De l’ardeur Histoire de Razan Zaitouneh, avocate syrienne – Justine Augier

Histoire de Razan Zaitouneh, avocate syrienne Avocate, militante des droits de l’homme, figure de la dissidence syrienne, Razan Zaitouneh s’appliquait à documenter les crimes commis dans son pays par le régime mais aussi par les groupes intégristes, à recueillir la parole de ceux qui avaient survécu à la torture et à l’enfermement, quand, en décembre 2013, elle fut enlevée avec trois de ses compagnons de lutte. Depuis lors, on est sans nouvelles. De l’ardeur reconstitue son portrait, recompose le puzzle éclaté de la révolution en Syrie, et du crime permanent qu’est devenu ce pays. En découvrant son combat et son sort, Justine Augier, qui a elle-même mis à distance ses premiers élans humanitaires, est saisie par la résonance que cet engagement total trouve dans ses propres questionnements. Récit d’une enquête et d’une obsession intime, partage d’un vertige, son livre est le lieu de cette rencontre, dans la brûlure de l’absence de Razan.

 

Prix : 14chf

Mon père, ce tueur – Thierry Crouzet

Thierry grandit dans l’ombre glaçante de Jim, élaborant des scénarios de fuite et se barricadant toutes les nuits dans sa chambre. Quelques années après la mort de ce père menaçant, le fils se plonge dans les photographies et les carnets où Jim ne parle que de la guerre. Il décide de partir à la recherche du fantôme, de retrouver par les mots celui qui avait été un jeune garçon à qui l’on avait appris à être un tueur. Car pour se garder de transmettre l’héritage de la violence, il faut en connaître la source.

 

Prix : 29chf

Méchantes blessures – Abd al Malik

Et si notre vie n’était que le résultat d’une succession de traumatismes ? Et si tout ce qui est vrai pour un être l’était également pour une ville, un pays ou un continent ? Alors les différentes blessures qu’inflige l’existence aux individus s’apparenteraient aux crises que connaissent de tout temps les nations. Kamil n’est pas seulement un rappeur esthète, musulman et noir aux racines congolaises, né à Strasbourg et assassiné à Washington, en plein jour, dans le parking d’une boîte de strip-tease, il est aussi l’incarnation d’une certaine idée du génie français. Méchantes blessures raconte la vie et la mort de ce Français du XXIe siècle. Dans ce récit subtilement tissé, entre roman noir, conte philosophique et spirituel, Abd Al Malik imprègne durablement l’esprit et transmet par son écriture sa vision d’un avenir commun.

Prix : 31chf

Rose désert – Violaine Huisman

« C’est pas dangereux par là-bas ? A ton avis, bibi ? Je n’étais pas vraiment au courant du conflit au Sahara occidental avant de traverser la région en autocar. L’ampleur des problèmes de terrorisme dans cette zone du pays n’est pas non plus notoire, si ? Il abaisse ses lunettes fumées avec une emphase théâtrale, et je remarque tout à coup ses yeux bleu-vert, lesquels, entre ses pattes-d’oie, sa peau burinée et sa barbe de trois jours, ressemblent aux lagunes de Dakhla. Géraldine, tu vas devoir m’expliquer ce que tu fous ici ». Suite à un immense chagrin d’amour à l’approche de la trentaine, Violaine décide de traverser le désert, du Maroc au Sénégal. A partir de ce périple improbable, s’esquisse une réflexion sur l’emprise et la perte. En revisitant ses rapports aux hommes depuis l’adolescence, elle aborde avec une sincérité rarement égalée les tabous de l’éveil à l’amour et à la sexualité. L’écriture si particulière de Violaine Huisman, à la fois poétique et abrupte, s’impose sur ce sujet intime dans toute sa vitalité.

 

Prix : 30chf

Pas de deuil pour ma mère – Hassouna Mosbahi

Ce roman est inspiré d’un crime sauvage commis dans un quartier populaire de Tunis dans les années 70 : un jeune homme d’une vingtaine d’années avait brûlé sa mère veuve sous la pression des habitants du quartier qui l’accusaient de prostitution clandestine… Mais l’auteur a choisi la décennie 2000 comme cadre pour les événements de son roman. En effet, cette décennie était marquée par des crises sociales et politiques qui allaient conduire à la chute du régime de Ben Ali. Le héros du roman est un de ces milliers de jeunes touchés par les crises. Sa mère, une très belle femme, qui a consommé un mariage sans amour, est constamment persécutée par les habitants du quartier qui se plaisaient à empoisonner sa vie, l’accusant surtout de prostitution clandestine.

 

Prix : 34chf

Rhapsodie des oubliés – Sofia Aouine

Abad, 13 ans, vit dans le quartier de Barbès. Rêvant de vivre pleinement sa vie et d’échapper à son destin, il tente de briser les règles imposées par sa famille. Premier roman.

 

Prix : 31chf

Nos vacances au bled – Chadia Chaïbi Loueslati

Après le succès de Famille nombreuse, Chadia poursuit son cheminement familial avec Nos vacances au bled. La famille s’est agrandie et vit en banlieue parisienne. Les parents décident d’acheter un terrain en Tunisie et d’y faire construire LEUR maison pour se rapprocher de la famille restée au bled et de pouvoir partir en vacances chaque été. Tout s’organise rapidement. Les enfants sont surexcités, certains prendront l’avion, les parents chargent la voiture à bloc. Pour les enfants c’est la découverte d’une autre culture et pour les parents, c’est la gestion du chantier qui prendra toute leur énergie. Ces vacances d’été resteront à jamais gravées dans la mémoire de Chadia et de ses frères et soeurs. Cet album est une ode à la famille.

 

Prix : 34chf

N’appelle pas, il n’y a personne – Youssef Fadel

Jeune femme venue de la petite ville d’Azemmour, Farah – qui signifie « joie » – rêve de devenir chanteuse et monte à Casablanca dans l’espoir d’y faire carrière. Osman est un artisan décorateur qui travaille avec son père sur le chantier de la mosquée Hassan II, que le roi a voulue d’un luxe opulent et pour le financement de laquelle toutes les couches de la population sont mises à contribution, y compris les plus démunies. Sur cette toile de fond se greffe une histoire d’amour entre Osmane et Farah qu’il rencontre par hasard sur le chantier. Elle est pour lui, au gré de ses apparitions, comme un ange de lumière. Toutefois, l’ambition de Farah est trop pressante pour l’assigner à un seul lieu, à un seul homme, et cette nature libre l’expose à toutes les convoitises. Avec N’appelle pas, il n’y a personne, titre inspiré d’une chanson de Fayrouz, Youssef Fadel met un point final à sa trilogie consacrée au règne de Hassan II. On a vu dans Un joli chat blanc marche derrière moi (Sindbad/Actes Sud, 2014) l’arbitraire du pouvoir royal et les intrigues de la cour, dans Un oiseau bleu et rare vole avec moi (Sindbad/Actes Sud, 2017) la dure répression qui a suivi l’attentat manqué contre le roi, le 15 août 1972. Ce dernier tome dénonce en particulier le fossé qui n’a cessé de se creuser entre les riches et les pauvres.

 

Prix : 37chf

Embrasements – Kamila Shamsie

Isma et Eamonn se lient d’amitié aux Etats-Unis, dans une ville universitaire. Tous deux arrivent de Londres et sont d’origine pakistanaise. Mais leurs histoires familiales diffèrent. Le père d’Isma a sacrifié sa vie au djihad. Figure montante du Parti conservateur britannique, celui d’Eamonn est connu pour son rejet du communautarisme. Rentré en Angleterre, Eamonn rencontre Aneeka, la soeur d’Isma, dont il avait vu une photographie et remarqué la beauté renversante. Très vite, ils sont précipités dans une vertigineuse spirale de passion et de secrets. Jusqu’au jour où Aneeka dévoile à son amant l’existence de son frère jumeau, embrigadé par l’Etat islamique, qui cherche désormais à fuit l’enfer de Raqqa. Elle supplie Eamonn d’intercéder pour lui auprès de son père. Mais le tout nouveau ministre de l’Intérieur prône la « tolérance zéro » à l’égard de ceux qui ont trahi la patrie. Dès lors ces deux familles, happées dans la tourmente médiatique, avancent inéluctablement vers le deuil et l’effondrement. L’immortelle tragédie d’Antigone orchestre ce roman et nous entraîne à la suite de personnages poignants, incarnation vibrante des héros de Sophocle. Confrontés au pire, tant dans la sphère intime que sur l’échiquier international, ils tentent d’échapper à l’étau des loyautés contraires pour s’emparer de leur destin. Explorant leurs réalités identitaires, familiales, amoureuses et politiques, Embrasements reflète les plus violentes convulsions de notre monde contemporain.

 

Prix : 35chf

Millenium blues – Faïza Guène

De la fin des années 1990 à nos jours, Zouzou promène sur son époque son regard d’enfant, d’adolescente, puis de jeune femme, et enfin de mère, tout cela dans le désordre ou presque. Chaque épisode intime de l’existence de Zouzou est associé de près ou de loin à un événement de notre vie collective. La coupe du monde 1998, le 11 septembre 2001, le second tour de l’élection présidentielle de 2002 ou encore la grippe A… Mais si le monde change à un rythme de plus en plus rapide, une chose demeure : l’amitié qui lie Zouzou à Carmen. Tout commence par un accident, à Paris, en août 2003, au cceur de la canicule…

 

Prix : 13chf