Comment réussir sa migration clandestine / Salim Zerrouki

Comment dénoncer ce que l’Europe veut à tout prix ignorer ? L’Algérien Salim Zerrouki utilise un humour cinglant, noir, horriblement grinc ? ant et dérangeant pour raconter ce que l’Europe appelle  » crise migratoire  » et regarde comme une menace. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), près de 17 000 personnes sont mortes ou disparues en Méditerranée depuis 2014. En réalité, elles sont bien plus nombreuses. Parmi les migrants qui meurent chaque année dans le monde, près de trois sur quatre perdent la vie aux portes de l’Europe. Salim Zerrouki tente de réveiller le peu d’humanité qui sommeille en nous. Alors que l’Union européenne finance des garde-côtes libyens chargés de ramener les migrants dans les camps de détention, qu’elle empêche les ONG de secourir les embarcations en perdition en Méditerranée, Salim Zerrouki s’efforce – ; quitte à choquer – ; de nous faire prendre conscience de nos responsabilités. Comment réussir sa migration clandestine délivre des conseils essentiels pour survivre à la noyade, aux viols, à la torture, au vol d’organes. Neuf histoires indépendantes. Toute ressemblance avec des faits réels n’est pas fortuite…

 

Prix : 21CHF

Dans « Les oiseaux ne se retournent pas », Nadia Nakhlé donne visage et voix aux enfants migrants

À travers le récit du périple d’une petite fille qui a pris le chemin de l’exil pour fuir la guerre et ses atrocités, l’artiste pluridisciplinaire française d’origine libanaise signe un magnifique premier roman graphique couronné de prix. Découverte.

Orient Le Jour / Par Zéna ZALZAL, le 11 février 2021 à 00h01

Dans « Les oiseaux ne se retournent pas », Nadia Nakhlé donne visage et voix aux enfants migrants

Les oiseaux ne se retournent pas (éditions Delcourt) s’ouvre sur le dessin d’une petite fille jouant avec son cerf-volant rouge au milieu des ruines d’une ville détruite par les bombardements. Beyrouth ? Alep ?

Homs ? Mossoul ? Ou ailleurs… Impossible de situer cette ville, de définir ce pays en guerre qu’évoque Nadia Nakhlé dans son premier album graphique. Sinon qu’il s’agit de l’une de ces terres d’Orient si fertiles en conflits, en massacres et en tragédies.

Il y a quelque chose de l’ordre du songe, du conte onirique dans son récit dessiné du périple d’Amel, 12 ans, qui n’a d’autre choix que de quitter son pays mis à feu et à sang. Ses parents en ont ainsi décidé. Ils l’ont confiée à une famille chargée de l’accompagner en France. Mais celle-ci la perd à la frontière. Défiant sa peur, les menaces et la solitude, l’enfant poursuivra sa route. Sur son chemin, elle croisera un jeune joueur de oud, ancien soldat qui a déserté la violence des combats et qui l’aidera dans sa traversée…

Un dessin d’une délicatesse et d’une beauté envoûtantes, délibérément sombre et cependant éclairé de touches de couleurs fortes, porte ce roman graphique aussi poétique que paradoxalement inspiré de la réalité la plus noire. Celle de l’exil auquel sont forcées les populations des pays en guerre. Et pas que les adultes.

Amel entre les ruines… dans la planche d’ouverture du roman. Photo DR

Un quart de mineurs dans les camps de refugiés

Saviez-vous qu’au moins un quart des migrants qui rejoignent l’Europe sont des mineurs isolés qui fuient la même barbarie que leurs aînés ?

Vous êtes-vous demandé ce qu’il se passe dans la tête de ces enfants qui traversent la guerre et tentent d’y échapper ? Comment se reconstruisent-ils après avoir côtoyé l’horreur si jeunes ? Ce sont autant ces interrogations que le sentiment de révolte de l’auteure face à la situation des réfugiés, et notamment celle des enfants, victimes innocentes des belligérances des adultes, qui sont à l’origine de cet album graphique. Le premier de Nadia Nakhlé, une artiste pluridisciplinaire issue de l’univers des films d’animation et de la mise en scène de spectacles. « J’ai ressenti le désir de transformer cette sombre réalité par le dessin et la poésie.

Comme une tentative de répondre à la douleur de l’exil par la beauté, l’humanisme et l’espoir », confie à L’OLJ cette jeune femme de 35 ans jointe par téléphone. Le point de départ de l’écriture de cette histoire était donc la volonté de l’auteure de mettre en lumière la situation de ces mineurs arrachés à leur pays, leur famille, leur enfance… De raconter la dureté de leur parcours vers l’exil. Mais aussi d’évoquer leur regard qui reste celui d’un enfant, empreint d’imaginaire malgré toutes les vicissitudes. Ce regard nimbé d’espoir et de résilience, pourvu qu’il croise un brin d’humanité, un geste de solidarité, elle l’a transmis à Amel, personnage fictif qu’elle a façonné en s’inspirant du réel des enfants dans les camps de réfugiés qu’elle a visités à Calais, en France, ou encore au… Liban. Car Nadia Nakhlé est, comme son nom l’indique, d’origine libanaise. « Je suis née en France d’un père libanais, de Zahlé très précisément, qui a grandi dans cette ville et y a vécu toute sa jeunesse jusqu’au début de la guerre du Liban. Mais mon père est né à Homs, en Syrie, où son propre père était en mission de travail. Lorsque j’ai vu les images de cette ville détruite par les bombardements, j’ai été bouleversée. Ça m’a ramenée à mon histoire familiale traversée par l’exil dû à la guerre. Et sans doute enclenché mon désir de faire passer cette mémoire-là… » révèle-t-elle. Un récit totalement fictif, qui n’a aucun lien avec la réalité du parcours de son père ou l’émigration vécue par les membres de sa famille, « aujourd’hui éparpillés entre le Liban, la France, le Canada, le Brésil et les États-Unis », précise l’auteure. Ajoutant que son objectif était « de sensibiliser les lecteurs au fait qu’on ne choisit pas de fuir un pays en guerre. On y est forcé. Tout en transmettant un message d’espoir et de solidarité à ceux qui tentent d’échapper à cet enfer ». Force est de constater que pour son coup d’essai, cette primo-auteure et illustratrice a réalisé un coup de maître. Son ouvrage, paru en juin 2020, a reçu trois prix la même année : le prix Première du roman graphique (prix organisé par la Radio Télévision belge francophone – RTBF) ; le prix Solidarité en partenariat avec L’Obs ; et le prix des Lycées de l’Académie de Poitiers, décerné dans le cadre du Festival international de la BD d’Angoulême. Une récompense qui tient particulièrement à cœur à celle qui a fait sienne cette citation d’Antoine de Saint Exupéry : « Je suis de mon enfance comme je suis d’un pays. »

Un roman graphique à l’univers mêlé de poésie, de tragédie et d’espoir. Photo DR

Dessins et citations

Des citations, Nadia Nakhlé y a d’ailleurs largement recours dans Les oiseaux ne se retournent pas. Puisant surtout dans les mots des poètes et penseurs du monde arabe (Gibran Khalil Gibran, Andrée Chedid, Mahmoud Darwich…) pour introduire chaque chapitre de ce magnifique ouvrage. Pour accompagner cette plongée poétique, graphique et allégorique dans le drame que vivent de nombreux humains aujourd’hui. Intercalé de planches au tracé riche en arabesques et enluminures très orientalisantes, son récit est aussi largement inspiré de la symbolique de l’envol initiatique puisé dans Le Cantique des oiseaux du poète persan Farid al-Din Attar.

Autant d’éléments visuels et narratifs qui signent la facture personnelle de cette artiste engagée dans une œuvre gorgée d’humanité et tournée vers l’espoir. Comme celui qu’incarne son héroïne, « cette enfant qui va s’appuyer sur l’art et la musique pour garder ses racines dans son cœur et se construire tout en affrontant l’exil ».

Et un spectacle aussi…

Sauf que sa Amel ne se borne pas à n’être qu’une héroïne de roman, fût-il graphique. Pour sa créatrice qui aime, dit-elle, associer dans son langage artistique, l’écriture au dessin et à la mise en scène, il n’était pas question de ne pas la faire exister sur scène d’abord puis dans un film d’animation dont la sortie est prévue pour 2023. Les deux projets ont déjà été enclenchés. L’ouvrage imprimé a ainsi été décliné en « spectacle musical et dessiné », dont la première a eu lieu en janvier 2020 juste avant l’instauration des mesures sanitaires renforcées en France. Accompagné de projections des planches tirées du livre, il est interprété par un joueur de oud, un pianiste et deux comédiennes, « dont l’une, s’exprime en français et en arabe. Il s’agit d’ailleurs de Maya Sanbar, fille d’Élias Sanbar, le traducteur de Mahmoud Darwich, qui est également d’origine libanaise », signale son auteure-metteuse en scène. Un spectacle dont le calendrier des représentations est évidemment tributaire de la levée du confinement en France. Et peut-être aussi au Liban ? Car Nadia Nakhlé rêve de présenter ce projet dans son pays d’origine. L’appel est lancé.

Nul doute que les Libanais, lecteurs ou spectateurs, se retrouveront dans Les oiseaux ne se retournent pas. Et notamment dans certaines citations intelligemment choisies par la jeune auteure-illustratrice, comme celle de Mahmoud Darwich : « Nous souffrons d’un mal incurable qui s’appelle l’espoir », ou cette autre de Gibran Khalil Gibran : « La vérité est comme les étoiles. Elle n’apparaît que dans la nuit obscure », qui ne manqueront pas de faire écho à ce qu’ils vivent encore et toujours !

 

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« Paroles de lecteurs » – Oui, la langue arabe est une chance pour la France – Le Monde

« Pour la première fois, au plus haut niveau de l’Etat, la question de l’enseignement de l’arabe en France est évoquée avec précision, se félicite Pierre-Louis Reymond, professeur et agrégé de langue et civilisation arabes. […] Il est urgent d’insister sur le lien indissoluble qui nous relie au monde, à la langue et à la culture arabes. »

 

Vendredi 4 décembre, le président de la République s’est adressé aux jeunes pendant plus de deux heures sur le média en ligne Brut pour évoquer de nombreux sujets brûlants de l’actualité. Au détour d’une évocation de l’assassinat tragique de Samuel Paty, de l’islam et de la liberté d’expression, une intervenante est revenue sur la nécessité d’enseigner l’arabe en France, question lancinante, récurrente, constamment soulevée, peu suivie d’effets, et surtout connectée, par ignorance des enjeux cruciaux qu’elle pose, à des surenchères idéologiques qui obstruent la sérénité du débat.

Pour la première fois, au plus haut niveau de l’Etat, la question de l’enseignement de l’arabe en France est évoquée avec précision dans un entretien sur un média considéré comme à haute valeur ajoutée par les 18-40 ans, dans un souci de clarté pédagogique d’autant plus louable qu’il fait le lien fondamental entre culture, société et actualité. C’est suffisamment rare pour être souligné. Oui, la langue arabe est une chance pour la France, un trésor de France, explique Jacques Lang dans le récent ouvrage qu’il lui a consacré (La langue arabe, trésor de France, Le Cherche Midi, 2020).

J’ajouterai que la langue arabe est une part de notre humanisme. Il n’est, pour s’en convaincre, que de citer Rabelais, précisément la lettre que destine à Pantagruel son père Gargantua […] : « J’entends et veux que tu apprennes les langues parfaitement : premièrement la Grecque, comme le veut Quintilien, secondement la Latine, et puis l’Hébraïque pour les Saintes Lettres, et la Chaldaïque et Arabique pareillement. »

Que le président de la République ait fait mention, et avec insistance, de ce besoin des familles locutrices de l’arabe – dialectal, parfois aussi littéraire – de cultiver une langue et une culture consubstantielles à leurs racines constitue une avancée certaine sur cette question cruciale de la place de la langue et du monde arabes dans l’identité culturelle de la France. Le minimiser, c’est renoncer à une part de nous-mêmes, enfants de la République, c’est-à-dire soucieux de la diffusion d’un savoir… brut qui fasse triompher la puissance d’analyse de la raison sur les impasses passionnelles de l’obscurantisme et des idéologies mortifères.

Familles locutrices de l’arabe oui, mais aussi, ne l’oublions pas, toute personne désireuse d’apprendre l’arabe, démarche résultant bien souvent d’une analyse objective des enjeux du monde contemporain, laquelle fait apparaître la maîtrise de la langue arabe comme un atout majeur, notamment et de manière non exhaustive, dans les domaines journalistique, entrepreneurial, diplomatique mais aussi cinématographique et musical.

Face aux pétitions de principes, aux manipulations discursives, aux tentatives tous azimuts de s’en prendre à ce qui fait la France, il est urgent d’insister sur le lien indissoluble qui nous relie au monde, à la langue et à la culture arabes.

Commençons par le commencement : la langue, justement ; notre langue française, combien de termes empruntés à l’arabe ne cessons-nous d’utiliser dans notre quotidien ! Continuons avec notre patrimoine universel : combien de familles n’auront-elles pas songé en ces fêtes de Noël à offrir une fois de plus les contes des Mille et une Nuits ! Poursuivons : combien de visiteurs de Paris, la plus belle ville du monde aux dires de beaucoup, n’auront-ils pas prévu de placer l’Institut du monde arabe aux tout premiers rangs de la programmation des visites envisagées ?

Mais parlons à nouveau fondements, fondements d’une culture partagée en humanités : comment continuer à méconnaître les enjeux du Discours décisif d’Averroës, que l’on commence tout juste à aborder en classe de Terminale ? Comment oublier l’œuvre volumineuse de Louis Massignon consacrée à al-Hallaj, l’un des plus grands mystiques de la pensée musulmane ? Comment ne pas se rappeler que la traduction du Coran de Régis Blachère, naguère professeur à la Sorbonne, si abondamment glosée, annotée, expliquée par l’auteur lui-même constitue une référence majeure pour l’étude de la civilisation arabo-musulmane ?

Comment faire l’impasse sur la Renaissance arabe des lettres et des arts, initiée au XIXe siècle et poursuivie durant la première moitié du XXe, au cours de laquelle les intellectuels arabes ont été à l’avant-garde d’un projet laïc qui a notamment donné naissance au développement d’un mouvement de modernisation de la langue arabe, lequel a engendré la création de la première académie de langue arabe, la naissance du mouvement nationaliste arabe, mais aussi d’une presse foisonnante dont la liberté d’expression quasiment inégalée a fait date ?

Alors oui, en matière de communication sur la langue, le monde et la culture arabes, soyons « bruts », ne nous laissons pas confisquer notre humanisme, fondement de notre identité plurielle, par l’hydre idéologique sur laquelle prospère une volonté de puissance destructrice si bien servie par l’ignorance coupable.

Pierre-Louis Reymond, Lyon

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La mélodie du Berbère juif

La mélodie du Berbère juif

Dans un récit historique brillant, Julien Cohen-Lacassagne bouleverse les idées reçues sur les origines des juifs du Maghreb. Il raconte comment, au cours de grandes batailles religieuses, de la conversion de l’empire romain au christianisme, puis avec la montée en puissance de l’islam en Méditerranée, une partie des Berbères d’Afrique du Nord a adopté le judaïsme.Le dernier chapitre de l’essai de Julien Cohen-Lacassagne, Berbères juifs, l’émergence du monothéisme en Afrique du Nord, s’ouvre sur une citation de Marylin Monroe : «Je me méfie de ceux qui m’aiment sans me connaître, ils peuvent me haïr pour la même raison.» Je ne sais où et quand cette phrase a été prononcée, mais elle colle bien avec l’esprit de ce texte : «Montrer l’impasse vers laquelle conduit la tentation d’écrire une histoire juive isolée de celle du reste du monde». En se consacrant à l’histoire juive au Maghreb, l’auteur bouscule le mythe qui fait que tout juif descendrait des expulsés de Judée, après la destruction du Second Temple de Jérusalem en 70 après Jésus-Christ. Il raconte comment «le monothéisme juif fut prosélyte et conquérant, comme le furent tous les monothéismes», et chercha à convertir les populations autochtones.

Une rue de Mogador, mellah (quartier juif) d’Essaouira au début du XXe siècle

CITOYENS D’UN CÔTÉ, INDIGÈNES DE L’AUTRE

«Rien n’interdit d’être à la fois juif et arabe», explique-t-il d’emblée. «Juifs et musulmans du Maghreb partagent les mêmes origines, confondues dans un univers arabo-berbère où les liens de solidarité reposent parfois sur l’appartenance religieuse, mais non exclusivement.» La distinction, pour le cas spécifique de l’Algérie est finalement très récente, avec le décret Crémieux qui, en accordant la nationalité française aux juifs algériens en 1870, organisa la séparation d’avec les musulmans «soumis au drastique code de l’indigénat». Citoyens d’un côté, indigènes de l’autre : le colonialisme français, avant même l’émergence du sionisme, allait contribuer à réécrire l’histoire complexe et ignorée d’une civilisation judéo-musulmane. Car être Berbère juif est le produit d’une histoire régionale qui ne mérite pas de rester à l’ombre.

En cherchant à la reconstituer, en explorant des pistes jusqu’alors méconnues, Julien Cohen-Lacassagne veut aussi mettre à mal la légende – très en vogue en Europe et en Israël – d’un nouvel «antisémitisme d’importation» venu du Maghreb. En réalité, «les sociétés arabo-musulmanes n’ont pas exercé sur les juifs une violence aussi redoutable que celle qui s’est abattue sur eux en Occident, et si la judéophobie dans le monde arabe est à bien des égards un produit d’importation, c’est depuis l’Europe qu’elle s’est répandue».

UNE «AUTHENTIQUE CIVILISATION JUDÉO-MUSULMANE»

Dans la lignée des recherches de Shlomo Sand, qui préface d’ailleurs le livre, Julien Cohen-Lacassagne rembobine l’histoire pour raconter comment la Méditerranée a produit une «authentique civilisation judéo-musulmane» qui aurait davantage de réalité qu’une «hypothétique civilisation judéo-chrétienne». Décortiquant textes et sources inédites, il explique que les juifs au Maghreb — plus nombreux au Maroc qu’en Algérie et en Tunisie au début du XXe siècle — étaient principalement des descendants de Berbères judaïsés, parfois de la tribu des Djerawa de la célèbre reine berbère Kahina. Contestant le terme courant de «séfarade» — ibère en hébreu —, l’auteur distingue les megorashim, descendants de familles marchandes hispano-portugaises venus de la péninsule ibérique se réfugier en Afrique du Nord après la Reconquista du XVe siècle, des toshavim, habitants autochtones formant la plus grande partie des Maghrébins juifs. Et encore, bon nombre de juifs d’Ibérie étaient de langue et de culture arabe, et «descendaient d’Arabo-Berbères qui avaient participé à la conquête d’Al-Andalûs au VIIIe siècle».

Du point de vue de l’histoire religieuse, au centre de l’ouvrage, il semble que la conversion au judaïsme fut pour les tribus berbères le moyen d’afficher leur unité dans leur lutte contre l’empire romain, permettant au monothéisme de l’emporter contre le paganisme. On comprend d’ailleurs comment l’Afrique du Nord fut le théâtre d’une «compétition missionnaire» entre christianisme et judaïsme, la conversion de l’empire romain au christianisme détériorant la situation des juifs dans la région, avant qu’elle ne devienne principalement musulmane, entre le VIIe et le VIIIe siècle. « Tout laisse à penser, raconte l’auteur, que des proto-royaumes judéo-berbères s’étaient constitués : un micro royaume juif du Touat, indépendant jusqu’au XVe siècle, un autre petit royaume juif saharien dans le Gourara, où Léon l’Africain aurait séjourné, voire un autre encore dans la région d’Oujda.»

LE PRODUIT D’UNE HISTOIRE RÉGIONALE VIVANTE

De Carthage, cité punique «cosmopolite et polyglotte» jusqu’à sa destruction par Rome à Médine et sa «constitution» organisant la vie des communautés, des érudits juifs comme Moïse Maïmonide qui écrit l’arabe en caractères hébraïques, à la formation tardive des mellahs, ces quartiers réservés sur le modèle des juderias espagnoles et des ghettos d’Europe, Julien Cohen-Lacassagne explique à la fois l’enracinement profond de la religion juive au Maghreb tout au long des siècles et «l’invention de la diaspora» de façon beaucoup plus récente.

Alors, pourquoi cette citation de Marylin Monroe? Elle fait inévitablement penser à la célèbre réplique de Osgood (Joe E. Brown) qui veut épouser Daphné (Jack Lemmon), un homme travesti, à la fin de Certains l’aime chaud, le fameux film de Billy Wilder tourné en 1959 et l’un des plus beaux rôles de l’actrice : «Personne n’est parfait.» Réponse ironique mais lucide à des recherches d’identité qui tendent à négliger la réalité humaine et historique. «Une identité unique est un refuge fragile, et pire que cela, vide», conclut Julien Cohen-Lacassagne. D’une plume précise et vive, ce récit historique est aussi un bonheur de lecture.

Jean Stern

Ancien de Libération et de La Tribune, collaborateur de La Chronique d’Amnesty International. Il a publié en 2012 Les Patrons de la presse nationale, tous mauvais, à La Fabrique; aux éditions Libertalia : en 2017 Mirage gay à Tel Aviv et en 2020 Canicule.

Retrouver l’article original sur le site de l’excellent ORIENT XXI     

Orient-Occident, histoires croisées

La rédaction de RTSreligion propose un coffret de 3 CD pour comprendre les racines des liens et des tensions actuelles entre le monde arabo-musulman et le monde occidental.

Ce coffret reprend l’essentiel d’une série spéciale d’émissions diffusée en juin 2015 dans le magazine A vue d’esprit sur Espace 2. Né au sein de la rédaction RTSreligion à la suite des « printemps arabes », ce projet se révèle plus pertinent que jamais au vu de l’actualité.

L’avènement du groupe Etat islamique, la recrudescence du terrorisme international, les attentats en France des mois de janvier et novembre 2015, nécessitent le recul de l’histoire pour comprendre les enjeux historiques, religieux, symboliques et géo-politiques des rapports entre Orient et Occident.

Visuel du coffret CD "Orient-Occident, histoires croisées"
Visuel du coffret CD « Orient-Occident, histoires croisées » [ – RTS]

Présentation de la série diffusée en juin 2015

Les croisades du Moyen Age ont laissé une profonde empreinte dans l’histoire Orient – Occident jusqu’à nos jours.

A vue d’esprit propose 25 émissions sur les croisades, leurs conséquences et leurs interprétations au fil des siècles.

« Attaquer les croisés où qu’ils soient » et maintenir les « bastions chrétiens » en « état d’alerte ». Ces expressions figuraient noir sur blanc, en janvier 2015, dans un communiqué du groupe Etat islamique. Croisés ? bastions chrétiens ? Ces mots sonnent de manière étrange en Occident. Les croisades : c’était il y a une éternité ! Comment expliquer que ce registre sémantique apparaisse dans la propagande d’un groupe armé qui met à feu et à sang le Proche et le Moyen-Orient et réprime les minorités religieuses ?

Les journalistes de RTSreligion ont choisi d’aller au-delà de cette rhétorique pour mieux comprendre comment les relations Orient-Occident ont évolué depuis les croisades, cette période de deux cents ans qui court de la fin du XIe à la fin du XIIIe siècle. Quelles traces reste-t-il des expéditions militaires venues de l’Ouest ? Quelle influence les croisades ont-elles eues sur le christianisme et l’islam ?

Une enquête au fil des siècles qui montre comment le développement des empires coloniaux au XIXe siècle a ravivé de vieux souvenirs, comment la fin de l’Empire ottoman a rouvert des questions ethnico-religieuses, comment les conflits des XXe et du XXIe siècles se sont aussi nourris de cet imaginaire de la croisade, comment les religions ont pu être source de tensions mais aussi de pacification.

Une série signée Gabrielle Desarzens, Jean-Christophe Emery, Catherine Erard, Evelyne Oberson et Fabien Hünenberger.

Avec la participation notamment de : Martin Aurell, Georges Corm, Michel Grandjean, Vincent Gelot, Rinaldo Tomaselli, John Tolan, Jean-Claude Cheynet, et bien d’autres.

  • 1/ 25 – L’actualité des croisades

    Pourquoi parler aujourd’hui des croisades? Si pour les Occidentaux, c’est de l’histoire passée, dans le monde musulman, les croisades restent souvent perçues comme une des étapes particulièrement violente de l’affrontement séculaire entre le christianisme et l’islam. Un affrontement qui est encore d’actualité: le terme « croisés » est utilisé par des islamistes pour désigner les Occidentaux en s’appuyant sur cette mémoire des croisades.

    Du côté de l’Occident,  le terme a également été repris, notamment par Georges Bush après les attentats du 11 septembre 2001. Faut-il dès lors parler d’une instrumentalisation de la notion de croisades? Avant d’entrer dans l’histoire des croisades, cette première émission propose un tour d’horizon des traces de cette mémoire sensible des croisades dans le monde des musulmans, des chrétiens occidentaux, des juifs, et des chrétiens orthodoxes.

    Avec Vincent Gelot, Bytia Rozen-Goldberg, Julien Loiseau, Georges Corm, Sonia Fellous, Simon Epstein, Abbès Zouache, Ahmed Benani et le père Dositheos.

    Première Croisade: le siège et la prise de Jérusalem par les croisés menés par Godefroy de Bouillon en 1099.

    – AFP

    A vue d’esprit – Publié le 01 juin 2015
  • 2/25 – Urbain II et l’appel de Clermont: l’origine des croisades

    En 1095, lors du Concile de Clermont, le pape Urbain II lance un appel à la croisade pour venir en aide aux chrétiens d’Orient et pour libérer le Saint-sépulcre de Jérusalem. Un des buts avoués de ce concile est aussi de réduire la violence en Europe et de limiter les exactions de chevaliers de moins en moins contrôlés. Un souci qui rejoint une autre aspiration: celle d’un proche retour du Christ à Jérusalem. Ce climat spirituel particulier explique en partie le succès de cet appel à la croisade.

    Avec André Vauchez, Martin Aurell, Julien Loiseau, Abbès Zouache et Simon Dorso.

    Première Croisade: le siège et la prise de Jérusalem par les croisés menés par Godefroy de Bouillon en 1099.

    – AFP

    A vue d’esprit – Publié le 02 juin 2015
  • 3/25 – Pierre L’Ermite et le fanatisme.

    L’un des premiers prédicateurs de la croisade est un certain Pierre L’Ermite. Il va entraîner dans son sillage près de 15’000 pèlerins dont très peu parviendront à Jérusalem. Sur leur chemin, des populations juives entières seront assassinées. Ces prédicateurs fanatiques seraient-ils à l’origine d’une forme de guerre sainte ? Comment l’arrivée des croisées a-t-elle conduit à réactiver le djihad guerrier musulman ? Comment du côté chrétien a-t-on progressivement accepté que des religieux puissent porter des armes et verser le sang ?

    Avec Martin Aurell, André Vauchez et Julien Loiseau.

    Première Croisade: le siège et la prise de Jérusalem par les croisés menés par Godefroy de Bouillon en 1099.

    – AFP

    A vue d’esprit – Publié le 03 juin 2015

     

  • 4/25 – Alexis 1er Comnène et l’Empire de Byzance

    L’arrivée de tribus turques depuis l’Asie au XIe siècle modifie l’équilibre politique du grand empire chrétien qu’est encore Byzance. Les Byzantins, héritiers de l’empire romain d’Orient, ont perdu de nombreux territoires au profit des turcs seldjoukides. Leur empereur, Alexis 1 Comnène demande alors aux Latins de leur fournir des contingents de mercenaires. Mais la réponse qu’il reçoit n’est pas tout à fait celle qu’il attendait. Les croisés, suite à plusieurs mécompréhensions, ne vont pas respecter les engagements pris envers les Byzantins et ne redonneront pas Antioche aux chrétiens d’Orient. Une grande méfiance va s’installer durablement entre les chrétiens occidentaux et les chrétiens orientaux.

    Avec Jean-Claude Cheynet et Abbès Zouache.

    Première Croisade: le siège et la prise de Jérusalem par les croisés menés par Godefroy de Bouillon en 1099.

    – AFP

    A vue d’esprit – Publié le 04 juin 2015
  • 5/25 – Les Juifs et les croisades

    Lorsque les croisés partent pour Jérusalem, certains vont sur leur chemin massacrer des populations juives entières, hommes, femmes et enfants. Une première dans l’histoire des relations entre juifs et chrétiens. Les auteurs de ces actes barbares ne seront jamais condamnés. Pour les populations juives également présentes au Proche-Orient, comment vivent-elles sous la domination des musulmans, quelles seront pour elles les conséquences de l’arrivée des croisés?

    Avec Sonia Fellous.

    Première Croisade: le siège et la prise de Jérusalem par les croisés menés par Godefroy de Bouillon en 1099.

    – AFP

    A vue d’esprit – Publié le 05 juin 2015

     

  • 6/25 – Ce que les chrétiens latins savaient des musulmans

    Lorsque les croisades débutent, la connaissance de l’islam par les chrétiens d’Occident est très lacunaire. Ils pensent alors que les Sarrazins, comme ils les nomment, sont des polythéistes. Ils s’appuient sur des écrits de St Jérôme qui a vécu deux siècles avant le prophète Mahomet. Les croisades vont permettre aux occidentaux de découvrir l’islam. La première version latine du Coran sera éditée en 1143.

    Avec Martin Aurell et John Tolan.

    La conquête de Jérusalem par Saladin Ier (1138-1187), en 1187. Miniature de la "Chronique des empereurs", par Loyset Lieder (1462).

    – AFP

    A vue d’esprit – Publié le 08 juin 2015
  • 7/25 – La prise de Jérusalem

    Le 15 juillet 1099, quatre ans après l’appel à la croisade lancé par le pape Urbain II, Jérusalem tombe aux mains des croisés. Cet évènement aura un retentissement très important en Occident et en Orient, mais pas pour les mêmes raisons. En Occident, cette victoire est le signe que Dieu est avec les croisés. Elle marque le début de l’installation d’Occidentaux dans les tous nouveaux Etats latins d’Orient. En Orient, l’extrême barbarie des croisés lors de la prise de la ville sainte va traumatiser toute la région. Les musulmans vont très progressivement se fédérer d’abord sous Zengi, puis Noureddine et enfin Saladin qui parviendra à reprendre la ville en 1187. La première étape décisive de cette longue reconquête sera la prise d’Edesse, la forteresse du Nord en 1144 par Zengi, émir de Mossoul et d’Alep. Face à cette menace, une nouvelle croisade est lancée. La seconde croisade sera  un échec retentissant.

    Avec Martin AurellSimon DorsoJulien Loiseau et Abbès Zouache.

    La conquête de Jérusalem par Saladin Ier (1138-1187), en 1187. Miniature de la "Chronique des empereurs", par Loyset Lieder (1462).

    – AFP

    A vue d’esprit – Publié le 09 juin 2015
  • 8/25 – St Jean d’Acre à l’époque croisée

    La ville portuaire de St Jean d’Acre (Akko) va jouer un rôle très important dans le fonctionnement des Etats latins d’Orient. Elle sera un lieu d’échanges commerciaux et financiers constant entre l’Occident et le Proche- Orient. Les marchands génois, vénitiens, pisans, de même que les ordres de religieux guerriers, les templiers, hospitaliers, chevaliers teutoniques, s’installeront dans la ville. La chute de St Jean d’Acre en 1291 marquera la fin des états latins d’Orient.

    Jean-Christophe Emery nous convie à une visite historique à travers les nombreux vestiges croisés de St Jean d’Acre en compagnie de l’archéologue et historien Simon Dorso.

    La conquête de Jérusalem par Saladin Ier (1138-1187), en 1187. Miniature de la "Chronique des empereurs", par Loyset Lieder (1462).

    – AFP

    A vue d’esprit – Publié le 10 juin 2015
  • 9/25 – La vie dans les Etats latins

    Alors qu’une partie des chevaliers retournent sur leur terre au terme de la première Croisade, certains choisissent de s’installer au Proche-Orient. Beaucoup épouseront des chrétiennes arméniennes ou byzantines. Leurs enfants, que l’on nommera les poulains, parleront plusieurs langues. Et rapidement cette population va adopter certains des us et coutumes de cet Orient très raffiné. Des échanges intellectuels et culturels auront également lieu.

    Avec Martin AurellSimon Dorso, Julien Loiseau et Abbès Zouache.

    La conquête de Jérusalem par Saladin Ier (1138-1187), en 1187. Miniature de la "Chronique des empereurs", par Loyset Lieder (1462).

    – AFP

    A vue d’esprit – Publié le 11 juin 2015
  • 10/25 – Saladin

    S’il est un personnage des croisades qui deviendra légendaire en Orient, mais aussi en Occident, c’est bien Saladin. Il va parvenir à unifier la Syrie avec l’Egypte et à reconquérir Jérusalem en 1187. La bataille d’Hattîn sera décisive. Les troupes de Saladin écraseront l’armée chrétienne conduite par le roi de Jérusalem, Guy de Lusignan.

    Chef de guerre redoutable, il sera également décrit comme un pieux musulman, capable de faire preuve d’indulgence y compris envers ses ennemis.

    La prise de la ville Sainte par Saladin provoquera le départ de la troisième croisade mené par Richard Cœur de Lion, roi d’Angleterre, Philippe Auguste roi de France et l’empereur d’Allemagne, Frédéric Ier Barberousse.

    Avec Martin AurellJulien LoiseauJohn TolanAbbès Zouache.

    La conquête de Jérusalem par Saladin Ier (1138-1187), en 1187. Miniature de la "Chronique des empereurs", par Loyset Lieder (1462).

    – AFP

    A vue d’esprit – Publié le 12 juin 2015

     

  • 11/25 – Le détournement de la 4e croisade sur Constantinople: la blessure non cicatrisée

    En 1204, les croisés pénètrent dans Constantinople et mettent la ville à sac durant trois jours. C’est le début d’un empire latin de Constantinople qui durera près de 50 ans.  Pourquoi les croisées, qui sont des chrétiens, s’en prennent-ils à la capitale de l’empire byzantin chrétien, lui aussi chrétien?

    Retour sur les effets dévastateurs de cette croisade dans les relations entre les chrétiens orientaux, orthodoxes, et les chrétiens catholiques.

    Rinaldo Tomaselli guide Fabien Hünenberger sur les traces des croisées à Istanbul. Avec également Jean-Claude Cheynet et le père Dositheos Anagnostopoulos du Patriarcat œcuménique de Constantinople.

    Départ du roi de France Louis IX dit Saint Louis (1214-1270) pour les croisades. Chromolithographie de 1936.

    Lee/Leemage – AFP

    A vue d’esprit – Publié le 15 juin 2015
  • 12/25 – Lorsque St-François d’Assise rencontra le Sultan Al-Kamil

    Alors que l’idée de convertir les musulmans est absente au début des croisades, progressivement elle émerge avec l’apparition de nouveaux ordres religieux de prêcheurs, les franciscains et les dominicains. St François d’Assise va même se rendre à Damiette en Egypte pour y rencontrer le Sultan Al-Kamil, neveu de Saladin. Nous sommes en 1219 au cœur de la cinquième croisade qui se soldera par un échec.

    Un autre Saint va également 30 ans plus tard mener successivement deux croisades. Il s’agit de Louis IX roi de France, futur St-Louis. Mais là également c’est l’échec. Et si Dieu était du côté des musulmans? Le doute s’installe dans certains esprits et en Europe, les critiques contre les croisades s’amplifient.

    Avec Martin AurellGwenolé Jeusset , André Vauchez et Abbès Zouache.

    Départ du roi de France Louis IX dit Saint Louis (1214-1270) pour les croisades. Chromolithographie de 1936.

    Lee/Leemage – AFP

    A vue d’esprit – Publié le 16 juin 2015
  • 13/25 Le déclin des croisades

    Les échecs successifs des différentes campagnes guerrières au Proche Orient provoquent une réorientation pour le moins surprenante des croisades. Désormais les papes vont également appeler à la croisade contre l’ennemi intérieur, l’hérétique chrétien, en particulier le cathare et le vaudois.

    L’affrontement entre chrétiens et musulmans va continuer au XVIème siècle mais sur la mer à travers la guerre de course. A cette époque se met alors en place une véritable économie de l’esclavage et de la piraterie.

    Avec Martin AurellJocelyne Dakhlia et Julien Loiseau.

    Départ du roi de France Louis IX dit Saint Louis (1214-1270) pour les croisades. Chromolithographie de 1936.

    Lee/Leemage – AFP

    A vue d’esprit – Publié le 17 juin 2015
  • 14/25 Les croisades idéalisées et irréalisables du XVIème

    A partir du XVIème siècle, les croisades auront pour seul but de juguler l’avancée turque. L’idée de reprendre possession de Jérusalem demeure dans les esprits, comme une seconde étape, après la victoire espérée sur les Ottomans. Mais le projet restera lettre morte. Les tensions politiques entre François 1 et Charles Quint, de même que la division de la chrétienté avec l’avènement de la réforme de Luther, ne permettront plus de lever des fonds et des armées pour partir à la reconquête de Jérusalem.

    Avec Jocelyne Dakhlia et Emmanuelle Pujeau.

    Départ du roi de France Louis IX dit Saint Louis (1214-1270) pour les croisades. Chromolithographie de 1936.

    Lee/Leemage – AFP

    A vue d’esprit – Publié le 18 juin 2015
  • 15/25 L’ouverture de la Question d’Orient

    La fin du XVIIIe siècle marque le début d’un nouvel intérêt de l’Europe pour l’Orient. Une ère inaugurée symboliquement par la Campagne d’Egypte lancée par Napoléon en 1798. Pourquoi la France, l’Angleterre mais aussi la Russie se lancent-elles dans les expéditions qui mènent à la conquête de territoires appartenant à l’Empire ottoman ? Peut-on lire dans ce processus de colonisation de régions à majorité musulmane un lointain écho des Croisades?

    Fabien Hünenberger fait le point avec Henri Laurens, professeur au Collège de France, titulaire de la chaire d’histoire contemporaine du monde arabe et Giorgio Del Zanna, professeur d’histoire contemporaine et d’histoire de l’Europe orientale à l’Université catholique de Milan. Auteur de « I Cristiani e il Medio Oriente (1798-1924) ».

    Départ du roi de France Louis IX dit Saint Louis (1214-1270) pour les croisades. Chromolithographie de 1936.

    Lee/Leemage – AFP

    A vue d’esprit – Publié le 19 juin 2015
  • 16/25 – Les chrétiens paient la note

    Le délitement de l’Empire ottoman, fin XIXe – début XXe siècle, n’est pas sans conséquences pour les relations entre chrétiens et musulmans en Orient. Les conquêtes coloniales, de même que l’indépendance déclarée de plusieurs pays dans les Balkans, forcent des centaines de milliers de personnes à prendre les chemins de l’exil. Naît alors dans le monde musulman l’idée qu’il s’agit d’une nouvelle forme de croisades et que les chrétiens d’Orient constituent à ce titre une menace. Une idée qui fera de nombreuses victimes et que Fabien Hünenberger analyse avec Henri Laurens, professeur au Collège de France, titulaire de la chaire d’histoire contemporaine du monde arabe, et Giorgio Del Zanna, professeur d’histoire contemporaine et d’histoire de l’Europe orientale à l’Université catholique de Milan. Auteur de « I cristiani e il Medio Oriente (1798-1924).

    Carte des accords Sykes Picot, 1916.

    The National Archives UK – AFP

    A vue d’esprit – Publié le 22 juin 2015
  • 17/25 – Jérusalem 1900, le calme avant la tempête

    Au XIXe siècle, avec la renaissance des pèlerinages, la redécouverte des intérêts géopolitiques de la ville et l’immigration sioniste naissante, Jérusalem devient progressivement une ville dont la valeur symbolique s’affirme. Avant de connaître les tensions vives des années 1930, la ville traverse une période de 70 ans placée sous le sceau de la pluralité culturelle, de la mixité religieuse et d’une expansion moderne que tous saluent. La présence des britanniques, dès 1917, la pression exercée par l’immigration et la première guerre mondiale, vont progressivement conduire la ville à basculer dans un partage des quartiers, des identités pour aboutir, en 1948 à une division entre « juifs » et « arabes » . L’analyse de Vincent Lemire, historien, Maitre de conférence à l’Université Paris-Est, auteur de « Jérusalem 1900, la ville sainte à l’âge des possibles », Armand Colin, 2013.

    Carte des accords Sykes Picot, 1916.

    The National Archives UK – AFP

    A vue d’esprit – Publié le 23 juin 2015
  • 18/25 – Français et Anglais redessinent l’Orient

    En 1916, alors que l’écroulement de l’Empire ottoman est désormais plus que probable, Français et Anglais conviennent d’une répartition des territoires sous leur contrôle au Proche Orient. Un accord resté célèbre sous le nom de deux de ses négociateurs, le Britannique Sir Mark Sykes et le Français François Georges-Picot, dont l’influence se lit aujourd’hui encore dans le tracé des frontières dans la région. Pour déployer la genèse et les conséquences de ces accords, Fabien Hünenberger et Gabrielle Desarzens se sont entretenus avec Henri Laurens, professeur au Collège de France, titulaire de la chaire d’histoire contemporaine du monde arabe, et Ahmed Benani, politologue et anthropologue des religions.

    Carte des accords Sykes Picot, 1916.

    The National Archives UK – AFP

    A vue d’esprit – Publié le 24 juin 2015
  • 19/25 – Le dernier des Califes

    Le 3 mars 1924, les députés turcs déposent le dernier calife ottoman, Abdülmecid II, et abolissent la fonction de califat. La disparition de ce titre religieux honorifique – porté par les successeurs du Prophète Mohammed – est alors une manière, pour la jeune République turque, d’affirmer sa laïcité et ses intentions de modernisation du pays qui vient de naître. Mais en abolissant le califat, la Turquie fait naître une nostalgie au sein du monde musulman, celle d’une unité perdue. Nostalgie dont le groupe Etat islamique s’est emparé en désignant l’un des siens comme calife le 29 juin 2014. Au micro de Fabien Hünenberger et Gabrielle Desarzens: Ahmed Benani, politologue et anthropologue des religions, et Giorgio Del Zanna, professeur d’histoire contemporaine et d’histoire de l’Europe orientale à l’Université catholique de Milan. Auteur de « I cristiani e il Medio Oriente (1798-1924).

    Carte des accords Sykes Picot, 1916.

    The National Archives UK – AFP

    A vue d’esprit – Publié le 25 juin 2015
  • 20/25 – Le printemps des nationalismes

    Le XXe siècle est marqué par le déploiement des nationalismes en Orient. C’est le cas en Turquie, où les dirigeants de la nouvelle République se rabattent sur un nationalisme ethnique après avoir joué la carte du panislamisme. Mais le nationalisme touche aussi le monde arabe et l’idée d’une grande union du monde arabe – le panarabisme – prend de l’ampleur. Deux Syriens, le grec-orthodoxe Michel Aflaq et le sunnite Salah al-Din al-Bittar, en sont les promoteurs les plus connus puisqu’ils sont les fondateurs du parti Baas en 1947. Pour éclairer ce phénomène, Fabien Hünenberger et Gabrielle Desarzens ont interrogé Giorgio Del Zanna, professeur d’histoire contemporaine et d’histoire de l’Europe orientale à l’Université catholique de Milan. Auteur de « I cristiani e il Medio Oriente (1798-1924), Aline Schlaepfer, docteure en Etudes arabes à l’Université de Genève, et Georges Corm, sociologue et historien libanais, auteur « Pensée et politique dans le monde arabe: contextes historiques et problématiques, XIXe-XXIe siècle », Paris, La Découverte,‎ 2015.

    Carte des accords Sykes Picot, 1916.

    The National Archives UK – AFP

    A vue d’esprit – Publié le 26 juin 2015
  • 21/25 – Israël, nouveaux croisés ?

    Jadis peu peuplée, Jérusalem devient au début du XXe siècle une métropole à l’expansion rapide. Le mouvement sioniste joue un rôle déterminant, mais la progression des pèlerinages est également en cause. L’année 1948 constitue un tournant majeur: au lendemain de la création de l’Etat d’Israël, la ville bascule dans le conflit et constitue désormais un enjeu géostratégique.

    Comment ce nœud gordien s’est-il formé? Comment cette évolution a-t-elle été lue au Moyen-Orient? L’Etat d’Israël a-t-il introduit de nouveaux « croisés » au Proche-Orient?
    Un sujet signé Gabrielle Desarzens et Jean-Christophe Emery.

    Avec : Simon Epstein, historien et politologue, Vincent Lemire, historien, Ahmed Benani, anthropologue et politologue.

    Jerusalem aujourd'hui un enjeux géostratégique.

    studiodr –

    A vue d’esprit – Publié le 29 juin 2015
  • 22/25 – Les croisades à la sauce orientale

    Présentes dans la littérature et le cinéma occidental, les Croisades le sont également dans les livres, les films et les séries TV du Proche-Orient.

    Quels événements et quels personnages mettent-elles en scène? Quels intérêts politiques s’en sont servis pour leur propagande? Et en quoi cette vision des Croisades diffère-t-elle de celle proposée par des films hollywoodiens tel « Le Royaume des cieux » de Ridley Scott (2005)?

    Un sujet signé Catherine Erard et Gabrielle Desarzens. Avec: Abbès Zouache, historien médiéviste de l’Orient musulman, Université Lumière Lyon, CNRS, et Ahmed Benani, anthropologue et politologue.

    Jerusalem aujourd'hui un enjeux géostratégique.

    studiodr –

    A vue d’esprit – Publié le 30 juin 2015
  • 23/25 – La bataille du 3e temple

    Les juifs le nomment « Mont du temple » ou le « Mur occidental ». Les musulmans l’appellent « Haram al sharif », noble sanctuaire, ou « Esplanade des mosquées ». Situé au sud de la vieille ville de Jérusalem, cet espace est à la fois le plus sacré du judaïsme et le troisième lieu saint de l’islam.

    Depuis 1967, les juifs peuvent prier en bas du mur alors que les musulmans pratiquent leur foi sur l’esplanade qui le surplombe. Cet équilibre s’avère pourtant relatif. En 2000, la visite d’Ariel Sharon avait mené au déclenchement de la seconde intifada.

    Aujourd’hui, certains groupes d’extrême droite montent sur l’esplanade pour y prier malgré les interdictions. Leur objectif: construire un troisième Temple destiné à reprendre la pratique rituelle.

    Une enquête de Jean-Christophe Emery avec les voix de Simon Epstein, historien et politologue, Julien Loiseau, historien, et Charles Enderlin, journaliste.

    Jerusalem aujourd'hui un enjeux géostratégique.

    studiodr –

    A vue d’esprit – Publié le 01 juillet 2015
  • 24/25 – Les racines médiévales de Daech

    Le groupe Etat islamique, Daech, véhicule toute une vision du monde où le vocabulaire, l’image et le geste s’inspirent du Moyen-Age.

    Avec l’aide d’un spécialiste de l’histoire musulmane, Gabrielle Desarzens tente de décortiquer ces références aux mots « croisé », « djihad », à la couleur noire… comme aussi la décapitation ou la crucifixion que pratiquent ces islamistes radicaux.

    Avec Gabriel Martinez-Gros, Professeur d’histoire médiévale du monde musulman à l’université Paris Ouest Nanterre La Défense.

    Jerusalem aujourd'hui un enjeux géostratégique.

    studiodr –

    A vue d’esprit – Publié le 02 juillet 2015
  • 25/25 – Orient-Occident : changer d’histoire

    Dans ce dernier épisode de la série « Orient-Occident, regards croisés », Fabien Hünenberger reçoit un historien pour parler historiographie.

    Quel bilan tirer de l’exploration des relations Orient-Occident entreprise durant cinq semaines par l’équipe de RTSreligion? Génère-t-elle une nouvelle manière d’écrire l’histoire qui lie ces deux parties du monde? Révèle-t-elle les dynamiques sous-jacentes de l’actualité récente? Laisse-t-elle entrevoir l’avenir des relations entre Orient et Occident?

    Bilan avec Michel Grandjean, professeur d’histoire du christianisme à l’Université de Genève.

    Jerusalem aujourd'hui un enjeux géostratégique.

    studiodr –

    A vue d’esprit – Publié le 03 juillet 2015
  • Intervenants de la série

    Dositheos Anagnostopoulos, Révérend Protopresbyter, responsable de presse du Patriarcat œcuménique de Constantinople.

    Martin Aurell, historien médiéviste, Professeur à l’Université de Poitiers (Centre d’Etudes Supérieures de Civilisation Médiévale).

    Ahmed Benani, politologue et anthropologue.

    Jean-Claude Cheynet, Professeur d’histoire byzantine à l’Université Paris-Sorbonne (Paris IV), directeur de l’Institut des études byzantines au Collège de France.

    Georges Corm, sociologue et historien, Professeur à l’Université Saint-Joseph de Beyrouth.

    Jocelyne Dakhlia, historienne et anthropologue, Directrice d’études à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales de Paris (EHESS), spécialiste de l’histoire du monde musulman et de la Méditerranée.

    Giorgio Del Zanna, Professeur à Université catholique de Milan, « Histoire contemporaine et histoire de l’Europe orientale », spécialiste de l’Empire ottoman au XIXe et XXe siècle et des communautés chrétiennes d’Orient.

    Simon Dorso, historien et archéologue médiéviste, doctorant au Centre de recherche français à Jérusalem.

    Simon Epstein, économiste et historien, Professeur à l’Université hébraïque de Jérusalem, directeur du Centre international de recherche sur l’antisémitisme.

    Sonia Fellous, historienne, spécialiste de l’identité judéo-chrétienne de l’Europe, chargée de recherche au CNRS.

    Vincent Gellot, historien, auteur d’un voyage de 60’000 km entre 2012 et 2014 à la rencontre des minorités chrétiennes d’Orient.

    Michel Grandjean, Professeur d’Histoire du christianisme à la Faculté de théologie de l’Université de Genève, spécialiste de l’époque médiévale.

    Gwenolé Jeusset, frère franciscain français établi à Istanbul, spécialisé dans le dialogue avec l’islam.

    Henry Laurens, Professeur au Collège de France, titulaire de la chaire Histoire contemporaine du monde arabe.

    Vincent Lemire, Maître de conférence à l’Université Paris-Est / Marne-la-Vallée, chercheur associé au Centre de recherche français à Jérusalem (CRFJ), spécialiste de l’histoire de Jérusalem 19e-21e siècles.

    Julien Loiseau, historien, spécialiste de l’histoire du Proche-Orient au Moyen Age, Directeur du Centre de recherche français à Jérusalem.

    Emmanuelle Pujeau, Docteur en histoire moderne, spécialiste de l’histoire des idées.

    Bythia Rozen-Goldberg, guide francophone en Israël.

    John Tolan, historien, spécialiste des contacts culturels et religieux entre mondes arabe et latin au Moyen Age, Professeur à l’Université de Nantes.

    Rinaldo Tomaselli, historien autodidacte installé à Istanbul et animateur de voyages insolites.

    Aline Schlaepfer, docteure en Études arabes de l’Université de Genève, où elle enseigne l’histoire des nationalismes au Proche-Orient arabe.

    André Vauchez, historien, spécialiste de la spiritualité médiévale, ancien Directeur de l’École française de Rome.

    Abbès Zouache, historien médiéviste de l’Orient musulman, Université Lumière Lyon, CNRS.

  • Bibliographie

    • Aurell Martin, Des chrétiens contre les croisades (XIIe-XIIIe siècle), Paris : Fayard, 2013.
    • Cheynet Jean-Claude, Histoire de Byzance. 1. L’État et la société, Paris : PUF, Que sais-je ?, 2005.
    • Cheynet Jean-Claude (dir.), Le Monde byzantin. II L’Empire byzantin (641-1204), Paris : PUF, Nouvelle Clio, 2006.
    • Corm Georges, Pour une lecture profane des conflits : sur le « retour du religieux » dans les conflits contemporains du Moyen-Orient, Paris : La Découverte, coll. « Cahiers libres »,‎ 2012.
    • Corm Georges, Pensée et politique dans le monde arabe : contextes historiques et problématiques, XIXe-XXIe siècle, Paris : La Découverte,‎ 2015.
    • Dakhlia Jocelyne et Vincent Bernard, Les musulmans dans l’histoire de l’Europe, Tome I et II, Paris : Albin Michel, 2011 et 2013.
    • Del Zanna Giorgio, I cristiani e il Medio Oriente (1798 – 1924), Bologna : Il Mulino, 2011.
    • Demurger Alain, Croisades et croisés au Moyen Age, Paris : Flammarion, 2006.
    • Epstein Simon, Histoire du peuple juif au XXe siècle de 1914 à nos jours, Paris : Pluriel, 2000.
    • Laurens Henri, La Question de Palestine : Tome 5, Paris : Fayard, à paraître en août 2015.
    • Laurens Henry, Tolan John et Veinstein Gilles, L’Europe et l’islam : quinze siècles d’histoire, Paris : Éditions Odile Jacob, 2009.
    • Lemire Vincent, Jérusalem 1900. La ville sainte à l’âge des possibles, Paris : Armand Colin, 2013.
    • Loiseau Julien, Les Mamelouks (XIIIe-XVIe siècle) – Une expérience du pouvoir dans l’islam médiéval, Paris : Le Seuil, L’Univers historique, 2014.
    • Maalouf Amin, Les croisades vues par les Arabes, Paris : J’ai lu, 2003.
    • Poliakov Léon, Histoire de l’antisémitisme, Paris : Le Seuil, 1991.
    • Pujeau Emmanuelles, L’Europe et les Turcs, la croisade de l’humaniste Paolo Giovo, Toulouse : Presses universitaires du midi, 2015.
    • Tolan John, Les Sarrasins, L’islam dans l’imagination européenne au Moyen-Age, Paris : Aubier, coll. Historique, 2003.
    • Tolan John, L’Europe latine et le monde arabe au Moyen-Age, Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2009.
    • Vauchez André, Chrétiens et musulmans face à face. In : Le Monde de la Bible – La Méditerranée des croisades, vol.144, Paris : Bayard-Presse, 2002.
    • Vauchez André, La spiritualité du Moyen Âge occidental VIIIe ‑ XIIIe siècle, Paris : Presses universitaires de France, 1975.
    • Zouache Abbès, Armées et combats en Syrie de 491/1098 à 569/1174, analyse comparée des chroniques médiévales latines et arabes, Damas : Institut français du Proche Orient, 2008.
  • Carte des croisades

    Cette carte interactive présente les différentes croisades successives et indique les populations en présence aux époques concernées.

    En haut à droite, un menu permet une navigation temporelle.

    Retrouvez l’article sur le site de la

Meryem Alaoui, lauréate du prix Beur FM Méditerranée – TV5Monde 2019

L’écrivaine a été récompensée pour son roman La vérité sort de la bouche du cheval, paru chez Gallimard.

Le prix Beur FM Méditerranée – TV5Monde 2019 a été attribué le 9 février à Meryem Alaoui pour son premier roman La vérité sort de la bouche du cheval, publié chez Gallimard. La récompense a été décernée à l’Hôtel de Ville de Paris à l’occasion du 25e Maghreb-Orient des Livres.

L’ouvrage retrace l’histoire de Jmiaa, une prostituée de Casablanca et mère d’une jeune fille, dont la vie sera bouleversée par la rencontre avec une réalisatrice qui cherche à comprendre son quartier.

Le livre figurait dans de nombreuses sélections des grands prix d’automne 2018, dont le Goncourt, le Goncourt des lycéens ou encore le Flore.

Chaque année depuis 1997, le prix Beur FM Méditerranée – TV5Monde récompense un roman en langue française abordant des thématiques liées au Maghreb et à la Méditerranée. Meryem Alaoui succède à Kaouther Adimi, distingué en 2018 pour Nos richesses (Seuil).