L’aurore – Selahattin Demirtas

 » A toutes les femmes assassinées, à toutes celles victimes de violence… « . Des rêves piétinés de Seher aux yeux noirs de Berfin, de Nazo qui fait des ménages à Mina, la petite sirène engloutie, toutes ces femmes, qu’elles soient mères, adolescentes ou filles, affirment leur liberté à tout prix. Selahattin Demirtas livre ici un récit à la fois tragique et plein d’espoir sur la Turquie contemporaine.

 

Prix : 10chf

Le mari passeport – Marga d’ Andurain

Rebelle, aventurière et passionnée, Marga d’Andurain (1893 – 1948) voulait être la première Européenne à pénétrer à La Mecque. Pour tenter d’y parvenir elle se sépare de son mari catholique et se convertit à l’islam pour épouser un musulman. Ils se mettent en route en 1933, mais le chemin est long et difficile. Elle est successivement soupçonnée d’espionnage, enfermée dans un harem, accusée d’assassinat, emprisonnée dans des conditions sordides et condamnée à mort. Libérée enfin, elle livre ce témoignage unique et exceptionnel avant de disparaître dans des conditions tragiques au large de Tanger.

 

Prix : 31chf

Le Port a jauni, une maison d’édition ancrée dans le bilinguisme

 

  • Fanny Arlandis
  • Publié le 29/09/2019 dans Télérama
Avec deux langues qui ne se lisent pas dans le même sens, le français et l’arabe, une petite maison d’édition marseillaise fait des livres. Le Port a jauni publie de jolis albums et des carnets de poésie pour les plus jeunes… et pour les autres.

« Je voulais faire des livres qui témoignent d’une autre culture mais aussi et surtout qui donnent à voir la langue de l’autre ». Avec ces quelques mots et une tasse de café dans la main, Mathilde Chèvre résume le projet du Port a jauni, sa petite maison d’édition jeunesse qui, à Marseille, publie des albums et de la poésie bilingue français-arabe. Dans ses livres, vous ne verrez ni bédouins, ni déserts, ni chameaux, ni personnages des Mille et Une Nuits, pas davantage de combattants pour la cause palestinienne ou d’islamistes. Le Port a jauni évite soigneusement tous ces poncifs. En mettant simplement en scène le français et l’arabe ensemble, il permet de reconnaitre l’autre dans tout ce que sa littérature et sa langue peut porter. Une dizaine de titres sont publiés chaque année, tous imprimés à Marseille même. « Un choix éthique et politique », insiste Mathilde Chèvre.

Au départ de cette aventure, on trouve une association créée en 2002 et des livres d’enfants publiés de façon sporadique, tous les deux ans. Exclusivement en français, ils servent alors de support à l’association Le Port a jauni lors d’ateliers d’éducation alternative et populaire. Quelques années plus tard, Mathilde Chèvre reprend des études d’arabe et se lance dans un projet de master à Beyrouth sur le renouveau de l’édition jeunesse. C’est dans ce frottement avec le milieu de l’édition libanaise que la question du bilinguisme apparaît. « Je voyais des éditeurs qui publiaient des livres alternativement dans les deux langues, raconte-elle mais cela ne posait aucune question éditoriale intéressante. »

Des livres qui se lisent dans tous les sens

Elle, veut aller plus loin : le premier livre en français et en arabe du Port a jauni sort en 2007. « Intégrer la langue arabe comme l’autre langue présente est une façon de revendiquer l’accès à une culture par sa langue », affirme Mathilde Chèvre. Le Port à jauni répond de façon ludique à un obstacle de taille : les deux langues se lisent dans un sens différent. Les livres se lisent donc dans tous les sens : on les tourne et on les retourne. La Roue de Tarek suit l’aventure d’un petit garçon qui a perdu son jeu favori : sa roue. Elle va si vite qu’elle lui échappe, l’enfant se lance alors à sa poursuite. Il croit la reconnaitre de nombreuses fois mais ce n’est jamais la sienne. Le livre tourne à mesure que l’on suit Tarek tout au long de son périple.

Autre exemple : Abracadabra, qui se lit comme un palindrome. L’histoire fonctionne de gauche à droite comme de droite à gauche. « Ces livres permettent de se déplacer dans un autre sens de lecture… Et c’est en soi un voyage », explique Mathilde Chèvre, les yeux brillants. Le Port a jauni, devenu maison d’édition en tant que telle il y a quatre ans, traduit également en français des livres parus dans le monde arabe. Katkout, Sept Vies ou Petite Histoire de la calligraphie. Certains auteurs, eux, travaillent en création avec des illustrateurs à partir d’une série originale d’images, comme pour Mes idées folles.

« Apprendre l’arabe m’a permis de découvrir la poésie dans toutes ses acceptions, poursuit Mathilde Chèvre. Il me fallait donc aussi témoigner d’un quotidien dans lequel la poésie linguistique est omniprésente. » C’est ce qu’il l’a poussée à développer ses carnets de poésies – de jolis livres aux bords arrondis et à la reliure agrafée. Certains sont des créations originales, d’autres des traductions de monuments de la littérature arabe, comme les Mu’allaqat, les poèmes suspendus écrits avant l’islam, ou les Roubaiyat, quatrains (AABA) du quotidien composés d’observations drôles, perspicaces et assez désespérées du monde. Sont-ils aussi pour les enfants ? Bien sûr, « même si certains carnets commencent à s’éloigner de la jeunesse », concède Mathilde Chèvre, comme Les Tireurs sportifs, un texte très politique sur la guerre en Syrie qui témoigne de ce que l’oppression produit.

Une maquette qui fait sens

Distribués dans cent cinquante librairies en France, ces albums sont « un peu comme ceux du Père Castor : c’est du beau à bas coût, les carnets sont à 9 euros », précise Céline Leroy, médiatrice culturelle à Marseille et animatrice pour Le Port a jauni. « Je ne parle pas arabe et je ne le lis pas non plus, mais cela ne me gêne pas dans mes ateliers car ces livres peuvent se lire uniquement en français si on veut. Je les utilise comme introduction à l’art car dans leur maquette tout fait sens : de la couverture au choix du papier ».

La fabrication et la vie de ces ouvrages est le fruit d’une complicité humaine entre une poignée de personnes : une salariée, bientôt deux, et la bonne volonté d’auteurs, de professionnels et de bénévoles motivés qui mettent la main à la pâte, conseillent, et animent des ateliers. Depuis deux ans, Le Port a jauni met aussi à disposition gratuitement sur son site une version sonore, une jolie façon de faire vivre les textes en arabe pour ceux qui ne le lisent pas. Sur les salons du livre, nombreux sont ceux qui continuent à interroger Mathilde Chèvre sur le public visé : « Vous les faites pour qui, ces livres ? » Dans un sourire, elle répond : « Pour vous ».

Retrouver l’article dans Télérama

 

L’outrage fait à Sarah Ikker – Yasmina Khadra

 » Sarah aurait tant aimé que son mari se réveille et qu’il la surprenne penchée sur lui, pareille à une étoile veillant sur son berger. Mais Driss ne se réveillerait pas. Restitué à lui-même, il s’était verrouillé dans un sommeil où les hantises et les soupçons se neutralisaient, et Sarah lui en voulait de se mettre ainsi à l’abri des tourments qui la persécutaient. Aucun ange ne t’arrive à la cheville, lorsque tu dors, mon amour, pensa-t-elle. Pourquoi faut-il qu’à ton réveil tu convoques tes vieux démons, alors qu’il te suffit d’un sourire pour les tenir à distance ? « . Couple comblé, Sarah et Driss Ikker mènent la belle vie à Tanger jusqu’au jour où l’outrage s’invite à leur table. Dès lors, Driss n’a plus qu’une seule obsession : identifier l’intrus qui a profané son bonheur conjugal.

Prix : 31chf

La danse du chagrin : paroles d’enfants syriens – Bernard Bonvoisin

Après le choc éprouvé lors de la diffusion d’un documentaire sur les enfants d’Alep, Bernie Bonvoisin décide de se rendre au Liban pour rencontrer les jeunes Syriens et Syriennes qui y sont réfugiés. Là, dans les camps et les squats de fortune, il découvre une jeunesse à la maturité spectaculaire, qui a soif de vivre et de partager ses rêves. Au coeur d’un dénuement extrême, face à la guerre et au terrorisme, Bernie Bonvoisin se fait la voix de cette génération aussi sacrifiée que pleine d’espoir.

Prix : 12chf

L’odyssée d’Hakim : De la Turquie à la Grèce – Fabien Toulmé

En exil loin de son pays natal, Hakim trouve un peu d’espoir dans la naissance d’un fils. Mais de petits boulots en difficultés, la complexité du monde le rattrape une nouvelle fois et sépare sa famille. Livré à lui-même avec son enfant, Hakim va tenter de survivre, malgré les obstacles et la précarité, jusqu’à envisager le pire : monter sur un canot de fortune pour trouver un salut…

 

Prix : 42chf

Le confident des amoureux : les mots de la beauté – Ghani Alani (Calligraphe) & Ysabel Saïah-Baudis

Les soufis ont toujours lié les voies de l’Amour et de la Beauté ; un poète persan du XIVe siècle Cheref Rami a décliné tous les mots de la beauté d’après les dix-neuf parties du corps de la femme assortis de poèmes qui lui répondent en français et arabe.

Magnifique symbole qui dit bien la richesse et l’ouverture de ce courant de pensée. Le grand calligraphe irakien Ghani Alani lui-même poète a repris ces centaines de mots qui disent le Beau pour nous emmener dans ce mouvement éternel de recherche mystique.

Prix : 38chf

Street food au Maroc – Un goût authentique / Julie Carcaud & Asmaa Chaidi

Cet ouvrage est un documentaire sur la culture populaire marocaine, un reportage sur le Maroc d’aujourd’hui et ses valeurs de partage et de solidarité. Au détour des ruelles animées de ses médinas ou dans les villages de montagne, il part à la rencontre de ses habitants. Le Maroc est considéré comme l’une des meilleures destinations street-food. Partout, les rues regorgent de gourmandises qui sont de petits plaisirs qui nous rappellent bien souvent notre enfance : beignets de toutes sortes, nougats, pâtisseries colorées, biscuits, barge à papa… Les plats salés ne sont pas en reste : petits tajines, brochettes, soupes… Chaque ville, chaque région a ses spécialités… sans compter les recettes importées de l’étranger. A travers des instantanés captés sur le vif, et des images de reportage de très belle qualité, cet ouvrage propose de rendre hommage à la découverte à la gourmandise. Les textes sont courts et laissent la part belle à l’image. Ils répondent à la curiosité du lecteur en apportant un éclairage culture. Cet ouvrage grand public n’est pas un livre sur la gastronomie marocaine, mais un véritable voyage à la découverte du Maroc et des marocains.

 

Prix : 67chf

Le naufrage des civilisations – Amin Maalouf

Il faut prêter attention aux analyses d’Amin Maalouf : ses intuitions se révèlent des prédictions, tant il semble avoir la prescience des grands bouleversements de l’Histoire. Il s’inquiétait il y a vingt ans de la montée des « identités meurtrières » ; il y a dix ans du « dérèglement du monde ». Il nous explique aujourd’hui pourquoi toutes les aires de civilisation sont menacées de naufrage. Depuis plus d’un demi-siècle, l’auteur observe le monde, et le parcourt. Il était à Saïgon à la fin de la guerre du Vietnam, à Téhéran lors de l’avènement de la République islamique. Dans ce livre puissant et ample, il fait oeuvre de spectateur engagé et de penseur, mêlant récits et réflexions, racontant parfois des événements majeurs dont il s’est trouvé être l’un des rares témoins oculaires, puis s’élevant en historien au-dessus de sa propre expérience afin de nous expliquer par quelles dérives successives l’humanité est passée pour se retrouver ainsi au seuil du désastre. « C’est à partir de ma terre natale que les ténèbres ont commencé à se répandre sur le monde », écrit-il, avant d’évoquer l’extinction du Levant pluriel et les secousses sismiques du monde arabo-musulman, dont les répliques ont affecté, de proche en proche, la planète entière. Il émet l’hypothèse neuve d’un « grand retournement » qui aurait métamorphosé toutes les sociétés humaines, et dont nous serions à présent les héritiers hagards. Un sursaut s’impose, conclut-il. Le paquebot des hommes ne peut continuer à naviguer ainsi vers sa perte.

Prix : 37chf

 

Meryem Alaoui, lauréate du prix Beur FM Méditerranée – TV5Monde 2019

L’écrivaine a été récompensée pour son roman La vérité sort de la bouche du cheval, paru chez Gallimard.

Le prix Beur FM Méditerranée – TV5Monde 2019 a été attribué le 9 février à Meryem Alaoui pour son premier roman La vérité sort de la bouche du cheval, publié chez Gallimard. La récompense a été décernée à l’Hôtel de Ville de Paris à l’occasion du 25e Maghreb-Orient des Livres.

L’ouvrage retrace l’histoire de Jmiaa, une prostituée de Casablanca et mère d’une jeune fille, dont la vie sera bouleversée par la rencontre avec une réalisatrice qui cherche à comprendre son quartier.

Le livre figurait dans de nombreuses sélections des grands prix d’automne 2018, dont le Goncourt, le Goncourt des lycéens ou encore le Flore.

Chaque année depuis 1997, le prix Beur FM Méditerranée – TV5Monde récompense un roman en langue française abordant des thématiques liées au Maghreb et à la Méditerranée. Meryem Alaoui succède à Kaouther Adimi, distingué en 2018 pour Nos richesses (Seuil).