Le Cédrat, La Jument et La Goule – Alqama Ben ‘Abada

Poursuivant sa prospection de la poésie arabe préislamique, Pierre Larcher nous livre une fort belle traduction de trois poèmes, avec d’abondants commentaires éclairant leur histoire, leur structure et leur contenu anthropologique et mythologique. Le premier, Le Cédrat, attribué à « Algama b. » Abada, est parfois considéré comme une mu’allaga (selon la légende, poème suspendu par vénération au mur du Temple de La Mecque). Le titre renvoie au parfum de la femme aimée, Salmâ, dont le premier mouvement du poème évoque le départ sur son palanquin. Le deuxième, la Jument, oeuvre d’un poète mineur, Khidâsh b. Zuhayr, fait allusion à un raid qui a mal tourné et à une jument, Dahyâ’, dont le cavalier, aïeul du poète, est invoqué comme symbole de la foi jurée. Le troisième, enfin, La Coule, est du surnommé Ta’abbata Sharran (littéralement, Celui qui a pris le mal sous le bras), qui y raconte son combat avec une goule qu’il a vaincue et décapitée, version arabe du mythe de Persée et Méduse, chargée d’évidentes connotations sexuelles. Chaque poème est précédé d’une introduction qui résume ce que la tradition nous dit du poète et de son oeuvre, et interprète le poème en insistant sur ce qu’il peut apporter à notre compréhension de la poésie arabe préislamique. L’annotation qui suit le texte, donné en arabe et en français, fonde l’interprétation sur les plans linguistique et stylistique.

Arabe – Les cahiers d’écriture pour les nuls

Le cahier d’écriture L’arabe pour les Nuls accompagnera les lecteurs apprenant l’arabe dans leur apprentissage et leur maîtrise de l’alphabet arabe et notamment dans l’écriture des différentes lettres. Proposant une courte introduction de la langue arabe et de son système d’écriture, cet ouvrage donnera principalement l’opportunité aux lecteurs de s’entraîner à reproduire les lettres de l’alphabet individuellement, selon leur position dans le mot, puis de les composer en lien avec d’autres lettres, pour finalement former des mots complets.

 

 

12.70chf

Bienvenue à l’école des petits scribes – Amandine Marshall

Une initiation aux hiéroglyphes à travers des thèmes clés de la civilisation égyptienne : les dieux, le pharaon, la maison, la momification, l’astronomie… Un ouvrage ludique avec un « petit plus » en fin de chaque chapitre sur des points de grammaire faciles à comprendre (ponctuation, singulier, masculin/féminin…), suivi d’exercices de mise en pratique et de jeux où l’enfant dessine, distingue des sons, compte, traduit, lit et écrit les hiéroglyphes de gauche à droite ou inversement !
Bienvenue à l’école des petits scribes offre des outils pédagogiques simplifiés pour apprendre en s’amusant.

 

 

25.20chf

Je veux savoir… c’est quoi le Coran ? – Irène Rekad

Si vous ne savez comment parler du Coran à vos petits, emparez-vous de cet ouvrage ! Il vous entrainera dans les allées de la classe de madame Salima, une maîtresse agréable et attentionnée qui accueillera votre enfant avec joie.

 

 

8chf

Le Prophète – Khalil Gibran

Une oeuvre poétique faite d’aphorismes et de paraboles, livrés par un prophète en exil sur le point de partir. Un best-seller international.

 

6chf

La Conférence des oiseaux – Jean-Claude Carrière

La Conférence des oiseaux est un des plus célèbres contes soufis, et l’un des chefs-d’oeuvre de la poésie persane. Mis par écrit par Farid al-Din Attar (1142-1220), influence majeure pour Rûmî, il raconte comment les oiseaux se mirent en quête d’un oiseau mythique, le Simorgh, afin de le prendre comme roi. Au terme d’une épopée mystique et existentielle, ils découvrent que le Simorgh n’est autre qu’eux-mêmes :  » Le soleil de ma majesté est un miroir. Celui qui se voit dans ce miroir, y voit son âme et son corps « . De cette allégorie de la rencontre entre l’âme et Dieu, Jean- Claude Carrière a tiré une oeuvre théâtrale, mise en scène par Peter Brook à Avignon en 1979. Longtemps épuisé, ce classique contemporain a été enfin rendu à son public en 2008.

 

19chf

Féministes du Monde Arabe – Charlotte Bienaimé

Ce livre porte la voix de jeunes femmes du monde arabe. Prenant la parole de Tunisie, du Maroc, d’Algérie et d’Égypte, des villes et des campagnes, elles confient leurs luttes pour le droit à la liberté sexuelle, à l’indépendance, au respect, à l’égalité juridique, économique et sociale. «La meilleure façon de changer les choses, c’est de réussir sa vie, d’arracher sa liberté et d’assumer son indépendance jusqu’au bout. » Étudiantes, ouvrières, architectes, journalistes, poétesses, agricultrices, etc., elles confient leurs révolutions intimes, sans tabous, avec une énergie époustouflante. «Sans révolution sexuelle, il ne peut pas y avoir de révolution. » Résistantes au quotidien plutôt que leaders de grands mouvements, elles s’engagent, parfois seules, via les réseaux sociaux et les blogs. Facebook et Twitter sont leurs alliés, outils incontrôlables par le patriarcat. «Ici, la rue appartient aux hommes, sauf si tu décides de l’investir. » Toutes prônent le droit à de nouveaux féminismes, dont certains varient des codes occidentaux. Toutes se battent pour l’égalité des sexes, indispensable à l’instauration de réelles démocraties. «Je veux que mon pays accepte que la femme soit l’égale de l’homme. Les Égyptiennes sont le secret de la révolution. » Un livre plein d espoir, d’énergie, et qui nous concerne tous.

 

29.50chf

Dis-nous Latifa, c’est quoi l’intolérance ? – Latifa Ibn Ziaten

Comment éviter qu’à l’image de Mohammed Merah, des frères Kouachi et d’Amedy Coulibaly les jeunes soient aspirés par la spirale de la violence au nom de la religion ? Après avoir raconté dans son premier livre Mort pour la France (Flammarion) ce qui l’a conduit à se battre après l’assassinat de son fils Imad par Mohammed Merah en avril 2012 à Toulouse, Latifa Ibn Ziaten n’a cessé de parcourir la France à la rencontre de plusieurs milliers de personnes : collégiens, parents d’élèves, détenus et leurs proches, éducateurs… Un an après les attentats terroristes du 7, 8 et 9 janvier, elle livre à Laetitia Saavedra le fruit de ces dialogues. La spirale de la violence au nom de la religion n’est pas une fatalité. Il est possible de relever le défi d’un vivre ensemble qui propose une place et un avenir aux jeunes des quartiers populaires et à leur familles. Il est possible de vivre sa foi dans la paix et le respect des convictions de l’autre. Parents, professeurs, élèves, chacun à leur place, peuvent s’unir pour gagner ce défi.

 

 

8chf

Le roman arabe entre despotisme et violences – L’Orient Littéraire / Beyrouth

Le roman arabe entre despotisme et violences

Le roman libanais refait parler de lui avec l’attribution à Hassan Daoud du prix Naguib Mahfouz, décerné par l’Université américaine du Caire, et la parution, à l’occasion du Salon du livre arabe de Beyrouth, d’un bon nombre de romans signés par des vétérans du genre comme Élias Khoury, Rachid el-Daïf, Imane Humaydane ou Abbas Beydoun, sans oublier le Syrien Khaled Khalifa. L’actualité, entre despotisme et violences, y pèse de tout son poids.

Par Tarek Abi Samra
2016 – 01

Raconter l’indescriptible

 

Avec La Porte du soleil paru en 1998, Élias Khoury avait écrit l’épopée des Palestiniens du Liban : l’exode de 1948, l’installation dans des camps de réfugiés, et puis les années sanglantes de la guerre civile. Aujourd’hui, dans son nouveau roman Les Enfants du ghetto. Je m’appelle Adam (Awlad el-ghetto. Esmi Adam), Khoury ressuscite encore ce passé, mais pour le considérer sous un jour différent : plutôt que l’exode, les horreurs l’ayant immédiatement précédé ; au lieu du destin des réfugiés, celui de ceux restés en territoire ennemi.

 

Adam, narrateur éponyme du roman, est en train d’écrire sa vie mais ne sait comment s’y prendre. Son existence est si fragmentée qu’il lui est impossible d’en faire un récit un tant soit peu linéaire. Il ne peut que digresser, distordre la temporalité normale et fournir, d’un même événement, une multitude de versions, chacune étant souvent celle d’une personne différente. De plus, comme une poupée russe monstrueuse, chaque histoire relatée renferme une infinité d’autres à tel point qu’on a l’impression de pénétrer dans une machinerie gigantesque, détraquée, fabricant les récits en série. Bref, le style d’Adam est celui, bien connu, de Khoury lui-même, style serpentin parfaitement maîtrisé qu’il ne perd jamais le lecteur malgré les innombrables contorsions que celui-ci doit faire subir à son esprit.

 

Ainsi, par bribes, l’on apprend l’histoire d’Adam. Ses origines se confondent avec la Nakba, puisqu’il fut le premier nouveau-né du ghetto arabe de Lydda, établi par l’armée israélienne qui encercla de fils de fer barbelés une partie de cette ville palestinienne après avoir massacré des centaines d’habitants et expulsé des dizaines de milliers. Ceux qui y sont demeurés, les prisonniers du ghetto, vécurent leurs premiers jours au milieu de cadavres putréfiés, souffrant de faim et de soif. Les troupes israéliennes les obligèrent à creuser des fosses profondes et à y enterrer leurs morts. Enfin, après un mois de cet abominable labeur, ils leur ordonnèrent de brûler ce qui restait de cadavres ; les Palestiniens s’y employèrent, se transformant en une sorte de SonderKommando, ces juifs forcés par les nazis à se débarrasser des cadavres des victimes des chambres à gaz.

 

Après son enfance à Lydda, puis son adolescence à Haïfa, Adam quitte sa maison à l’âge de quinze ans et se forge, en quelques années, une nouvelle identité : il se présente désormais comme un juif, le fils d’un survivant du ghetto de Varsovie, et travaille comme critique de musique dans un quotidien hébreu. Une déception amoureuse le pousse à émigrer aux États-Unis où il travaille dans un restaurant de falafel. Il pense avoir réussi à bâtir une nouvelle existence, mais son passé revient le hanter. Il décide alors d’écrire sa vie.

 

Le livre que nous lisons est en effet le manuscrit d’Adam que Khoury, dans son introduction, prétend avoir acquis par hasard et qu’il décida ensuite de publier. La seconde partie du manuscrit relate les événements que nous venons de résumer. Toutefois, la première – une soixantaine de pages – est un roman avorté dans lequel Adam a tenté de raconter l’histoire du poète omeyyade Waddah al-Yaman qui garda un silence absolu lorsque le calife le tua en le jetant dans un puits. D’abord, Adam voit dans le silence du poète une métaphore du silence des Palestiniens à propos de certaines tragédies qu’ils ont subies, mais il délaisse ensuite ce projet de roman, considérant l’écriture symbolique comme impuissante à dire la vérité.

 

Toute cette architecture disloquée du roman de Khoury, son style excessivement digressif, ainsi que le jeu de miroirs entre l’auteur et le narrateur sont au service d’une question fondamentale : comment raconter des horreurs dont les victimes ont choisi le silence ? La réponse réside peut-être dans le recours à l’univers romanesque, qui permet la coexistence de récits contradictoires de même que leur prolifération à l’infini. À l’avant-dernière page, Adam dit : « Shéhérazade avait découvert que le monde des récits est le monde réel ; les récits ne sont pas un substitut à la vie, mais la vie elle-même. »

Boussole – Mathias Enard

Insomniaque, sous le choc d’un diagnostic médical alarmant, Franz Ritter, musicologue viennois, fuit sa longue nuit solitaire dans les souvenirs d’une vie de voyages, d’étude et d’émerveillements. Inventaire amoureux de l’incroyable apport de l’Orient à la culture et à l’identité occidentales, Boussole est un roman mélancolique et enveloppant qui fouille la mémoire de siècles de dialogues et d’influences artistiques pour panser les plaies du présent. Après Zone, après Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants, après Rue des Voleurs… l’impressionnant parcours d’écrivain de Mathias Enard s’épanouit dans une magnifique déclaration d’amour à l’Orient.

 

34chf