La nouvelle génération de la bande dessinée arabe s’invite à Angoulême

Antoine Oury – 29.12.2017

Le programme de la prochaine édition du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême se dévoile petit à petit : parmi les expositions organisées cette année, « Nouvelle génération » se penchera sur les jeunes auteurs de la bande dessinée arabe d’aujourd’hui. Une exposition inédite au musée de la bande dessinée d’Angoulême, du 25 janvier au 4 novembre 2018.

bd arabe angouleme expo

Algérie, Égypte, Irak, Jordanie, Liban, Libye, Maroc, Palestine, Syrie, Tunisie… Une cinquantaine d’auteurs arabes seront mis à l’honneur dans une grande exposition organisée au musée de la bande dessinée d’Angoulême, dès le 25 janvier prochain. Après le 4 novembre et la clôture de l’expo à Angoulême, les œuvres se déplaceront dans d’autres villes d’Europe pour participer à la découverte de cette bande dessinée arabe foisonnante.

« Nous fêtons cette année sept ans d’efforts continus pour promouvoir, exposer et publier des caricaturistes et auteurs de bande dessinée arabes originaires du Moyen-Orient, du Golfe et de l’Afrique du Nord. Nous y sommes arrivés grâce à la Mu’taz and Rada Sawwaf Comics Initiative et l’Université américaine de Beyrouth, ainsi qu’à la maison d’édition Tosh Fesh », indique Mu’taz Sawwaf, fondateur de la Sawwaf Arab Comics Initiative à l’université américaine de Beyrouth.

L’enjeu est évidemment de faire connaître la bande dessinée arabe et, ainsi, de soutenir son développement. « Cette initiative vise à encourager la recherche interdisciplinaire sur la bande dessinée arabe, à promouvoir la production, la formation scolaire et universitaire, mais aussi l’enseignement sur et de la bande dessinée. Elle prévoit de développer un fonds de bandes dessinées arabes et de se charger de sa maintenance, tandis que Tosh Fesh se consacre à la publication d’anthologies de caricaturistes et d’auteurs de bande dessinée de la région » poursuit Sawwaf.

« Cette aventure formidable a démarré à l’occasion de plusieurs visites de Jean-Pierre Mercier et moi-même au Caire à l’invitation du festival CairoComix, à Beyrouth pour les Mahmoud Kahil Awards, au Maroc pour le festival de bande dessinée de Tétouan porté par l’Institut National des Beaux Arts, en Tunisie », raconte Pierre Lungheretti, directeur général de la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image.

Déployée dans trois salles du musée de la bande dessinée, l’exposition Nouvelle génération la bande dessinée arabe aujourd’hui se présente comme une promenade géographique, à la fois didactique et rêveuse. Elle met en avant les collectifs d’auteurs, fers de lance du renouveau de la bande dessinée arabe contemporaine.

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Entre papier et palette graphique, cette nouvelle génération ne choisit pas ; l’exposition montre des originaux encadrés aussi bien que des pages consultables sur tablettes et/ou écrans interactifs. La scénographie met en avant les interprétations graphiques des décors dans lesquels les auteurs évoluent, au premier rang desquels les décors urbains, omniprésents dans leurs productions.

 

Comptant nombre de femmes dans ses rangs, cette vague d’artistes arabes trentenaires est souvent constituée en collectifs (Samandal au Liban, TokTok en Égypte, Skefkef au Maroc, Lab619 en Tunisie…), même si quelques solitaires travaillent aussi dans leur coin. Regroupant les auteurs membres des collectifs, l’exposition est l’occasion également de découvrir les créateurs solitaires.

 

Traduire et promouvoir la littérature arabe,
un travail de longue haleine

Un parcours enfants permet aussi aux plus jeunes de se familiariser avec cette production nouvelle, ouverte à toutes les influences des traditions étrangères, mais aussi des arts de la rue, de la télévision, des jeux vidéo…

L’exposition « Nouvelle génération : la bande dessinée arabe aujourd’hui » est une coproduction la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image, the Mu’taz & Rada Sawwaf Arabic Comics Initiative/ToshFesh.com, l’Université américaine de Beyrouth, l’institut français de Paris, en lien avec les Instituts français de la région monde arabe.

 

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Les Terrasses – un film de Merzak Allouache

Merzak Allouache porte un regard audacieux et sans concession sur l’Algérie d’aujourd’hui, sans jamais se perdre dans les méandres obscurs de son sujet.

De l’aube à la nuit au rythme des appels à la prière. Une foule étonnante grouille et s’agite sur les terrasses d’Alger. Des espaces clos, devenus miroirs à ciel ouvert des contradictions, de la violence, de l’intolérance, des conflits sans fin qui minent la société algérienne.

 

Réalisateur : Merzak Allouache

Acteurs : Adila Bendimerad

Algérie – version arabe sous titrée français – 1h31

 

Le Chanteur de Gaza – un film de Hany Abu-Assad

Un jeune Palestinien prend son destin en main pour réaliser son plus grand rêve : chanter. L’incroyable et véritable histoire de Mohammed Assaf défie l’entendement.

 

Réalisateur : Hany Abu-Assad

Acteurs : Tawfeek Barhom, Kais Attalah, Hiba Atallah

Palestine – 1h38

 

Les Chevaux de Dieu – un film de Nabil Ayouch

Yassine a 10 ans lorsque le Maroc émerge à peine des années de plomb. Sa mère, Yemma, dirige comme elle peut toute la famille. Un père dépressif, un frère à l’armée, un autre presque autiste et un troisième, Hamid, petit caïd du quartier et protecteur de Yachine. Quand Hamid est emprisonné, Yachine enchaîne les petits boulots. Pour les sortir de ce marasme où règnent violence, misère et drogue, Hamid, une fois libéré et devenu islamiste radical pendant son incarcération, persuade Yachine et ses copains de rejoindre leurs « frères ». L’Imam Abou Zoubeir, chef spirituel, entame alors avec eux une longue préparation physique et mentale. Un jour, il leur annonce qu’ils ont été choisis pour devenir des martyrs…

Réalisateur : Nabil Ayouch

Adapté du roman de Mahi Binebine « Les Etoiles de Sidi Moumen »

Acteurs : Abdelhakim Rachid, Abdelilah Rachid, Hamza Souideq et Ahmed El Idreissi Amrani

France/Maroc/Belge – français/arabe dialectal marocain – 1h55

 

 

Much Loved – un film de Nabil Ayouch

Marrakech, aujourd’hui. Noha, Randa, Soukaina et Hlima vivent d’amours tarifées. Ce sont des prostituées, des objets de désir. Vivantes et complices, dignes et émancipées, elles surmontent au quotidien la violence d’une société qui les utilise tout en les condamnant.

Interdit aux moins de 12 ans

Réalisateur : Nabil Ayouch

Acteurs : Loubna Abidar, Asmaa Lazrak, Halima Karaouane, Sara Elmhamdi Elalaoui et Abdellah Didane

France/Maroc – français/arabe – 1h44

 

Ne m’abandonne pas – un film de Xavier Durringer

Le jour où Inès, médecin urgentiste, découvre que Chama, 17 ans, a épousé sur internet un djihadiste et qu’elle s’apprête à le rejoindre en Syrie, sa vie bascule. Pour tenter de sauver sa fille de l’embrigadement dont elle est victime, Inès ira jusqu’à la séquestrer dans une maison loin de tout. Mais Chama, totalement endoctrinée, n’a pas l’intention de renoncer à ce qu’elle croit être sa destinée… Pour Inès, c’est le début d’un long combat.

Réalisateur : Xavier Durringer

Acteurs : Lina El Arabi, Samia Sassi, Samia Bouajila, Marc Lavoine

France – 1h30

 

Clash – un film de Mohamed Diab

Le Caire, été 2013, deux ans après la révolution égyptienne. Au lendemain de la destitution du président islamiste Morsi, un jour de violentes émeutes, des dizaines de manifestants aux convictions politiques et religieuses divergentes sont embarqués dans un fourgon de police. Sauront-ils surmonter leurs différences pour s’en sortir ?

 

Réalisateur : Mohamed Diab

Acteurs : Nelly Karim, Hani Adel, Ahmed Malekm May Elghety, El Sabaii Mohamed

Egypte – version originale sous-titrée français – 1h37

 

Les mille et une nuits

Huit contes des Mille et Une Nuits mis en lumiere dans de superbes illustrations en papiers decoupes. Une plongee fabuleuse dans les merveilles de lOrient ressuscitees par les scenes magiques dHelene Druvert.

 

Prix : 35.-

Ce que le mirage doit à l’oasis – Yasmina Khadra, oeuvres de Lassaâd Metoui

«Mon histoire avec le livre, le désert et les Hommes, c’est l’histoire d’un partage, l’histoire d’un amour vieux comme le monde, l’amour du rêve…»

Ainsi parle Yasmina Khadra qui entreprend de raconter le désert, comme il l’a connu dès son enfance, en Algérie. Dans cet exercice d’autofiction, le célèbre romancier emmène le lecteur dans l’immensité des lieux, si arides en apparence et pourtant si vivants, où la musique rythme la poésie et les mirage accouchent toujours d’oasis.

 

Prix : 35.-

L’Enfant de l’oeuf – Amin Zaoui

Je voyage en France sans visa, juste un petit dossier médical. Ils savent, les Français, que je ne suis pas un terroriste, ni un islamiste de Daech ! Je suis Harys descendant du chien guide des sept dormants ! Je respecte la laïcité, les valeurs républicaines et je consomme de la bière Heineken.
Harys, le narrateur, est un bon chien, un caniche qui aime son maître, qui aime ses chaussettes puantes, son haleine parfumée au vin rouge, sa voix quand il chante Bécaud. Ils habitent tous deux à Alger et son maître a pour maîtresse une chrétienne réfugiée de Damas, au corps vibrant de désir et à l’âme bouleversée par la guerre. Ce trio bancal, cacophonique, passionné, tient le journal de sa lente destruction dans une Algérie rongée par l’islamisme des Tartuffes.
Magnifique, douloureux et fantasque, tel est L’Enfant de l’œuf, neuvième roman d’Amin Zaoui où l’auteur, avec un plaisir et une méthode qui rappelle le Sade de La Philosophie dans le boudoir, s’en prend systématiquement à toutes les formes d’autorité, au nom de la liberté.

 

Prix : 30.-