La cause palestinienne à l’affiche d’Aflamuna

La plate-forme (Nos films) est de retour depuis le 1er mars dans une nouvelle version.

OLJ / Par C. K., le 05 mars 2021 à 00h00

Aflamuna (« nos films » en arabe) est une plate-forme de streaming à but non lucratif, fondée par Beirut DC et soutenue par le Sundance Institute, le Eye Filmmuseum et la Ford Fondation. Elle a pour but de diffuser les meilleures œuvres du cinéma arabe indépendant auprès d’un large public diversifié du monde entier. Elle propose depuis le début du mois de mars un nouveau programme mensuel, des films gratuits chaque semaine, des voix arabes en première ligne et des essais originaux qui suscitent la réflexion.

Chaque mois, un nouveau programmateur explore un thème social, politique ou culturel à travers une sélection triée sur le volet de films arabes cultes, contemporains, classiques et indépendants. Chaque semaine, les abonnés peuvent visionner un nouveau film gratuitement.

Aflamuna est aussi un espace de réflexion sociopolitique et critique autour du cinéma arabe indépendant. Des essais originaux dévoilent le contexte, la puissance et l’impact de chaque programme et explorent leur résonance dans le monde actuel.

Le premier programme mensuel, présenté par le cinéaste et historien du cinéma libanais Hady Zaccak, aborde la question de la cause palestinienne. Zaccak note que « le cinéma peut sembler une opération de fedayin à l’ombre de tous les défis auxquels nous faisons face, mais il demeure nécessaire en tant qu’acte de résistance ».

« Frame Aka Revolution Until Victory » de Muhanad Yaqubi. Photo DR

L’autodétermination et la dignité

Sous-titrés en anglais, les films diffusés au cours de ce premier mois peuvent être visionnés dans le monde entier. Le programme comprend des longs-métrages, dont le film documentaire Off Frame Aka Revolution Until Victory du réalisateur Muhanad Yaqubi (Palestine, France, Qatar, Liban 2016) qui dévoile dans son film l’histoire turbulente de son pays, en utilisant des images d’archives dont une grande partie est tombée dans l’oubli, et qui retracent la lutte des Palestiniens pour l’autodétermination et la dignité.

Christian Ghazi, lui, mêle narration dramatique et images documentaires dans son film pionnier Cent visages pour un seul jour (Liban 1969) pour donner une perspective analytique de la société libanaise au début des années soixante-dix.

Le film de fiction Kafr Kassem de Borhane Alaouié (Liban, Syrie 1974) aborde la cause palestinienne à travers un massacre. Quant au long-métrage Les dupes de Tawfiq Saleh (Syrie 1972), il est considéré comme un film incontournable dans l’histoire du cinéma arabe. Adapté à partir d’une nouvelle de Ghassan Kanafani et réalisé par Mohammad Chahine, el-Maleh et Marwan Monazen, Des hommes dans le soleil (1963), narre le destin tragique de trois Palestiniens pris au piège de leurs aspirations.Parmi les courts-métrages présentés dans ce programme, le film de Mustafa Abu Ali Ils n’existent pas (Palestine 1974) aborde la vie quotidienne des réfugiés palestiniens à l’intérieur du camp de Nabatiyé au sud du Liban. Quant à Children Nevertheless de Khadija Habashneh Abu Ali (Palestine 1979-1980), il passe en revue la situation des enfants orphelins vivant dans la « Maison des enfants de la résilience » en donnant un aperçu de leur quotidien. Qaïs al-Zubaidi présente enfin un poème cinématographique sur la Palestine par le biais de son court-métrage La visite (Syrie 1972).

Les cinéphiles du monde entier peuvent s’inscrire gratuitement sur www.aflamuna.online pour commencer à visionner le premier film de la semaine, déjà disponible, et prendre part à ce voyage cinématographique unique.

Retrouver l’article original dans L’Orient le jour

 

 

Journées Cinématographiques de Carthage | Du 18 au 23 décembre 2020 : Purement cinéphiles…

Par Asma DRISSI / Publié le 09/12/2020

 

Poser un regard sur l’histoire, construire sa mémoire et pointer le futur…Les JCC nous ouvrent une fenêtre sur le monde et nous réservent, malgré les difficultés, de bonnes surprises. Nous avons failli perdre espoir qu’un jour la vie culturelle reprenne son cours normal et que nos festivals fleurissent encore une fois et nous ouvrent les portes des salles de spectacles et de cinéma, restées durant des mois éteintes. Non sans émotion, nous avons assisté avec nos collègues journalistes à la conférence de presse des JCC 2020, presque l’unique évènement d’envergure qui aura lieu en cette triste année 2020. 

Le directeur des JCC, le cinéaste Ridha Béhi, le directeur du Centre national du cinéma et de l’image, Slim Darguéchi, et le directeur artistique, Brahim Letaief, avaient du mal à cacher leur émoi. Les JCC nous paraissaient comme un rêve insaisissable qui se réalise enfin.

« Il y a quelques mois déjà, tout au début de la pandémie , on me posait la question si les JCC auront lieu aux dates prévues (c’était alors le mois de novembre), je répondais à chaque fois que « les JCC sauront s’adapter à cette situation inhabituelle, en promettant au public de retrouver son festival dans les conditions les plus aménagées ». Aujourd’hui que nous sommes en plein dans la 2e vague, la question légitime revient sur le tapis : « Est-il nécessaire de maintenir les JCC malgré les conditions sanitaires et économiques graves et catastrophiques?», ma réponse —  et celle de mon équipe — est claire : nous décidons de maintenir le festival! Cette décision n’a pas été prise par entêtement, mais par amour pour la vie… Nous défions la pandémie car nous tenons à la vie. A l’heure où les manifestations culturelles, les théâtres et salles de cinéma sont contraints à la fermeture, maintenir les JCC, c’est maintenir un accès à la culture dans des conditions de santé sécurisée : les salles seront équipées et les gestes barrières seront respectés. Le maintien des JCC est une volonté de défendre les lieux de vie, de débats d’idées et de culture qui demeurent un des plus efficaces remparts contre l’ignorance et l’intolérance.

Maintenir les JCC c’est faire le choix de la culture… un choix citoyen», annonce Ridha Béhi avec son calme légendaire et sa détermination sans faille.

En parcourant le dossier de presse soigneusement présenté, les JCC 2020 nous dévoilent ses perles. C’est une édition de cinéphiles, c’est une édition de mémoire et d’histoire. Entre les différentes sections et malgré l’annulation de la compétition officielle, les Journées cinématographiques de Carthage promettent de la qualité et la magie va certainement opérer quand nous allons découvrir des trésors de cette manifestation arabe et africaine. Et ça sera un réel plaisir de revoir des films comme “Les rêves de la ville” de Mohamed Malas, “Noce en Galilée” de Michel Kheleifi, “La pirogue” de Moussa Touré, “Le vent” de Souleymane Cissé, “Hyènes” de Djibril Diop Mambetty, “Essaida” de Mohamed Zran, “La sueur des palmiers” de Radhouane El Kachef…

Des coups de cœur, des cartes blanches, des best off de courts et de longs métrages, des Tanits à travers les sessions et plein de souvenirs en plus d’une occasion inespérée pour les jeunes générations de découvrir les assises de ce festival militant et citoyen pour un cinéma du sud, différent et indépendant. “Il est vrai que la question d’organiser les JCC sur une plateforme virtuelle s’est posée par moments, mais nous y avons résisté pour les maintenir dans les salles de cinéma… Parce que nous avons fait le choix de satisfaire un public local plutôt que de privilégier un rayonnement virtuel aléatoire, nous avons, également, misé sur l’humain et le présentiel, face aux modèles de nombreux festivals numériques, handicapés par le manque d’échange et de générosité.

– La magie des JCC se situe dans la rencontre entre un film, son auteur, ses comédiens et le public. Pour réaliser ce challenge, nous avons renforcé les mesures sanitaires quel qu’en soit le coût et garanti les droits d’auteurs, plutôt qu’investir sur une plateforme pour véhiculer nos films. Même si les compétitions officielles feront défaut cette année, les JCC seront l’occasion tant attendue de redonner envie au public de revenir dans les salles, après des mois d’absence pour savourer une sélection de longs et courts métrages arabes et africains qui ont marqué l’histoire du festival ces cinquante-quatre dernières années”, explique Brahim Letaif directeur artistique des JCC 2020.

Les films de l’ouverture et les avant-premières

Même si cette édition est exceptionnelle et jongle avec une situation sanitaire critique, du nouveau il va y en avoir. D’abord les films de l’ouverture : 6 courts métrages inspirés de films cultes jettent un pont entre hier et aujourd’hui avec un point de nostalgie mais surtout de la créativité.

A ce propos, Silm Darguechi, directeur du Cnci, producteur de ce projet, déclare «Cette année, la 31e session des Journées cinématographiques de Carthage va être une édition qui célèbre la mémoire du festival et nous fait revivre de grandes émotions des années durant. Lors de cette session, nous allons aussi revisiter la mémoire des JCC à travers le regard de nos cinéastes tunisiens. Une expérience est initiée par la direction artistique du festival à laquelle s’est associé le Centre national du cinéma et de l’image, en produisant six courts métrages autour du thème « Remake coup de cœur JCC (1966-2019)», inspirés chacun d’un des films qui ont  marqué  les JCC de 1966 à 2019. Six films, six réalisateurs ouvriront, avec leurs regards pertinents, la 31e édition des JCC ».

Quant aux avant-premières et les projections inédites, les JCC nous réservent 5 œuvres et pas des moindres : des films qui ont été récompensés par plusieurs prix, et ce, dans différents festivals à l’échelle internationale. Cette année, les JCC offriront à leur public 1 documentaire et 4 longs métrages, dont une première arabe et africaine. : « La nuit des rois » de Philippe Lacôte (Côte d’Ivoire), « Disqualifié » de Hamza Ouini (Tunisie), « L’homme qui a vendu sa peau » de Kaouther Ben Hania (Tunisie), « 200 mètres » de Ameen Nayfeh (Palestine) et « Harba» de Ghazi Zaghbani (Tunisie).

Les hommages des JCC

Outre le fervent hommage qui sera rendu à l’acteur égyptien Abdellaziz Makhyoun, pour l’ensemble de sa carrière cinématographique et pour avoir contribué à écrire l’histoire des JCC à travers des œuvres qui ont marqué le festival dont “ Le moineau” de Youssef Chahine, les JCC rendent aussi hommage à quatre réalisateurs qui ont marqué par leurs talents le cinéma arabe et africain : Med Hondo, Djibril Diop Mambetty, Salma Baccar et Abdellatif Ben Ammar.

Les JCC dans le milieu carcéral

Depuis sa création en 2015, cette section a pour but de faire découvrir des films aux détenus des institutions pénitentiaires. En partenariat avec le ministère de la Justice, la direction générale des prisons et de la rééducation et en coopération avec l’Organisation mondiale contre la torture (Omct), les JCC ont pu atteindre 8 mille  prisonniers sur le territoire tunisien. Lors de cette édition, 12 mille prisonniers auront l’opportunité de voir des films, et ce, dans 5 structures pénitentiaires.

Réfléchir son passé et penser son avenir

La direction actuelle des JCC a jugé opportun de revisiter la mémoire des JCC en tant que composante incontournable du patrimoine immatériel culturel tunisien, arabe et africain. En prenant l’initiative de créer, pour la première fois, un département Archives et Documentation qui aura pour mission d’identifier les œuvres, les collecter, les recenser, les assembler, les inventorier, les classer et leur dispenser les travaux nécessaires de restauration ou de digitalisation.

Ce travail vient compléter un autre volet des JCC 2020 qui est le forum, une manière de revisiter la mémoire du Festival, d’interroger son passé et son présent et penser son avenir. Cette réflexion autour de la mission des JCC hier, aujourd’hui et demain focalisera l’intérêt des participants au Forum, en vue d’évaluer les recommandations des quatre panels organisés de mai à septembre 2020, avec la contribution active de professionnels, critiques, universitaires, économistes et juristes. Les travaux de ces panels, consignés dans un rapport détaillé, vont constituer le document de base du Forum, autour de quatre axes de réforme ou de restructuration : Industrie, marché et diffusion de films / Le rayonnement du Festival / Archives, promotion du patrimoine et réception critique / Le devenir des JCC ou le cadre juridique et financier du Festival.

Carthage pro

Les JCC aussi sont une rencontre professionnelle avec ses deux programmes Chabaka et Takmil. Depuis sa création en 2014, Takmil a soutenu 44 projets en phase post-production. Quant à Chabaka et depuis que cet atelier est devenu compétitif en 2018, 9 projets en développement ont été soutenus.

Nombreux sont les films sélectionnés qui ont connu une carrière internationale, dans des festivals ou dans des plateformes professionnelles similaires.

Une semaine intense qui fera revivre 16 salles, animera nos rues et célébrera le cinéma dans tous ses états.

 

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Le cinéma égyptien domine encore les festivals arabes

Amira SOLTANE 

 

 

8/12/2020

Parmi les films arabes les plus marquants de cette année, les films égyptiens «Photocopy» et «Talea Senay» (travail induit) qui ont été projetés au Festival du film arabe de Stockholm, qui s’est déroulé du 30 novembre au 2 décembre. Le festival est organisé par Malmö Arab Film Festival.
«Photocopy» était le film d’ouverture du neuvième Festival international du film arabe, qui s’est déroulé du 16 au 21 juillet au Busan Cinema Center, à Séoul, en Corée du Sud. Le film égyptien «Photocopy» a été projeté pour la première fois à Londres le 13 décembre 2018.
«Photocopy» a déjà représenté l’Egypte au Festival international du film musulman de Kazan en Russie. Le film raconte l’histoire d’un homme âgé qui, à sa retraite, décide d’ouvrir un magasin de photocopie. Il commence à redécouvrir la vie, son amour pour le prochain et les gens qui l’entourent. Le film met en vedette Mahmoud Hemeida, Sherine Reda, Farah Youssef, Aly Tayeb et Ahmed Dash, entre
autres. Il a été écrit par Haitham Dabbour et réalisé par Tamer Ashry. «Photocopy» a été projeté lors de la première édition du Gouna Film Festival et a remporté le prix El-Gouna Golden Star du meilleur long-métrage narratif arabe. Le film a également été projeté lors des 5èmes Rencontres internationales du cinéma arabe à Marseille.
«Photocopy» a été présenté comme film de clôture de la Semaine du cinéma arabe à New York, le 23 novembre 2017. Le film a été projeté au Festival international du film du Caire, le vendredi 24 novembre 2017. Le journaliste égyptien et scénariste Dabbour, avait précédemment déclaré dans une interview à Egypt Today qu’il avait choisi de présenter une histoire d’amour entre un couple âgé parce que ce type d’histoires d’amour «n’a pas été bien présenté dans le cinéma égyptien.» Le scénario a été nominé pour les Sawiris Cultural Awards. Dabbour a expliqué qu’il avait beaucoup travaillé sur le script pour le développer avant d’atteindre la version finale. Il a commencé à l’écrire en 2013 et a terminé un an plus tard. «Photocopy» aborde les problèmes auxquels sont confrontées les personnes âgées, des sujets rarement abordés dans le cinéma égyptien. «Le principal défi auquel j’ai été confronté en écrivant un film si différent est de maintenir des valeurs et des côtés artistiques élevés et en même temps de rester amusant pour le public, afin qu’il ne s’ennuie pas», a expliqué Dabbour. Sorti en 2017, «Talea Senay» tourne autour d’un couple égyptien qui s’empare de l’ambassade américaine en Égypte après s’être vu refuser des visas pour entrer aux États-Unis. Le long métrage met en vedette un groupe d’acteurs et d’actrices égyptiens talentueux, dont Rasha Gawdat, Maged el-Kedwany, Mai Kassab, Abdel Rahman Abou Zahra, Bayoumi Fouad, HoreyaFarghali et Sayed Ragab. «Talea Senay» est réalisé par Khaled Diab.
Le film a été projeté pour la première fois le 11 décembre 2017, dans le cadre du Festival international du film de Dubaï (Diff). Mettant en vedette des cinéastes régionaux et internationaux qui font la lumière sur la culture arabe, les «Arabian Nights» du festival ont choisi de projeter «Talea Senay». «Arabian Nights est l’une des catégories les plus attendues, car elle célèbre la diversité culturelle du Monde arabe, à travers le médium exceptionnel du cinéma. C’est le premier film de Diab en tant que réalisateur. Auparavant, il a écrit un certain nombre de films à succès, notamment «Eshtebak» (Clash), qu’il a écrit aux côtés de son frère, l’écrivain et réalisateur acclamé, Mohamed Diab.

The Perfect Candidate – Un film de Haifaa Al-Mansour

The Perfect Candidate

De la réalisatrice saoudienne Haifaa Al-Mansour

Maryam est médecin dans la clinique d’une petite ville d’Arabie saoudite.
Alors qu’elle veut se rendre à Riyad pour candidater à un poste de chirurgien dans un grand hôpital, elle se voit refuser le droit de prendre l’avion.
Célibataire, il lui faut une autorisation à jour signée de son père, malheureusement absent.
Révoltée par cette interdiction de voyager, elle décide de se présenter aux élections municipales de sa ville.
Mais comment une femme peut-elle faire campagne dans ce pays ?

En salle dans les cinémas de Suisse dès le 8 avril 2020

 

Haifaa al-Mansour est née au sein d’une famille libérale. Son père est poète et consultant juridique. Elle est la huitième d’une famille de douze enfants (cinq garçons, sept filles). Ses parents la laissent partir étudier la littérature comparée à l’université américaine du Caire en Égypte où elle décroche une licence d’art.

Haifaa al-Mansour retourne en Arabie Saoudite et de 2000 à 2008, elle enseigne l’arabe et l’anglais dans une compagnie pétrolière. Affectée au département communication de l’entreprise, elle y découvre la production audiovisuelle et s’en passionne.Elle réalise trois courts-métrages entre 2004 et 2005 : Who?The Bitter Journey, et The Only Way Out.

En 2005, munie d’une caméra DV, elle tourne discrètement avec sa sœur un documentaire, Women Without Shadows (Femmes sans ombre), qui est ensuite sélectionné au festival d’Abou Dabi. Le film crée la polémique car un religieux y affirme devant la caméra que l’islam n’oblige pas les femmes à se voiler.

Installée à Sydney où son mari est en poste, elle obtient un Master en direction cinématographique. Première femme à tourner dans son pays, où le cinéma est proscrit, Haifaa al-Mansour réalise son premier long métrage Wadjda, tourné en 2012 et sorti en 2013. Le tournage se déroulant dans les rues de Riyad, la réalisatrice s’est souvent dissimulée dans un van d’où elle a dirigé le tournage à l’aide d’un talkie-walkie, car il aurait été mal vu de voir une femme diriger une équipe composée d’hommes.

Baghdad in my shadow – Un film de Samir

Nous sommes à Londres, peu avant Noël. Amal, une architecte iraquienne au caractère bien trempé qui a dû fuir son ex-mari, travaille au café Abu Nawas tenu par un activiste kurde et qui est un lieu de rendez-vous prisé par les Iraquiens en exil. Ses amis, le poète Taufiq et l‘informaticien Muhanad, y sont presque chaque jour. Depuis la mort de son frère, Taufiq s’occupe de son neveu Naseer qui tombe de plus en plus sous la coupe du prédicateur islamiste Sheikh Yasin. Le jeune Naseer se radicalise et commence à se révolter contre son oncle qu’il traite d’athée. Muhanad, lui, a récemment quitté Bagdad pour échapper aux menaces qui pèsent sur les homosexuels. Mais même ici, à Londres, et devant ses amis, il n’ose pas s’afficher ouvertement avec son amant. Cette petite communauté se retrouve doublement en danger quand l’ex-mari d’Amal arrive à Londres et que Sheikh Yasin instille en Naseer l’idée de sévir contre les « impies » du café Abu Nawas.

Après son dernier succès, le documentaire «Iraqi Odyssey», Samir revient avec un drame poignant. Le réalisateur montre comment le passé politique, idéologique et culturel est attaché comme une ombre aux protagonistes de son film, même en dehors de leur pays d’origine. Samir touche à trois tabous fondamentaux de la société arabe : l’athéisme, la libération de la femme et l’homosexualité – et ouvre ainsi un dialogue interculturel. Avec ses scènes qui se jouent à Londres et à Bagdad, «Baghdad in my Shadow» a été la première production internationale de cinéma à avoir été tournée dans la capitale irakienne depuis le départ des troupes américaines.

 

 

Revue de presse

«‹Baghdad in my Shadow› secoue les tabous.» Le Temps

«Dans ‹Baghdad in my Shadow›, le réalisateur suisse Samir lie les destins d’Irakiens exilés à Londres dans un thriller palpitant.» Tribune de Genève

«‹Baghdad in my Shadow› est un film à l’atmosphère dense et chargée. Samir a transmuté les histoires dramatiques de ses personnages en une matière poétique.» artechock

«‹Bagdad in my Shadow› est la plus belle déclaration d’amour de Samir à son ancienne patrie..» NZZ

«Des interprètes exceptionnels!» Sonntagszeitung

«Samir pratique une approche à la fois très claire et multifactorielle du thème complexe et sensitif de la vie en exil.» Cineuropa

 

Fiche du film

Réalisation

Samir

Avec

Haytham Abdulrazaq, Zahraa Ghandour, Shervin Alenabi

Genre

Drame

Pays, année, durée

CH / DE / UK 2019, 109′

Classification

14

Format

DCP, Couleur, Flat, Dolby Digital 5.1

Adam – Un film de Maryam Touzani

Dans l’une des petites ruelles de la vieille médina de Casablanca, Abla, veuve, possède une petite boulangerie fine. Ses journées sont bien remplies avec la fabrication et la vente de ses pains et pâtisseries, sans compter sa fille de huit ans, Warda, qui demande aussi sa part d’attention. Un après-midi, Samia, une jeune femme enceinte, frappe à la porte d’Abla. Elle cherche un endroit pour passer la nuit et propose de l’aider à la maison et à la boulangerie. Abla n’est pas intéressée, mais la petite Warda et son grand cœur adoptent Samia immédiatement…

La réalisatrice Maryam Touzani raconte une histoire universelle, sur l’amitié entre deux femmes très différentes, sur la solidarité féminine, la maternité et l’art sensuel de travailler la pâte. Son film est porté par la beauté saisissante de ses images et par le jeu très inspiré des deux interprètes Lubna Azabal et Nisrin Erradi. Présenté en première mondiale au Festival de Cannes, « Adam » est le premier film réalisé par une femme que le Maroc a choisi pour le représenter aux Oscars. Une perle cinématographique, profonde et légère à la fois.

Festival de Cannes 2019
Un Certain Regard

 

https://youtu.be/qmP2E4g7Xx8

 

Revue de presse

« Un bijou de film qui ravira le public. » Variety

« Les deux actrices dans les rôles principaux illuminent ‹Adam› littéralement. » The Hollywood Reporter

« Un film de femmes d’une force et d’une sensibilité admirables. » Movie News

« ‹Adam› raconte l’histoire d’une amitié entre deux femmes. C’est aussi une critique féministe de la société patriarcale et une réflexion sur la maternité. La réalisatrice Maryam Touzani sait garder tout au long un ton léger et sensible – un très beau film. » Cineuropa.org

« Un drame doux-amer porté par la grandiose actrice belgo-marocaine Lubna Azabal. » Art-TV

 

Fiche du film

Réalisation

Maryam Touzani

Avec

Lubna Azabal, Nisrin Erradi

Genre

Drame

Pays, année, durée

FR/MA/BE, 2019, 98′

Classification

12

Format

DCP, Couleur, Flat, Dolby Digital 5.1

It Must Be Heaven – Un film de Elia Suleiman

Elia Suleiman fuit la Palestine à la recherche d’une nouvelle terre d’accueil, avant de réaliser que son pays d’origine le suit toujours comme une ombre. La promesse d’une vie nouvelle se transforme vite en comédie de l’absurde. Aussi loin qu’il voyage, de Paris à New York, quelque chose lui rappelle sa patrie.
Un conte burlesque explorant l’identité, la nationalité et l’appartenance, dans lequel Elia Suleiman pose une question fondamentale : où peut-on se sentir ” chez soi ” ?

 

Showing also in

Otello Ascona

15:00

Viewing room 1 – O – 16/8Y.

Forum Bellinzona

18:10

Viewing room – I – 16/0Y.

Rex Cinemotion Fribourg

18:10

Viewing room 2 – O – 16/8Y.

Le Nord-Sud Genève

13:50

Viewing room Sud – O – 16/8Y.

18:40

Viewing room Nord – O – 16/8Y.

Pathé Galeries Lausanne

10:00, 14:15, 18:30, 20:45

Viewing room 7 – O – 16/8Y.

Lux Lugano Massagno

18:30

Viewing room 1 – O – 16/0Y.

Multisala Mendrisio

18:40

Viewing room – O – 16/0Y.

Rex Neuchâtel

18:00

Viewing room Rex – O/gf – 16/8Y.

Cinéma d’Oron Oron-la-Ville

18:00

Viewing room 2 Salle Laterali – F – 16/8Y.

Lorsque le Monde parlait Arabe (Vidéo Complète) | Documentaire FR – Mahmoud Hussein

Du IXe au XIIe siècle, le monde musulman connaît un rayonnement sans égal : il s’étend de l’Espagne à l’Inde, avec des capitales de rêve : Bagdad, Cordoue, Grenade, Le Caire, Damas… De la philosophie à la médecine et à la botanique, des mathématiques à l’astronomie, son essor scientifique et culturel fascine – autant qu’il inquiète – l’Occident médiéval…

Un documentaire passionnant sur le rayonnement intellectuel du monde arabo-musulman à l’heure du Moyen-Âge occidental.
Ce document met l’accent sur un élément essentiel et unique dans l’Histoire : l’aptitude et la volonté des musulmans à travailler en bonne intelligence avec les juifs et les chrétiens dans la quête de la connaissance (voir Bagdad et l’Andalousie). Il rappelle en outre que le fruit de ce rayonnement intellectuel du monde islamique (qui a touché à tous les domaines de la connaissance : astronomie, mathématiques, philosophie, médecine…) a profité à l’Occident médiéval et lui a ouvert les voies de la Renaissance.

Festival de Cannes : le Maghreb en force

Festival de Cannes : le Maghreb en force

Pas moins de cinq films de cinéastes maghrébins sont présents dans les quatre sélections cannoises. La confirmation d’un renouveau certain du 7e art dans la région.

Par notre correspondant à Tunis, Benoît DelmasPublié le 12/05/2019 à 14:21 | Le Point.fr

Avec Venise et Berlin, Cannes est un baromètre de la création cinématographique mondiale. Chaque année, les films choisis composent une photographie des lignes de forces du cinéma des cinq continents. Les quatre sélections dévoilées à la mi-avril (Compétition pour la palme d’or, Un Certain regard, la Semaine de la critique, la Quinzaine des réalisateurs) proposeront deux films marocains, deux films algériens et une œuvre tunisienne. Plus au sud, le Sénégal sera en lice pour la palme d’or avec la réalisatrice Mati Diop pour son premier film Atlantique. La dernière présence d’un film sénégalais à Cannes, pour la palme d’or, date de 1992 : Djibril Diop Mambéty y avait concouru avec Hyènes, considéré par Martin Scorsese comme une œuvre phare de l’histoire du cinéma. Le jury pour la palme d’or sera cette année présidé par le Mexicain Alejandro González Iñárritu, auteur de Babel, oscarisé pour Birdman et Le Revenant avec Leonardo DiCaprio.

Le renouveau algérien

Mounia Meddour présentera son second long-métrage, Papicha, dans la salle Debussy du Palais des Festivals. Elle intègre la sélection officielle à travers Un Certain regard. Une catégorie souvent considérée comme l’antichambre de la course à la palme d’or. Cette coproduction franco-algéro-belge sera distribuée en France par Jour2fête qui vient de sortir avec succès le J’veux du soleil du député France insoumise François Ruffin. Un peu plus loin du Palais, à un jet de cocktail du Carlton, La Semaine de la critique, dont Charles Tesson est le sélectionneur, présente des premiers et des seconds films. Amin Sidi-Boumédiène y signera Abou Leila. Tourné pour bonne part dans le Grand Sud, c’est le récit d’une chasse à l’homme terroriste par deux amis d’enfance. L’an dernier, deux films présentés dans cette sélection ont fait une très belle carrière, obtenant moult césar : le Guy d’Alex Lutz et Schéhérazade de Jean-Bernard Merlin. Aller à la Critique est l’assurance d’une forte curiosité critique et médiatique.


Le Maroc consolide

L’actrice et scénariste Maryam Touzani passe le cap de la réalisation avec succès. Le délégué-général du Festival de Cannes, Thierry Frémaux, a retenu Adam en sélection officielle, catégorie Un Certain regard. Elle est l’auteur de deux courts-métrages et la coscénariste et interprète de Razzia, film choral de Nabil Ayouch qui a connu un grand succès au Maroc. L’auteur de Much Loved – interdit dans son pays – est le producteur d’Adam. Le premier long-métrage d’Alaa Eddine Aljem, Le Miracle du Saint Inconnu, aura quant à lui les honneurs de la Semaine de la critique avec un synopsis prometteur. Un voleur cache son important butin sur une colline désertique. À sa sortie de prison, des années plus tard, il découvre qu’un mausolée a été construit au même endroit. Il va lui être difficile de récupérer son magot. Les deux films marocains concourent pour la Caméra d’Or qui récompense un premier film présenté dans les quatre sélections. Jim Jarmusch, Jafar Panahi ou Naomi Kawase ont obtenu ce prix prestigieux.

La Tunisie, une habituée de Cannes

Depuis plusieurs années, Cannes déroule son tapis rouge à une jeune génération de cinéastes tunisiens. La Belle et la meute de Kaouther Ben Hania en 2017, Weldi de Mohamed Ben Attia en 2018 et désormais Ala Eddine Slim en 2019 avec Tlamess. Son premier film, The Last of Us, avait frappé les esprits au Festival de Venise 2016. Il y avait obtenu le Lion du futur. Une récompense que confirme cette sélection à la Quinzaine des réalisateurs.

Yasmina Khadra en film d’animation

Pour sa part, le romancier algérien Yasmina Khadra verra l’adaptation des Hirondelles de Kaboul projeté en sélection officielle. Ce film d’animation, cosigné par Zabou Breitman et Éléa Gobbé-Mévellec, suscite une forte curiosité dans le métier. Le film sortira le 4 septembre en France.

“Jinn” : Netflix lance sa première série originale en langue arabe

Après l’Inde, Netflix compte s’installer également au Moyen-Orient avec sa première série originale en langue arabe. “Jinn” racontera l’histoire de plusieurs adolescents plongés dans un contexte surnaturel à travers les mythes arabes des Jinns, des créatures de l’ombre. La série sera lancée en 2019 et offrira six épisodes. Le tournage a déjà commencé en Jordanie.

Netflix débarque au Moyen-Orient. Le géant américain du streaming vient d’annoncer la production de sa première série originale en langue arabe, intitulée “Jinn“. Elle comptera six épisodes et sera diffusée sur la plateforme dans le monde en 2019.

Produite par Kabreet Productions, la série sera réalisée par Mir-Jean Bou Chaaya, qui sera également producteur exécutif aux côtés de Elan et Rajeev Dessani (“SEAM“). Ces deux derniers ont contribué à l’écriture du scénario avec Amin Matalqa, qui réalisera les trois derniers épisodes de la série. Le tournage se déroule actuellement à Amman, la capitale de la Jordanie.

L’histoire des mythes arabes 

L’intrigue suivra un groupe d’adolescents alors que leur amitié et leurs amours sont mis à rude épreuve par l’influence des Jinns, des créatures surnaturelles dans la tradition islamique. Un combat entre le bien et le mal dans une course contre le temps s’ensuivra.

De jeunes acteurs composent le casting de cette série événement. Salma Malhas incarne le rôle de Mira, une adolescente rebelle dévastée par la mort de sa mère, qui apprend à aimer de nouveau lorsqu’elle rencontre Keras, interprété par Hamza Abu Eqab, un Jinn. Sultan Alkhalil jouera le personnage de Yassin, qui lutte dans un monde qui semble s’être ligué contre lui. La série suivra également sa relation amicale supernaturelle avec Vera, jouée par Aysha Shahalthough.

Créer la première série originale arabe de Netflix, et l’un des premières séries pour adolescents dans le monde arabe, a été une expérience incroyable. Nous avons eu tellement de témoignages de jeunes qui nous ont dit n’avoir jamais été correctement représentés sur le petit écran, et c’est à la fois notre plaisir et notre responsabilité de leur offrir cela et en le faisant, exposer ce que la région peut offrir“, a déclaré Rajeev Dassani.

Nous avons pour but de créer une série fantastique autour des jeunes gens dans le Moyen-Orient et en langue arabe, avec de l’autenticité et de l’action. Cette série Netflix sera pleines d’intrigues, d’aventures et une formidable narration depuis la Jordanie et pour notre public dans le monde“, a rajouté Erik Barmack, vice-président des créations internationales de la plateforme de streaming.

Le réalisateur libanais Mir-Jean Bou Chaaya a remporté l’Etoile d’or lors du festival de Marrakech avec son premier film “Very Big Shot” en 2015.

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