Dictionnaire amoureux de la géopolitique / Hubert Védrine

Les 250 entrées de ce dictionnaire englobent la géopolitique issue du passé, siècles et millénaires dont les effets persistent. Celle du monde d’aujourd’hui : mondialisation, pandémie, flux démographiques, révolution numérique, compétition des puissances. Enfin, les futurs possibles issus des mouvements tectoniques qui secouent les principaux acteurs mondiaux. Difficile d’être ” amoureux ” de la géopolitique ” ! En fait, il s’agit ici d’un dictionnaire libre et subjectif nourri de connaissances historiques. J’ai enrichi par des décennies d’expérience du fonctionnement du monde et des relations entre les puissances, installées ou émergentes. Le dictionnaire aborde les stratégies des acteurs étatiques, économiques, idéologiques, culturels ou sociétaux. Il traite aussi les scénarios dans les domaines géopolitiques, diplomatiques, économiques, commerciaux et écologiques, ainsi que la transformation souhaitable mais difficile de l’Europe, dans un monde où l’Occident a perdu le monopole de la puissance. Il comporte des portraits des grandes personnalités – César, Alexandre le Grand, Bonaparte, de Gaulle, Staline, Hitler, Mao – du passé lointain ou proche, ou d’aujourd’hui. Les 250 entrées de ce dictionnaire englobent la géopolitique issue du passé, siècles et millénaires dont les effets persistent. Celle du monde d’aujourd’hui : mondialisation, pandémie, flux démographiques, révolution numérique, compétition des puissances. Enfin, les futurs possibles issus des mouvements tectoniques qui secouent les principaux acteurs mondiaux.

 

Prix : 42chf

Le Prophète et la pandémie : Du Moyen-Orient au Jihadisme d’atmosphère / Gilles Kepel

L’an 2020, marqué par la Covid-19 et l’effondrement du marché pétrolier, est celui de tous les bouleversements depuis le Moyen-Orient jusqu’aux banlieues de l’Europe. Le conflit israélo-palestinien se fragmente avec, d’un côté, “l’entente d’Abraham”, qui va de Washington à Abou Dhabi et Khartoum en passant par Jérusalem, agrège le Caire et Riyad, et lorgne sur Bagdad ; de l’autre “l’axe fréro-chiite” qui rassemble Hamas, Qatar, Turquie et Iran, avec le soutien ponctuel de Moscou. Dans ces convulsions sismiques, Beyrouth explose, réfugiés et clandestins affluent en Europe, et le président turc Erdogan tente de refaire d’Istanbul le centre de l’islam mondial. Enfin, le terrorisme frappe à nouveau, en France et en Autriche, au nom d’un jihadisme sans organisation. Il s’appuie sur une atmosphère créée par des entrepreneurs de colère mobilisant foules et réseaux sociaux du monde musulman face à l’Occident -alors que Joe Biden doit restaurer la confiance des alliés de l’Amérique. Poursuivant la réflexion engagée dans Sortir du Chaos, succès français et international, Gilles Kepel propose, cartes et chronologie à l’appui, la mise en perspective indispensable de l’actualité pour comprendre les grandes transformations de demain.

 

Prix : 32chf

Les divinités / Parker Bilal

Howard Thwaite, promoteur immobilier arrogant et influent, a lancé le projet Magnolia Quays à Battersea, face à la Tamise. Appartements de luxe. Au petit matin, avant l’arrivée pour l’embauche des travailleurs clandestins syriens, soudanais etc., le gardien kurde découvre sur le site les corps d’un homme et d’une femme ensevelis vivants sous un monceau de pierres au fond d’une profonde excavation. L’épouse du promoteur, galeriste chic, et un collectionneur d’art, citoyen français d’origine japonaise, sont identifiés. Pour mener l’enquête, Calil Drake, inspecteur marqué par son expérience de la guerre en Irak, et Ray Crane, psychologue anglo- iranienne. Il est musulman, elle est juive. Ils ne sont blancs ni l’un ni l’autre. Cela ne facilitera pas leur tâche auprès de l’establishment. Crane envisage un lien possible avec la lapidation, châtiment prévu par la charia. Drake lorgne du côté de la cité multiraciale de Freestone et s’intéresse à l’incendie criminel d’une mosquée jadis synagogue. Sur fond de tensions communautaires et d’argent nouveau venu d’ailleurs, Bilal dresse le portrait cinglant d’une société anglaise divisée, agressive et raciste, dont les repères traditionnels sont brouillés.

 

Prix : 35chf

Cent vingt francs / Xavier Le Clerc

“Saïd, qui s’était engagé pour nourrir les siens, s’interrogeait. Le jeune soldat blond avait-il reçu une prime de deux cents francs à son arrivée ? Recevait-il lui aussi une solde journalière de cinquante centimes ? Etait-ce assez en Allemagne pour s’acheter tous les mois un demi-kilo de pain, trois oeufs et un peu de lait ? Sa famille postulerait-elle pour une prime de veuvage de cent vingt francs ? Cent vingt francs. C’était le prix d’un homme, du malheur de sa famille. Et Saïd, qui n’avait jamais appris à calculer, se demandait combien de kilos de pain, d’oeufs et de lait pourrait bien valoir son propre corps déchiqueté, tant il avait pris l’habitude de s’imaginer les viscères à l’air, dévorées par les rats, avec le fatalisme d’un paysan qui avait connu et qui donc connaîtrait de nouveau, un jour lointain peut-être, mais un jour sûrement, la mauvaise récolte de trop”.

Ce roman retrace deux destins que le hasard fait se croiser. Engagé dans l’armée française en 1911, Saïd, jeune paysan kabyle, participe à la campagne de pacification du Maroc puis à la bataille de Verdun au cours de laquelle il perd la vie en 1917. Dora, jeune fille juive rêvant de liberté, tient à Constantine une boutique d’automates devant laquelle Saïd, enfant, venait souvent rêver.

Prix : 24chf

Tunnels / Rutu Modan

Des archéologues israéliens et des passeurs clandestins palestiniens percent le sol de la Terre sainte chacun de leur côté du Mur. Les deux équipes se rencontreront à la croisée des tunnels dans un récit politicoburlesque orchestré par Rutu Modan.

 

Prix : 39chf

Le parfum des fleurs la nuit / Leïla Slimani

Comme un écrivain qui pense que “toute audace véritable vient de l’intérieur” , Leïla Slimani n’aime pas sortir de chez elle, et préfère la solitude à la distraction. Pourquoi alors accepter cette proposition d’une nuit blanche à la pointe de la Douane, à Venise, dans les collections d’art de la Fondation Pinault, qui ne lui parlent guère ? Autour de cette “impossibilité” d’un livre, avec un art subtil de digresser dans la nuit vénitienne, Leila Slimani nous parle d’elle, de l’enfermement, du mouvement, du voyage, de l’intimité, de l’identité, de l’entre-deux, entre Orient et Occident, où elle navigue et chaloupe, comme Venise à la pointe de la Douane, comme la cité sur pilotis vouée à la destruction et à la beauté, s’enrichissant et empruntant, silencieuse et raconteuse à la fois. C’est une confession discrète, où l’auteure parle de son père jadis emprisonné, mais c’est une confession pudique, qui n’appuie jamais, légère, grave, toujours à sa juste place : “Ecrire, c’est jouer avec le silence, c’est dire, de manière détournée, des secrets indicibles dans la vie réelle” . C’est aussi un livre, intense, éclairé de l’intérieur, sur la disparition du beau, et donc sur l’urgence d’en jouir, la splendeur de l’éphémère. Leila Slimani cite Duras : “Ecrire, c’est ça aussi, sans doute, c’est effacer. Remplacer”. Au petit matin, l’auteure, réveillée et consciente, sort de l’édifice comme d’un rêve, et il ne reste plus rien de cette nuit que le parfum des fleurs. Et un livre.

 

Prix : 30chf

Le silence d’Isra / Etaf Rum

Comme le veut la tradition palestinienne, Isra épouse un homme qu’elle ne connaît pas, Adam, qui s’est exilé avec ses parents à New York. Leur fille Deya subit ensuite la même pression, mais elle est bien décidée à poursuivre ses études… Un roman bouleversant sur la condition des femmes, écartelées entre leurs « devoirs » et leur désir de liberté.

 

Prix : 15chf

Il était une fois… les révolutions arabes / Collectif

“On retrouve la révolution au centre même de l’histoire et de l’imaginaire propres au monde arabe, comme composante de la pensée et comme vecteur de l’action. Elle s’est construite dans un rapport à l’autre, extérieur, fait d’emprunts, de fascination parfois, et de rejet aussi. De par sa localisation, de par son histoire et sa situation de carrefour culturel, l’espace arabe a été un lieu privilégié d’élaboration d’une pensée révolutionnaire, d’effervescence des idées contestataires. On ne s’étonnera pas que, dans un contexte de mondialisation, il devienne un espace privilégié de production révolutionnaire et que le “Printemps arabe’ ait ainsi très vite gagné ce statut de laboratoire d’idées et de formes de mobilisation renouvelée.” Extrait de l’introduction de Bertrand Badie.

Ont contribué à cet ouvrage : Farah Kamel Abdel Hadi, Tarek Moustafa Abdel-Salam, Mayada Adil, Kaouther Adimi, Lama Ali, Zahra Ali, Tammam al Omar, Mehdi Annassi, Iasmin Omar Ata, Christophe Ayad, Bertrand Badie, Benjamin Barthe, Nazim Baya, Akram Belkaïd, Radia Belkhayat, Mounia Bennani-Chraïbi, Myriam Benraad, Sonia Bensalem, Raja Ben Slama, Karim Emile Bitar, Mehdi Boubekeur, Ichraq Bouzidi, Marwan Chahine, Tracy Chahwan, Leyla Dakhli, Zakya Daoud, Delou, Brecht de Smet, Yasmine Diaz, Pauline Donizeau, Tarek El-Ariss, Alaa El Aswany, Moaz Elemam, Salma El-Naqqash, Khaled Fahmy, Mona Fawaz, Jean-Pierre Filiu, Ganzeer, Dalia Ghanem, Kinda Ghannoum, Salah Guemriche, Noha Habaieb, Patrick Haimzadeh, Halim, Narmeen Hamadeh, Sarah B. Harnafi, Ali Hassan, Sulafa Hijazi, Coline Houssais, Incrusted, Intibint, Joseph Kai, Lena Kassicieh, Mazen Kerbaj, Bahgat Korany, Abir Kréfa, Stéphane Lacroix, Ibticem Larbi, Pierre-Jean Luizard, Ziad Majed, Zarifi Haidar Marín, Hind Meddeb, Meen One, Sabrina Mervin, Merieme Mesfioui, Rania Muhareb, Mostafa M Najem, Aude Nasr, Nime, Mohamed Omran, Marc Pellas, Victor Salama, Sara Saroufim, Enas Satir, Alexandra Schwartzbrod, Isabela Serhan, Rima Sghaier, Leïla Shahid, Bahia Shehab, Leïla Slimani, Laila Soliman, ST4 The project, Hamid Sulaiman, Anna Sylvestre-Treiner, Abdellah Taïa, Fawwaz Traboulsi, Willis from Tunis, Sana Yazigi, Ali Mohamed Zaid, Salim Zerrouki.

 

Prix : 43chf

Aussi riche que le roi / Abigail Assor

“Il y avait l’odeur des brochettes, les gars des tables Coca-Cola qui la sifflaient : t’es belle petite, le bruit sur le terrain d’en face avec les chants du Raja, l’équipe de foot de Casa ; il y avait le vent frais de janvier, le tintement des canettes qui s’entrechoquaient, les insultes, les crachats ; et il y avait Driss, là, sur le côté. Elle le voyait, géant sur ses jambes courtes, une main tranquille sur l’épaule du flic, et l’autre fouillant sa poche pour lui glisser un petit billet de cent, sa bouche lançant quelques blagues entendues, un clin d’oeil de temps en temps ; et le flic en face souriait, attrapait le billet, donnait à Driss une tape dans le dos, allez, prends une merguez, Sidi, ça me fait plaisir. Driss, le géant au milieu des pauvres, Driss le géant qu’elle venait d’embrasser, pensait Sarah ; avec son fric, il n’y aurait plus jamais de flic, plus jamais de lois – ce serait eux deux, la loi”. Années 90, Casablanca. Sarah n’a rien et à la sortie du lycée, elle rencontre Driss, qui a tout ; elle décide de le séduire, elle veut l’épouser. Sa course vers lui, c’est un chemin à travers Casa et ses tensions : les riches qui prennent toute la place, les joints fumés au bord de leurs piscines, les prostituées qui avortent dans des arrière-boutiques, les murmures faussement scandalisés, les petites bonnes harcelées, et l’envie d’aller ailleurs. Mais ailleurs, c’est loin.

 

Prix : 29chf

Le passeur / Stéphanie Coste

Quand on a fait, comme le dit Seyoum avec cynisme, “de l’espoir son fonds de commerce” , qu’on est devenu l’un des plus gros passeurs de la côte libyenne, et qu’on a le cerveau dévoré par le khat et l’alcool, est-on encore capable d’humanité ? C’est toute la question qui se pose lorsque arrive un énième convoi rempli de candidats désespérés à la traversée. Avec ce convoi particulier remonte soudain tout son passé : sa famille détruite par la dictature en Erythrée, l’embrigadement forcé dans le camp de Sawa, les scènes de torture, la fuite, l’emprisonnement, son amour perdu… A travers les destins croisés de ces migrants et de leur bourreau, Stéphanie Coste dresse une grande fresque de l’histoire d’un continent meurtri. Son écriture d’une force inouïe, taillée à la serpe, dans un rythme haletant nous entraîne au plus profond de la folie des hommes.

 

Prix : 21chf