La petite dernière – Fatima Daas

Je m’appelle Fatima Daas. Je suis la mazoziya, la petite dernière. Celle à laquelle on ne s’est pas préparé. Française d’origine algérienne. Musulmane pratiquante. Clichoise qui passe plus de trois heures par jour dans les transports. Une touriste. Une banlieusarde qui observe les comportements parisiens. Je suis une menteuse, une pécheresse. Adolescente, je suis une élève instable. Adulte, je suis hyper-inadaptée. J’écris des histoires pour éviter de vivre la mienne. J’ai fait quatre ans de thérapie. C’est ma plus longue relation. L’amour, c’était tabou à la maison, les marques de tendresse, la sexualité aussi. Je me croyais polyamoureuse. Lorsque Nina a débarqué dans ma vie, je ne savais plus du tout ce dont j’avais besoin et ce qu’il me manquait. Je m’appelle Fatima Daas. Je ne sais pas si je porte bien mon prénom.

 

Prix : 20chf

Dans les yeux du ciel – Rachid Benzine

C’est le temps des révolutions. Une femme interpelle le monde. Elle incarne le corps du monde arabe. En elle sont inscrits tous les combats, toutes les mémoires douloureuses, toutes les espérances, toutes les avancées et tous les reculs des sociétés. Plongée lumineuse dans l’univers d’une prostituée qui se raconte, récit d’une femme emportée par les tourments de la grande Histoire, Dans les yeux du ciel pose une question fondamentale : toute révolution mène-t-elle à la liberté ? Et qu’est-ce finalement qu’une révolution réussie ? Un roman puissant, politique, nécessaire.

 

Prix : 29chf

Le sel de tous les oublis – Yasmina Khadra

Lorsqu’une femme claque la porte et s’en va, elle emporte le monde avec elle. Adem Naït-Gacem l’apprend à ses dépens. Ne supportant pas le vide laissé par le départ de son épouse, l’instituteur abandonne ses élèves et, tel un don Quichotte des temps modernes, livré aux vents contraires de l’errance, quitte tout pour partir sur les chemins. Des rencontres providentielles jalonnent sa route : nain en quête d’affection, musicien aveugle au chant prophétique, vieux briscards, galériens convalescents et simples d’esprit le renvoient constamment aux rédemptions en lesquelles il refuse de croire. Jusqu’au jour où il est rattrapé par ses vieux démons. A travers les pérégrinations d’un antihéros mélancolique, flanqué d’une galerie de personnages hors du commun, Yasmina Khadra nous offre une méditation sur la possession et la rupture, le déni et la méprise, et sur la place qu’occupent les femmes dans les mentalités obtuses.

 

Prix : 31chf

Evadées du harem Didier – Quella-Guyot & Alain Quella-Villéger

Constantinople. 1906. Zennour et Nouryé sont les filles d’un ministre du sultan de l’Empire ottoman. Fines lettrées. elles ne supportent plus la vie Feutrée et cloîtrée du harem. Un soir de janvier, elles fuient secrètement à bord de l’Orient-Express pour gagner la France. Leur histoire fait la une de la presse internationale et l’Europe se passionne pour elles au moment où paraît le best-seller de Pierre Loti Les Désenchantées, dont il s’avère très vite qu’il n’est pas sans liens avec ce fait divers devenu scandale… Un récit rigoureusement historique qui apporte un éclairage passionnant sur la question féminine et la fascination réciproque unissant Orient et Occident !

 

Prix : 29chf

Nouvelles du Liban – Georgia Makhlouf , Alexandre Najjar , Etel Adnan , Rabee Jaber Collectif

LIBAN : Terre de lait et de miel des temps bibliques, carrefour de cultures et de civilisations, le Liban occupe une place à part entre Orient et Occident. Son histoire multimillénaire — des Phéniciens à l’Empire byzantin, des califats successifs à l’Empire ottoman et au Mandat—, sa géographie d’une grande diversité, point de rencontre de la route de la soie et de la Méditerranée orientale, sa mosaïque de religions, tout cela ne pouvait que marquer durablement sa littérature, arabophone et francophone, écrite par les Libanais résidents comme par ceux de la diaspora. Plus de dix millions d’entre eux sont disséminés partout dans le monde. La réalité de cette terre aujourd’hui est celle d’un pays meurtri et déchiré et lorsque la réalité se fait menaçante ou tout simplement indicible, les Libanais savent recourir à la magie du verbe, avec force. Ce recueil en est un témoignage supplémentaire.

 

Prix : 19chf

Ce qui nous sépare – Hélène Aldeguer

Après avoir raconté la désillusion des jeunes Tunisiens dans leur pays en 2013, deux ans après le printemps arabe, Hélène Aldeguer raconte le quotidien de Bilal, un jeune Tunisien venu à Paris afin de poursuivre ses études grâce à une bourse au mérite, et terminer son master d’histoire contemporaine. Si Bilal découvre une vie pleine de possibilités, son statut d’homme arabe le rattrape dans une société française en crise identitaire. Ses fantasmes d’une « Europe de tous les possibles » se heurtent alors au racisme et aux préjugés. Un récit très actuel et nécessaire, sur notre société et sur le déracinement intérieur de ces jeunes venus en France et qui sont accueillis bien différemment selon leurs origines…

 

Prix : 31chf

Mon père en doute encore – Saphia Azzeddine

« Il aurait voulu être un patriarche. Il n’a été qu’un bon père. Au fond de lui sommeille un petit dictateur qu’il aurait aimé nourrir pour devenir le genre d’homme que l’on craint déjà derrière la porte. Cette assurance que le pouvoir confère et qu’annonce un pas souverain avant d’entrer dans une pièce. Ceux qu’on redoute même quand ils sourient. Il aurait voulu être plus tout et moins quelque chose. Plus riche et moins pauvre en fait ». Dans ce roman autobiographique, Saphia Azzeddine nous livre l’histoire de son père. Cet enfant élevé par des femmes au beau milieu de la plus grande palmeraie du Maroc, alors sous protectorat, qui débarquera jeune homme, comme beaucoup dans les années 1960, à Paris pour se faire une place. Mais il ne la trouvera jamais vraiment. Entre deux pays, deux cultures, à la fois fier et honteux, tour à tour infirmer, couturier, c’est en père au foyer qu’il sera le plus heureux et se donnera corps et âme à l’éducation de sa fille, son trésor. Avec beaucoup de piquant, d’émotions et d’humilité, Saphia Azzeddine retrace sa relation avec son père, ses moments de grâce, ses rébellions et ses excès.

 

Prix : 32chf

La pratique du soufisme, Quatorze petits traités – Najm Al-Din Kubra

Les textes traduits ici constituent un ensemble dont l’essentiel est consacré à définir les règles de l’initiation et de l’éducation spirituelle soufie. Leur portée est avant tout pratique. On peut ainsi mesurer à quel point Najm al-dîn Kubrâ (1145/46-1221) fut plus un guide spirituel soucieux de conduire ses disciples jusqu’à leur but, qu’un doctrinaire. Cependant, la pratique du soufisme ne saurait se séparer d’une doctrine d’ensemble qui la fonde et qui l’organise dans la cohérence du discours. On trouvera donc dans ces traités maints éléments qui complètent ce que Najm al-dîn Kubrâ a davantage développé dans Les Eclosions de la beauté et les parfums de la majesté, paru à L’éclat en 2002. Sont traduits ici : Traité pour le fou d’amour ; Traité des dix principes ; Les bons usages des soufis ; Livre des bons usages de l’itinéraire vers la présence ; Traité du voyageur stupéfait ; Traité de la retraite spirituelle ; Conseils pour l’élite ; Réponses aux neuf questions ; Traité de soufisme ; Traité des bons usages des itinérants ; Les voies de la connaissance du manteau mystique ; Traité du navire ; Réponses à quelques questions I et II.

 

Prix : 19chf

Une baignoire dans le désert – Jadd Hilal

Lorsque la guerre fait irruption dans son village, le quotidien d’Adel bascule. Parents divorcés, amis absents, il lui reste heureusement ses deux insectes imaginaires qui lui tiennent lieu de compagnons. Amené à prendre très vite des décisions qui le dépassent, Adel se retrouve dans un camp au milieu du désert où les combattants, ces grandes personnes, ont l’air d’enfants perdus et où le cheikh le force à agir en adulte. L’occasion pour Adel de s’interroger sur le regard que l’on porte sur lui, et de se forger, seul, sa propre identité… Jadd Hilal signe ici avec fraîcheur le roman d’un apprentissage quelque peu décalé, en miroir de nos interrogations.

 

Prix : 23chf

Le faucon – Gilbert Sinoué

Le voici au couchant de ma vie. Je suis né le 6 mai 1918. J’ai quatre-vingt-six ans. Ou plus ? Ou moins ? L’un des avantages de la vieillesse est la faculté de l’esprit humain à ne conserver que l’essentiel. Une certitude : j’ai mille ans de souvenirs. En cette heure où le jour décline, assis en tailleur, comme au temps de ma jeunesse, au sommet de cette dune de sable, ces souvenirs je les vois qui défilent en cortège sur la ligne d’horizon. Visages aimés, tous aimés, moins aimés, éperdument aimés. Je vois des villes qui s’enchevêtrent dans la chevelure du temps. Des villes aux vastes avenues inspirées d’autres villes et qui se dressent désormais ici, sur ma propre terre où n’existaient alors que les routes du vent. Je vois des gratte-ciels et des jardins, là où ne poussait que la rocaille. Des palmiers, des nuées de palmiers. Des écoles, des universités, des hôpitaux, des musées, et tant d’autres rêves devenus vrais. Un mirage devenu pierre et acier. Ce ne fut pas simple, mais ce fut exaltant. J’ai tiré des entrailles du désert un pays dont les gens d’Occident savent le nom : Le « Père de la Gazelle ». Abu Dhabi. Le personnage qui s’exprime ainsi ne doit rien à l’imaginaire du romancier. Issu du noble tribu, Bédouin avant tout, ne sachant ni lire ni écrire, il va réussir en une vingtaine d’années à accomplir un véritable prodige : transformer l’immensité du désert en jardins et faire jaillir du néant l’une des cités les plus modernes et les plus évoluées du MoyenOrient. Dès 1966, à peine au pouvoir, il va instaurer l’égalité entre les femmes et les hommes, l’instruction pour tous, la totale liberté du culte, les premières fermes écologiques, et une politique pour la protection de la nature. Philanthrope et humaniste, il fut toujours convaincu que la richesse pétrolière, était un don de Dieu et, en tant que tel, elle devait être partagée avec les nations et les êtres dans le besoin. Comme il le dira un jour : « Toute ma vie j’ai rêvé, éveillé. » C’est le récit de cette vie hors du commun que Gilbert Sinoué nous livre ici

 

Prix : 32chf