En finir avec les idées fausses sur l’Islam et les musulmans – Omero Marongiu-Perria

« Dans vingt ans une bonne partie des églises seront des mosquées. » « L’islam opprime les femmes. » Il est « inadapté au mode de vie moderne », « incompatible avec les valeurs de la République française.  » « Les salafistes sont tous des terroristes.  » Les clichés et idées reçues sur l’islam et les musulmans foisonnent, sur fond d’ignorance et de confusion où l’on mélange indistinctement le Coran, la Charia, les cultures et les civilisations dont l’islam a été le vecteur. Or, la religion musulmane ne se résume pas à une pratique rigoriste ni à des groupes intégristes prônant l’instauration d’une société régie par la Charia, ou qui adoptent une lecture figée du Coran et de la Tradition prophétique. L’islam est divers, traversé de tensions. La pratique religieuse des musulmans est variée, leur lecture du Coran très personnelle. Et les nombreux préjugés masquent la réalité de ce que vit l’immense majorité des musulmans qui participent à la société. Statut du Coran, relations avec les pays occidentaux, rapports hommes/femmes, vie quotidienne, place de la religion dans la laïcité, géopolitique, violence… En s’attaquant à plus de quatre-vingts idées fausses, rumeurs, approximations concernant l’islam et les musulmans, Omero Marongiu-Perria propose une parole libre et apaisée, destinée à tous les citoyens qui refusent que cette religion soit stigmatisée.

Rouvrir les portes de l’islam – Omero Marongiu-Perria

Rouvrir des débats que les docteurs de la loi avaient clos au Moyen-Âge : qu’est-ce que l’Islam ? Quel est son rapport à l’universel ? Comment apprendre à vivre sur un pied d’égalité avec les religions ? Quel est le statut du Texte sacré ? Comment faire vivre la charia pour qu’elle ne soit pas momifiée en une interprétation figée ? Autant de questions qui sont la clef d’un islam de la vie. À travers la condamnation du rapport des oulémas à l’esclavage, l’auteur nous entraîne vers un islam des possibles, pour en finir avec une vision moyennageuse.

Vie de Mahomet – Alphonse de Lamartine

La vie de Mahomet pourrait être un roman. Tous les ingrédients pour raconter une belle et passionnante histoire sont là : un enfant orphelin dans une Arabie sans civilisation, sans religion, désigné à son insu comme messager d’une religion qui remplace l’adoration des icônes en pierre par un Esprit supérieur. Il devient très vite homme d’Etat, combattant pour la justice et la dignité de l’être, époux comblé par ses femmes, et combattu par des tribus qui ne comprennent rien à ses messages. Il reprend les leçons des autres prophètes comme Moïse et Jésus. A l’époque, l’islam n’était pas confondu avec la violence et la terreur. C’est pour cela qu’il est important de lire aujourd’hui cette biographie écrite avec passion et lucidité.

Les nouveaux acteurs de l’Islam – Anne-Bénédicte Hoffner

Nombreux sont les musulmans qui refusent que leur religion soit caricaturée : par ceux qui déclarent ne pas aimer l’islam, mais aussi par ceux qui prétendent le connaître mieux que les autres et qui cherchent à imposer leurs conceptions sectaires à tous. Anne Bénédicte Hoffner a enquêté parmi ces « nouveaux acteurs de l’islam » qu’elle rencontre régulièrement dans son travail de journaliste. Elle met en lumière six personnalités : Hichem Abdel Gawad, Iqbal Gharbi, Michaël Privot, Mohamed Bajrafil, Farid Abdelkrim et Nayla Tabbara, qui ont choisi d’agir pour transmettre à leur façon, très différentes les unes des autres, un islam qui réconcilie et qui réunit.

Réflexions sur la laïcité arabe – Moulay-Bachir Belqaïd

Ce livre dénonce l’hypocrisie et les impostures intellectuelles selon lesquelles l’islam et la laïcité sont incompatibles. Il se veut critique et montre, preuve à l’appui, que le sécularisme se trouve dans la matrice du religieux. Le premier mot révélé au Prophète de l’islam fut « Lis ! ». Au coeur de ce verbe, conjugué à l’impératif, gisent les graines du sécularisme. Ce verbe ne veut pas uniquement dire « prononcer à haute voix » ou  » déchiffrer », mais « prendre la raison comme mesure en toute chose ». Alors que s’est-il passé pour que le monde arabo-musulman cesse de parler le langage de la raison ? L’auteur montre que l’islam, en tant que religion, n’est pas réfractaire à la laïcité, mais l’est devenu plutôt en tant qu’institution. Autrement dit, ce sont les musulmans eux-mêmes ainsi que les régimes (dictature militaire ou religieuse) qui bloquent l’éclosion, la construction et la promotion de la laïcité. Le manque de légitimité – caractéristique de tous les régimes arabo-musulmans génère deux faits majeurs : la politisation de la religion et la sacralisation de la politique. Le premier contribue (ô combien !) à l’effacement de l’essence de l’homme alors que le second prend dieu pour une machine à tuer. Face à ces obstacles la construction de la laïcité demande une lutte acharnée, un combat sans relâche et des débats intellectuels sans concession.

L’Islam – Pour tous ceux qui veulent en parler (mais ne le connaissent pas encore)

Dans cet ouvrage soigné qui associe clarté et précision, Annie Laurent offre des réponses aux nombreuses et légitimes interrogations que suscite l’Islam, du fait de son omniprésence dans une actualité inquiétante, en France et dans le monde ; du fait aussi de son projet anthropologique, juridique, social et politique dont les fondements heurtent ceux de la civilisation européenne. C’est donc un défi existentiel que l’Europe doit relever alors qu’elle connaît une crise d’identité d’une gravité sans précédent. A l’heure où dominent les relativismes, où s’installent les confusions et où l’émotion supplante la raison, la relation avec l’Islam et les musulmans est confrontée à deux sérieux écueils : le déni et la passion. Il est donc urgent de bannir toute superficialité dans l’approche de réalités encore trop méconnues ou déformées. Autrement dit, il convient de porter sur l’Islam un regard lucide et vrai tout en cultivant bienveillance et respect envers les musulmans. Tel est l’enjeu réussi de ce livre qui s’inspire aussi de l’expérience des chrétiens d’Orient.

La fin de toute chose – Apocalypse coranique et philosophie. Suivie de L’épître du rassemblement de Mullâ Sadrâ

Les descriptions de la fin des temps et de l’Apocalypse dans le Coran n’ont pas seulement nourri un messianisme temporel, annonçant les événements qui départagent les amis et les ennemis de Dieu. Le philosophe Christian Jambet présente ici une oeuvre du penseur shiite Mullâ Sadrâ qui, au XVIIe siècle, » neutralise les conflits de la fin des temps en leur donnant un sens permanent et spirituel, qui en apaise l’urgence, en défait les prestiges temporels au profit du combat spirituel. » L’essai qui précède la traduction de L’Epître du rassemblement dévoile ainsi une éthique de la résurrection. Il éclaire également les influences néoplatonicienne et soufie qui parcourent cette oeuvre, dont Christian Jambet restitue ici toute la puissance.

Hégires – Karima Berger

L’exil (Hégire) du prophète Mohammed en 622 à Médine marque l’an I de l’ère musulmane. Karima Berger nous fait traverser les Hégires, parcourir océans et vallées de l’histoire sainte musulmane, rencontrer les prophètes fuyant vers leur Dieu, croiser les migrants venus d’Orient et redécouvrir un islam transformé par ses tribulations occidentales, tout entier destiné à sa métamorphose. L’auteur mêle ce parcours à sa propre épreuve de l’exil et à l’accomplissement qu’il promet.

Le mois le plus long – Ramadan à Istanbul, de l’Empire ottoman à la Turquie contemporaine

« Le sultan des mois » : test ainsi que les habitants d’Istanbul avaient coutume d’appeler le mois de ramadan. Rite religieux marqué par le jeûne collectif de la communauté musulmane et conclu par l’une des deux grandes fêtes de l’islam, le ramadan est devenu au fil des siècles le temps fort de la vie sociale et culturelle de la capitale ottomane. Prenant pour point de départ les réformes politiques et les transformations urbaines du XIXe siècle, le présent ouvrage analyse l’évolution du ramadan dans un environnement pluriel, à une époque de sécularisation et de laïcisation de l’Etat et de la société. Le mois le plus long entraîne le lecteur au coeur de la métropole ottomane et turque et pose un regard renouvelé sur le « moment ramadan » : sociabilités, loisirs, distractions, spectacles, vie nocturne, rituels politiques, respect du jeûne, transgression, place des femmes dans l’espace public, rôle des non musulmans, etc. Après avoir connu un âge d’or vers 1900, le ramadan n’a cessé de régresser dans la vie des Istanbouliotes. Qu’en est-il dans l’Istanbul d’aujourd’hui ? Dans l’épilogue, François Georgeon laisse la parole à Jean-François Pérouse, fin connaisseur de l’Istanbul actuelle, qui décrit les nouveaux aspects du ramadan au sein d’une ville devenue une grande métropole du XXIe siècle.

Le miroir de Damas – Syrie, notre histoire

Notre monde a abandonné la Syrie et son peuple à une horreur inimaginable. Et cette horreur ne semble nous toucher que par ses  » effets collatéraux « , les attaques terroristes menées sur notre sol. Pour qu’une telle indifférence soit devenue possible, il a fallu occulter tout ce qui dans l’histoire de la Syrie résonne dans notre propre mémoire. Il n’en est que plus urgent de renouer le lien avec la part de l’histoire universelle qui s’est déroulée là-bas. Qu’on le veuille ou non, Damas nous tend aujourd’hui son miroir. Dans ce livre alerte, inspiré, Jean-Pierre Filiu revisite en Syrie un passé aussi intimement mêlé au nôtre. Il évoque des figures que l’on croit familières, saint Paul, Saladin ou Abdelkader, et nous en fait découvrir bien d’autres, du  » chemin de Damas  » à l' » Orient compliqué « . La descente aux enfers de la Syrie, de ses femmes et de ses hommes, n’est ni une affaire d’Arabes, ni le solde de querelles immémoriales. Elle est épouvantablement moderne, car les bourreaux de ce temps, qu’ils soient jihadistes ou pro-Assad, n’invoquent un glorieux passé qu’à l’aune de leur projet totalitaire. Nous avons tous en nous une part de Syrie. Dans le miroir de Damas, nous comprenons mieux ce que notre monde est en train de devenir.