piocher un de ces vers au hasard pour entrevoir son avenir proche. Et ce fut en quelque sorte le cas de Delphine, qui a osé « s’aventurer bien au-delà du sable rassu­rant du rivage ». Elle est arrivée à Téhéran en 1997, environ six mois après l’élection du mollah réformiste, Khatami, afin d’effectuer un reportage sur la jeunesse, comme pigiste à RFI. Puis, elle y est restée 10 ans au lieu d’une semaine. Delphine Minoui a attrapé « l’iranite », comme elle dit, ce virus qui l’a rendue accro à l’Iran, ne voulant plus le quitter, sauf obligée par la tension qui régnait avec l’éclatement du « printemps iranien ».
Loin de la caricature
Tout en découvrant la vie de son Babaï chéri, par fragments, lui pardonnant bien des écarts, elle nous emmène dans son monde à l’iranienne, loin de la caricature médiatique du pays des mollahs. On n’a plus affaire simplement au tchador et au terrorisme, mais à un pays qui n’a rien perdu de son dynamisme, un pays tiraillé entre repli natio­naliste et désir d’ouverture. Cette lutte entre réfor­mateurs et conservateurs constitue la toile de fond de toute l’oeuvre.
La lettre posthume à Babaï est le fil conduc­teur, reliant plusieurs autres récits proches du reportage qui nous font visiter des endroits mul­tiples. D’abord, il y a Qom, la cité religieuse et le premier foyer de contestation de la théocratie.
« C’est là, à l’ombre des minarets, que se déroule le vrai duel entre réformateurs et conservateurs. Une guerre de religion, ou plutôt d’interprétation de la religion. islam contre islam », dit-elle. C’est là aussi qu’elle rencontre le fils de l’ayatollah Ali Montazeri, son père étant assigné à résidence dans sa propre maison, ayant cependant le grade le plus élevé dans la hiérarchie religieuse chiite.
« La seule solution pour sauver la réputation des religieux, c’est de sortir de la politique », souligne Ahmed Montazeri, contestant le fameux principe de velayat-e-faghi (la souveraineté du dogme, consacrant la primauté du religieux sur la poli­tique). Cette déclaration résonne avec celle pro­noncée quelques années plus tard par le petit-fils de l’imam Khomeyni, que la journaliste a ren­contré en Iraq : « Les Iraniens sont friands de liberté. Un rêve impossible tant que religion et politique resteront liées. Alors s’il n’y a d’autre solution qu’une intervention américaine pour obtenir cette liberté, je pense que mon peuple y sera favorable ». Mais l’océan d’insoumis qu’elle décrit en train de défiler dans les rues de Téhéran, ces jeunes sortis vociférer « mort au dictateur », ne se place guère dans cette même logique pro-américaine.
Delphine Minoui nous écrit de Téhéran sur toutes ces femmes et hommes admirables que le pouvoir n’est pas parvenu à briser. On intègre son cercle d’amis et de connaissances : Niloufar, la marraine des jeunes, Baghi, le journaliste qui se convertit aux droits de l’homme, Sara la blo­gueuse qui s’évade pour écrire des poèmes à la lumière d’une bougie en chantant, le milicien bassidji obnubilé par le mythe du martyr, le maestro non-voyant de Shiraz … Bref, toute une galerie de portraits qui permet de brosser le tableau de la répression, mais aussi celui de la transgression des interdits que l’on retrouve sur une piste de danse ou lors de soirées arrosées où le vin se dit « jus de grenade ». L’auteur se raconte et raconte les autres.
Je vous écris de Téhéran, par Delphine Minoui, aux éditions Du Seuil, 2015. 318 p.