La Conférence des oiseaux – Jean-Claude Carrière

La Conférence des oiseaux est un des plus célèbres contes soufis, et l’un des chefs-d’oeuvre de la poésie persane. Mis par écrit par Farid al-Din Attar (1142-1220), influence majeure pour Rûmî, il raconte comment les oiseaux se mirent en quête d’un oiseau mythique, le Simorgh, afin de le prendre comme roi. Au terme d’une épopée mystique et existentielle, ils découvrent que le Simorgh n’est autre qu’eux-mêmes : ” Le soleil de ma majesté est un miroir. Celui qui se voit dans ce miroir, y voit son âme et son corps “. De cette allégorie de la rencontre entre l’âme et Dieu, Jean- Claude Carrière a tiré une oeuvre théâtrale, mise en scène par Peter Brook à Avignon en 1979. Longtemps épuisé, ce classique contemporain a été enfin rendu à son public en 2008.

 

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Féministes du Monde Arabe – Charlotte Bienaimé

Ce livre porte la voix de jeunes femmes du monde arabe. Prenant la parole de Tunisie, du Maroc, d’Algérie et d’Égypte, des villes et des campagnes, elles confient leurs luttes pour le droit à la liberté sexuelle, à l’indépendance, au respect, à l’égalité juridique, économique et sociale. «La meilleure façon de changer les choses, c’est de réussir sa vie, d’arracher sa liberté et d’assumer son indépendance jusqu’au bout. » Étudiantes, ouvrières, architectes, journalistes, poétesses, agricultrices, etc., elles confient leurs révolutions intimes, sans tabous, avec une énergie époustouflante. «Sans révolution sexuelle, il ne peut pas y avoir de révolution. » Résistantes au quotidien plutôt que leaders de grands mouvements, elles s’engagent, parfois seules, via les réseaux sociaux et les blogs. Facebook et Twitter sont leurs alliés, outils incontrôlables par le patriarcat. «Ici, la rue appartient aux hommes, sauf si tu décides de l’investir. » Toutes prônent le droit à de nouveaux féminismes, dont certains varient des codes occidentaux. Toutes se battent pour l’égalité des sexes, indispensable à l’instauration de réelles démocraties. «Je veux que mon pays accepte que la femme soit l’égale de l’homme. Les Égyptiennes sont le secret de la révolution. » Un livre plein d espoir, d’énergie, et qui nous concerne tous.

 

29.50chf

Dis-nous Latifa, c’est quoi l’intolérance ? – Latifa Ibn Ziaten

Comment éviter qu’à l’image de Mohammed Merah, des frères Kouachi et d’Amedy Coulibaly les jeunes soient aspirés par la spirale de la violence au nom de la religion ? Après avoir raconté dans son premier livre Mort pour la France (Flammarion) ce qui l’a conduit à se battre après l’assassinat de son fils Imad par Mohammed Merah en avril 2012 à Toulouse, Latifa Ibn Ziaten n’a cessé de parcourir la France à la rencontre de plusieurs milliers de personnes : collégiens, parents d’élèves, détenus et leurs proches, éducateurs… Un an après les attentats terroristes du 7, 8 et 9 janvier, elle livre à Laetitia Saavedra le fruit de ces dialogues. La spirale de la violence au nom de la religion n’est pas une fatalité. Il est possible de relever le défi d’un vivre ensemble qui propose une place et un avenir aux jeunes des quartiers populaires et à leur familles. Il est possible de vivre sa foi dans la paix et le respect des convictions de l’autre. Parents, professeurs, élèves, chacun à leur place, peuvent s’unir pour gagner ce défi.

 

 

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Le roman arabe entre despotisme et violences – L’Orient Littéraire / Beyrouth

Le roman arabe entre despotisme et violences

Le roman libanais refait parler de lui avec l’attribution à Hassan Daoud du prix Naguib Mahfouz, décerné par l’Université américaine du Caire, et la parution, à l’occasion du Salon du livre arabe de Beyrouth, d’un bon nombre de romans signés par des vétérans du genre comme Élias Khoury, Rachid el-Daïf, Imane Humaydane ou Abbas Beydoun, sans oublier le Syrien Khaled Khalifa. L’actualité, entre despotisme et violences, y pèse de tout son poids.

Par Tarek Abi Samra
2016 – 01

Raconter l’indescriptible

 

Avec La Porte du soleil paru en 1998, Élias Khoury avait écrit l’épopée des Palestiniens du Liban : l’exode de 1948, l’installation dans des camps de réfugiés, et puis les années sanglantes de la guerre civile. Aujourd’hui, dans son nouveau roman Les Enfants du ghetto. Je m’appelle Adam (Awlad el-ghetto. Esmi Adam), Khoury ressuscite encore ce passé, mais pour le considérer sous un jour différent : plutôt que l’exode, les horreurs l’ayant immédiatement précédé ; au lieu du destin des réfugiés, celui de ceux restés en territoire ennemi.

 

Adam, narrateur éponyme du roman, est en train d’écrire sa vie mais ne sait comment s’y prendre. Son existence est si fragmentée qu’il lui est impossible d’en faire un récit un tant soit peu linéaire. Il ne peut que digresser, distordre la temporalité normale et fournir, d’un même événement, une multitude de versions, chacune étant souvent celle d’une personne différente. De plus, comme une poupée russe monstrueuse, chaque histoire relatée renferme une infinité d’autres à tel point qu’on a l’impression de pénétrer dans une machinerie gigantesque, détraquée, fabricant les récits en série. Bref, le style d’Adam est celui, bien connu, de Khoury lui-même, style serpentin parfaitement maîtrisé qu’il ne perd jamais le lecteur malgré les innombrables contorsions que celui-ci doit faire subir à son esprit.

 

Ainsi, par bribes, l’on apprend l’histoire d’Adam. Ses origines se confondent avec la Nakba, puisqu’il fut le premier nouveau-né du ghetto arabe de Lydda, établi par l’armée israélienne qui encercla de fils de fer barbelés une partie de cette ville palestinienne après avoir massacré des centaines d’habitants et expulsé des dizaines de milliers. Ceux qui y sont demeurés, les prisonniers du ghetto, vécurent leurs premiers jours au milieu de cadavres putréfiés, souffrant de faim et de soif. Les troupes israéliennes les obligèrent à creuser des fosses profondes et à y enterrer leurs morts. Enfin, après un mois de cet abominable labeur, ils leur ordonnèrent de brûler ce qui restait de cadavres ; les Palestiniens s’y employèrent, se transformant en une sorte de SonderKommando, ces juifs forcés par les nazis à se débarrasser des cadavres des victimes des chambres à gaz.

 

Après son enfance à Lydda, puis son adolescence à Haïfa, Adam quitte sa maison à l’âge de quinze ans et se forge, en quelques années, une nouvelle identité : il se présente désormais comme un juif, le fils d’un survivant du ghetto de Varsovie, et travaille comme critique de musique dans un quotidien hébreu. Une déception amoureuse le pousse à émigrer aux États-Unis où il travaille dans un restaurant de falafel. Il pense avoir réussi à bâtir une nouvelle existence, mais son passé revient le hanter. Il décide alors d’écrire sa vie.

 

Le livre que nous lisons est en effet le manuscrit d’Adam que Khoury, dans son introduction, prétend avoir acquis par hasard et qu’il décida ensuite de publier. La seconde partie du manuscrit relate les événements que nous venons de résumer. Toutefois, la première – une soixantaine de pages – est un roman avorté dans lequel Adam a tenté de raconter l’histoire du poète omeyyade Waddah al-Yaman qui garda un silence absolu lorsque le calife le tua en le jetant dans un puits. D’abord, Adam voit dans le silence du poète une métaphore du silence des Palestiniens à propos de certaines tragédies qu’ils ont subies, mais il délaisse ensuite ce projet de roman, considérant l’écriture symbolique comme impuissante à dire la vérité.

 

Toute cette architecture disloquée du roman de Khoury, son style excessivement digressif, ainsi que le jeu de miroirs entre l’auteur et le narrateur sont au service d’une question fondamentale : comment raconter des horreurs dont les victimes ont choisi le silence ? La réponse réside peut-être dans le recours à l’univers romanesque, qui permet la coexistence de récits contradictoires de même que leur prolifération à l’infini. À l’avant-dernière page, Adam dit : « Shéhérazade avait découvert que le monde des récits est le monde réel ; les récits ne sont pas un substitut à la vie, mais la vie elle-même. »

Boussole – Mathias Enard

Insomniaque, sous le choc d’un diagnostic médical alarmant, Franz Ritter, musicologue viennois, fuit sa longue nuit solitaire dans les souvenirs d’une vie de voyages, d’étude et d’émerveillements. Inventaire amoureux de l’incroyable apport de l’Orient à la culture et à l’identité occidentales, Boussole est un roman mélancolique et enveloppant qui fouille la mémoire de siècles de dialogues et d’influences artistiques pour panser les plaies du présent. Après Zone, après Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants, après Rue des Voleurs… l’impressionnant parcours d’écrivain de Mathias Enard s’épanouit dans une magnifique déclaration d’amour à l’Orient.

 

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Coffret thé à la menthe – Collectif

Vivez et faites partager un joli instant à l’heure orientale, comme au hammam ou sous une tente au Sahara, régalez-vous comme si vous goutiez dans la fraîcheur ombragé d’un ryad ces succulentes pâtisseries au goût inimitable : Cornes de gazelle , baklawa, msmmens, pastilla , ghribat, briouats, etc. Laissez-vous tenter par cette belle invitation au voyage pour un cadeau…à prix tout doux…

 

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Comment dit-on humour en arabe ? – Mohammed Aïssaoui

Associer humour et arabe, ce n’est vraiment pas tendance, et plutôt osé. Et, pourtant, il est peut-être plus que jamais temps de rire et de sourire. Oui, les Arabes ont de l’humour – aussi, et eux aussi ! Cet humour est une forme de résistance à tous les obscurantismes. Il est un refuge pour beaucoup. D’où l’idée de ce petit livre qui recense des histoires drôles, des sketchs, des analyses, des citations… Bien sûr, il manquera toujours cette part invisible qui participe tant au rire : la gestuelle, l’accent, le jeu, les hésitations. Mais, tout de même, les textes en disent long. Enormément d’autodérision, un rire très politique, cette manière unique de se moquer de ses propres dirigeants plus ou moins élus, et plutôt moins que plus. Et une bonne dose d’ironie assaisonnée d’une pincée de burlesque…

 

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Les Arabes dansent aussi – Sayed Kashua

“Je fais plus israélien que le commun des Israéliens et rien ne me fait plus plaisir que de l’entendre de la bouche d’un Juif. On me dit souvent : “Vous n’avez vraiment pas l’air arabe”. Certains prétendent que c’est du racisme, mais pour moi, c’est un compliment. Comme une victoire. Etre juif : n’est-ce pas ce que je voulais ? Après beaucoup d’efforts, le résultat est là”. Ce narrateur qui rêve d’être juif est né à Tira, un village de Galilée, dans une famille de combattants palestiniens. Brillant élève, envoyé dans un pensionnat de Jérusalem, il s’emploie à ressembler le plus possible à ses camarades juifs. Les Arabes dansent aussi décrit avec émotion sa vie d’Arabe israélien et ses déchirements identitaires, en mêlant d’une manière virtuose le tragique et le comique.

 

 

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Kebab chic !

Vous craquez pour les kebab, mais pas pour les échopes éclairées au neon où il n’est le plus souvent même pas possible de s’asseoir ? Grâce à ce livre, dégustez chez vous de magnifiques sandwichs, variés et savoureux, accompagnés au choix d’une soupe ou d’une salade orientale et de frites maison pour un véritable dépaysement des papilles ! Retrouvez bien sûr l’incontournable Döner kebab turc, ainsi que ses cousins égyptien à la viande de veau, libanais au boeuf ou encore grec au mouton. Mais laissez-vous également surprendre par le kebab de poulet au citron confit, de boeuf aux griottes, de veau au miel, citron et thym, ou encore d’agneau à la menthe. Vous pouvez également créer votre kebab sur mesure en choisissant la viande qui vous fait plaisir et en l’arrosant de l’une des sauces qui vous sont proposées, telle que la sauce blanche au yaourt ou la sauce aux amandes et à la coriandre. Et pour couronner le tout, accompagnez votre sandwich d’une délicieuse soupe de pois chiches au cumin et d’une salade au persil et sumac. Traditionnels ou créatifs, ces kebab twistés avec raffinement combleront tous les gourmands !

 

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Nos larmes ont la même couleur

Elles connaissent toutes deux la douleur fulgurante de la perte d’un enfant. Robi Damelin est israélienne. En 2002, son fils David, 28 ans, est abattu par un sniper alors qu’il effectue sa période de réserve (affectation suivant le service militaire, obligatoire pour tout Israélien actif) dans les territoires palestiniens. Mahmoud, Palestinien de 17 ans, fils de Bushra Awad, est, quant à lui, tué en 2008 par des soldats israéliens dans son village de Cisjordanie. Ces deux femmes devraient se haïr. Pourtant, elles militent ensemble au sein du Cercle des parents-Forum des familles, une association qui rassemble des familles israéliennes et palestiniennes endeuillées par le conflit. Si ceux qui ont payé le prix fort – la mort d’un être aimé – sont capables d’empathie et de dialogue avec les éplorés du camp adverse, sans chercher vengeance, alors tout semble encore possible… Journaliste à l’hebdomadaireLa Vie depuis une quinzaine d’années, Anne Guion travaille comme reporter à l’international. Elle y suit notamment l’actualité en Afrique et en Israël-Palestine où elle se rend régulièrement. C’est lors de l’un de ses reportages qu’elle a découvert l’association du Cercle des parents-Forum des familles. 5 % des bénéfices de la vente des ouvrages de la collection ” Pour un monde meilleur ” seront reversés à des actions sociales et solidaires.

 

 

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