Mille origines / Charif Majdalani

Charif Majdalani est passionné par les mélanges culturels et les identités plurielles, dans toute leur richesse, drôlerie et complexité. Il nous fait part de ses réflexions sur ces sujets alors qu’il revient d’un voyage lointain et qu’il survole de nombreux lieux qui le font rêver, avant d’atterrir à Beyrouth, sa ville, son lieu de vie, si emblématique de ces carrefours de populations. Il part alors à la rencontre d’une vingtaine de personnes qui lui confient leur parcours et leur histoire familiale. Charif Majdalani les retranscrit dans un style littéraire à la façon de Svetlana Alexievitch dans « La fin de l’homme rouge ». Racontés à la première personne du singulier, ces récits incarnent des vies faites d’exil, d’émigration, de guerres, d’identités religieuses multiples ou d’amours contrariés. Comme Rawwad, chrétien et premier de sa classe en cathéchisme qui apprend de la bouche du directeur de son école qu’il est musulman par son père et juif par sa grand-mère. Ou Jenny, philippine, femme de ménage devenue esthéticienne, qui se désole de comprendre trop tard que rien n’a remplacé sa présence auprès de ses filles restées au pays. Ou encore Marylin, qui doit attendre de tomber sur son ancien amoureux par hasard dans les rues de Singapour, loin de sa famille libanaise désapprobatrice de cette union, pour oser se mettre en couple avec lui et avoir un enfant. A travers ces monologues, Charif Majdalani dresse un portrait en kaleidoscope de Beyrouth, du Liban et de sa région, à l’image des croisements infinis qui se rencontrent partout dans le monde. Et offre un livre à la fois érudit et vibrant.

 

Prix : 30chf

Les amants de Casablanca /Tahar Ben Jelloun

« Ils avaient regardé ensemble Scènes de la vie conjugale d’Ingmar Bergman. Ils étaient jeunes et amoureux. Très amoureux. Ils avaient trouvé ce film fort et désespéré. Ils venaient juste de se marier et, leurs études terminées, chacun entrait dans la vie active. Lui comme médecin pédiatre, elle, pharmacienne. Ce fut son père qui lui acheta la pharmacie Derb Ghellef dans un des quartiers les plus vivants du centre-ville, dans la médina de Casablanca. Lui reprit le cabinet de son oncle qui avait une clientèle fidèle. La vie était facile, le ciel d’un bleu limpide et la paix régnait sur leur monde. Ils avaient ri à la fin du film, convaincus que cela ne leur arriverait jamais ». Casablanca, 2016. Nabile et Lamia forment un couple solide depuis plus de dix ans. Jusqu’au jour où elle s’éprend de Daniel, un homme à la réputation sulfureuse. Six mois plus tard, elle demande le divorce… Quel avenir pour une femme ambitieuse dans un monde patriarcal où la liberté se paie au prix fort ? Entre fresque sociale et roman psychologique, Les amants de Casablanca, magnifique histoire d’amour, explore la grande aventure du mariage, les oscillations du désir, les petits arrangements avec la religion et la capacité de l’être humain à embrasser ses contradictions.

 

Prix : 33chf

Sweet chaos / Meryem Alaoui

« Une fois qu’on ouvre son couple, on n’est plus jamais seuls au lit. Dans la chambre, les fantômes flottent. Maîtresses, amants d’un jour, partagés ou non, ils sont là, au pied du lit, qui vous regardent, vous sourient, ne vous demandant pas s’ils peuvent s’inviter, s’imposant d’office. Parfois, on voudrait juste être deux. Faire l’amour comme une balade à la campagne, mais on n’y arrive pas car deux, ce n’est plus jamais assez. Seulement cela, quand on plonge, on ne le sait pas ». Sweet chaos, c’est la vie d’un immeuble de Brooklyn où se croisent de nombreux habitants, de tous âges et de toutes origines. Le fantasque Ethan qui fournit ses voisins en substances variées, Clara qui ne cesse de disparaître, Jolene en charge de sa vieille mère avec sa soeur Crazy, Riley et Graham, un couple très amoureux à la sexualité aventureuse… Sur le perron, ils partagent nouvelles et potins tout en essayant de conserver une parcelle d’intimité. L’écriture de Meryem Alaoui, d’une vitalité surprenante, se révèle tendre et subtile dans la description des affres sentimentales dans lesquelles sa tribu de personnages se débat. Elle offre ici un tableau amoureux de New York, de son électricité, de sa liberté, de sa folie.

 

Prix :33chf

Magma Tunis / Aymen Gharbi

Ghaylène, jeune urbaniste tourmenté, est au bout du rouleau. Il stagne professionnellement et sa salle de bain est sur le point de s’effondrer, tout comme sa relation avec Chiraz, excentrique étudiante en sociologie. Suite à une violente dispute, il quitte leur appartement dans l’intention de se donner la mort. Mais ce jour-là, rien ne va se passer comme prévu à Tunis ? : des chats étranges envahissent la ville, des lancers de pétards génèrent de dangereux mouvements de foule, et des happenings d’art contemporain perturbent un peu plus le quotidien… Les forces de l’ordre sont sur les dents, et Ghaylène ne tarde d’ailleurs pas à remarquer qu’il est suivi. Portrait plein de fantaisie de la ville de Tunis et de ses habitants, Magma Tunis met en lumière une jeunesse post-révolutionnaire désenchantée. Prix littéraire des Grandes Ecoles 2019. Finaliste du prix Ecrire la ville 2019. « ? Un roman poétique et pétillant. ?  » Le Monde

 

Prix : 17chf

Je me souviens de Falloujah / Feurat Alani

Au début des années 1970, le jeune Rami décide de fuir la dictature de Saddam Hussein. Réfugié politique en France, c’est un homme taiseux et secret sur son passé. A la fin de sa vie, alors qu’il est hospitalisé, Rami est soudain atteint d’amnésie. Ses souvenirs semblent s’être arrêtés quelque part entre l’Irak et la France. « Je me souviens de Falloujah » , dit-il pourtant à son fils, Euphrate, qui y voit l’occasion de découvrir enfin l’histoire de son père… Ensuite c’est le néant. Rami a oublié la seconde partie de sa vie : celle de l’exil. Euphrate va alors raconter à son tour ce qu’il en sait, avec l’espoir de percer certains secrets. Une quête qui le plongera dans les tumultes de sa propre odyssée familiale, de Paris à Falloujah. Un premier roman chavirant de la mémoire retrouvée, un livre inoubliable sur l’identité et la transmission dans lequel père et fils renouent le fil rompu d’un dialogue aussi boule versant que nécessaire.

 

Prix : 33chf

Le goût de la terre / Mina Fadli

1944 dans les montagnes du Haut Atlas marocain, M’Bark et Mohamed, cinq et sept ans, vivent avec leur mère Zahra dans une grande misère. Suite à un série d’événements malheureux, elle devra faire le choix de s’en séparer pour leur donner une chance de survie. Mohamed passera une partie de sa vie à chercher son frère disparu, sans succès, puis passera le flambeau à sa fille qui continuera l’enquête pour que son père puisse enfin trouver le repos. A travers une partie importante de l’histoire du Maroc, Mina Fadli nous raconte son histoire familiale dans les tempêtes de la décolonisation et de l’indépendance. Le destin contrarié de ces deux frères, inspiré de faits réels, nous emmène en voyage et nous tient en haleine du début à la fin du récit.

 

Prix : 24chf

Trente jours pour trouver un mari / Fouad Larou

Réunis au Café de l’Univers, quelques amis de longue date conviennent de raconter chacun à tour de rôle une histoire remarquable puis d’en tirer une morale, une leçon – ou même plusieurs. Dans son style vigoureux et drolatique où l’ironie le dispute à la compassion, Fouad Laroui nous offre ici un florilège surprenant et vivifiant qui remet en perspective beaucoup de certitudes qui structurent les étranges sociétés où nous sommes condamnés à vivre.

 

Prix : 29chf

Un train pour chez nous / Azouz Begag

L’auteur se souvient du voyage familial, effectué chaque été dans son enfance : les bagages entassés à Marseille, la nuit sur le pont du bateau, l’arrivée à Alger et le voyage jusqu’à Sétif…

 

Prix : 6chf

Les aurores incertaines / Samuel Forey

Un matin brumeux de janvier 2011, Samuel Forey découvre qu’une révolution a éclaté en Egypte. Le Caire s’est embrasé et des milliers de révoltés ont pris d’assaut la place Tahrir, centre névralgique et politique de la capitale. Alors qu’il tentait de gagner sa vie comme journaliste depuis de nombreuses années, Samuel Forey prend une décision radicale . Du jour au lendemain, il quitte Paris et s’envole vers l’Egypte, à la recherche du grand soir. S’ensuit une odyssée de six années au Moyen-Orient, au coeur du Caire tumultueux, traquant des rebelles dans le labyrinthe de roche et sable du Sinaï, s’initiant au reportage de guerre à Alep ou Gaza, partageant le quotidien des combattants kurdes en Syrie ou des soldats irakiens dans le chaudron brûlant de la bataille de Mossoul, en Irak, la plus importante guerre urbaine depuis la Seconde Guerre mondiale – au contact de l’humanité dans son extrême, pour le pire comme pour le meilleur. Mais ce périple est aussi un cheminement intérieur. Profondément marqué par la perte précoce de ses parents, Samuel Forey fait l’apprentissage du deuil et de la mort. Quête du père, quête de soi, quête de sens, jusqu’au bout, là où le voyage se termine et le voile se déchire, quelque part dans l’explosion d’une mine, lors de la bataille de Mossoul. Tout à la fois carnet de route, journal intime et récit initiatique, magnifiquement écrit, dans la tradition des écrivains d’aventure et de combat, les Aurores incertaines nous emmènent au cœur des tourments de ce début de siècle.

 

Prix : 42chf

Brûleurs / Neïla Romeyssa

De sa fenêtre, Salim regarde la mer, le mouvement des vagues, et enfin il se sent vivre. Ici, à Alger, le soleil brille mais le quotidien est gris. Pas de boulot.Pas de perspective ni d’espoir. Il n’y a que des mauvaises cigarettes, des mauvaises bières et des mauvaises nuits. C’est la désillusion, et Salim ne veut pas être un désillusionnaire de plus. Il va partir, prendre la mer et rejoindre l’Europe, pour y libérer son énergie et réaliser son envie d’avenir.Mais comment faire ?Avec Brûleurs, Neïla Romeyssa signe un ­premier­ roman intense, coup de poing, furieusement­ poétique.

 

Prix : 34chf