Trois saisons en enfer / Mohammad Rabie

2025. Au Caire, la rive orientale du Nil est occupée par les forces armées d’une improbable république des Chevaliers de Malte, tandis que la résistance s’organise dans Le Caire-Ouest sous l’égide d’officiers de police désireux de venger leur humiliation de 2011. Le colonel Ahmed Otared, posté en sniper au sommet de la tour du Caire, vise les chefs de l’armée ennemie. Envoyé en mission d’infiltration en zone occupée, il découvre la situation proprement infernale du centre-ville, où les habitants volent, violent, se prostituent, se droguent, s’entretuent et se suicident en masse. Ses chefs sont convaincus que les Egyptiens sont responsables de leur malheur et que davantage de sang doit couler pour les sortir de leur ignoble passivité…

 

Prix : 35chf

Dictionnaire amoureux de la géopolitique / Hubert Védrine

Les 250 entrées de ce dictionnaire englobent la géopolitique issue du passé, siècles et millénaires dont les effets persistent. Celle du monde d’aujourd’hui : mondialisation, pandémie, flux démographiques, révolution numérique, compétition des puissances. Enfin, les futurs possibles issus des mouvements tectoniques qui secouent les principaux acteurs mondiaux. Difficile d’être ” amoureux ” de la géopolitique ” ! En fait, il s’agit ici d’un dictionnaire libre et subjectif nourri de connaissances historiques. J’ai enrichi par des décennies d’expérience du fonctionnement du monde et des relations entre les puissances, installées ou émergentes. Le dictionnaire aborde les stratégies des acteurs étatiques, économiques, idéologiques, culturels ou sociétaux. Il traite aussi les scénarios dans les domaines géopolitiques, diplomatiques, économiques, commerciaux et écologiques, ainsi que la transformation souhaitable mais difficile de l’Europe, dans un monde où l’Occident a perdu le monopole de la puissance. Il comporte des portraits des grandes personnalités – César, Alexandre le Grand, Bonaparte, de Gaulle, Staline, Hitler, Mao – du passé lointain ou proche, ou d’aujourd’hui. Les 250 entrées de ce dictionnaire englobent la géopolitique issue du passé, siècles et millénaires dont les effets persistent. Celle du monde d’aujourd’hui : mondialisation, pandémie, flux démographiques, révolution numérique, compétition des puissances. Enfin, les futurs possibles issus des mouvements tectoniques qui secouent les principaux acteurs mondiaux.

 

Prix : 42chf

Le Prophète et la pandémie : Du Moyen-Orient au Jihadisme d’atmosphère / Gilles Kepel

L’an 2020, marqué par la Covid-19 et l’effondrement du marché pétrolier, est celui de tous les bouleversements depuis le Moyen-Orient jusqu’aux banlieues de l’Europe. Le conflit israélo-palestinien se fragmente avec, d’un côté, “l’entente d’Abraham”, qui va de Washington à Abou Dhabi et Khartoum en passant par Jérusalem, agrège le Caire et Riyad, et lorgne sur Bagdad ; de l’autre “l’axe fréro-chiite” qui rassemble Hamas, Qatar, Turquie et Iran, avec le soutien ponctuel de Moscou. Dans ces convulsions sismiques, Beyrouth explose, réfugiés et clandestins affluent en Europe, et le président turc Erdogan tente de refaire d’Istanbul le centre de l’islam mondial. Enfin, le terrorisme frappe à nouveau, en France et en Autriche, au nom d’un jihadisme sans organisation. Il s’appuie sur une atmosphère créée par des entrepreneurs de colère mobilisant foules et réseaux sociaux du monde musulman face à l’Occident -alors que Joe Biden doit restaurer la confiance des alliés de l’Amérique. Poursuivant la réflexion engagée dans Sortir du Chaos, succès français et international, Gilles Kepel propose, cartes et chronologie à l’appui, la mise en perspective indispensable de l’actualité pour comprendre les grandes transformations de demain.

 

Prix : 32chf

Les divinités / Parker Bilal

Howard Thwaite, promoteur immobilier arrogant et influent, a lancé le projet Magnolia Quays à Battersea, face à la Tamise. Appartements de luxe. Au petit matin, avant l’arrivée pour l’embauche des travailleurs clandestins syriens, soudanais etc., le gardien kurde découvre sur le site les corps d’un homme et d’une femme ensevelis vivants sous un monceau de pierres au fond d’une profonde excavation. L’épouse du promoteur, galeriste chic, et un collectionneur d’art, citoyen français d’origine japonaise, sont identifiés. Pour mener l’enquête, Calil Drake, inspecteur marqué par son expérience de la guerre en Irak, et Ray Crane, psychologue anglo- iranienne. Il est musulman, elle est juive. Ils ne sont blancs ni l’un ni l’autre. Cela ne facilitera pas leur tâche auprès de l’establishment. Crane envisage un lien possible avec la lapidation, châtiment prévu par la charia. Drake lorgne du côté de la cité multiraciale de Freestone et s’intéresse à l’incendie criminel d’une mosquée jadis synagogue. Sur fond de tensions communautaires et d’argent nouveau venu d’ailleurs, Bilal dresse le portrait cinglant d’une société anglaise divisée, agressive et raciste, dont les repères traditionnels sont brouillés.

 

Prix : 35chf

Cent vingt francs / Xavier Le Clerc

“Saïd, qui s’était engagé pour nourrir les siens, s’interrogeait. Le jeune soldat blond avait-il reçu une prime de deux cents francs à son arrivée ? Recevait-il lui aussi une solde journalière de cinquante centimes ? Etait-ce assez en Allemagne pour s’acheter tous les mois un demi-kilo de pain, trois oeufs et un peu de lait ? Sa famille postulerait-elle pour une prime de veuvage de cent vingt francs ? Cent vingt francs. C’était le prix d’un homme, du malheur de sa famille. Et Saïd, qui n’avait jamais appris à calculer, se demandait combien de kilos de pain, d’oeufs et de lait pourrait bien valoir son propre corps déchiqueté, tant il avait pris l’habitude de s’imaginer les viscères à l’air, dévorées par les rats, avec le fatalisme d’un paysan qui avait connu et qui donc connaîtrait de nouveau, un jour lointain peut-être, mais un jour sûrement, la mauvaise récolte de trop”.

Ce roman retrace deux destins que le hasard fait se croiser. Engagé dans l’armée française en 1911, Saïd, jeune paysan kabyle, participe à la campagne de pacification du Maroc puis à la bataille de Verdun au cours de laquelle il perd la vie en 1917. Dora, jeune fille juive rêvant de liberté, tient à Constantine une boutique d’automates devant laquelle Saïd, enfant, venait souvent rêver.

Prix : 24chf

Le prix Phénix 2020 à Ahmad Beydoun avec mention spéciale à Dima Abdallah

Orient le Jour

Le prix Phénix de littérature 2020 a été attribué à l’écrivain et sociologue Ahmad Beydoun pour son ouvrage Libérations arabes en souffrance paru aux éditions Actes Sud/L’Orient des livres. Une mention spéciale a été également attribuée à Dima Abdallah pour son roman Mauvaises herbes paru chez Sabine Wespieser.

Né à Bint Jbeil en 1943, Ahmad Beydoun est l’auteur de plus de vingt ouvrages en arabe et en français. « Ses livres portent en majeure partie sur les problèmes de la société et du système politique du Liban, ainsi que sur différents aspects de la culture et de la langue arabes, indique le communiqué du prix Phénix. Libérations arabes en souffrance réunit dix textes dont la production s’est étalée sur plus de trente ans et qui confrontent les cadres de vie imposés par la modernité à l’arsenal de dogmes et de traditions toujours vivaces dans l’espace arabe. Ils tentent de voir dans quelle mesure raidissements et compromis apportent des réponses viables aux défis concrets du présent. Sont ainsi interrogées la langue arabe, l’allégeance communautaire et l’image du corps en islam, autant que l’émergence de l’individualité et de l’esprit critique… » Côté littérature, il a publié un recueil de poèmes et pratiqué le récit de voyage et le scénario.

Quant à Dima Abdallah, elle est née au Liban en 1977 et vit à Paris depuis 1989. Elle est traductrice de littérature et poésie arabe et détient un DEA en archéologie du Moyen-Orient de la Sorbonne. Très remarqué, Mauvaises herbes, son premier roman, exhume les souvenirs marqués au fer rouge d’une enfant de la guerre contrainte à l’exil. Devenue femme, elle décide de se raconter…

Pour rappel, le prix Phénix de littérature est attribué chaque année, depuis sa création en 1996, à une œuvre littéraire écrite en français par un Libanais, ou par un écrivain francophone et ayant trait au Liban. Ce prix, décerné par un jury composé d’écrivains et de journalistes libanais et français, a déjà récompensé d’importants essayistes comme Ghassan Salamé, Georges Corm, Samir Kassir, Samir Frangié, May Chidiac ou Henry Laurens, et des romanciers de talent comme Wajdi Mouawad, Charif Majdalani, Dominique Eddé, Ramy Zein, Georgia Makhlouf ou Carole Dagher pour ne citer qu’eux.

Retrouver l’article original dans L’Orient le Jour

Tunnels / Rutu Modan

Des archéologues israéliens et des passeurs clandestins palestiniens percent le sol de la Terre sainte chacun de leur côté du Mur. Les deux équipes se rencontreront à la croisée des tunnels dans un récit politicoburlesque orchestré par Rutu Modan.

 

Prix : 39chf

Le parfum des fleurs la nuit / Leïla Slimani

Comme un écrivain qui pense que “toute audace véritable vient de l’intérieur” , Leïla Slimani n’aime pas sortir de chez elle, et préfère la solitude à la distraction. Pourquoi alors accepter cette proposition d’une nuit blanche à la pointe de la Douane, à Venise, dans les collections d’art de la Fondation Pinault, qui ne lui parlent guère ? Autour de cette “impossibilité” d’un livre, avec un art subtil de digresser dans la nuit vénitienne, Leila Slimani nous parle d’elle, de l’enfermement, du mouvement, du voyage, de l’intimité, de l’identité, de l’entre-deux, entre Orient et Occident, où elle navigue et chaloupe, comme Venise à la pointe de la Douane, comme la cité sur pilotis vouée à la destruction et à la beauté, s’enrichissant et empruntant, silencieuse et raconteuse à la fois. C’est une confession discrète, où l’auteure parle de son père jadis emprisonné, mais c’est une confession pudique, qui n’appuie jamais, légère, grave, toujours à sa juste place : “Ecrire, c’est jouer avec le silence, c’est dire, de manière détournée, des secrets indicibles dans la vie réelle” . C’est aussi un livre, intense, éclairé de l’intérieur, sur la disparition du beau, et donc sur l’urgence d’en jouir, la splendeur de l’éphémère. Leila Slimani cite Duras : “Ecrire, c’est ça aussi, sans doute, c’est effacer. Remplacer”. Au petit matin, l’auteure, réveillée et consciente, sort de l’édifice comme d’un rêve, et il ne reste plus rien de cette nuit que le parfum des fleurs. Et un livre.

 

Prix : 30chf

Le silence d’Isra / Etaf Rum

Comme le veut la tradition palestinienne, Isra épouse un homme qu’elle ne connaît pas, Adam, qui s’est exilé avec ses parents à New York. Leur fille Deya subit ensuite la même pression, mais elle est bien décidée à poursuivre ses études… Un roman bouleversant sur la condition des femmes, écartelées entre leurs « devoirs » et leur désir de liberté.

 

Prix : 15chf

Il était une fois… les révolutions arabes / Collectif

“On retrouve la révolution au centre même de l’histoire et de l’imaginaire propres au monde arabe, comme composante de la pensée et comme vecteur de l’action. Elle s’est construite dans un rapport à l’autre, extérieur, fait d’emprunts, de fascination parfois, et de rejet aussi. De par sa localisation, de par son histoire et sa situation de carrefour culturel, l’espace arabe a été un lieu privilégié d’élaboration d’une pensée révolutionnaire, d’effervescence des idées contestataires. On ne s’étonnera pas que, dans un contexte de mondialisation, il devienne un espace privilégié de production révolutionnaire et que le “Printemps arabe’ ait ainsi très vite gagné ce statut de laboratoire d’idées et de formes de mobilisation renouvelée.” Extrait de l’introduction de Bertrand Badie.

Ont contribué à cet ouvrage : Farah Kamel Abdel Hadi, Tarek Moustafa Abdel-Salam, Mayada Adil, Kaouther Adimi, Lama Ali, Zahra Ali, Tammam al Omar, Mehdi Annassi, Iasmin Omar Ata, Christophe Ayad, Bertrand Badie, Benjamin Barthe, Nazim Baya, Akram Belkaïd, Radia Belkhayat, Mounia Bennani-Chraïbi, Myriam Benraad, Sonia Bensalem, Raja Ben Slama, Karim Emile Bitar, Mehdi Boubekeur, Ichraq Bouzidi, Marwan Chahine, Tracy Chahwan, Leyla Dakhli, Zakya Daoud, Delou, Brecht de Smet, Yasmine Diaz, Pauline Donizeau, Tarek El-Ariss, Alaa El Aswany, Moaz Elemam, Salma El-Naqqash, Khaled Fahmy, Mona Fawaz, Jean-Pierre Filiu, Ganzeer, Dalia Ghanem, Kinda Ghannoum, Salah Guemriche, Noha Habaieb, Patrick Haimzadeh, Halim, Narmeen Hamadeh, Sarah B. Harnafi, Ali Hassan, Sulafa Hijazi, Coline Houssais, Incrusted, Intibint, Joseph Kai, Lena Kassicieh, Mazen Kerbaj, Bahgat Korany, Abir Kréfa, Stéphane Lacroix, Ibticem Larbi, Pierre-Jean Luizard, Ziad Majed, Zarifi Haidar Marín, Hind Meddeb, Meen One, Sabrina Mervin, Merieme Mesfioui, Rania Muhareb, Mostafa M Najem, Aude Nasr, Nime, Mohamed Omran, Marc Pellas, Victor Salama, Sara Saroufim, Enas Satir, Alexandra Schwartzbrod, Isabela Serhan, Rima Sghaier, Leïla Shahid, Bahia Shehab, Leïla Slimani, Laila Soliman, ST4 The project, Hamid Sulaiman, Anna Sylvestre-Treiner, Abdellah Taïa, Fawwaz Traboulsi, Willis from Tunis, Sana Yazigi, Ali Mohamed Zaid, Salim Zerrouki.

 

Prix : 43chf