un libanais à paris / Alexandre Najjar

Nourri de culture française, passionné de Victor Hugo, le narrateur rêve de quitter Beyrouth en guerre pour suivre des études de droit en France. Arrivé à Paris à l’âge de 17 ans, il réside au foyer franco-libanais en compagnie de compatriotes pittoresques aux surnoms étranges. Tantôt naïf, tantôt lucide, il expérimente toutes sortes d’aventures cocasses : un téléfilm américain tourné au Marché aux puces, une manifestation au Quartier latin, une audience au Palais de Justice, un contrôle de police sur le Boul’Mich, l’extinction d’un incendie nocturne, un meeting de Raymond Barre, un duel rue Mouffetard ou un rodéo au château de Versailles… Dans la Ville Lumière, il va découvrir l’univers impitoyable de la Fac, connaître son premier amour, rencontrer des célébrités et faire ses débuts d’écrivain…Avec nostalgie et humour, Alexandre Najjar nous raconte le parcours d’un étudiant libanais à Paris au milieu des années 1980, en nous offrant un parallèle saisissant entre sa ville natale et sa ville d’adoption.

Prix : 31chf

Debout dans tes rêves / Taïa Abdellah

Après le succès du Bastion des Larmes (prix Décembre 2024), le nouveau roman d’Abdellah Taïa. Un texte superbe et d’une grande force politique, l’accomplissement d’une œuvre.Années 2000. Majid, un jeune Marocain homosexuel, débarque à Paris pour étudier la littérature française à la Sorbonne. Il mène une vie très précaire, dans un studio minuscule, rue de Belleville, au rythme des convocations à la préfecture de police, où le renouvellement de son titre de séjour n’est jamais assuré. Il finit par accepter un job de baby-sitter pour subvenir à ses besoins. L’agence qui l’a recruté lui confie la garde de Gabriel, un petit garçon de trois ans.Entre l’enfant de bonne famille et l’immigré marocain, un lien fort va se nouer, des années durant, avec la bienveillance d’Isabelle, la mère de Gabriel. Mais comment rester debout dans ses rêves, quand on est né pauvre, arabe et gay, si étranger dans le regard des autres qu’on est en permanence menacé de le devenir à soi-même ?

Prix : 33chf

La part absente / Brakni Rachida

« Voilà près de vingt-cinq ans que j’ai troqué la lettre M pour la transformer en N. KARIMA/KARINA. Six lettres parmi lesquelles une seule joue les trouble-fêtes, ne convoquant ni le même imaginaire ni les mêmes fantasmes ». Quelle femme se cache sous l’allure parfaite de Karina Leroy, mariée à Vincent, mère d’une adolescente, et à la tête de sa propre galerie d’art ? Et si Karina s’appelait Karima ? En tronquant la lettre M, elle a dynamité le seul pont en mesure de la relier à l’autre rive de la Méditerranée. Ainsi affranchie de la charge sociale et raciale, elle a acquis une forme de liberté. Même si la honte d’avoir usé d’un tel stratagème ne l’a jamais quittée. Le jour où ce qu’elle a construit dans le mensonge se fissure, elle est rattrapée par les blessures de l’enfance et celles de la guerre d’Algérie. Face aux soubresauts de l’Histoire, chacun devra explorer sa part absente.

Prix : 33chf

Et Baboucar marchait devant / Giovanni Dozzini

Deux jours dans la vie de quatre jeunes migrants africains qui veulent voir la mer, entre Pérouse et Falconara Marittima. Situations de tension, désirs de leur âge, nostalgies, liberté de la jeunesse, pendant qu’autour d’eux, les gens du cru balancent entre sympathie et méfiance, curiosité et hostilité. Un roman à la fois poétique et sans pathos, un « En attendant Godot » d’aujourd’hui, porté par une écriture précise et des dialogues d’une délicieuse authenticité.

 

Prix : 33chf

Comment réussir sa migration clandestine / Salim Zerrouki

Comment dénoncer ce que l’Europe veut à tout prix ignorer ? L’Algérien Salim Zerrouki utilise un humour cinglant, noir, horriblement grinc ? ant et dérangeant pour raconter ce que l’Europe appelle  » crise migratoire  » et regarde comme une menace. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), près de 17 000 personnes sont mortes ou disparues en Méditerranée depuis 2014. En réalité, elles sont bien plus nombreuses. Parmi les migrants qui meurent chaque année dans le monde, près de trois sur quatre perdent la vie aux portes de l’Europe. Salim Zerrouki tente de réveiller le peu d’humanité qui sommeille en nous. Alors que l’Union européenne finance des garde-côtes libyens chargés de ramener les migrants dans les camps de détention, qu’elle empêche les ONG de secourir les embarcations en perdition en Méditerranée, Salim Zerrouki s’efforce – ; quitte à choquer – ; de nous faire prendre conscience de nos responsabilités. Comment réussir sa migration clandestine délivre des conseils essentiels pour survivre à la noyade, aux viols, à la torture, au vol d’organes. Neuf histoires indépendantes. Toute ressemblance avec des faits réels n’est pas fortuite…

 

Prix : 21CHF

Chez toi, Athènes 2016 – Sandrine Martin

En 2016, Sandrine Martin s’est rendue en Grèce avec le projet EU Border Care et a suivi les sages-femmes et les médecins qui prennent en charge les réfugiées pendant leur grossesse. Cette expérience humaine marquante lui a inspiré un récit bouleversant qui entremêle le parcours de deux femmes que les grandes crises contemporaines vont confronter à l’exil : une sage-femme grecque et une jeune syrienne. Un roman graphique d’une grande acuité, qui témoigne autant de l’enlisement de la société grecque que de l’espoir et de l’énergie déployés dans l’expérience de déracinement.

 

Prix : 39CHF

Dans « Les oiseaux ne se retournent pas », Nadia Nakhlé donne visage et voix aux enfants migrants

À travers le récit du périple d’une petite fille qui a pris le chemin de l’exil pour fuir la guerre et ses atrocités, l’artiste pluridisciplinaire française d’origine libanaise signe un magnifique premier roman graphique couronné de prix. Découverte.

Orient Le Jour / Par Zéna ZALZAL, le 11 février 2021 à 00h01

Dans « Les oiseaux ne se retournent pas », Nadia Nakhlé donne visage et voix aux enfants migrants

Les oiseaux ne se retournent pas (éditions Delcourt) s’ouvre sur le dessin d’une petite fille jouant avec son cerf-volant rouge au milieu des ruines d’une ville détruite par les bombardements. Beyrouth ? Alep ?

Homs ? Mossoul ? Ou ailleurs… Impossible de situer cette ville, de définir ce pays en guerre qu’évoque Nadia Nakhlé dans son premier album graphique. Sinon qu’il s’agit de l’une de ces terres d’Orient si fertiles en conflits, en massacres et en tragédies.

Il y a quelque chose de l’ordre du songe, du conte onirique dans son récit dessiné du périple d’Amel, 12 ans, qui n’a d’autre choix que de quitter son pays mis à feu et à sang. Ses parents en ont ainsi décidé. Ils l’ont confiée à une famille chargée de l’accompagner en France. Mais celle-ci la perd à la frontière. Défiant sa peur, les menaces et la solitude, l’enfant poursuivra sa route. Sur son chemin, elle croisera un jeune joueur de oud, ancien soldat qui a déserté la violence des combats et qui l’aidera dans sa traversée…

Un dessin d’une délicatesse et d’une beauté envoûtantes, délibérément sombre et cependant éclairé de touches de couleurs fortes, porte ce roman graphique aussi poétique que paradoxalement inspiré de la réalité la plus noire. Celle de l’exil auquel sont forcées les populations des pays en guerre. Et pas que les adultes.

Amel entre les ruines… dans la planche d’ouverture du roman. Photo DR

Un quart de mineurs dans les camps de refugiés

Saviez-vous qu’au moins un quart des migrants qui rejoignent l’Europe sont des mineurs isolés qui fuient la même barbarie que leurs aînés ?

Vous êtes-vous demandé ce qu’il se passe dans la tête de ces enfants qui traversent la guerre et tentent d’y échapper ? Comment se reconstruisent-ils après avoir côtoyé l’horreur si jeunes ? Ce sont autant ces interrogations que le sentiment de révolte de l’auteure face à la situation des réfugiés, et notamment celle des enfants, victimes innocentes des belligérances des adultes, qui sont à l’origine de cet album graphique. Le premier de Nadia Nakhlé, une artiste pluridisciplinaire issue de l’univers des films d’animation et de la mise en scène de spectacles. « J’ai ressenti le désir de transformer cette sombre réalité par le dessin et la poésie.

Comme une tentative de répondre à la douleur de l’exil par la beauté, l’humanisme et l’espoir », confie à L’OLJ cette jeune femme de 35 ans jointe par téléphone. Le point de départ de l’écriture de cette histoire était donc la volonté de l’auteure de mettre en lumière la situation de ces mineurs arrachés à leur pays, leur famille, leur enfance… De raconter la dureté de leur parcours vers l’exil. Mais aussi d’évoquer leur regard qui reste celui d’un enfant, empreint d’imaginaire malgré toutes les vicissitudes. Ce regard nimbé d’espoir et de résilience, pourvu qu’il croise un brin d’humanité, un geste de solidarité, elle l’a transmis à Amel, personnage fictif qu’elle a façonné en s’inspirant du réel des enfants dans les camps de réfugiés qu’elle a visités à Calais, en France, ou encore au… Liban. Car Nadia Nakhlé est, comme son nom l’indique, d’origine libanaise. « Je suis née en France d’un père libanais, de Zahlé très précisément, qui a grandi dans cette ville et y a vécu toute sa jeunesse jusqu’au début de la guerre du Liban. Mais mon père est né à Homs, en Syrie, où son propre père était en mission de travail. Lorsque j’ai vu les images de cette ville détruite par les bombardements, j’ai été bouleversée. Ça m’a ramenée à mon histoire familiale traversée par l’exil dû à la guerre. Et sans doute enclenché mon désir de faire passer cette mémoire-là… » révèle-t-elle. Un récit totalement fictif, qui n’a aucun lien avec la réalité du parcours de son père ou l’émigration vécue par les membres de sa famille, « aujourd’hui éparpillés entre le Liban, la France, le Canada, le Brésil et les États-Unis », précise l’auteure. Ajoutant que son objectif était « de sensibiliser les lecteurs au fait qu’on ne choisit pas de fuir un pays en guerre. On y est forcé. Tout en transmettant un message d’espoir et de solidarité à ceux qui tentent d’échapper à cet enfer ». Force est de constater que pour son coup d’essai, cette primo-auteure et illustratrice a réalisé un coup de maître. Son ouvrage, paru en juin 2020, a reçu trois prix la même année : le prix Première du roman graphique (prix organisé par la Radio Télévision belge francophone – RTBF) ; le prix Solidarité en partenariat avec L’Obs ; et le prix des Lycées de l’Académie de Poitiers, décerné dans le cadre du Festival international de la BD d’Angoulême. Une récompense qui tient particulièrement à cœur à celle qui a fait sienne cette citation d’Antoine de Saint Exupéry : « Je suis de mon enfance comme je suis d’un pays. »

Un roman graphique à l’univers mêlé de poésie, de tragédie et d’espoir. Photo DR

Dessins et citations

Des citations, Nadia Nakhlé y a d’ailleurs largement recours dans Les oiseaux ne se retournent pas. Puisant surtout dans les mots des poètes et penseurs du monde arabe (Gibran Khalil Gibran, Andrée Chedid, Mahmoud Darwich…) pour introduire chaque chapitre de ce magnifique ouvrage. Pour accompagner cette plongée poétique, graphique et allégorique dans le drame que vivent de nombreux humains aujourd’hui. Intercalé de planches au tracé riche en arabesques et enluminures très orientalisantes, son récit est aussi largement inspiré de la symbolique de l’envol initiatique puisé dans Le Cantique des oiseaux du poète persan Farid al-Din Attar.

Autant d’éléments visuels et narratifs qui signent la facture personnelle de cette artiste engagée dans une œuvre gorgée d’humanité et tournée vers l’espoir. Comme celui qu’incarne son héroïne, « cette enfant qui va s’appuyer sur l’art et la musique pour garder ses racines dans son cœur et se construire tout en affrontant l’exil ».

Et un spectacle aussi…

Sauf que sa Amel ne se borne pas à n’être qu’une héroïne de roman, fût-il graphique. Pour sa créatrice qui aime, dit-elle, associer dans son langage artistique, l’écriture au dessin et à la mise en scène, il n’était pas question de ne pas la faire exister sur scène d’abord puis dans un film d’animation dont la sortie est prévue pour 2023. Les deux projets ont déjà été enclenchés. L’ouvrage imprimé a ainsi été décliné en « spectacle musical et dessiné », dont la première a eu lieu en janvier 2020 juste avant l’instauration des mesures sanitaires renforcées en France. Accompagné de projections des planches tirées du livre, il est interprété par un joueur de oud, un pianiste et deux comédiennes, « dont l’une, s’exprime en français et en arabe. Il s’agit d’ailleurs de Maya Sanbar, fille d’Élias Sanbar, le traducteur de Mahmoud Darwich, qui est également d’origine libanaise », signale son auteure-metteuse en scène. Un spectacle dont le calendrier des représentations est évidemment tributaire de la levée du confinement en France. Et peut-être aussi au Liban ? Car Nadia Nakhlé rêve de présenter ce projet dans son pays d’origine. L’appel est lancé.

Nul doute que les Libanais, lecteurs ou spectateurs, se retrouveront dans Les oiseaux ne se retournent pas. Et notamment dans certaines citations intelligemment choisies par la jeune auteure-illustratrice, comme celle de Mahmoud Darwich : « Nous souffrons d’un mal incurable qui s’appelle l’espoir », ou cette autre de Gibran Khalil Gibran : « La vérité est comme les étoiles. Elle n’apparaît que dans la nuit obscure », qui ne manqueront pas de faire écho à ce qu’ils vivent encore et toujours !

 

Retrouver l’article original dans

Yahya Hassan / Yahya Hassan

Un recueil de poèmes autobiographiques d’un fils d’immigrés palestiniens qui dénonce les conditions de vie des migrants au Danemark. L’auteur évoque son enfance et son adolescence, la violence, la fraude sociale, la communauté musulmane et l’islam.

Prix : 28CHF

Ce qui nous sépare – Hélène Aldeguer

Après avoir raconté la désillusion des jeunes Tunisiens dans leur pays en 2013, deux ans après le printemps arabe, Hélène Aldeguer raconte le quotidien de Bilal, un jeune Tunisien venu à Paris afin de poursuivre ses études grâce à une bourse au mérite, et terminer son master d’histoire contemporaine. Si Bilal découvre une vie pleine de possibilités, son statut d’homme arabe le rattrape dans une société française en crise identitaire. Ses fantasmes d’une « Europe de tous les possibles » se heurtent alors au racisme et aux préjugés. Un récit très actuel et nécessaire, sur notre société et sur le déracinement intérieur de ces jeunes venus en France et qui sont accueillis bien différemment selon leurs origines…

 

Prix : 31chf

Migrants – Eduard Altarriba

Un documentaire expliquant aux enfants la situation des réfugiés et les causes de celle-ci.

Mon monde est une collection de livres illustrés destinés à expliquer les événements actuels de notre société de façon la plus simple et objective possible, pour que tous les enfants puissent posséder l’information nécessaire à leur compréhension.

Prix : 22chf