L’ayatollah aimait sa femme plus que Dieu / Djavahery Javad

À quinze ans à peine, Maryam est la veuve la plus jeune, la plus intrépide et la plus irrésistible qu’il ait été donné d’héberger à Sayed Issah, mollah respecté de Nadjaf, haut lieu de l’islam chiite. Tant et si bien qu’il finit par l’épouser, sous l’oeil complice de Khanoum, sa première épouse et la mère de ses neuf enfants. Mais face à l’appétit insatiable de Maryam pour le savoir, les nuits qu’il espérait vouer à l’amour sont désormais consacrées à l’étude, amenant le saint homme à braver l’autorité de ses pairs… Faite de récits enchâssés, dans la tradition du conte oriental, l’histoire commence de nos jours quand Maryam, devenue Dâ, grand-mère centenaire, vénérée et fantasque, disparaît. Tous les enfants et petits-enfants se réunissent pour la retrouver. Les recherches sont l’occasion d’explorer les secrets anciens qui façonnent les mythes familiaux et le destin du pays. Javad Djavahery nous offre un livre puissant qui, paré des atours de la légende, déploie l’histoire de l’Iran et son entrée brutale dans la modernité.

 

Prix : 35chf

Assaut contre la frontière / Slimani Leïla

« Il me semble que tout roman est la tentative de répondre à une question. Et que celle qui fut à l’origine et au centre de ma trilogie est celle-ci : pourquoi est-ce que je ne parle pas ma langue ? Cette langue arabe, qu’est-elle pour moi ? Penser à ça, à la langue arabe, c’est ressentir un mélange de chagrin et de honte, de colère et de frustration. Comment pourrais-je vous raconter, vous faire comprendre que je parle comme une enfant la langue qui devrait être la mienne ? Que je vis avec une langue fantôme comme on parle d’un membre fantôme dont on sent encore la présence bien qu’il ait été amputé. Cette langue, je l’ai cherchée partout. Je l’ai désirée, je l’ai poursuivie, j’ai pu suivre des inconnus dans la rue simplement pour les entendre prononcer ces syllabes familières. Je pourrais aisément reprendre à mon compte les mots de l’écrivaine et peintre libanaise Etel Adnan : “Je me suis retrouvée à la porte de cette langue. Je l’ai érigée en mythe, en une sorte de paradis perdu.” » Une première version de ce texte a été lue en public par Leïla Slimani lors du Festival d’Avignon 2025.

 

Prix : 17chf

Le Berger d’Alep / Perez Stéphanie

Dans les ruines d’Alep, un chien devient le dernier refuge et le dernier guide d’une humanité perdue. Un roman bouleversant sur la fidélité, la survie, et la lumière qui persiste au cœur du chaos. Alep, février 2023. Dans la poussière et le silence qui suivent le séisme, une femme appelle un nom comme on lance une prière : Zaatar. Elle sait qu’il est encore là, quelque part sous les gravats. Sept ans plus tôt, en pleine guerre, Zaatar est entré dans sa vie. Un chien recueilli dans une ville assiégée, fracturée par la peur et les pertes. Dans leur immeuble d’Alep-Ouest, fragile refuge où cohabitent chrétiens et musulmans, chacun tente de survivre, de ne pas renoncer. Au milieu du chaos, l’animal devient un repère, un lien muet entre les êtres, quand la parole et la confiance se sont effondrées. Fidèle et instinctif, Zaatar perçoit la vérité là où les hommes se mentent, incarne la loyauté et la bonté là où elles semblent avoir disparu… Le Berger d’Alep est le récit bouleversant d’un chien qui réconcilie les hommes avec leur humanité. Troisième roman de Stéphanie Perez, grand reporter de guerre plusieurs fois envoyée en Syrie, cette histoire inoubliable de fidélité et de résistance intime mêle la force du réel à l’émotion de la fiction – une signature qui a déjà séduit des milliers de lecteurs.

 

Prix : 33chf

Adieu Tanger / El Moumni Salma

Alia est lycéenne et habite Tanger. Chaque jour, elle remarque que son corps dérange dans les rues qu’elle emprunte – elle est déshabillée du regard, sifflée, suivie. Ses parents croient la protéger en lui conseillant d’être plus discrète, or l’adolescente refuse cette injonction à l’invisibilité et veut comprendre les raisons du désir masculin. Alors, elle se prend en photo, dans le secret illusoire de sa chambre. Dans les bras de Quentin, un expatrié français de sa classe, elle découvre un monde de privilèges, mais où sa liberté est finalement restreinte. Parce qu’elle s’est refusée à lui, ses photos se retrouvent sur Internet. Coupable d’outrage à la pudeur malgré elle, Alia doit fuir son pays. Sans savoir si elle reverra un jour Tanger, elle s’installe à Lyon, pensant être enfin à l’abri. Jusqu’à ce que son passé finisse par la rattraper.Avec Salma El Moumni, une voix est née. Le Monde des livres.Prix du roman des étudiants France Culture-Télérama 2024.

 

Prix : 14chf

O mères d’Iran / Raouf Massoumeh

Le destin bouleversant d’une mère iranienne qui a transformé la douleur en combat et l’amour en résistance. Malgré la chape de plomb qui pèse sur l’Iran, la voix de Fatemeh Eslami n’a jamais faibli. Cette voix résiliente incarne le cri de milliers de mères qui, depuis des décennies, portent avec un courage inouï le lourd fardeau de la résistance. De Gorgan aux fosses communes de Khavaran, de l’ombre sinistre des prisons de Khomeiny aux tribunes de la justice internationale, ce récit retrace le parcours bouleversant d’une mère dont tous les enfants sont l’un après l’autre broyés par le régime des mollahs. Il révèle comment la douleur infinie d’une mère se mue en une force inébranlable , un amour qui défie la mort et allume la soif de justice dans les cÅ“urs. Ô Mères d’Iran est bien plus qu’un témoignage , c’est une mélodie de révolte et d’espoir, la mémoire vivante d’un peuple qui refuse l’oubli. Ce récit est une main tendue à toutes celles et tous ceux qui, partout dans le monde, luttent pour un avenir juste. À sa lecture, on comprend le prix immense qu’ont dû payer ces pionnières de la liberté pour nourrir l’espoir d’un Iran enfin libéré de l’oppression.

 

Prix : 31chf

J’emporterai le feu / Slimani Leïla

« Mia, va-t’en et ne rentre pas. Ces histoires de racines, ce n’est rien d’autre qu’une manière de te clouer au sol, alors peu importent le passé, la maison, les objets, les souvenirs. Allume un grand incendie et emporte le feu. » Mia et Inès, enfants de la troisième génération de la famille Belhaj, grandissent dans le Maroc des années 1980 et 1990. Éprises d’indépendance comme leur grand-mère Mathilde, leur mère Aïcha ou leur tante Selma, elles font face à un dilemme : pour être libres, faut-il partir ou rester ? Dans l’exil ou dans la solitude, elles devront se faire une place, apprendre de nouveaux codes, affronter les préjugés, le racisme parfois. Troisième et dernier volet du Pays des autres, J’emporterai le feu offre un dénouement splendide à une saga familiale puissamment poétique et romanesque.

 

Prix : 17chf

Le médecin de Cordoue / Herbert Le Porrier

A l’aube de sa mort, Maimonide, appelé « l’aigle de la synagogue » ou encore « second Moïse » en raison de l’importance de son oeuvre philosophique, se remémore son parcours exceptionnel. A la fois enseignant, penseur et médecin, il conte ses errances, son exil à Cordoue et sa quête spirituelle. De la riche et luxuriante Andalousie aux campagnes militaires de Syrie, ce personnage historique haut en couleur livre à son disciple une ultime leçon sur la vie.

 

Prix : 16chf

Les recettes de Méditerranée les + faciles du monde / Jean-François Mallet

Des recettes lues en un coup d’oeil, réalisées en un tour de main ! – 3 à 6 ingrédients par recette, présentés visuellement – Temps de préparation réduit – Une recette très courte, simple, claire et précise – Une belle photo du plat, explicite et gourmande Super bon / Super rapide / Sans vaisselle (ou presque)

 

Prix : 42chf

L’étoile de la mer / Elias Khoury

Adam, né en 1948, a grandi dans le ghetto de Lod, où ont été enfermés les Palestiniens après la conquête de la ville par l’armée israélienne. A l’âge de quinze ans, il quitte seul la maison de sa mère, fuyant les traumatismes d’une enfance captive. Dans la belle ville de Haïfa, au gré de rencontres fortuites, Adam se façonne, change de quartier, d’amour, de voie… Dans cette épopée palestinienne tout en poésie, à travers les vies successives de ce personnage fantasque, hanté par la perte et le déracinement, l’auteur de « La Porte du soleil » poursuit l’exploration de tout ce qui fonde son oeuvre : l’identité, la mémoire, l’amnésie volontaire, la trahison, le rapport entre la Shoah et la Nakba, et celui de la fiction à l’histoire.

 

Prix : 16chf

Les dés / Ahmet Altan

Turquie, début des années 1900. Ziya n’a que seize ans lorsqu’il abat en plein tribunal l’assassin de son frère aîné, et gagne par ce geste l’admiration de tous. Condamné à perpétuité, ce jeune homme que la mort n’inquiète pas impose d’emblée le respect. C’est en prison qu’il se met à jouer aux dés – habitude qui jalonnera le reste de sa vie. Un an après son incarcération, il est exfiltré vers l’Egypte par les soutiens politiques de son clan. Là commence son apprentissage des choses de la vie : l’amour, l’argent, le pouvoir, les attentats politiques. Après son inoubliable « Madame Hayat », Ahmet Altan explore dans ce roman le caractère ambigu d’un homme qui tout enfant apprend à refouler ses émotions. Personnage insondable, Ziya incarne l’engagement absolu de ceux qui sont prêts à tout pour défendre les leurs.

 

Prix : 12chf